Justice et faits divers

Un homme de 73 ans porté disparu au Bas-Saint-Laurent

MONTRÉAL - La Sûreté du Québec (SQ) fait appel à la population pour l’aider à localiser un septuagénaire qui est porté disparu de son domicile de la région du Bas-Saint-Laurent depuis six jours.

Moïse Rioux, âgé de 73 ans, a été vu pour la dernière fois le 17 octobre à sa résidence de la rue Principale à Saint-Mathieu-de-Rioux, à une vingtaine de kilomètres à l’est de Trois-Pistoles. Il serait parti à pied, à une heure qui n’a pas été précisée.

La SQ signale que les proches de M. Rioux ont des raisons de craindre pour sa santé et sa sécurité.

Moïse Rioux mesure 1,78 m et pèse environ 82 kg. Ses cheveux sont gris et ses yeux sont bleus. Il porte des lunettes et des appareils auditifs.

La Sûreté du Québec publie sur son site web une photographie du disparu.

Toute personne qui l’apercevrait est priée de communiquer avec le 911. Toute information pouvant permettre de retrouver M. Rioux peut être communiquée confidentiellement à la Centrale de l’information criminelle de la Sûreté du Québec au 1-800-659-4264.

Justice et faits divers

Accusé de conduite dangereuse ayant causé la mort: Ricard Bérubé plaide non coupable

RIMOUSKI – Anthony Ricard Bérubé plaide non coupable aux deux accusations portées contre lui, soit conduite dangereuse et conduite dangereuse ayant causé la mort. Ces accusations font suite à une collision mortelle survenue le 29 mai à Saint-Simon, près de Trois-Pistoles, à la suite de laquelle un homme de 70 ans de Québec, André Fortier, est mort sur le coup.

En l’absence de l’accusé, les plaidoyers de non-culpabilité ont été prononcés lundi par son avocate, Me Caroline Bérubé, devant le juge James Rondeau au palais de justice de Rimouski. Résidant à Drummondville lors de l’accident, mais originaire de Sainte-Angèle-de-Mérici, près de Mont-Joli, le jeune homme a opté pour un procès devant juge sans jury. Le procès sera précédé d’une enquête préliminaire fixée au 7 décembre au même endroit, lors de laquelle six témoins seront entendus, dont deux policiers et quatre civils. Le conducteur a toujours nié avoir conduit dangereusement. Il allègue que l’accident a été causé lorsqu’il s’est endormi au volant.

Plusieurs conditions

Au lendemain des événements, le juge James Rondeau avait accepté sa remise en liberté, assortie d’une caution de 5 000 $ sans dépôt et d’une autre de 1 000 $ avec dépôt, qui a été versée par sa mère, Marie-Josée Ricard. L’accusé doit également se soumettre à plusieurs autres conditions. Parmi celles-ci, il lui est interdit de conduire, de consommer de l’alcool et d’entrer en communication avec certaines personnes.

Justice et faits divers

Un incendie fait un mort à Matane

MATANE – Un violent incendie qui s'est déclaré vers 4h30 dimanche matin, dans un édifice de trois étages du centre-ville de Matane, a fait un mort et un blessé.

L'édifice, qui est déclaré perte totale, abritait quatre logements aux étages supérieurs et deux commerces au rez-de-chaussée. Lorsque les pompiers sont arrivés sur les lieux, certains locataires avaient réussi à fuir le brasier, tandis que les autres occupants ont été évacués, tout comme les locataires d'un bâtiment voisin, cela par mesure préventive. Une personne a été transportée en ambulance à l'hôpital de Matane, «mais sa vie n'est pas en danger», confirme l'agente d'information de la Sûreté du Québec (SQ), Christine Coulombe. Mais, pendant que le feu continuait à faire rage, une personne manquait toujours à l'appel. 

Ce n'est que vers 9h dimanche matin, lorsque l'incendie a été maîtrisé, «que les pompiers sont entrés à l'intérieur et qu'ils ont découvert un corps dans les décombres», raconte la sergente Coulombe. «Cette personne devra être identifiée formellement», a-t-elle indiqué.

Cet incendie mortel a soulevé beaucoup d'émoi dans la population matanaise, surtout chez les résidents du centre-ville. Pendant que Le Soleil était sur les lieux du sinistre, un homme est arrivé en catastrophe, visiblement ébranlé par la scène. «Il manque quelqu'un, a-t-il crié nerveusement. C'est mon frère!» Immédiatement, un enquêteur a pris en charge l'individu pour l'amener à sa voiture.

