Plus de 200 pompiers venant de 18 municipalités de cinq MRC du Bas-Saint-Laurent ont mis leurs effectifs en commun lors de la tragédie de L'Isle-Verte.

Catastrophes majeures: le soutien aux pompiers appelé à se réorganiser

Les mesures de soutien aux services de sécurité incendie d'une municipalité devraient être restructurées. Actuellement, l'entraide est le seul mode de collaboration entre les services d'incendie quand survient une catastrophe majeure. C'est du moins l'avis de Daniel Brazeau, président de l'Association des chefs en sécurité incendie du Québec (ACSIQ).
«Le ministre de la Sécurité publique du Québec vient juste de déposer [avant les élections] sa nouvelle politique en sécurité civile à la suite du travail du comité consultatif en sécurité civile et incendie. Nous avons des discussions avec le ministère de la Sécurité publique pour voir, quand il arrive des catastrophes majeures, comment organiser des mesures de soutien des pompiers des autres municipalités. Actuellement, c'est de l'entraide. Le comité de travail n'est pas encore en place, mais il y a des discussions», souligne le président de l'ACSIQ, qui regroupe plus de 1000 cadres du milieu de l'incendie répartis dans 650 municipalités, industries et institutions au Québec.
Daniel Brazeau fait aussi campagne pour le regroupement des services d'incendie dans les MRC afin d'accroître l'efficacité de ces services. «Le regroupement des services de sécurité incendie est la voie de l'avenir pour les services sécurité incendie au Québec. Il y a 720 services de sécurité incendie au Québec comparativement à un plus de 200 en Ontario. On est alors capable d'harmoniser nos équipements et nos déploiements.»
Une rencontre manquée
Dans la MRC de Rivière-du-Loup, depuis le 1er janvier, un regroupement de sept services de sécurité incendie sur 13 municipalités - dont celui de L'Isle-Verte - est en voie de structuration. Une rencontre devait même avoir lieu la journée de l'incendie de la Résidence du Havre à L'Isle-Verte pour définir les rôles dans ce regroupement. «Quand le feu de L'Isle-Verte est arrivé, le regroupement en était à ses premières heures. Nous ne sommes pas à 100 % opérationnels. Il y a des actions de réaliser toutes les semaines pour clarifier les rôles, établir un état-major, des protocoles d'intervention. De la formation sera aussi mise en place pour mieux synchroniser nos actions et qu'on soit à jour», a expliqué Christian Chénard, coordonnateur du service de sécurité incendie de la MRC de Rivière-du-Loup.
À la Ville de Rivière-du-Loup, le service de sécurité incendie souhaite devenir un centre de qualification pour les pompiers de la région.
Lors de la tragédie de L'Isle-Verte, plus de 200 pompiers venant de 18 municipalités de cinq MRC du Bas-Saint-Laurent ont mis leurs efforts en commun. À Lac-Mégantic, «il y a eu 252 services qui sont allés», a rappelé Daniel Brazeau.