Jean Lapointe et Robert Benoit, deux malades du rein, se félicitent de l'ajout de fauteuils d'hémodialyse à Gaspé.

Des fauteuils d'hémodialyse pour les malades du rein en Gaspésie

Les hôpitaux de Gaspé, Sainte-Anne-des-Monts et Maria installeront chacun deux fauteuils d'hémodialyse pour les malades du rein d'ici la fin de l'année. Dix Gaspésiens exilés au Nouveau-Brunswick et à Rimouski pourront revenir chez eux. Des patients comme Robert Benoit, de Cap-aux-Os près de Gaspé, rouleront des centaines de kilomètres de moins chaque semaine.
Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a annoncé jeudi à Gaspé la somme de 1,3 million $ pour acheter les appareils d'hémodialyse et aménager les locaux. Par la suite, offrir le service coûtera 1,4 million $ par an.
L'hémodialyse à Gaspé devrait fonctionner dans deux mois, celle de Sainte-Anne-des-Monts à l'automne et le service de Maria, en décembre. Chaque hôpital sera capable de soigner huit patients, ce qui surpasse les besoins actuels. 
En exil
Jusqu'ici, seul l'hôpital de Chandler offrait le service à 12 malades gaspésiens. La route qui ceinture la péninsule, de Cap-Chat à Matapédia, fait 550 kilomètres. Bien des patients auraient dû parcourir des distances de 200 kilomètres et plus seulement pour aller à l'une de leurs trois hémodialyses hebdomadaires. Dans les faits, plusieurs ont dû déménager pour bénéficier du service qui purifie leur sang et leur permet de rester en vie.
Le ministre Barrette a reconnu la situation particulière de la Gaspésie. «La capacité maximale n'est pas atteinte pour l'hémodialyse à Chandler, mais ça ne règle pas la question des distances.»
Robert Benoit roule plus de 800 kilomètres par semaine pour se rendre à Chandler. Il s'est dit «très content» de bientôt recevoir son hémodialyse à 20 minutes de chez lui, à Gaspé. «Ça va tout changer. Je vais pouvoir déjeuner et dîner à la maison, je vais avoir moins de fatigue, être moins frustré. Je vais pouvoir travailler un peu plus. C'est la meilleure nouvelle depuis que j'ai commencé à avoir besoin d'hémodialyse, il y a quatre ans. Je ne vais plus penser à déménager à Montréal.»
Jean Lapointe, un malade du rein de Gaspé, se bat depuis 2015 pour l'hémodialyse à Gaspé. Il s'est dit satisfait. «Ma conviction, c'est que si je n'avais pas commencé la bataille et s'il n'y avait pas eu des gens pour m'appuyer, on aurait attendu plus longtemps.»
Cinq patients gaspésiens installés à Rimouski et cinq qui avaient déménagé au Nouveau-Brunswick pourront se réinstaller chez eux en Gaspésie. 
Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Gaspésie prévoit qu'une douzaine de nouveaux patients auront bientôt besoin d'hémodialyse dans la région.