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Le maire de Rimouski, Marc Parent
Le maire de Rimouski, Marc Parent

Des élus demandent à la santé publique de «décloisonner» Rimouski

Simon Carmichael
Simon Carmichael
Initiative de journalisme local - Le Soleil
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Alors que les mesures spéciales d’urgences viennent tout juste d’entrer en vigueur dans une grande partie du Bas-Saint-Laurent, des élus de la MRC de Rimouski-Neigette demandent à la santé publique d’envisager de faire repasser le secteur en zone rouge, puisque le nombre de nouveaux cas y est bas.

«La santé publique a été très réactive pour nous faire passer en zone d’urgence, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas être très réactifs pour le contraire», lance d’emblée le maire de Rimouski, Marc Parent. La MRC de Rimouski-Neigette est sous les mesures spéciales d’urgence depuis samedi, tout comme les MRC voisines du Témiscouata, de Rivière-du-Loup et du Kamouraska, à la suite d’une montée importante du nombre de cas, la semaine dernière.

Le maire de la plus grande ville du Bas-Saint-Laurent juge que la hausse de la semaine dernière était ponctuelle, et que la situation sanitaire ne justifie plus l’instauration du niveau d’alerte le plus élevé de la province. «À Rimouski, on a moins de cas actifs par habitant qu’à Montréal, où les commerces sont ouverts et le couvre-feu à 21h30», se questionne Marc Parent. «On avait une moyenne de deux ou trois cas par jour, et en cinq jours, on en a eu 63. N’eût été cet écart de conduite, notre situation est favorable», juge l’élu.

Tout comme le maire, le préfet de la MRC de Rimouski-Neigette demande à la santé publique bas-laurentienne de revoir sa décision à la vue des derniers chiffres. Lundi, la MRC rapportait cinq nouvelles infections. «La décision qui a été prise jeudi de resserrer les mesures parce qu’il y a eu une explosion des cas, on la comprend. Mais aujourd’hui, les chiffres qu’on a en main nous laissent croire qu’on est presque revenu à la normale», juge Francis St-Pierre, qui ajoute «ne pas être spécialiste et faire confiance au jugement de la santé publique».

Les deux élus craignent des dommages injustifiés aux différents commerces non essentiels, fermés en raison des mesures spéciales d’urgence. «C’est extrêmement difficile au niveau financier pour nos entreprises», note Marc Parent. «Le printemps est toujours une saison importante pour les commerçants et il ne faudrait pas que le gouvernement décourage l’achat local au moment où la situation redevient sous contrôle», a noté le préfet dans un communiqué envoyé aux médias.

Être «cohérent» pour garder l’adhésion de la population

MM. Parent et St-Pierre craignent aussi de voir un certain «décrochage» de la population si des mesures trop sévères devaient être imposées inutilement pour une longue période. «Si on veut garder la population de notre côté, il faut être cohérent», a martelé le préfet de Rimouski-Neigette. «On comprend le resserrement, mais on revient à des statistiques morales, il faut aller dans l’autre sens. Il faut pouvoir expliquer à notre population où on veut aller, pourquoi, et comment on veut y aller», note Francis St-Pierre.

«J’ai une crainte que la population constate qu’on est dans une situation favorable et qu’on est sous des mesures très sévères quand même. Il faut penser à l’adhésion de la population», met en garde le maire de Rimouski. «J’ai confiance que la santé publique va rapidement réaliser que la situation est bien différente entre Rimouski et l’ouest du Bas-Saint-Laurent», conclut le maire.

Le CISSS du Bas-Saint-Laurent n’a pas voulu officiellement commenter la sortie des élus. «Les mesures spéciales d'urgence sont en vigueur pour une première période de 14 jours. C’est un décret par force de loi qui sera mené au bout. La situation sera réévaluée quelques jours avant l’échéancier», s’est contenté de noter le porte-parole du CISSS, Gilles Turmel.