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De nombreux campeurs se sont installés sur les plages lors de l’été 2020, mettant souvent à risque des milieux fragiles.
De nombreux campeurs se sont installés sur les plages lors de l’été 2020, mettant souvent à risque des milieux fragiles.

Gaspé précise l’interdiction de camping sur ses plages

Simon Carmichael
Simon Carmichael
Initiative de journalisme local - Le Soleil
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GASPÉ - Après avoir mené une large consultation, la ville de Gaspé précise les règlements qui prévaudront sur ses plages cet été. À compter du mois de juin, il sera interdit de passer la nuit sur les plages de la municipalité, tout comme dans les lieux publics, que ce soit en tente, dans un véhicule, ou même à la belle étoile.

Fortement ébranlé par l’été 2020, le conseil municipal de Gaspé s’était promis d’agir avec force. C’est chose faite. Un règlement adopté lundi soir précise les nouvelles restrictions régissant le camping sauvage sur les plages de la municipalité gaspésienne.

La ville compte agir sur quatre fronts pour éviter de revivre un scénario similaire à celui de l’été 2020. Premièrement, les élus s’attaquent à l’épineuse question du camping sur les plages. «On a décidé d’être plus sévère que pas assez», admet le maire, Daniel Côté. «Il fallait marquer le coup, et si en 2022 on doit faire des ajustements, on rouvrira le dossier».

De ce fait, il sera officiellement interdit de passer la nuit sur les plages de la municipalité, qu’on soit en tente, sans tente ou dans son véhicule. Il sera également interdit de dormir dans tout autre lieu public.

Pour faire appliquer la règlementation, Gaspé compte octroyer un contrat à une agence de sécurité. Les contrevenants s’exposent à des amendes de 200$, pouvant aller jusqu’à 2000$ dans le cas d’une récidive.

La municipalité va aussi mettre en place des infrastructures sanitaires pour assurer la propreté des plages de sable, notamment l’installation de poubelles, une demande fréquemment formulée depuis des années par les groupes citoyens. «On s’est fait prendre les culottes à terre l’été dernier», lance le maire. «On n’avait pas assez de personnel pour faire l’entretien des blocs sanitaires, alors on n’était pas en position d’ouvrir de nouvelles tâches», explique-t-il.

Source d’inquiétudes pour de nombreux riverains et pour plusieurs biologistes : les déplacements en véhicules motorisés sur les milieux fragiles, qui étaient déjà interdits, seront beaucoup plus ardus cet été. Le conseil municipal compte faire installer des barrières physiques pour empêcher l’accès aux véhicules sur les plages. «Il y a vraiment un consensus sur cette question. Le message est très clair : si on continue à scrapper l’élyme des sables en roulant dessus, on va perdre nos plages», met en garde Daniel Côté.

Dès l’adoption officielle du règlement, les autorités municipales feront retirer plusieurs lieux désormais proscrits d’applications qui recensent les endroits où faire du camping sauvage, comme iOverlander. 

Finalement, Gaspé va mettre sur pied une campagne «véhiculant un message positif et éducatif pour promouvoir l’utilisation durable des magnifiques plages» sous le thème de «MA PLAGE, JE L’AIME: JE LA PROTÈGE!». Déployée via les réseaux sociaux, les médias traditionnels et via des agents de sensibilisation, la campagne vise à «sensibiliser les utilisateurs sur la fragilité des lieux et sur les meilleures pratiques à adopter pour les protéger.»

Consulter les partenaires autochtones, les utilisateurs et les riverains

Dans les derniers mois, la ville de Gaspé et le comité ZIP de la Gaspésie ont mené une large consultation afin d’avoir le pouls de la population sur l’enjeu du camping sauvage et sur la sauvegarde des plages.

À plusieurs reprises, le maire a aussi échangé avec le chef de la nation autochtone de Gespeg pour s’assurer d’avoir le soutien de la communauté, qui revendique plusieurs territoires qui seront régis par la nouvelle règlementation. «Nous partageons le même constat qu’eux, et nous avons leur appui», assure le maire. «C’est significatif de voir Gespeg se joindre à nous dans nos efforts», se réjouit-il.

Si les résultats complets de l'étude ne sont pas encore disponibles, le comité ZIP publiera un rapport complet au cours des prochaines semaines, il est facile de distinguer un consensus parmi les répondants, note le maire. «On voit que sur plusieurs éléments, il y a une écrasante majorité qui souhaite voir des actions, notamment quant aux véhicules sur les plages», analyse Daniel Côté. «Ce que j’ai promis à la fin de l’été dernier, c’est une application forte. Je crois que ce règlement est réaliste. Il ne sera pas parfait, mais il est fort», conclut-il.