Des membres de la communauté innue de Mingan, à l'île d'Anticosti, ont l'intention d'occuper les lieux de forages pour empêcher l'avancée de travaux.

Anticosti: une étude pour une traverse sera réalisée

Le maire de l'île d'Anticosti se réjouit de l'annonce faite vendredi par le premier ministre Philippe Couillard qui donne le coup d'envoi d'une étude détaillée concernant une éventuelle traverse entre l'île d'Anticosti, la Côte-Nord et la Gaspésie. S'il se dit heureux, John Pineault ne peut néanmoins cacher son appréhension à l'idée que l'annonce ne porte que sur une étude.
«Je suis très content, mais j'ai toujours un tout petit peu peur quand j'entends le mot étude avec le gouvernement, admet l'élu. Mais, je comprends aussi que ce n'est pas quelque chose qui se fait en criant ciseaux!»
M. Pineault est conscient qu'il y a plusieurs facteurs à prendre en considération. Parmi ceux-ci, il y a le choix du type de bateau. «Des bateaux, il y en a énormément sur le marché international, mentionne-t-il. Est-ce que c'est mieux d'acheter un bateau et de le transformer pour nos besoins ou de le bâtir? L'idéal, ce serait un catamaran pour sa rapidité.»
«Je ne pense pas que ça va être un service rentable parce qu'il n'y a vraiment pas de traversiers, au Québec, qui le sont», continue-t-il. Selon le maire d'Anticosti, il ne faut pas oublier non plus qu'un navire assure actuellement la liaison entre son île et la Côte-Nord. Le Bella-Desgagnés approvisionne les Anticostiens en marchandises, en vivres et en matériaux de construction. «Ce serait un peu bizarre d'avoir un service quotidien de traversier et d'avoir aussi le Bella-Desgagnés, reconnaît John Pineault. Si on n'a pas le Bella, il faut que le traversier soit équipé pour transporter toute cette marchandise-là. Notre intention n'est certainement pas de pénaliser nos marchands, nos pourvoyeurs et autres! C'est pour améliorer le service.»
Au patrimoine de l'UNESCO
John Pineault est d'autant plus content que l'annonce de cette étude, dont les résultats devraient être connus à la fin de 2018, s'inscrit dans la démarche de sa municipalité visant à faire reconnaître l'île d'Anticosti au patrimoine mondial de l'UNESCO. Il se réjouit également que le mandat de réalisation de l'étude soit accordé dans le cadre du Plan Nord. «Normalement, Anticosti n'était pas dans le Plan Nord, rappelle le maire. Donc, de facto, on tombe dedans.»
Il y a longtemps que les élus et des citoyens de l'île réclamaient ce lien maritime. «Depuis bientôt deux ans qu'on a des rencontres avec la Société des traversiers, Transports Québec et le Secrétariat aux affaires maritimes, raconte le maire Pineault. On a monté un argumentaire pour désenclaver l'île. Je pense qu'on commence à prendre ça au sérieux.»
Il est proposé que le traversier fasse le lien entre Port-Menier sur l'île d'Anticosti, Rivière-au-Renard en Gaspésie et Havre-Saint-Pierre sur la Côte-Nord. Pour le maire, ce trajet favoriserait le développement de l'industrie touristique de ces trois régions.