Des employés de l'Institut Maurice-Lamontagne de Mont-Joli ont été choqués à la vue de centaines de documents jetés dans un conteneur.

Des centaines de livres scientifiques au rebut à Mont-Joli

Des employés de l'Institut Maurice-Lamontagne de Mont-Joli ont été choqués à la vue de centaines de documents jetés dans un conteneur à ordures placé à l'extérieur de l'édifice. Yvon Brodeur, qui représente les scientifiques de ce centre de recherche en sciences de la mer de Pêches et Océans Canada, est inquiet du sort des quelque 70 000 titres dont disposait leur bibliothèque et que le Ministère a décidé de fermer vendredi.
Pêches et Océans a annoncé que les livres de l'Institut Maurice-Lamontagne seraient transportés à Dartmouth en Nouvelle-Écosse et qu'ils seraient numérisés afin qu'ils puissent être consultés en ligne. Or, certains chercheurs en doutent et craignent que certains documents ne soient perdus à jamais.
«Ce qu'on va jeter, ce sont des documents qui ont peu d'intérêt ou qui sont déjà en ligne, assure Sophie Doucet, directrice des communications du bureau de la ministre des Pêches et des Océans, Gail Shea. Quand il y a des livres qui sont pertinents ou qui ont des chances d'intéresser d'autres organisations ou bibliothèques, on ne les met pas au recyclage.»
La collection de la bibliothèque de Mont-Joli est démantelée comme suit : 38 461 documents seront envoyés à Dartmouth, 4131 autres demeurent à la disposition des employés et 28 951 sont des doublons qui seront offerts aux travailleurs, à d'autres bibliothèques et à des organismes de charité. Aux députés de l'opposition qui croient que la majorité des documents ne puisse être numérisée en raison des lois sur les droits d'auteur, un porte-parole du Ministère, David Walters, répond que 70 % des publications en français du Ministère, qui se trouvaient à la bibliothèque de l'Institut, ont été numérisées.
Le Ministère précise aussi qu'il conserve deux copies physiques de chaque livre numérisé. L'une se trouvera à l'Institut océanographique de Bedford à Dartmouth en Nouvelle-Écosse et l'autre à l'Institut des sciences de la mer de Sidney en Colombie-Britannique.
Documents rares
Par ailleurs, certains scientifiques craignent que des documents rares, uniques ou faisant partie de la littérature grise, c'est-à-dire des rapports statistiques ou techniques, des textes de conférences, des notes de scientifiques, des bibliographies ou des thèses, fassent partie de l'élagage. Sophie Doucet les rassure: «C'est une des choses à laquelle le Ministère porte une attention particulière afin qu'ils ne soient pas détruits.»
La fermeture des 7 bibliothèques, sur les 11 que possédait Pêches et Océans, fera économiser 430 000$ par année au gouvernement.