Le maire de Rimouski, Marc Parent, a répété à quelques reprises, lors de l’assemblée publique de lundi soir, que le lien de confiance était brisé entre les membres de son conseil municipal et la conseillère Virginie Proulx.
Le maire de Rimouski, Marc Parent, a répété à quelques reprises, lors de l’assemblée publique de lundi soir, que le lien de confiance était brisé entre les membres de son conseil municipal et la conseillère Virginie Proulx.

Exclusion d’une conseillère municipale à Rimouski: «le lien de confiance est brisé»

Johanne Fournier
Johanne Fournier
Collaboration spéciale
RIMOUSKI - «Le lien de confiance entre Mme Proulx et les membres du conseil municipal est brisé», a répété le maire Marc Parent à plusieurs reprises lors de l’assemblée du conseil municipal de Rimouski, lundi soir. C’est la réponse qu’il a souvent fournie aux questions de certains citoyens et journalistes pour expliquer l’exclusion des délibérations des comités pléniers de la conseillère municipale du district du Bic, Virginie Proulx.

M. Parent a indiqué que cette décision prise à la majorité des membres du conseil municipal fait suite à «une succession d’événements qui, au fil des mois, avait contribué à fragiliser les liens de confiance que les conseillers avaient avec Mme Proulx». «[…] Certains conseillers m’avaient informé de leur intention de cesser de siéger dans les assemblées plénières parce qu’ils craignaient que certains commentaires qu’ils feraient à l’interne, sous le couvert de la confidentialité, soient rendus publics. On a dû procéder à un vote.» Le maire dit avoir trouvé ce moment très difficile.

Il envisage de faire appel à des services professionnels visant à trouver des solutions pour rebâtir le lien de confiance. «Notre intention, c’est de continuer à travailler comme on a toujours travaillé à la Ville de Rimouski : en harmonie et dans le respect d’autrui.»

Vilipendés dans les réseaux sociaux

Marc Parent et deux conseillers municipaux ont exprimé leur indignation face à la véhémence de certains propos tenus à leur endroit dans les réseaux sociaux. Certains parlent d’un conseil municipal dont les membres seraient contraints au silence, victimes d’intimidation en cas de dissidence et obligés d’acquiescer aux décisions du maire. Certains autres allèguent que Virginie Proulx aurait été victime de sexisme et que le conseil municipal serait un système dictatorial. «J’aurais tendance à croire que plusieurs de ceux qui font des commentaires gratuits auraient de la difficulté à faire le travail que chacun d’entre nous fait», a mentionné le maire Parent.

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«Je suis vraiment fragilisée et outrée par les commentaires de certains citoyens à notre égard, a tenu à préciser la conseillère Jennifer Murray lors d’une longue intervention qui, parfois, ressemblait à un cri du coeur. Je le prends personnel. Ça me touche émotivement, dans le plus profond de moi. Lorsque j’entends que nous sommes muselés, c’est quelque chose qui est complètement faux. Je me suis fait traiter de mouton, de suiveuse. Je ne suis pas quelqu’un qui a la langue dans sa poche; je suis capable de m’exprimer lorsque j’en ressens le besoin. Nous sommes traités de structure dictatoriale. C’est n’importe quoi! Je suis toujours réceptive aux commentaires de mes citoyens et des gens!»

«J’ai eu des commentaires comme quoi mes collègues avaient des propos misogynes, a poursuivi Mme Murray, qui a été élue il y a onze ans. Je trouve que ce sont des propos vraiment graves! J’ai toujours été la plus jeune femme élue au conseil municipal. Ça n’a pas toujours été facile. J’ai dû prendre ma place […]. Les propos misogynes par rapport à mes collègues masculins sont totalement faux. Au contraire, les hommes qui m’entourent ont un très grand respect, un grand esprit d’équipe, ils sont rigolos et on a du plaisir à travailler ensemble.»

Jennifer Murray s’est aussi défendue des commentaires faisant allusion à l’intimidation et à la peur dont seraient victimes les conseillers municipaux. «Pour se faire entendre, on n’a pas besoin de gueuler, de crier à bout de souffle qu’on n’est pas d’accord! Je pense que la meilleure façon, c’est de se parler intelligemment, dans le respect. J’ai toujours réussi à débattre, à faire valoir mon point de vue et bien souvent, j’ai réussi à faire changer des décisions à cause, je crois, de mon attitude et parce que j’aime vraiment le travail d’équipe. Je trouve que les débats sont sains.»

L’élue a fait part de son exaspération devant toutes les injures dont elle et ses collègues peuvent être la proie. «On est des humains et, un moment donné, quand on se fait traiter de malhonnêtes, de moutons, de muselés et de toutes les caractéristiques péjoratives et négatives, alors qu’on a la force de se présenter devant les gens, de se positionner et de défendre les gens, je trouve ça assez «cheap shot». On peut avoir notre quota. Ça en vient vraiment fatigant et harcelant!» Selon elle, il n’est pas nécessaire de «s’écarter du groupe ou d’essayer de prendre d’autres sentiers pour arriver à nos fins». 

Se disant désolé de la situation entourant l’exclusion de Virginie Proulx et espérant que le conseil en vienne à un règlement, son homologue Grégory Thorez a continué dans la même veine, tenant lui aussi à se défendre d’être un mouton, ajoutant que les attaques dont lui, le maire et les autres conseillers municipaux font l’objet dans les réseaux sociaux constituent ce qui est «le plus dur à supporter». «Un droit d’expression n’est pas un droit de diffamation!» Le conseiller municipal a ajouté que tous les élus ont le droit à la dissidence.