La ministre du Développement économique et des Langues officielles, Mélanie Joly, discute avec le fondateur de Lefebvre Industri-Al, Marc Lefebvre (à gauche), lors de l’annonce de l’aide financière du fédéral à l’entreprise.
La ministre du Développement économique et des Langues officielles, Mélanie Joly, discute avec le fondateur de Lefebvre Industri-Al, Marc Lefebvre (à gauche), lors de l’annonce de l’aide financière du fédéral à l’entreprise.

Baptême nord-côtier pour Mélanie Joly

BAIE-COMEAU — Pour la première fois de sa carrière politique et même de sa vie d’adulte, la ministre du Développement économique et des Langues officielles, Mélanie Joly, s’est arrêtée à Baie-Comeau. Elle a notamment fait valoir aux entrepreneurs de la Côte-Nord que le gouvernement fédéral est à leur écoute.

En plus de rencontrer lundi les membres de la Chambre de commerce de Manicouagan afin de discuter des enjeux économiques de la région, la ministre a annoncé un prêt sans intérêt de 1,7 million $ à l’entreprise Lefebvre Industri-Al pour son projet de récupération des résidus de la production d’aluminium, unique au monde aux dires du fondateur de l’entreprise, Marc Lefebvre.

Les procédés actuels, coûteux et polluants, permettent de recycler entre 40 et 50 % de l’écume d’aluminium. Le procédé sur lequel planche Lefebvre Industri-Al depuis 2014 permet de récupérer la totalité de l’écume. Le métal récupéré peut ainsi retourner dans la production primaire de l’aluminerie Alcoa de Baie-Comeau, pour l’instant client unique de la PME.

Ce projet innovant, évalué au total à 8 millions $, créera entre 8 et 10 emplois. «C’est l’exemple parfait d’une entreprise qui fait dans le recyclage, qui réduit massivement les gaz à effet de serre et qui crée des emplois», a soutenu la ministre.

De ses rencontres, Mélanie Joly a indiqué avoir retenu de ses interlocuteurs baie-comois lundi qu’ils «ont l’impression qu’ils sont loin du fédéral. Moi, je veux réduire cette distance». Être plus proche des régions lui permettra aussi de mieux connaître les projets porteurs. «Je ne veux pas défendre des projets qui sont déconnectés», a-t-elle ajouté.

La route 138

La ministre n’a pu éviter les questions sur le prolongement de la route 138 sur la Basse-Côte-Nord, un des dossiers régionaux où Ottawa est plutôt dépendant des actions de Québec.

«On est prêt à travailler avec Québec. Il n’y a jamais eu autant d’argent dans les programmes d’infrastructure et la 138, c’est un projet qui est important», a déclaré Mme Joly, qui était justement ces derniers jours à Terre-Neuve, où on lui a présenté le projet de tunnel entre l’île et le continent. Si la route 138 se rend jusqu’à Blanc-Sablon, les Terre-Neuviens pourront l’emprunter s’ils désirent se rendre ailleurs qu’au Labrador.

Le pont sur le Saguenay

Quant au projet de pont sur le Saguenay, Mélanie Joly a refusé de plonger, rappelant que les dépenses en infrastructures d’Ottawa sont basées sur les projets réalisés par Québec. «On attend de voir», a lancé celle qui, par ailleurs, a souligné que son gouvernement a aidé le projet QcRail en accordant une subvention pour la réalisation d’une étude de faisabilité de cette voie ferrée de près de 400 kilomètres entre Baie-Comeau et Dolbeau, au Lac-Saint-Jean. «Ça vaut la peine qu’on y regarde, à ce projet.»

Une des priorités de la ministre comme titulaire du Développement économique est la ratification du nouvel Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM), qu’elle désigne sous l’acronyme du précédent accord, l’ALENA (Accord de libre-échange nord-américain).

«Comme gouvernement, on n’a toujours pas ratifié l’ALENA», rappelle Mélanie Joly, qui souligne le contexte minoritaire de son gouvernement et la position des autres partis. «Le Bloc québécois a déjà dit qu’il était contre. Être contre l’ALENA, c’est être contre les emplois au Québec», de lancer la politicienne, s’interrogeant au passage sur la position que prendra le Nouveau Parti démocratique (NPD).

«Aux États-Unis, les démocrates ont appuyé l’entente. Ici, je ne verrais donc pas pourquoi le NPD n’en ferait pas autant.»

Sur un ton plus léger, la ministre fédérale a avoué que la dernière (et seule) fois qu’elle a mis les pieds à Baie-Comeau, c’était en 1993, lors de la présentation des Jeux du Québec d’hiver. Elle évoluait alors en volleyball sous les couleurs de la région de Montréal.

Mardi, Mélanie Joly se rend à Sept-Îles. Des rencontres avec les autorités du Port de Sept-Îles, de la Ville et les Innus de Uashat mak Mani-Utenam figurent à son programme. Elle y fera entre autres une annonce en matière de tourisme autochtone.