Les plaintes se multiplient en Gaspésie concernant les déchets laissés sur les plages par les campeurs. 
Les plaintes se multiplient en Gaspésie concernant les déchets laissés sur les plages par les campeurs. 

Camping sauvage: les plages gaspésiennes souillées par les campeurs

Partout sur la côte gaspésienne, villes et villages font le même constat: les campeurs sauvages sont de plus en plus nuisibles. Détritus, irrespect des lieux et utilisation de véhicules sur des milieux fragiles agacent les riverains. Ils sont de plus en plus nombreux à porter plainte auprès des autorités municipales, qui sont limitées pour agir car les plages sont une responsabilité provinciale.

Le maire de Gaspé, Daniel Côté, rapporte une hausse marquée du nombre de plaintes, particulièrement depuis le début du déconfinement. «Chaque année, on a quelques signalements, mais cet été, c’est vraiment infernal», note M. Côté, qui mentionne avoir reçu personnellement des dizaines de messages, tout comme ses collègues du conseil municipal. «On ne pourra pas endurer ça année après année», ajoute-t-il.

Les plaintes portent notamment sur les déchets laissés sur les plages ainsi qu’à l’utilisation de véhicules sur ces écosystèmes particulièrement sensibles. «Ce sont des milieux hyper fragiles. Un véhicule qui y roule risque de détruire la flore qui s’y trouve et de favoriser le glissement de la plage. À long terme, ça pourrait causer une catastrophe écologique, par exemple la disparition de la plage», se désole le maire.

Ce dernier déplore aussi que certains campeurs ne soient pas munis des équipements sanitaires nécessaires. «On retrouve des déchets, on retrouve des excréments et des polluants. Non seulement ça cause des désagréments évidents, mais c’est aussi très mauvais pour l’environnement», explique-t-il.

Du côté de Percé aussi, on remarque une forte augmentation des conséquences négatives liées au camping sauvage, même si la ville possède une réglementation à cet effet depuis des années. «Ça fait longtemps que c’est interdit à Percé, mais on a toujours quelques récalcitrants. Cette année, c’est particulièrement préoccupant», remarque la mairesse, Cathy Poirier.

Il y a quelques semaines, la ville a dû demander à la Sûreté du Québec (SQ) de faire des patrouilles afin de s’assurer que le règlement soit respecté. La municipalité a décidé de prôner la sensibilisation, mais a tout de même dû distribuer quelques contraventions à certains campeurs qui refusaient de quitter les lieux.

Québec responsable des plages

Au début de l’été, la Ville de Gaspé avait annoncé avoir l’intention de légiférer afin d’interdir le camping sauvage sur les terrains de la municipalité, ainsi que sur les plages avoisinantes. Le conseil municipal avait fait volte-face quelques jours plus tard en excluant les plages du règlement, notamment car celles-ci sont de juridiction provinciale, la ville ne pouvant donc pas légiférer à leur propos.


« Chaque année, on a quelques signalements, mais cet été, c’est vraiment infernal »
Daniel Côté, maire de Gaspé

À la suite de ce revers, M. Côté a donc demandé à Québec de faire appliquer le règlement, sans avoir de réelle réponse. «On tourne vraiment en rond», déplore-t-il. Le maire, qui est aussi vice-président de l’Union des municipalités du Québec, dit être ouvert à voir Québec transférer cette responsabilité aux villes, en autant que le gouvernement provincial défraie les coûts. «Si on donne ce pouvoir aux municipalités, il faut aussi leur donner les moyens de le faire appliquer», explique-t-il.

Une action concertée

Daniel Côté, qui est aussi le préfet de la MRC de la Côte-de-Gaspé, croit qu’il faudra une concertation des élus de la région afin de faire pression sur Québec pour qu’il applique ses propres lois sur les plages. «C’est un problème qui est généralisé, partout en Gaspésie. Ça va donc prendre une mobilisation pour demander qu’il se passe quelque chose», dit-il. La table des préfets de la Gaspésie plancherait d’ailleurs sur une solution afin d’uniformiser les réglementations et les demandes des différentes municipalités gaspésiennes.

M. Côté espère être en mesure de régler le problème pour la saison estivale prochaine, priorisant la sensibilisation pour cet été.