Le président de la Corporation de gestion du port de Baie-Comeau, Marc Lefebvre, le ministre Marc Garneau, le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny, et le préfet de la MRC de Manicouagan, Marcel Furlong, avaient le sourire aux lèvres après l’annonce de la cession du port de Baie-Comeau au milieu, cession qui sera officialisée dans les prochains mois.

De gros cadeaux du fédéral pour Baie-Comeau

BAIE-COMEAU — Pour sa première visite à Baie-Comeau en carrière, le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, avait de gros cadeaux dans sa valise. Il a d’abord confirmé que le gouvernement cédera, dans les prochains mois, la propriété du port de Baie-Comeau au milieu. M. Garneau a aussi annoncé 7,4 M$ pour l’étude de faisabilité du projet QcRail.

Ça fait au moins 10 ans que la région Manicouagan réclame la propriété du port fédéral et que la Corporation de gestion du port de Baie-Comeau (CGPBC) y travaille. «Notre ville doit son origine et sa croissance à son port. On pourra maintenant lancer une nouvelle ère de développement», de faire valoir le président de la corporation, Marc Lefebvre qui, selon ses dires, «vient de s’acheter de l’ouvrage» avec cette cession.

Au terme de ces longues tractations, Ottawa versera 44,2 M$ à la CPGBC pour l’entretien et l’opération du quai pour les 25 prochaines années. Toutefois, avant que la cession soit officielle, le fédéral inspectera en profondeur le poste numéro 4 et si des travaux sont nécessaires, il les fera à ses frais. Le coût de ces éventuels travaux pourraient s’élever autour de 8 M$.

«Il y aura un Baie-Comeau différent à partir d’aujourd’hui», s’est emballé le maire de l’endroit, Yves Montigny, qui a rappelé que quatre maires, outre lui, ont travaillé à la concrétisation de cette cession. Le Conseil des Innus de Pessamit sera aussi impliqué dans la Corporation de gestion du port de Baie-Comeau.

Selon Marc Lefebvre, la corporation fera bientôt une présentation publique afin de faire connaître l’ensemble du budget de l’organisme. Présentement, le port génère des revenus annuels d’entre 1,2 à 1,5 M$ avec son principal utilisateur, Produits forestiers Résolu, mais l’organisme entend faire exploser ces revenus avec son développement futur.

Des sous pour QcRail

Et ce développement, de l’avis de plusieurs, passe par la concrétisation du projet QcRail, monté par Innovation et développement Manicouagan (IDM). Ce projet de 1,5 G$ vise la construction d’une voie ferrée de 370 kilomètres entre Baie-Comeau et Dolbeau, au Lac-Saint-Jean, afin de rejoindre par le nord le rail jusqu’à Winnipeg. Ottawa verse donc 7,4 M$ pour l’étude de faisabilité, le même montant consenti par Québec. «On veut rendre le transport de marchandises le plus efficace possible», de soutenir le ministre Garneau, qui doit voir «beaucoup de potentiel» dans QcRail. Il estime que ce nouvel accès à un port en eau profonde, libre de glace à l’année, stimulera l’économie.

Quant à Marcel Furlong, à la fois préfet de la MRC de Manicouagan, président d’IDM et vice-président de la CGPBC, il a confié que «notre projet n’est pas juste une demande de la région, il est nécessaire pour tous les Canadiens».