Emery Béland a remis sa démission à titre de directeur du bureau de circonscription du député d'Avignon-La Mitis-Matane-Matapédia, Rémi Massé, après avoir appris que le Cégep de Matane lui réclamera 215 000 $.

Allégations d'irrégularités: l'attaché politique d'un député forcé de démissionner

Le directeur du bureau de circonscription du député d'Avignon-La Mitis-Matane-Matapédia a démissionné, mardi après-midi. La démission d'Emery Béland fait suite à l'annonce de la ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David, qui a ordonné au Cégep de Matane d'entreprendre des recours judiciaires contre lui.
Ces recours seront intentés afin que M. Béland rembourse le Cégep de Matane pour une somme de 215 000 $ reçue en trop, du temps où il était directeur général de l'établissement.
Le député Rémi Massé, qui s'est refusé à tout commentaire, a confirmé, par voie de communiqué, la démission de son employé. «Sa démission prend effet immédiatement, peut-on y lire. M. Béland a décidé de remettre sa démission pour éviter toute distraction à la poursuite du travail du député dans la circonscription.» M. Massé le remercie pour le travail effectué. Le Soleil a tenté d'obtenir les réactions d'Emery Béland, mais en vain.
Réunion extraordinaire
Du côté du Cégep de Matane, les membres du conseil d'administration ont tenu une réunion extraordinaire en fin de journée lundi soir, lors de laquelle ils ont adopté une résolution visant à donner suite à l'exigence de la ministre de l'Enseignement supérieur. La direction de l'établissement a confié le mandat de récupérer les sommes d'argent versées en trop à son ancien directeur général à la firme Cain Lamarre Avocats de Rimouski. C'est ce que s'est contenté d'indiquer le Cégep dans un communiqué publié en fin de journée mardi, après avoir refusé notre demande d'entrevue auprès de l'actuel directeur général du Cégep, Pierre Bédard.
La ministre a qualifié les sommes versées à Emery Béland «d'inquiétantes irrégularités entourant les conditions de fin d'emploi de l'ancien directeur général du Cégep». Elle a aussi dépêché «un spécialiste de la gouvernance qui accompagnera le Cégep de Matane pour soutenir et conseiller la direction générale et le conseil d'administration pour qu'une telle situation ne se reproduise plus». 
Hélène David en a profité pour annoncer qu'une journée de formation portant sur la gouvernance des établissements collégiaux sera aussi organisée, d'ici mai, en marge des travaux actuellement menés par son ministère et celui de l'Éducation à la suite du dernier rapport du Vérificateur général. Les administrateurs et la direction du Cégep de Matane disent accueillir favorablement les recommandations de la ministre. «Ces mesures s'ajouteront à celles déjà entreprises par l'établissement afin d'éviter qu'une telle situation se reproduise», est-il écrit dans le communiqué.
Selon nos sources, l'Unité permanente anticorruption (UPAC) serait débarquée au Cégep de Matane en août. Cependant, il nous a été impossible de savoir si des perquisitions y ont été menées.
C'est à la suite d'un article du Soleil paru le 31 mai intitulé «Deux versements à l'ancien dg considérés comme irréguliers» que le cabinet de la ministre David a procédé à des vérifications comptables en lien avec ces montants qui avaient été empochés par l'ancien cadre Emery Béland lors de son départ en 2014. Ces sommes représentaient une prime de départ correspondant à son salaire annuel, soit environ 150 000 $, ainsi que le remboursement de 110 jours de vacances. 
Après avoir touché 215 000 $, M. Béland a accompagné son successeur à la direction générale du Cégep de Matane, Rémi Massé, qui, quelques mois plus tard, a été élu député fédéral d'Avignon-La Mitis-Matane-Matapédia. Au lendemain des élections d'octobre 2015, Emery Béland a été engagé par le nouveau député, pour qui il a oeuvré jusqu'à mardi.