Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Les déplacements vers les zones jaunes à compter de jeudi interdites pour les habitants en zone rouge et orange.
Les déplacements vers les zones jaunes à compter de jeudi interdites pour les habitants en zone rouge et orange.

Déplacements interdits vers les zones jaunes: «Incompréhension totale» en Gaspésie

Simon Carmichael
Simon Carmichael
Initiative de journalisme local - Le Soleil
Article réservé aux abonnés
Complètement évacuée lors du point de presse du premier ministre, une mesure interdisant les déplacements vers les zones jaunes à compter de jeudi sème l’incompréhension dans l’Est-du-Québec. À deux jours de la mise en place de l’interdiction, des élus dénoncent «un exercice de communication complètement raté». 

«J’ai écouté le point de presse, et on n'en a pas parlé une seule fois. Complètement passé sous le radar», s’étonne le préfet de la Haute-Gaspésie, Allen Cormier. «Vraiment ça a tout sauf le mérite d’être clair. On dit qu’on va peaufiner dans les prochains jours, mais ça entre en vigueur dans deux jours ! C’est n’importe quoi, ça ne marche juste pas», tonne l’élu. 

Tout comme ses collègues maires et préfets, il a appris la mesure quelques minutes après la fin de la conférence de presse, alors que les médias ont remarqué une inscription sur le site du ministère de la Santé. «À compter du 8 avril, il sera interdit de se déplacer vers les régions qui se retrouvent au Palier 2 – Préalerte (zone jaune). Les autres déplacements demeurent non recommandés», pouvait-on lire. 

À moins de 48 heures de l’entrée en vigueur de la mesure, les questions des élus et des citoyens sont très nombreuses. «Si on l’applique à la règle, les gens de Sainte-Anne-des-Monts pourront se rendre à Matane, mais pas le contraire. Même chose pour le traversier. Il pourra partir de Baie-Comeau vers Matane, mais pas retourner.  C’est un exercice de communications complètement raté», note Allen Cormier. 

Une mesure recommandée par la santé publique gaspésienne

Contactée peu après la médiatisation de la nouvelle mesure, la santé publique de la Gaspésie semblait prise de court. «On n’en a pas entendu parler, il n’y a pas de gestes posés en ce sens», affirmait au Soleil le responsable des communications du CISSS de la Gaspésie, Jean Morin. Quelques minutes plus tard, M. Morin a confirmé que la santé publique régionale avait recommandé l’interdiction des déplacements vers les zones jaunes.

«Le Dr Bonnier-Viger l’avait recommandé, essentiellement pour protéger la région et ne pas faire entrer des gens à risque. C’est une mesure pour éviter que la situation se dégrade», note le responsable des communications. Il n’est pas question pour l’instant de parler de barrages, mais plutôt d'interprétations aléatoires. «Il pourrait y avoir des vérifications aléatoires à compter du 8 avril». Les déplacements essentiels seront permis. 

Si la façon d’annoncer la mesure fait sourciller, l’élu gaspésien est tout de même satisfait du resserrement des règles sanitaires et de l’accès aux zones moins touchées. «C’est une mesure pour nous protéger, on ne peut pas être contre, mais il y a tellement d'inconnus. Nous sommes toujours en faveur des annonces qui nous protègent, mais cette fois, c’est vraiment mal expliqué», conclut M. Cormier.