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François Gignac fabrique des objets qui fonctionnent : le volant de sa voiture est lié aux roues.
François Gignac fabrique des objets qui fonctionnent : le volant de sa voiture est lié aux roues.

François Gignac: quand le travail du métal n’a plus de secret [PHOTOS]

Gilles Gagné
Gilles Gagné
Collaboration spéciale
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Le Magasin général Gendron, le bâtiment principal de la Pointe Duthie, à New Richmond, accueille jusqu’au début de septembre l’exposition, Le passé réinventé, montrant le travail du fabricant d’objets métalliques de toutes sortes François Gignac, mécanicien-débosseleur de métier.

La Pointe Duthie est l’ancien Village gaspésien de l’héritage britannique. Il s’agit d’un ensemble de bâtiments ayant une signification importante, minimalement pour la communauté anglo-gaspésienne, mais aussi pour le secteur de la Baie-des-Chaleurs, comme c’est le cas pour le Magasin Gendron. Ces bâtiments ont été déménagés sur le site.

Toujours propriétaire de son atelier, situé à quelques kilomètres de la Pointe Duthie, M. Gignac bricole d’innombrables objets quand il a quelques minutes ou quelques heures libres. Au cours des dernières années, il s’est notamment appliqué à fabriquer de gros jouets roulants, une automobile, une moto et un tracteur, en se servant à la base de vieilles machines à coudre!

Il a aussi fabriqué des guitares de dix à douze kilos, notamment à partir d’outils excédentaires. Il a aussi fait des portemanteaux avec des clous de chemin de fer dans le rôle des crochets et divers petits objets décoratifs.

À 63 ans, François Gignac parle de son métier et de son passe-temps avec l’enthousiasme d’une personne plus jeune de 50 ans.

« J’ai commencé à fabriquer des objets quand j’avais huit-neuf ans. J’ai toujours eu ça en moi. J’aime les défis. Si quelqu’un me disait : « t’es pas capable », c’était un défi! Les inventions, ça sort tout seul. J’ai toujours aimé faire et défaire les choses, voir comment ça marche. Ça prend des bons yeux et de la patience » raconte-t-il.

François Gignac fabrique des objets qui fonctionnent : ses guitares ont des cordes, bien qu’elles ne soient pas ajustées.

Bien que très occupé dans son atelier, il trouve le temps de bricoler.

« Je fais ça entre deux réparations. Je prends le temps libre pour m’avancer sur un de mes petits projets. Il faut aimer ça et j’ai toujours aimé le travail manuel. La première guitare m’a pris beaucoup de temps, mais quand tu le fais plusieurs fois, ça passe plus vite. Je peux faire ce que je veux avec l’acier. Je peux le couper, le plier, le façonner. Je peux faire ce que vous voulez. Je peux faire les pièces nécessaires. J’ai tous les outils et si je ne l’ai pas, je vais le faire. Si l’outil n’existe pas, mais que j’en ai besoin, je vais le fabriquer », explique-t-il.

Comme si tout ça n’était pas suffisant, François Gignac récupère et répare des vélos, une activité qui a pris un essor particulier avec la crise sanitaire.

« Il manque de vélos depuis le début de la pandémie. Il y a aussi du monde qui n’a plus besoin des vieux vélos. Ils me les apportent. Je les répare et je les revends. J’en vends deux ou trois par jour. Pour ça aussi, je fais les réparations entre deux jobs », dit-il.

Dans un contexte idéal, François Gignac passerait ses journées à animer la visite du Magasin Gendron, mais il est bien trop occupé. « Je n’arrêterai pas. Pour rester jeune, il faut avoir des projets », dit-il simplement en parlant de son atelier et de ses objets métalliques.

« C’est un beau phénomène. C’est merveilleux de l’entendre parler des objets qu’il fabrique », note avec ravissement Danielle Cyr, présidente de la Pointe Duthie.

Le Magasin Gendron renferme des artéfacts remontant aux années d’exploitation de ce commerce, ouvert en 1890 à Caplan, village situé 15 kilomètres plus à l’est. L’édifice a été déménagé en 1988 à New Richmond. Il est ouvert du mardi au samedi inclusivement, de 10 h à 16 h, jusqu’à la Fête du travail.

Une autre oeuvre de François Gignac