Jean-Sébastien Fournier, porte-parole du comité de citoyens, espère que la solution retenue pour la protection des berges soit la bonne.

Érosion: 9 millions $ pour protéger 76 résidences à Pointe-aux-Outardes

BAIE-COMEAU — Pointe-aux-Outardes a finalement sa solution pour protéger une partie de ses berges de l’érosion. La localité nord-côtière de 1300 résidents fera de la recharge granulaire de la plage, avec du sable et du gravier, sur une distance de 1,5 kilomètre.

La municipalité a présenté cette solution mercredi soir à environ 60 citoyens, qui attendent depuis des années de savoir de quelle façon leur résidence sera protégée des aléas des marées qui endommagent la falaise sur laquelle les maisons sont construites.

Cette recharge protégera 76 résidences de la rue Labrie, qui longe le fleuve Saint-Laurent. Les travaux nécessiteront environ 20 000 voyages de camion pour transporter le matériau granulaire et sont évalués à 9 millions $. Une portion minime, soit 253 000 $, reviendra à la charge de la municipalité.

Le précédent projet de protection, révélé en avril dernier, faisait état d’épis en enrochement accompagnés de recharge de plage. L’évolution des connaissances a toutefois fait en sorte de modifier le projet initial.

«On a vu avec l’expert qu’avec les nouvelles technologies, la science a évolué et qu’il y d’autres options, à des coûts corrects, autant pour la municipalité que pour le ministère (de la Sécurité publique), et qui ont aussi moins d’impacts au niveau environnemental», a indiqué le maire Serge Deschênes, par ailleurs soulagé de constater que ses commettants semblent bien accepter le projet.

«J’espère qu’on a joué la bonne carte et qu’on obtiendra une solution durable et efficace à Pointe-aux-Outardes qui va protéger les gens», a réagi Jean-Sébastien Fournier, porte-parole du comité de citoyens de la rue Labrie. «Il faut faire confiance, ce sont des gens spécialisés dans le domaine».

18 mois de travaux

Selon les estimations actuelles, les travaux sur le terrain pourraient s’amorcer en juillet prochain, une fois toutes les autorisations gouvernementales obtenues. La période de travaux pourrait s’échelonner sur 18 mois. Jean-Sébastien Fournier dit souhaiter que les travaux aillent rondement.

«Nous, ce qu’on espère, c’est que ça se règle rapidement parce que n’oubliez pas qu’à chaque heure, chaque jour, chaque marée haute, il y a un morceau de terrain qui risque de partir selon l’état de Dame Nature et les conditions environnantes», a-t-il lancé.

Évidemment, la solution retenue ne protège pas toutes les berges de la localité à l’ouest de Baie-Comeau. Le Parc Nature, un merveilleux site naturel qui compte notamment le plus grand marais de la Côte-Nord et qui est riche en myes, poissons et oiseaux, ne fait pas partie des sites protégés, au grand dam de son directeur, Denis Cardinal, qui voit l’érosion gruger inexorablement du terrain.

La porte-parole du ministère de la Sécurité publique lui a toutefois fait valoir que le mandat du ministère est de protéger les infrastructures et les biens et non les parcs. Cette dernière ainsi que le maire Deschênes et le préfet de la MRC de Manicouagan, Marcel Furlong, l’ont cependant invité à frapper à d’autres portes pour trouver le financement qui permettra l’éventuelle protection des berges du Parc Nature.