La présumée agression sexuelle se serait produite le 7 juin 2018 à l’École Gabriel-Le Courtois de Sainte-Anne-des-Monts, dans la classe de l’accusé, Richard Bélanger.

Enseignant accusé d’agression sexuelle: Richard Bélanger était un modèle pour la présumée victime

SAINTE-ANNE-DES-MONTS — «Il avait beaucoup d’appréciation pour Richard. Pour lui, c’était comme un membre de la famille. Il avait beaucoup d’admiration pour lui. C’était une personne d’exception. Ce n’était pas un prof ordinaire. C’était un modèle, une référence.»

C’est de cette façon que la mère de la présumée victime a décrit Richard Bélanger, accusé d’agression sexuelle sur son fils, lors du deuxième jour du procès de l’enseignant au palais de justice de Sainte-Anne-des-Monts, en Haute-Gaspésie.

L’homme de 54 ans doit répondre à une accusation d’agression sexuelle sur un adolescent, qui était l’un de ses élèves. Les faits reprochés se seraient produits le 7 juin 2018 à l’École Gabriel-Le Courtois de Sainte-Anne-des-Monts.

La mère a témoigné combien M. Bélanger était proche d’elle et de ses enfants. L’enseignant en histoire leur est venu en aide pour différents services en dehors des heures de classe. Il a même soutenu financièrement le voyage de l’un de ses fils. 

Lors du contre-interrogatoire de la défense, la femme a régulièrement fait preuve d’impatience par rapport aux questions insistantes de Me Yves Desaulniers. Elle a souvent remis en cause la pertinence de certaines questions de l’avocat, qu’elle considérait hors propos. Le juge Jules Berthelot a même dû intervenir auprès du procureur relativement à des questions sur un morceau de gâteau au chocolat qu’aurait offert la mère à l’accusé en guise de reconnaissance pour ce qu’il faisait pour sa famille. «Passez à une autre question parce que ce n’est pas pertinent, a lancé le magistrat. Ça fait au moins 15 minutes que je ne note rien!»

Témoignage émotif

La femme était très émotive et a parfois offert des réponses étouffées par les sanglots. À plusieurs questions ou suggestions de la défense, elle a souvent répété qu’elle ne se souvenait pas ou qu’elle avait de vagues souvenirs. Me Desaulniers est revenu la charge à quelques reprises sur les troubles d’anxiété dont souffrait son fils et pour lesquels il était suivi par le psychologue de l’école. Il a aussi soulevé un traumatisme qu’aurait vécu l’adolescent. 

Une enseignante de français et collègue de Richard Bélanger a aussi été appelée à la barre. La procureure de la poursuite, Me Paméla Tremblay, l’a interrogée afin de savoir si le plaignant, à qui elle enseignait également, avait démontré une attitude différente le lendemain de la présumée agression. La femme de 47 ans a répondu n’avoir rien remarqué ni chez l’élève ni chez son collègue. Elle a raconté que M. Bélanger avait cogné à la porte de sa classe pour pouvoir parler à l’élève en question et que la conversation avait été très brève.

La secrétaire de l’école est venue témoigner que le 12 juin 2018, Richard Bélanger l’a averti qu’il s’absenterait pour la journée. «Il n’a pas terminé l’année scolaire et il me semble que c’est la dernière journée que je l’ai vu, a affirmé la femme de 38 ans. Le motif, il ne l’a pas invoqué. Je crois que c’était pour maladie.»

Me Yves Desaulniers a longuement contre-interrogé l’enquêteuse au dossier, qui a réalisé un interrogatoire vidéo de 57 minutes avec le plaignant lors de la première déclaration. L’avocat a tenté d’exposer d’hypothétiques failles à son enquête. La policière de la Sûreté du Québec a admis, à un certain moment, s’être «enfargée dans les mots utilisés» lors de l’interrogatoire.

Un collègue et ami de l’accusé depuis une dizaine d’années a été le dernier témoin entendu devant le tribunal. Le technicien en informatique côtoyait M. Bélanger de 6 à 10 fois par semaine. Il a souvent vu la présumée victime dans la classe de l’enseignant, avant les cours et après. L’employé de 38 ans a indiqué qu’il était inquiet de l’état de santé de son collègue. «Il se prenait souvent la tête, a-t-il raconté. Il avait des pertes d’équilibre et se garantissait en s’appuyant sur son bureau.» Après qu’il eut appris l’accusation qui pesait contre son ami, l’informaticien a tenté d’obtenir sa version. Richard Bélanger aurait refusé «à cause des circonstances».