Le sous-sol de l'une des trois maisons est infesté de mérule pleureuse.

Amiante et mérule pleureuse: trois maisons à détruire à Mont-Joli

Trois maisons situées sur le terrain du Centre hospitalier de la Mitis, à Mont-Joli, seront détruites dans les prochaines semaines. Une faible quantité d'amiante a été découverte dans le plâtre des trois résidences et l'une d'elles est infestée de mérule pleureuse. Ce champignon est communément appelé «le cancer du bâtiment».
Ces habitations, sises au 848, 850 et 852 de l'avenue du Sanatorium, à Mont-Joli, ont été construites en 1939 et 1940. «Elles ont été condamnées il y a une dizaine d'années», confirme le coordonnateur des services de fonctionnement et d'entretien des installations matérielles et projets d'immobilisation du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent, François Dubé. Elles servaient à loger des administrateurs et des médecins, surtout à l'époque de l'ancien sanatorium, devenu par la suite le Centre hospitalier de la Mitis.
Selon M. Dubé, l'objectif de la démolition de ces trois maisons appartenant au CISSS du Bas-Saint-Laurent consiste à agrandir le stationnement de l'hôpital. Les travaux devraient être complétés à la mi-juin.
Dans son appel d'offres pour la démolition, l'évacuation des débris et le remblayage du terrain, le CISSS précise la présence de champignons. «L'entrepreneur général doit considérer la présence de mérule pleureuse à l'intérieur de la maison #852 au niveau du sous-sol», peut-on lire sur le document. Bien qu'il n'existe pas d'évidence que la mérule est un champignon pathogène ou infectieux pour l'humain ou qu'il produise des toxines, nous recommandons tout de même à l'entrepreneur général d'enlever ces champignons de la même façon que dans des conditions d'amiante. De plus, prendre toutes les précautions afin d'assurer la sécurité du public dans ce secteur.» 
Plus basse soumission
Le plus bas soumissionnaire retenu est Construction Jeannot Dubé de Rimouski, au montant de 639 445,24 $. La soumission inclut le réaménagement partiel du troisième étage nord-est de l'hôpital. Le CISSS invite l'entrepreneur à consulter l'article de l'Institut national de santé publique du Québec, La mérule pleureuse dans l'environnement intérieur et risque à la santé. «Il n'y a pas d'évidences que l'exposition à des spores ou à des fragments de mérule entraîne des effets particuliers au système respiratoire, comme des allergies ou d'autres réactions d'hypersensibilité, est-il écrit. La mérule représente donc davantage une préoccupation à l'égard des dommages qu'elle peut causer à la structure et à l'intégrité du bâtiment.»
Les lieux d'enfouissement technique municipaux refusent généralement de recevoir les déchets contenant de l'amiante ou de la mérule pleureuse. «Tous les résidus d'amiante comme de mérule pleureuse sont ensachés dans des double-sacs, explique le porte-parole du CISSS. Tout ça est envoyé dans des sites spécialisés.» 
Une fois les maisons démolies, il n'est pas prévu que le terrain soit décontaminé. «Il n'y a pas de contaminants dans le terrain, indique François Dubé. La mérule est apparente, elle est dans le sous-sol et elle va être retirée comme si c'était de l'amiante.»