Donald Tusk, Theresa May, Angela Merkel, Donald Trump, Justin Trudeau, Emmanuel Macron, Shinzo Abe, Giuseppe Conte et Jean-Claude Juncker posent à La Malbaie pendant le Sommet du G7. —

G7: du «jamais-vu» chez Tourisme Charlevoix

De toute évidence dopé par le sommet du G7, le taux d’occupation du parc d’hébergement charlevoisien a bondi de près de 20 % en juin 2018 par rapport à l’année précédente. Du «jamais-vu» chez Tourisme Charlevoix.

Jusqu’ici prudent quant aux réelles retombées du G7, le directeur général de Tourisme Charlevoix, Jacques Lévesque, peut finalement faire un lien direct entre le sommet international, tenu à La Malbaie les 8 et 9 juin, et l’augmentation drastique du nombre d’unités occupées sur le territoire. «On voit qu’il y a une correspondance [avec le G7]. C’est clair, net et précis», a-t-il dit en entrevue au Soleil, mardi. 

M. Lévesque est conforté par des chiffres récemment fournis à Tourisme Charlevoix par l’Institut de la statistique du Québec. On y découvre que le taux d’occupation a gonflé à 63,4 % pour juin 2018, en hausse de 18,7 % comparativement à juin 2017. «Si je regarde l’historique, juin a un taux d’occupation à 63,4 %, je n’ai jamais vu ça. On n’a jamais vu ça», a affirmé celui qui œuvre chez Tourisme Charlevoix depuis 2003.

La hausse correspond à 13 826 unités d’hébergement supplémentaires louées par rapport à 2017, pour un total de 45 372. «Ça n’arrive pas, ce genre de chose-là», a ajouté M. Lévesque à propos de cette hausse significative, laissant entendre que la venue du G7 avait créé une exception. Bon an mal an, le taux d’occupation moyen pour un mois de juin tourne autour de «40 à 45 %», a-t-il souligné.

Sur le terrain, des effectifs policiers et des responsables du sommet ont commencé à envahir La Malbaie des semaines avant la tenue de l’événement. Des auberges, des hôtels et même des campings ont été sollicités pour loger les travailleurs, à La Malbaie, mais aussi dans certaines municipalités adjacentes. Leur présence s’est intensifiée à partir de la semaine précédant la rencontre des sept puissances économiques.

Si bien que les données pour le mois de mai montrent aussi une augmentation, quoique plus modeste. Le taux d’occupation a atteint 42,8 % cette année, soit une hausse de 9,9 % ou 8219 unités occupées.

Jacques Lévesque tient à préciser que la «manne» n’a pas été la même pour tout le monde. Et c’est d’ailleurs ce qui l’a incité à la prudence ces derniers mois. Tourisme Charlevoix est conscient que ce ne sont pas tous les hôteliers qui ont vécu le G7 de la même façon. «Ce qui est vrai pour l’un n’est pas nécessairement vrai pour un autre», disait-il en juin. Un discours qu’il a répété mardi.

Intérêt américain

Tourisme Charlevoix multiplie par ailleurs les visites de journalistes internationaux. S’il y en avait avant le sommet, l’intérêt pour la région est toujours là après. «En date de vendredi, on terminait une tournée avec des journalistes allemands», a fait savoir M. Lévesque.

Une tournée est aussi prévue dès septembre avec des journalistes américains et du Canada anglais. Une autre est organisée en décembre pour des reporters français. La France sera l’hôte du sommet du G7 en 2019.

Plusieurs touristes sont intéressés à visiter les lieux où se sont réunis Justin Trudeau, Donald Trump, Angela Merkel, Emmanuel Macron, Shinzo Abe, Theresa May, Giuseppe Conte, Donald Tusk et Jean-Claude Juncker. Selon Jacques Lévesque, la demande vient principalement d’Américains, d’Ontariens et de Français.

Clientèle plus internationale

Au Manoir Richelieu, où s’est officiellement tenue la rencontre, on remarque déjà un changement dans la clientèle. «C’est une clientèle qui est beaucoup plus internationale», a soutenu Vicky Drolet, porte-parole de l’établissement de la chaîne Fairmont.

Et selon des données de fréquentation du site Internet de l’hôtel, au mois de juin, la provenance des visiteurs suit la même logique. Mme Drolet, tout comme Jacques Lévesque, remarque un fort intérêt chez les Américains. Le lien ne peut être confirmé hors de tout doute, a-t-elle nuancé, mais «on peut penser» que le sommet a eu un impact.

Du côté de Québec, où des activités du G7 ont eu lieu pour les pays invités et où le centre de la presse internationale était installé, une hausse du taux d’occupation est aussi remarquée pour juin, mais dans une moindre mesure. Selon l’Office du tourisme de Québec, il a atteint 83,7 %, soit 5,2 % de plus qu’en 2017. Le mois de mai a enregistré une plus forte augmentation, avec une occupation moyenne de 77,8 %, en hausse de 10,5 %.

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Le Train de Charlevoix au ralenti

L’un des deux trains du Train de Charlevoix est non fonctionnel depuis le 18 juillet en raison d’un problème électronique. 

En pleine haute saison touristique, la situation force l’opérateur du train, Réseau Charlevoix, à contacter ses clients et à négocier avec eux au «cas par cas», a expliqué Nancy Belley, directrice générale de l’organisation. Certains, s’ils acceptent, auront droit à un plan B, soit un déplacement par autobus scolaire pour les transporter sur le territoire charlevoisien. D’autres préfèrent annuler, a concédé Mme Belley. 

Cette dernière estime que «85 % à 100 %» de la clientèle, selon les cases horaires, est jointe avant le jour du départ. Le risque d’avoir une mauvaise surprise est toutefois réel pour ceux qui n’auront pas été avertis.

Chaque train peut accueillir 120 personnes. La saison du Train de Charlevoix se termine le 21 octobre. 

Mme Belley espère que le véhicule hors d’usage sera de retour sur les rails dans les prochains jours, bien qu’elle n’avait aucun délai à fournir mardi. 

«Notre priorité est la sécurité des passagers et de nos employés», a-t-elle insisté. Le Train de Charlevoix fait le lien entre Québec et La Malbaie.