Une file de quelques centaines de personnes s’étirait devant la clinique de dépistage sans rendez-vous installée au PEPS du Cégep de Rimouski.
Une file de quelques centaines de personnes s’étirait devant la clinique de dépistage sans rendez-vous installée au PEPS du Cégep de Rimouski.

103% d’augmentation des cas de COVID-19 en cinq jours au Bas-Saint-Laurent

Johanne Fournier
Johanne Fournier
Collaboration spéciale
RIMOUSKI – La contamination à la COVID-19 se poursuit au Bas-Saint-Laurent. En cinq jours, la région a enregistré une hausse record de 103 % des cas. La Matanie, qui avait été épargnée jusqu’à maintenant, enregistre au moins un cas.

C’est ce que confirme la conseillère aux relations avec les médias du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent. «Comme il s’agit de moins de cinq cas, nous ne pouvons confirmer le nombre exact de cas», précise Ariane Doucet-Michaud.

Lundi, 23 cas se sont ajoutés au bilan régional. Des 80 cas recensés il y a six jours, le Bas-Saint-Laurent en rapporte un total de 182 depuis le début de la pandémie, dont 94 personnes rétablies. Deux décès sont à déplorer. Actuellement, aucune hospitalisation n’est signalée. 

Entreprises qui ferment

La transmission du virus, qui était principalement concentrée dans les MRC de Rivière-du-Loup et de Kamouraska, il y a quelques jours, s’est déplacée vers l’est du Bas-Saint-Laurent. Devant un foyer de contagion détecté au restaurant-bar Shaker de Rimouski, une dizaine d’autres restaurants, pubs, microbrasseries et boutiques ont décidé de fermer leurs portes dans les MRC de Rimouski-Neigette et de La Mitis. 

Dimanche, 1157 tests ont été réalisés au Bas-Saint-Laurent. La hausse fulgurante des tests de dépistage des derniers jours a entraîné des délais supplémentaires dans la transmission des résultats. Le CISSS assure que tous les efforts sont déployés afin de faire connaître les résultats dans les 48 heures. Mais, certaines personnes rencontrées par Le Soleil avaient reçu leur résultat 72 heures plus tard.

Clinique de dépistage supplémentaire

La situation qui survient à Rimouski a forcé le CISSS à ouvrir une clinique de dépistage sans rendez-vous au PEPS du Cégep de Rimouski. Lundi, une file de quelques centaines de personnes s’étirait sur plusieurs mètres. «Je n’ai pas nécessairement peur, mais j’ai été en contact avec quelqu’un qui, potentiellement, a un lien avec quelqu’un qui a la COVID, raconte un employé d’une résidence pour aînés de Rimouski qui attendait depuis plus de trois heures pour subir un test. Étant donné que je travaille comme préposé aux bénéficiaires, il faut faire attention. J’essaie de m’approcher le plus possible du risque zéro.» 

Pour la dame qui l’accompagne et qui travaille au même endroit, c’est aussi par prudence qu’elle a décidé de venir subir un test de dépistage, d’autant plus qu’elle a fréquenté le Shaker, où deux employés ont reçu un test positif. «On est testés une fois par mois, spécifie-t-elle. La résidence ne nous donne pas le choix de le faire. Le test vient juste d’être fait pour la résidence, mais par précaution, à cause de la transmission communautaire, je le refais pareil avant de rentrer de vacances. Je le fais pour mes enfants et pour mes collègues aussi, pas juste pour les personnes âgées. Je ne veux pas contaminer un petit qui a toute la vie devant lui!»

S’il s’absente pour subir un test de dépistage pour avoir la conscience en paix, son collègue n’en exprime pas moins un malaise pour les préposés aux bénéficiaires qui sont déjà débordés. «Hier soir, j’ai contacté mon «boss» et je lui ai expliqué la situation. […] J’aurais pu ne pas venir passer le test, mais je me serais senti coupable […]. Cependant, il y a un impact. Les personnes avec qui je travaille vont avoir une surcharge de travail. Il y a cet enjeu-là à cause du manque de personnel. Ça met plus de pression sur ceux qui travaillent.»