Le premier ministre François Legault a indiqué que les services d'Internet à haute vitesse et de téléphonie cellulaire seraient accessible partout au Québec d'ici deux ans. Il a aussi annoncé le retour des CLD dans toutes les MRC du Québec.
Le premier ministre François Legault a indiqué que les services d'Internet à haute vitesse et de téléphonie cellulaire seraient accessible partout au Québec d'ici deux ans. Il a aussi annoncé le retour des CLD dans toutes les MRC du Québec.

Gaspésie: l'accès à Internet haute vitesse réglé d'ici deux ans, soutient Legault

CARLETON — Le premier ministre du Québec, François Legault, s’est engagé à régler d’ici deux ans l’accès à l’internet haute vitesse et à la téléphonie cellulaire pour les 400 000 foyers québécois qui en sont privés.

M. Legault a pris cet engagement jeudi lors de son passage à Carleton, en Gaspésie, au milieu d’une tournée des trois régions de l’Est-du-Québec.

Il a dit miser sur les compagnies «comme Telus, Bell Canada et Vidéotron» pour couvrir «tout le Québec» et les foyers qui n’ont pas accès à Internet haute vitesse et la téléphonie cellulaire. «On va payer la différence», a-t-il précisé, faisant référence à l’écart souvent invoqué par les géants des télécommunications pour justifier leur inaction quant aux secteurs non-desservis.

D’autre part, François Legault s’est aussi engagé à «rouvrir des CLD [Centres locaux de développement] dans toutes les MRC du Québec». Ces centres ont été abolis lors des mesures d’austérité du gouvernement libéral à la fin de 2014 et au début de 2015, un geste décrié par plusieurs groupes d’affaires et mouvements citoyens à l’époque.

Le premier ministre n’a pas donné d’échéancier, de budget ou de mode de fonctionnement des nouveaux CLD mais il a laissé entendre que cette renaissance pourrait se faire promptement. Il a aussi parlé de collaboration avec Investissement Québec, dont le rôle s’accroît dans les régions.

Par ailleurs, questionné sur la pertinence de voir le gouvernement du Québec jouer un rôle d’appui financier auprès de la Ville de Chandler, qui est en processus d’acquisition de son quai commercial auprès de Transports Canada, M. Legault s’est dit «très intéressé à reprendre le contrôle du port».

Le quai est fermé depuis septembre 2016, après avoir été négligé par Transports Canada. L’administration municipale est toutefois en discussions depuis ce temps avec le ministère fédéral pour que le port soit cédé à la ville après réfection complète, une étape qui nécessitera un investissement de plusieurs dizaines de millions de dollars.

François Legault veut prioritairement voir Transports Canada prendre ses responsabilités pour la réfection du port avant la rétrocession «pour le financement, on n’exclut pas» la participation de Québec s’il devait s’agir d’un facteur déterminant.

«Le port de Chandler pourrait jouer de nouveau un rôle déterminant dans le décloisonnement des Îles-de-la-Madeleine», fait valoir la mairesse de Chandler, Louisette Langlois, considérant les problèmes des Madelinots et de leurs visiteurs depuis le début de la pandémie, en raison des barrières imposées par le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard.

Le premier ministre, qui était venu annoncer avec enthousiasme le 26 avril 2019 que la réfection du chemin de fer de la Gaspésie serait terminée en 2026, une annonce qui avait alors déçu en raison des sept ans requis pour compléter cette mise à niveau, est revenu sur cette question, après avoir réduit le délai d’un an en août suivant.

«C’est beaucoup trop loin (2025) mais on a besoin de toutes sortes d’évaluations», avant de statuer sur une date. Il a précisé avoir placé la réfection du tronçon gaspésien dans le projet de loi 61, qui n’a pu être adopté en juin parce que l’opposition jugeait cette adoption trop précipitée.

Le premier ministre a aussi fait valoir l’importance de donner plus de prévisibilité aux industriels forestiers, sans nommer de projets spécifiques dans la péninsule.

La présidente de la Table des préfets de la Gaspésie, Nadia Minassian, est sortie satisfaite de sa rencontre de groupe avec François Legault.

«Nous devions présenter des projets à court terme, réalisables rapidement, et nous avons proposé des initiatives dans la forêt, dans le secteur éolien et en tourisme. Mais nous avons aussi fait valoir au premier ministre qu’il faut créer des conditions propices aux investissements. Il faut régler les problèmes de logement, de manque de places dans les services de garde et l’importance de doter la région de transport adéquat. C’est le nerf de la guerre si on veut retenir les familles», assure-t-elle.

Tourisme régional

Le premier ministre a profité d'un arrêt à Carleton-sur-Mer pour souligner que le tourisme intraprovincial en temps de pandémie représente «une opportunité extraordinaire» pour le développement économique de la région.

«Comme ancien président d'Air Transat, je sais qu'il y a beaucoup de Québécois qui avaient l'habitude d'aller soit dans le sud, soit en Europe. Ces gens-là vont beaucoup moins voyager au cours des prochaines années», a-t-il relevé.

Il a invité les élus locaux à soumettre des projets pour voir naître de nouvelles offres d'hébergement et d'attraits touristiques.

Le premier ministre a également dit vouloir «régler une fois pour toutes» le manque de desserte aérienne dans la région, après l'annonce récente d'Air Canada de suspendre indéfiniment 30 liaisons au Québec.

Le gouvernement n'exclut pas de soutenir une entreprise, qu'elle soit nouvelle ou déjà bien établie, mais veut d'abord s'assurer d'une fréquence et d'un tarif raisonnable pour les vols proposés.

«Probablement que le gouvernement du Québec va devoir donner une subvention au transporteur qui aura la meilleure offre. Moi, je veux que ce soit réglé de façon permanente», a-t-il insisté.

En ce qui a trait à l'accès aux Îles-de-la-Madeleine via les provinces maritimes, les négociations sont en cours pour faciliter les déplacements des Québécois, a précisé M. Legault.

«On a des discussions presque à chaque jour. Je comprends qu'il y a une certaine crainte du côté de l'Île-du-Prince-Édouard et du Nouveau-Brunswick parce qu'ils voient qu'il y a eu beaucoup de cas au Québec, a-t-il fait valoir. On essaie de les rassurer. Et moi, je suis optimiste. J'ai senti qu'il y avait une ouverture.»  Avec La Presse canadienne