Stéphane Lafaut, de la Société des traversiers du Québec, a confirmé que l’organisation s’apprêtait à acquérir le «Saaremaa».

C'est confirmé: la Société des traversiers du Québec a bien acquis le «Saaremaa»

BAIE-COMEAU – La Société des traversiers du Québec (STQ) a finalement confirmé mercredi après-midi ce que tout le monde savait. Elle s’apprête à faire l’acquisition du «Saaremaa», un navire norvégien actuellement basé en Allemagne, au coût de 25,7 millions d’euros, soit 39 M$ canadiens.

Cette offre d’achat conditionnelle, qui devrait se conclure dans les prochains jours, comprenait bien sûr la réparation complète des dommages causés au navire lors de sa collision avec un cargo le 26 mars, ce qui a retardé le processus d’acquisition d’environ deux semaines, a souligné le président-directeur général par intérim de l’organisation, Stéphane Lafaut.

Des représentants de la STQ sont en Europe pour conclure la transaction. À sa conclusion, le Saaremaa devrait traverser l’Atlantique à compter de la semaine prochaine, une traversée aux frais du vendeur. Un capitaine et deux chefs mécanicien de la Société des traversiers se trouveront à bord afin de se familiariser avec ce navire de relève qui, aux dires de M. Lafaut, «rendra très improbable un nouvel épisode comme celui que nous avons vécu» à la traverse Matane Côte-Nord.

Il y a longtemps que la STQ s’intéresse au Saaremaa. En fait, au moins depuis l’été dernier, a reconnu le pdg. «Le projet de trouver un navire de relève n’est pas récent à la STQ. Il y en a eu quelques-uns d’identifiés par un courtier, dont le Saaremaa», a-t-il convenu. M. Lafaut a toutefois assuré qu’il n’était pas en mesure de dire si le Saaremaa était bien le navire de relève que la STQ avait convenu d’acheter l’an dernier, projet finalement abandonné par le précédent gouvernement libéral, comme l’a indiqué à plusieurs reprises le ministre des Transports François Bonnardel.

On se rappellera que depuis les difficultés du F.-A.-Gauthier, hors service depuis la mi-décembre, ses remplaçants ont connu des fortunes diverses. Le CTMA Vacancier et le CTMA Voyageur ont pris du service à certaines périodes, mais ils sont d’abord et avant tout requis aux Îles-de-la-Madeleine. Et que dire de l’Apollo, qui a connu plus de problèmes que de beaux jours durant ses courtes fonctions.

Si tout va pour le mieux, le Saaremaa, qui portera temporairement le nom de Saaremaa I avant d’être éventuellement rebaptisé, ne pourra pas prendre son nouveau service avant la mi-juillet. C’est qu’après son arrivée à Québec, prévu pour la mi-mai, il devra subir de nombreux travaux et formalités afin qu’il soit conforme aux normes de navigation canadiennes.

Ces travaux prennent habituellement 12 semaines, «mais on vise une opérationnalisation en huit semaines afin de le mettre en service le plus rapidement possible», a soutenu M. Lafaut, ajoutant qu’il est toutefois «hors de question de tourner les coins ronds».

Le patron de la Société des traversiers a assuré que le Saaremaa, construit en 2010, a subi de nombreuses inspections et mises à niveau, notamment avec ses quatre génératrices refaites. M. Lafaut a aussi indiqué que l’achat d’un bateau neuf aurait pu s’élever à 120 M$.

Le futur navire de relève de la STQ, «pour plusieurs décennies» d’après le pdg, a une capacité de 12 camions, 150 voitures et 600 passagers, et est en mesure de naviguer dans les glaces. Il sera peut-être en fonction plus d’un mois entre Matane, Baie-Comeau et Godbout, car Stéphane Lafaut estime qu’il n’est pas impossible que le F.-A-Gauthier, prévu pour revenir à la mi-août, doive subir des tests supplémentaires à ses propulseurs après cette date.

Les liaisons aériennes entre Mont-Joli, Baie-Comeau et Sept-Îles demeurent en force jusqu’à la fin juillet. Le CTMA Voyageur, qui transporte seulement des camions, restera en service jusqu’au 31 mai. La STQ espère pouvoir utiliser le Félix-Antoine-Savard, un navire de moindre capacité, pour relier Matane et la Côte-Nord dans les prochaines semaines. L’organisme attend pour ce faire l’accord des autorités réglementaires.