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Le Dr Sylvain Leduc se dit très préoccupé par la situation épidémiologique du Bas-Saint-Laurent qui est aux prises avec plusieurs éclosions d’un variant de COVID-19.
Le Dr Sylvain Leduc se dit très préoccupé par la situation épidémiologique du Bas-Saint-Laurent qui est aux prises avec plusieurs éclosions d’un variant de COVID-19.

COVID-19 au Bas-Saint-Laurent: 30 cas de variants, 12 éclosions et 1000 personnes en isolement

Johanne Fournier
Johanne Fournier
Collaboration spéciale
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Les cas de variants de COVID-19 se multiplient à une vitesse folle au Bas-Saint-Laurent, surtout dans sa portion ouest. Le territoire compte 12 éclosions. Plus de 1000 personnes et 27 classes sont en isolement. Un total de 15 écoles sont touchées par des cas de variants. Neuf personnes sont hospitalisées, dont un enfant de 2 ans. «Ça frappe», lance le directeur régional de la santé publique, Sylvain Leduc.

Âgés de 2 à 75 ans, les gens sont hospitalisés dans les régions voisines de Chaudière-Appalaches et de Québec, le temps nécessaire à ce que la direction régionale de la santé publique procède à la réouverture de son unité COVID.

Le Dr Leduc se dit très préoccupé par la situation épidémiologique actuelle, principalement parce que les variants sont beaucoup plus contagieux. «On ne sait pas encore de quel type exactement il s’agit aujourd’hui parce que nous attendons toujours son séquençage, c’est-à-dire d’établir son code génétique. Mais, on a quand même une certaine impression que, statistiquement, c’est le variant britannique. Il est sévère. Les gens sont malades, particulièrement les adultes qui en sont touchés.» 

Un variant qui touche les jeunes

Selon le directeur de la santé publique, ce variant donne davantage de cas secondaires que la souche qui circulait précédemment. «Quand quelqu’un était malade au cours de la dernière année, il arrivait qu’il ne réussisse pas à transmettre le virus à tous les membres de sa famille, fournit Sylvain Leduc comme exemple. Dans le cas du variant qui est entré dans notre territoire, il n’y a à peu près personne dans une famille qui y échappe quand le virus rentre.»

Ce type de variant touche beaucoup les jeunes des milieux scolaires. «Ça a des perturbations importantes dans le fonctionnement scolaire et ça peut avoir des répercussions importantes sur la santé des gens, même s’ils ne sont pas des personnes âgées», fait savoir le Dr Leduc. 

12 éclosions

Parmi les éclosions actives, cinq usagers et employés d’une unité jumelée de pédiatrie du Centre hospitalier du Grand-Portage de Rivière-du-Loup ont reçu un résultat positif à un variant. De plus, six écoles sont aussi aux prises avec une éclosion. Sur recommandation de la direction de la santé publique, le Centre de services scolaire de Kamouraska-Rivière-du-Loup a fermé deux établissements jusqu’au 2 avril.

Par ailleurs, l’organisme a procédé à la fermeture de sept autres écoles de son territoire. «Bien que l’enquête épidémiologique soit toujours en cours dans le secteur de La Pocatière, 40 % des élèves et 35 % du personnel enseignant du secteur ont été placés en confinement préventif pour une période de 14 jours, explique la secrétaire générale et directrice des communications du Centre de services scolaire, Geneviève Soucy. L’absence de personnel régulier pour assumer les suppléances, jumelée avec la pénurie de personnel, oblige le Centre de services scolaire à fermer les écoles jusqu’au 26 mars inclusivement. Pour les mêmes raisons, les services de garde de tous ces établissements seront également fermés.» Pendant cette période, les élèves poursuivront leurs apprentissages à distance. «Bien sûr, on pense qu’il y aura malheureusement d’autres écoles touchées d’ici les prochains jours, prévient le DLeduc. On commence!»

Lundi, un total de 755 élèves et employés concernés par des éclosions dans des écoles sont en isolement et plus de 250 autres personnes dans la population générale sont aussi confinées. La situation évolue rapidement. «Mes équipes sont à pied d’oeuvre depuis cette nuit, souligne Sylvain Leduc. Les chiffres varient chaque heure.» 

Rassemblements et déplacements en cause

Lundi et mardi, 28 nouveaux cas ont été dépistés dans la région. Le Bas-Saint-Laurent recense 72 cas actifs à la COVID-19 ou à l’un de ses variants, dont 39 dans la MRC de Rivière-du-Loup et 22 au Kamouraska. Lundi, 1795 tests de dépistage ont été réalisés. «La presque totalité, sinon la totalité des cas récents, tant au Kamouraska que dans la MRC de Rivière-du-Loup, sont associées à des variants. En ce moment, le mélange d’un virus très contagieux et d’un certain relâchement d’une partie de notre population qui se traduit par moins de distanciation et parfois aussi par des rassemblements sociaux ou familiaux donnent la chance à ce virus-là de se transmettre très aisément. Si certains avaient besoin d’une preuve pour croire que le ou les variants qui sont entrés chez nous sont plus transmissibles, le Bas-Saint-Laurent en a malheureusement une preuve éclatante.» De l’avis du Dr Leduc, les gens interrogés aux fins de l’enquête épidémiologique menée par ses équipes font état de beaucoup de rassemblements et de déplacements. 

Si les cas de variants sont principalement concentrés dans l’ouest du Bas-Saint-Laurent, le Dr Sylvain Leduc n’est pas moins convaincu que le variant saura faire son apparition dans le secteur est de la région. «On a des gens qui se promènent pour toutes sortes de raisons entre l’ouest et l’est sur notre territoire.» 

Par ailleurs, il estime qu’il est prématuré d’envisager que le Bas-Saint-Laurent puisse basculer en zone rouge en raison de sa situation épidémiologique plutôt alarmante. «C’est possible de reprendre le contrôle, mais il faut attendre parce que ce virus-là a fait des dégâts en se transmettant sans qu’on soit très conscient de sa présence. Il est indéniable qu’au Bas-Saint-Laurent, on en aura pour quelques semaines avant de reprendre le contrôle. Est-ce que ça s’appellera une vague? Je ne le sais pas.»