Le plus gros groupe à vouloir se syndiquer est employé par Ciment McInnis. Les travailleurs ont choisi le Syndicat des Métallos pour les représenter.

Ciment McInnis: une centaine d’employés veulent se syndiquer

PORT-DANIEL — Une centaine d’employés de Ciment McInnis, d’une coentreprise appelée Carrière McInnis et de deux sous-traitants tentent d’obtenir des accréditations syndicales, dans le but de négocier une première convention collective dans les prochains mois.

Ces travailleurs ont choisi le Syndicat des métallos pour faire cheminer leurs quatre demandes d’accréditation. Le plus gros groupe est à l’emploi de Ciment McInnis. En plus de Carrière McInnis, Rénonations Marcoux, un sous-traitant qui embauche les travailleurs de laboratoire de la cimenterie de Port-Daniel, et Somavrac, s’occupant du chargement et du déchargement des navires au port adjacent à l’usine, sont les autres sociétés visées par les ouvriers.

«Les travailleurs sont venus nous voir. Notre travail, c’est de leur faire signer des cartes. Nous avons envoyé des recruteurs. Pour chaque employeur, 50 % des employés plus un doivent signer pour que la demande d’accréditation puisse avancer. Nos recruteurs ont réussi à obtenir cette proportion», précise Nicolas Lapierre, coordonnateur du bureau du Syndicat des métallos de Sept-Îles, responsable du dossier.

Ce type de recrutement est généralement effectué au domicile des travailleurs. «Même si c’est un droit fondamental, la syndicalisation, le recrutement se fait partout, sauf au lieu de travail», signale M. Lapierre.

Enjeux

Il se fait discret sur les raisons invoquées par les travailleurs de Port-Daniel pour se syndiquer. «Il y a généralement des enjeux monétaires, et des éléments normatifs, comme l’ancienneté et l’iniquité, c’est-à-dire des salaires différents pour des travailleurs effectuant les mêmes tâches.»

Trois des demandes d’accréditation sont évaluées par le Tribunal administratif du travail, de juridiction québécoise. Celle de Somavrac tombe sous la loupe du Conseil canadien des relations industrielles, «parce que le chargement et le déchargement des navires est de juridiction fédérale», ajoute M. Lapierre.

Le travail de ces deux autorités réglementaires consiste notamment à vérifier si un nombre suffisant de membres a été recruté pour chacune des quatre accréditations demandées, si les cartes ont été signées par les membres dont le nom apparaît dans les documents et s’ils l’ont fait sans pression.

«Le tribunal administratif du travail va demander à l’entreprise d’envoyer sa liste d’employés. Il peut y avoir une négociation. Parfois, l’employeur va demander que certains employés ne soient pas syndiqués. On ne parle pas encore ici d’une négociation de convention collective. Il faut d’abord que les accréditations soient reconnues», note Nicolas Lapierre.

Il s’attend à ce que le Tribunal administratif du travail rende une décision sur les trois accréditations sous sa gouverne dans le courant de février. Des mécaniciens, des électriciens, des soudeurs, des opérateurs de machinerie lourde et des débardeurs font partie du personnel des quatre entreprises visées par les requêtes.

La porte-parole de Ciment McInnis, Maryse Tremblay, s’est abstenue de commenter la situation.

L’exploitation de l’usine de Ciment McInnis a débuté en juin. La capacité de la cimenterie s’élève à 2,2 millions de tonnes par an. Le personnel de la firme et de ses sous-traitants s’établit à 153 personnes, incluant la direction.