La bactérie E. coli a été détectée dans l'eau du centre-ville de Rimouski.
La bactérie E. coli a été détectée dans l'eau du centre-ville de Rimouski.

Centre-ville de Rimouski: l'eau contaminée à la bactérie E. coli

RIMOUSKI — Les citoyens du centre-ville de Rimouski ainsi que les touristes qui sont nombreux dans les restaurants et les commerces de ce secteur devront éviter de boire l'eau du robinet, à moins qu'elle ait été bouillie à fort bouillon pendant au moins une minute. Le dernier résultat du test d'échantillonnage de ce secteur a révélé la présence de la bactérie E. coli.

Le secteur touché par la contamination compte environ 6 000 citoyens. Plusieurs résidences privées pour personnes âgées se trouvent dans la zone visée, dont le Havre de l'Estuaire, qui compte 400 résidents.

Il s'agit d'une situation plutôt rare puisque la dernière fois que la capitale du Bas-Saint-Laurent a été aux prises avec le même genre de coliformes fécaux remonte à 2002. «On fait en moyenne 13 tests par semaine sur l'ensemble du réseau», assure le directeur général de la Ville de Rimouski. Le test a été effectué mercredi soir. «C'est la sonnette d'alarme, lance Claude Périnet. On se souvient de Walkerton. Il n'est pas censé y avoir de coliformes fécaux dans le réseau d'aqueduc!»

Bien qu'il ne s'agisse que d'une seule bactérie, l'employé cadre de la Ville souligne que le protocole déjà planifié et prévu pour ce type d'événement a été appliqué. «Le protocole est le même, qu'on en ait 5 000 ou une. C'est très dangereux! C'est quelque chose qui peut causer des dommages majeurs. Donc, on ne prend pas de chance.»

Protocole

La première étape de ce protocole a consisté à aviser le ministère de l'Environnement du Québec, la direction régionale de la santé publique et l'hôpital. Par la suite, le processus rapide d'information de la population a été enclenché. Pendant la nuit de mercredi à jeudi, 3 000 avis ont été distribués en porte-à-porte dans le secteur visé. Le même avis a aussi été diffusé dans les médias.

L'une des premières actions des employés municipaux a été, mercredi soir, d'augmenter la quantité de désinfectant dans le réseau, c'est-à-dire de chlore. «On respecte les doses qui sont permises lors du traitement de l'eau potable, assure Claude Périnet. Mais, comme on a une eau d'excellente qualité, qui provient des chutes Neigette, notre dosage a toujours été au minimum dans le réseau.»

Plusieurs hypothèses

La cause est inconnue pour le moment. Plusieurs hypothèses peuvent expliquer la présence de cette bactérie. «On a prévu faire huit échantillons qui suivent le cheminement de l'eau qui s'en va dans ce secteur-là, explique l'employé cadre de la Ville. Ça va nous aider à comprendre là où on risque d'avoir des problèmes.»

L'hypothèse la plus plausible, selon le dg de la Ville, serait une contamination du réseau. «Ça peut être amené par des travaux qui ont été effectués et qu'il y ait eu une contamination pendant la réparation.» Une autre hypothèse pourrait être une erreur de manipulation d'échantillonnage, c'est-à-dire que la contamination ait été causée par l'échantillonneur. «On travaille avec des gens qui sont formés et qui sont professionnels. Celui qui a fait l'échantillonnage est chimiste de formation. Mais, l'erreur est toujours possible.» Il croit cependant que la probabilité que la contamination puisse provenir du laboratoire qui réalise les analyses d'eau est très faible. «Mais, on ne sait jamais», nuance-t-il quand même. Enfin, des travaux dans une résidence privée pourraient aussi être à l'origine de la contamination.

Chose certaine, Claude Périnet estime qu'il est très peu probable que le problème provienne de la source puisqu'il s'agit d'une eau souterraine. «On trouve très rarement ce type de bactérie-là à des profondeurs aussi importantes», estime-t-il.

M. Périnet indique que les règles du ministère de l'Environnement avant le retour à la normale est très sévère. «Non seulement il ne faut pas avoir de présence de bactérie E. coli, mais en plus, on doit avoir une concentration complètement nulle de coliformes totaux. En situation normale, le ministère autorise habituellement jusqu'à 10 bactéries par 100 ml.»

Des gens ont-ils pu être contaminés dans les 24 heures précédant les résultats des tests d'eau? «C'est possible», laisse tomber M. Périnet. Mais, on a vérifié avec l'hôpital et il n'y avait pas de cas de gastro.» Si des personnes qui ont bu de cette eau éprouvent des maux de ventre, des crampes ou des nausées, elles sont invitées à communiquer avec Info-Santé en composant le 8-1-1.