Le président d’honneur du 53e Salon du livre de Rimouski, Alexandre Jardin, a été très impressionné par ses rencontres avec des «gens hors du commun».

Alexandre Jardin sous le charme du Salon du livre de Rimouski

RIMOUSKI — Le président d’honneur du 53e Salon du livre de Rimouski ne tarit pas d’éloges sur l’événement qui a pris fin dimanche soir. «C’est un des plus beaux salons que j’ai vécus de ma vie parce que c’est une vraie fête», s’est exclamé Alexandre Jardin. Ça n’a rien à voir avec un salon commercial. Je ne croyais jamais rencontrer autant de gens, aussi bien des gosses décrocheurs que des poètes, mais surtout de pouvoir écouter les gens.»

L’auteur du Zèbre et de Fanfan croit que les personnes qu’il a rencontrées à Rimouski ne pourraient pas vivre dans de grandes villes. «Je ne sais pas si c’est lié à ce que j’écris, mais tout à coup, ils sont venus, raconte-t-il. Ce sont des personnages hors du commun. J’ai eu l’impression, en quelques jours, de rencontrer des gens fabuleux.»

Le romancier à succès a particulièrement été impressionné par sa rencontre avec l’ancien gardien du phare de l’île Bicquette, près de Rimouski. Daniel St-Pierre (père de la réputée cheffe Colombe St-Pierre) est aujourd’hui charpentier de marine. «Il s’exprime avec la même verve que Michel Chartrand, décrit Alexandre Jardin. C’est hallucinant!» L’écrivain croit d’ailleurs que M. St-Pierre n’est pas le seul personnage coloré de la région. «Il y en a plein, dit-il de son rire si particulier. C’est un réservoir! J’ai trouvé que c’était une concentration exceptionnelle de personnalités hors normes.»

La rencontre de ces personnages plus grands que nature sont inspirants, croit le romancier et cinéaste français. Certains sont aussi venus de loin. «Je suis tombé sur un poète du Lac-Saint-Jean qui crée des bibliothèques sauvages et qui écrit ensuite aux auteurs pour leur donner des nouvelles de la vie sauvage de leurs livres», raconte-t-il.

Parmi les rencontres extraordinaires, Alexandre Jardin mentionne celles parmi la centaine de bénévoles du Salon de Rimouski et les activités dans divers lieux. Il croit que ces rencontres sont tout à fait improbables dans de grandes villes comme Paris ou Montréal. «Il y a eu des moments de poésie absolus où les auteurs invités se sont mis à lire de leurs textes au milieu d’un café au centre-ville de Rimouski, raconte-t-il. C’était la vie comme elle doit être!»

Avec 15231 visiteurs, le 53e Salon du livre de Rimouski a connu une augmentation de 1200 entrées par rapport à l’événement précédent.

Le summum de ces rencontres a été celle avec un vieil homme. «Il m’a dit qu’il m’avait écouté. Il m’a raconté qu’il avait commencé mon livre et qu’il s’était demandé comment, à son âge, il pourrait être un double cœur. Il a retrouvé une boîte avec toutes ses vieilles lettres écrites à sa femme. Il a décidé de les renvoyer une par une avec un timbre en écrivant à l’encre rouge ce qu’il pense aujourd’hui de ces lettres. Il y a donc une femme, à Rimouski, qui reçoit actuellement ces lettres d’autrefois, envoyées par un homme qui l’aime toujours. Ce genre d’histoire, ça n’arriverait pas dans un grand salon. Ça arrive parce qu’on se parle! C’est l’histoire d’une poésie absolument incroyable!»

Avec 15231 visiteurs, le 53e Salon du livre de Rimouski a connu une augmentation de 1200 entrées par rapport à l’événement précédent. Cette fréquentation n’inclut pas l’achalandage lors des activités tenues hors des murs du Salon. «Cette dernière édition a été l’une des plus excitantes de la longue histoire du Salon du livre de Rimouski», estime le directeur général, Robin Doucet, qui confirme que le 54e Salon se tiendra du 6 au 9 novembre 2019.

Alexandre Jardin promet de revenir à Rimouski, mais cette fois avec sa femme. «Je l’ai appelée heure par heure pour lui dire qu’il y avait là une concentration anormale de fous, dit-il en riant. Il faut qu’elle voit cette manière d’être, cette manière de vivre!»