Gaspé permettra finalement aux campeurs d’occuper les plages de la municipalité, après avoir envisagé le contraire.
Gaspé permettra finalement aux campeurs d’occuper les plages de la municipalité, après avoir envisagé le contraire.

Gaspé fait marche arrière et permet le camping sur ses plages

La ville de Gaspé revient sur sa décision et permettra le camping sauvage sur les plages de la municipalité. Toutefois, les véhicules récréatifs seront interdits dans les espaces publics, tels que les stationnements, les parcs et les routes.

Une semaine après avoir annoncé que le camping sauvage serait interdit sur les places publiques de la ville, Gaspé rebrousse chemin. À la suite de nombreux commentaires de citoyens qui voyaient le règlement comme un affront à leur droit d’accès à la nature, la municipalité va présenter une nouvelle mouture de son règlement qui exclut les plages de cette interdiction.

«Le principal objectif était de répondre aux revendications d’entreprises qui réclamaient un meilleur encadrement des VR, qui utilisaient souvent des terrains municipaux ou des terrains commerciaux privés, sans que les propriétaires ne puissent intervenir», explique le maire de Gaspé, Daniel Côté. En adoptant cette mesure, la ville et les commerçants pourront faire appel aux agents de la Sûreté du Québec (SQ) pour intervenir auprès des campeurs établis sur des espaces interdits. «C’est un outil qui permet d’exercer un certain contrôle, mais qui sera sans doute appliqué avec discernement», ajoute le maire.

Une pétition de près de 3500 noms

À la suite de l’annonce du règlement, une véritable vague de contestation s’était fait sentir parmi la population. Une pétition demandant l’annulation de celui-ci a été lancée quelques jours plus tard et a récolté près de 3500 noms en moins d’une semaine. Son initiateur, Olivier Brien, dénonçait un règlement «garoché qui ne répondait qu’aux demandes du milieu des affaires et des campings».

Celui-ci s’est dit satisfait de la réponse de la ville, mais garde tout de même certaines réserves, notamment quant à la légalité du camping sauvage. «C’est vraiment un bon pas vers l’avant, note M. Brien, maintenant, on veut juste s’assurer que ce ne soit pas que toléré, mais bel et bien permis et encadré», ajoute-t-il.

Submergé de commentaires

De nombreux commentaires ont aussi afflué lors de l’annonce du règlement, demandant au conseil municipal de se rétracter. Face à cette contestation, les élus de Gaspé se sont dits ouverts à revoir la réglementation. Dans une vidéo publiée le 4 juin, le maire de la ville affirmait que «le conseil allait s’ajuster pour répondre à la volonté des citoyens». «Les débats d’idées sont toujours sains dans une communauté, alors nous sommes très ouverts», concluait Daniel Côté.

Le conseiller municipal du quartier 6, Ghislain Smith, s’était aussi dit surpris par l’ampleur de la mobilisation. «Je ne m'attendais pas à une telle réaction. Je comprends que [...] perdre un privilège dont on profitait depuis de nombreuses années peut faire réagir», écrivait-il. Le conseiller du quartier qui comprend les secteurs de York, Sandy Beach, Haldimand et Douglastown, où on trouve plusieurs lieux prisés pour le camping sauvage, concluait en disant qu’il y aurait «une bonne réflexion à avoir» et que le conseil «prendrait le temps de réfléchir».

Un souci de cohérence régionale

Si le maire souhaite légiférer en la matière, c’est aussi pour qu’il y ait une harmonisation entre les différentes municipalités de la Gaspésie quant au camping sur les terrains publics. «Le règlement proposé était calqué sur celui de plusieurs autres municipalités de la Gaspésie, qui régissent déjà le camping sur leurs espaces publics depuis des années sans que cela ne pose problème», explique M. Côté.

En Gaspésie, plusieurs municipalités telles que Percé, Chandler, Matane et Carleton-sur-Mer ont des règlements similaires à celui qui était proposé par l’administration municipale. La ville de Sainte-Anne-Des-Monts travaillerait aussi sur une réglementation allant dans le même sens.

La nouvelle mouture du règlement sera proposée au conseil municipal du 15 juin prochain.