Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Claude Goulet
Claude Goulet

Cinq questions à Claude Goulet, directeur artistique des Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie

Gilles Gagné
Gilles Gagné
Collaboration spéciale
Article réservé aux abonnés
Lors de l’été 2010, un nouvel événement a vu le jour en Gaspésie, les Rencontres internationales de la photographie. Ces rencontres prennent la forme d’expositions dans plusieurs lieux extérieurs et deux ou trois lieux intérieurs de la péninsule, dans les principales agglomérations de la région, mais aussi dans les plus petites localités. Le Soleil fait le point avec Claude Goulet, qui prépare le prochain événement.

Question : Qu’est-ce qui assure la longévité de l’événement, et son succès?

Réponse : Au fait, et c’est ça qui est stimulant, année après année, il se construit des liens avec des artistes et le message se transmet à d’autres artistes. C’est comme si la famille s’agrandissait chaque année, même à l’étranger. Les photographes des années antérieures reviennent en Gaspésie même s’ils n’exposent pas. On a beaucoup travaillé en réseautage dès la création de l’événement (…) On présente aussi le travail des artistes comme ils ne l’ont jamais vu. Je travaille avec Catherine Tremblay, qui s’occupe de la production. On imagine la mise en espace des photos, on construit des choses; c’est comme une mise en scène. Je me souviens de la réaction de Martin Parr, quand on a placé ses photos au phare de Carleton : « je n’ai jamais vu mon exposition comme ça ». Un autre aspect, c’est l’exposition sur le livre photographique qui revient chaque année depuis 2015. Nous avons été les premiers au Canada à faire ça. Ça donne une vitrine aux photographes d’ici à l’étranger, et ça donne une occasion aux photographes étrangers de rayonner ici. Nous travaillons en collaboration avec des gens de Nantes pour cette exposition. Nous réalisons aussi des projets spéciaux. Il y a eu le journal de la Stone, à New Richmond, une exposition de photos de Guillaume D. Cyr avec les employés de l’usine. Dan Bergeron, de Toronto, a aussi fait une exposition de photos sur les réservoirs de Chandler, Les hommes de papier. Ça a beaucoup marqué l’imaginaire. Les gens arrêtaient et ils reconnaissaient les travailleurs sur les œuvres (…) Nous avons d’autres idées. On travaille à la mise en place d’un circuit d’œuvres pérennes, comme on l’a fait sur la pharmacie Jean Coutu de Carleton, et à Paspébiac l’an prochain, avec des œuvres numériques.

Question : Un livre a été publié récemment à propos des Rencontres internationales. Quelle était l’étincelle derrière l’idée?

Réponse : Quand on était rendu à l’an 9, je me suis dit qu’il fallait marquer le coup pour le 10e anniversaire. J’ai demandé à Mona Hakim d’être la directrice de la publication. C’est là qu’on a décidé du titre Empreintes…. 10 ans de Rencontres. On s’est toujours refusé de faire des catalogues à chaque édition, pour ne pas les perdre dans le fond d’un placard parce qu’ils n’ont pas tous été distribués. Donc en 2019, on était dans la 10iéme année. On voulait qu’un an après, le livre soit prêt. Ce devait sortir en août 2020, mais nous l’avons sorti le 15 mars, avec huit mois de retard, en raison de la pandémie. Il y a eu des délais de production, dont la fermeture de l’imprimeur. Donc, nous sortons au cours de la onzième année, à l’aube des 12ème Rencontres (…) Je tombe en bas de ma chaise. Notre librairie ici, Liber, de New Richmond, n’arrête pas de m’en commander. Nous avons choisi un mode simple de distribution, avec une librairie en Gaspésie, un libraire à Montréal et les commandes en ligne. Je ne voulais pas me lancer dans une grande distribution, avec des inventaires à gérer un peu partout au Québec et des retours. Le prix est de 20$. Nous n’avons pas de souci de rentabilité, ayant reçu une aide financière du CALQ (Conseil des arts et des lettres du Québec) et d’un commanditaire.

Question : La pandémie a-t-elle compliqué d’autres façons la tâche des organisateurs en 2020 des Rencontres? 

Réponse : On n’a pas pu, l’année passée, tenir la tournée des photographes. On ne savait pas sur quel pied danser. Les régions ont été confinées jusqu’en mai. On reçoit généralement de 20 à 25 artistes et on en avait eu 30 en 2019. On a ciblé 15 artistes, au cas annulation, et à partir du moment où les régions ont été ouvertes, on a su qu’on pouvait tenir des expositions. Les municipalités étaient enchantées parce que les autres lieux de diffusion étaient fermés. Comme il n’y a pas eu de tournée des photographes, on a donné la parole aux artistes sur le web; 13 artistes sur 15 ont publié sur le web (…) On a présenté de la vidéo et des courts métrages. On a présenté une exposition au centre d’artistes Vaste et vague de Carleton jusqu’au confinement.

Question : Sur le plan du spectateur, les Rencontres extérieures, ne constituent-elles pas un événement idéal, considérant le rôle des expositions extérieures?

Réponse : C’est ce que disait mon conseil d’administration! On a le scénario idéal, même s’il faut faire attention dans les rassemblements extérieurs. Le FMBM (Festival musique du bout du monde) de Gaspé vend des billets, tout comme le Festival en chanson de Petite-Vallée, pour arriver. Ce n’est pas notre cas. Si nous choisissons des espaces sécuritaires, les enfants continuent à courir pendant que les parents regardent les photos. Cette année, on ajoute un volet aux expositions, la baladodiffusion, pour faire connaître les artistes, leurs démarches. 

Question : Que verra-t-on aux douzièmes Rencontres internationales de la photographie et quelles sont les dates de l’événement?

Réponse : En ce moment, j’ai arrêté mon choix sur 16 artistes, et je vais peut-être en ajouter. J’ai bâti l’exposition sur le thème de la conversation. Le volet international compte des photographes belge, néerlandais et espagnol, de Catalogne dans ce cas. Nous aurons aussi une grande pointure, un artiste canadien d’origine américaine, un enseignant à l’Université Ryerson, à Toronto, Dave Heath. Ce qu’il fait, c’est fabuleux. C’est du travail en noir et blanc, vraiment fabuleux. J’ai aussi programmé des artistes québécois et étrangers. J’ai placé la tournée des artistes le plus tard possible, les 3, 4 et 5 septembre, alors qu’il y aura plus de monde vacciné. Sinon, on va tenter de créer de petits moments avec les photographes. Comme d’habitude, les Rencontres auront lieu du 15 juillet au 30 septembre.