La rivière Moisie, au Québec

Des Innus réclament le droit de pêcher partout sur la rivière Moisie

Le conseil Innu de Uashat mak Mani-Utenam revendique le plein accès à la rivière Moisie et refuse de renouveler l'entente de gestion avec Québec.
La communauté innue a avisé le gouvernement lundi, qu'il «ne tolère plus que l'accès à la rivière Moisie leur soit limité» qu'à une partie de la rivière à saumon. «On nous a trop longtemps privés de notre rivière Mishta-Shipu (Moisie) qui est au coeur de notre mode de vie ancestral. C'est une injustice», a martelé le vice-chef, Jonathan St-Onge.
La bande souhaite devenir gestionnaire de la rivière et pouvoir accéder aux zones réservées aux pourvoiries et au camp américain, le Club Adams. «Le gouvernement a donné de nombreuses parcelles de notre territoire à de riches promoteurs pour qu'ils s'enrichissent grâce à la pêche commerciale, sportive et touristique», dénonce-t-il. 
Mais, les Innus rappellent «qu'ils n'ont rien vendu» et «qu'ils n'ont jamais eu de compensations». Le conseil innu se dit motivé par les «enjeux environnementaux» et la «protection de l'espèce» et qu'il est temps «de reprendre la rivière» à saumon pour «la défendre» pour les «générations futures». 
C'est l'Association de protection de la rivière Moisie (APRM) qui est le délégataire de la ZEC de la rivière. Le conseil innu se dit d'ailleurs ouvert à un modèle de «cogestion» avec l'organisme avec lequel, il entretient de bonnes relations. L'APRM a affirmé «prendre acte» de la position du conseil dans sa revendication. 
«Nous sommes toujours en communication avec le conseil et nous sommes confiants que les relations resteront cordiales», a écrit l'organisme dans un communiqué. L'APRM ne fait pas partie de la négociation entre la nation innue et Québec. Le cabinet du ministre des Pêches, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette, n'a pas retourné l'appel du Soleil