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Mélissa Fortin-Lapointe est Agente de migration pour l’organisme Place aux jeunes Côte-de-Gaspé.
Mélissa Fortin-Lapointe est Agente de migration pour l’organisme Place aux jeunes Côte-de-Gaspé.

Cinq questions à Mélissa Fortin-Lapointe: «Difficile de transmettre la chaleur gaspésienne à deux mètres!»

Simon Carmichael
Simon Carmichael
Initiative de journalisme local - Le Soleil
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Depuis quelques mois, la Gaspésie est sur toutes les lèvres. Que ce soit pour des vacances ou pour s’y installer, les Québécois se réapproprient la péninsule. Avec l’organisme Place aux jeunes, Mélissa Fortin-Lapointe s’assure que l’arrivée dans la région soit chaleureuse, même en pandémie. Rencontre avec cette Gaspésienne qui veut partager sa région.

1 - La pandémie a chamboulé beaucoup de choses, comment est-ce que ça a eu un impact sur l’accueil des néo-Gaspésiens?

«L’impact se fait surtout sentir au niveau de l’intégration. Au tout début, l’enjeu était de se déplacer entre les régions, mais à long terme, c’est vraiment de s’intégrer au milieu. Les gens arrivés pendant la pandémie n’ont pas d’occasion de se faire un réseau, il n’y a pas de contacts. Je les appelle mes persévérants, ils ne l’ont vraiment pas eu facile.

On se casse la tête, tout le monde est un peu tanné du virtuel, mais il n’y a pas de réponse. J’ai vu beaucoup de solitude, parfois de la détresse, et tout ce qu’on peut faire, malheureusement, c’est attendre.»

2 - Est-ce que ça a accéléré ou retardé les projets de déménagement? Comment?

«Définitivement accéléré. En temps normal, un projet prend en moyenne un ou deux ans. Depuis le début de la pandémie, les gens nous contactent pour des projets dans six mois. On voit aussi de plus en plus de gens qui veulent déménager dans les prochains mois. On dirait que la pandémie a rendu les gens plus ‘"games" de mener leurs projets à terme rapidement, particulièrement avec le télétravail. La grande majorité des gens qui nous contactent souhaitent déménager dans la même année, surtout quand ils sont issus des grandes villes. Les gens ont besoin d’air, et on le sent!»

3 - Quels sont les plus grands défis pour intégrer de nouvelles familles dans les communautés gaspésiennes en ce moment? 

«C’est clair que le contexte pandémique est le plus gros frein en ce moment, puisque ça limite les activités pour les nouveaux arrivants. Quand on réussit à trouver une activité qu’on peut faire en personne, le nombre de participants est limité et on donne la priorité aux nouveaux arrivants. Il y a donc moins de mixité, moins de rencontres avec les gens de la communauté.

L’accueil est beaucoup moins humain, moins chaleureux. Les Gaspésiens sont réputés pour leur chaleur humaine et leur proximité, et on ne peut pas la démontrer, c’est dommage.» 

4 - La Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine a eu un taux migratoire record l’année dernière. À quoi est-ce que c’est attribuable et comment est-ce qu’on s’assure que la tendance soit là pour rester?

«C’est clair que la pandémie a un peu à voir, mais il faut se rappeler que c’est la quatrième année consécutive que notre bilan est positif. Il y a 20 ans c’était tout le contraire. On perdait 1 200 habitants par année. L’image de marque de notre belle région est de plus en plus forte, on a vraiment vu un changement de mentalité au cours des dernières années vis-à-vis de la Gaspésie. 

Notre région rappelle des souvenirs, même si on ne fait rien, on est attirants pour le mode de vie, et depuis quelques années on multiplie les initiatives. Ça paie ! Pour le bilan de l’année prochaine, je mets ma main au feu qu’il sera positif. On est dans le jus !  

5 - Tu es originaire de la Gaspésie et tu es revenue il y a quelques années. Quel bilan fais-tu de ce retour-là maintenant que c’est fait? 

«Je suis née à Gaspé et suis partie à 25 ans par amour, mais je m’ennuyais chez moi. M’installer ailleurs m’a fait comprendre la situation des nouveaux arrivants, je parlais tout le temps de ma Gaspésie, j’en étais presque tannante. 

Quand je suis revenue, je me suis sentie sur mon X, chez moi. Je ne voudrais pas être ailleurs. Moi aussi, j’ai dû faire face à la pénurie de logements. Je suis bien équipée pour comprendre quand quelqu’un me dit qu’il ne trouve pas d’endroit où atterrir. 

Malgré tout, c’est le meilleur "move" que j’ai fait. J’ai retrouvé mes racines et mon bonheur en même temps. J’ai retrouvé une Gaspésie encore plus dynamique que celle que j’ai quittée et en plus mon travail me permet de mettre l’épaule à la roue pour mettre en valeur ce territoire que j’aime tant !

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