CPE: du bruit et des négos derrière des portes closes

Près d’une centaine d’éducatrices ont manifesté bruyamment, samedi matin, devant l’hôtel dans lequel se poursuivent les négociations entre l’association patronale et le Syndicat des travailleurs(euses) en centre de la petite enfance de l’Outaouais (STCPEO-CSN).

À l’intérieur, un négociateur du ministère du Travail se préparait, samedi matin, à rencontrer, à tour de rôle, les parties en litige qui avaient réservé deux salles contiguës.

Quatre articles, sur lesquels on ne s’entend toujours pas, bloquent encore la ratification d’une entente globale et finale, soit les clauses touchant à la durée de travail des travailleuses en garderie, les pauses à accorder, le choix des horaires de travail et le choix des groupes d’âge d’enfants à gérer.

Les éducatrices arrivent cependant à la table de négociation avec un mandat de grève illimitée qu’elles se sont accordé, mercredi dernier, en faveur duquel elles ont voté à 89%.

Six jours de grève ont déjà eu lieu, mais le syndicat indique vouloir donner une chance à la négociation, avant de prendre les grands moyens: soit la grève illimitée.

«Nous, on veut laisser une chance à la négociation. Il faut que tout le monde saisisse cette chance-là», expliquait Michel Quijada, le président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais, avant l’amorce de cette nouvelle ronde de négos.

«Je pense que c’est assez éloquent de voir les filles, un samedi matin, qui sont mobilisées. Elles ne lâcheront pas le morceau. La balle est dans le camp des négociateurs. La négociation, c’est pour la pérennité du réseau. Il y a des filles qui doivent travailler plus parce qu’il y a moins de personnel sur le plancher. Si on veut que ce réseau-là continue à donner de bons services, faut que les conditions de travail correspondent aux services que les gens donnent.»

«Il y a déjà eu des compressions dans les réseaux de CPE; faut que ça cesse.»

Dans un communiqué, publié vendredi, les représentants syndicaux accusaient les employeurs de déformer les faits auprès des parents et pressaient l’association patronale de ratifier l’entente de principe nationale déjà intervenue entre le ministère et les CPE.

Les présentes négociations touchent 17 CPE sur les 23 de la région et concernent environ 300 éducatrices. 

D’autres séances de négociation pourraient avoir lieu en avril. Des dates de rencontre avaient été avancées à cet effet. 

Les travailleuses en garderie sont sans contrat de travail depuis trois ans, soit mars 2015.

«On a un bon réseau, mais faut le garder; sinon, ça va se dégrader. On voit ce qui se passe dans les hôpitaux. Faudrait pas que ce soit comme ça», conclut Michel Quijada. Le négociateur du gouvernement et la partie patronale ont refusé de rencontrer Le Droit.