Une section de l'avenue Saint-Jérôme, qui traverse le centre-ville de Matane, est interdite à la circulation puisque la SQ a érigé un large périmètre. Pendant la présence du Soleil aux abords du périmètre, une escarmouche a éclaté entre un homme d'âge mûr et les forces de l'ordre. L'homme a bousculé une policière afin de pénétrer à l'intérieur du périmètre. Deux agents de sexe masculin sont intervenus. «Arrêtez de vous en prendre à nos collègues féminines», a vociféré un policier envers l'individu récalcitrant, qui serait connu des policiers pour s'en prendre aux femmes qui pratiquent la profession.

«La cause de cet incendie majeur est inconnue pour le moment», précise la porte-parole de la police. Les enquêteurs des crimes majeurs de la SQ sont sur place pour expertiser la scène.

Commerces aussi une perte totale

Même si le feu n'a pas atteint les deux commerces du rez-de-chaussée, ils sont tout de même une perte totale «à cause de la fumée et de l'eau», confirme la propriétaire de la Boutique Jeunesse. «J'avais pour environ 160 000 $ d'inventaire, se désole Annie Ouellet. Cette semaine, j'avais reçu pour 15 000 $ de manteaux. Nous, on se dit que c'est du matériel. J'ai des bonnes assurances. On peut juste se relever les manches et essayer de rouvrir. Si je pense à la famille de la personne qui est décédée, c'est cent fois pire que moi!» La commerçante connaissait les locataires des étages supérieurs seulement de vue. «Mais, ça m'attriste quand même», souligne-t-elle.

La propriétaire du commerce, qui est opéré par la même famille depuis 45 ans, a été prévenue du sinistre par l'une de ses employées vers 7h30 dimanche. «C'était sorti sur les médias sociaux, ce qui fait que je recevais déjà plein de messages qui disaient qu'on était de tout coeur avec moi, raconte Mme Ouellet. Mais, je ne comprenais pas trop, j'étais endormie.» La femme d'affaires tient à remercier les pompiers. «Ils se sont empressés de sortir mon bureau et tous mes papiers importants dehors», précise-t-elle, encore impressionnée. 

Annie Ouellet confirme déjà qu'elle redémarrera sa boutique dès qu'elle aura trouvé un local qui lui conviendra au centre-ville de Matane. «J'ai une bonne clientèle, j'ai une bonne équipe et j'ai de bons fournisseurs, signale la dame qui a acheté le commerce de sa mère, il y a 12 ans. Je ne me vois pas faire autre chose. C'est ce que j'ai choisi de faire. J'aime trop ça et j'aime trop ma clientèle!»

En région

Incendie mortel de Saint-Siméon: un témoin important recherché

SAINT-SIMÉON – Les enquêteurs de la Sûreté du Québec recherchent un homme comme témoin important de l’incendie qui a coûté la vie à trois personnes aux petites heures du matin, samedi, à Saint-Siméon, en Gaspésie. La police refuse toutefois de confirmer cette recherche, tout comme l’identité de l’homme.

Isabelle Lepage, 40 ans, son fils, Philippe Lepage, 14 ans, et sa petite amie, Laurence Lebrasseur, 14 ans, ont péri dans l’incendie d’une maison sise sur la route Poirier.

Des éléments recueillis depuis samedi matin ont incité à Sûreté du Québec à transférer le dossier au Service des enquêtes sur les crimes contre la personne mardi, parce que la police a de sérieux motifs de croire que l’incendie est criminel.

La présence ininterrompue des enquêteurs à Saint-Siméon et les questions qu’ils ont posées à des citoyens du village de 1200 âmes indiquent clairement qu’ils veulent rencontrer un ex-ami de cœur d’Isabelle Lepage.

Le porte-parole de la Sûreté du Québec, Claude Doiron, ferme par contre la porte à toute divulgation de ces détails.

«On ne peut confirmer ces informations. Tout ce qui a été découvert à date ne peut être rendu public. Tout ce qui est preuve ne peut être dévoilé», dit-il.

Entre midi et 16h mercredi, la Sûreté du Québec a de plus établi un bureau temporaire dans le centre communautaire de Saint-Siméon «afin de répondre aux questions du public et de recueillir de l’information qui pourrait faire avancer l’enquête», ajoute M. Doiron.

Inquiétudes à Saint-Siméon

Il avoue que le transfert du dossier de l’Escouade des crimes majeurs au Service des enquêtes sur les crimes contre la personne génère passablement d’inquiétude à Saint-Siméon et dans les environs.

Que disent les policiers pour rassurer les gens, dans l’hypothèse où quelqu’un ayant à voir avec un incendie criminel serait au large?

«Nous répondons que la présence policière est importante à Saint-Siméon, même la nuit. Des forces supplémentaires ont été appelées sur place. Cette présence sera un élément dissuasif pour toute personne (voulant perpétrer un acte criminel). Nous serons très présents à Saint-Siméon le temps qu’il faudra», note Claude Doiron.

Une personne, Marilou Lepage, l’ainée des enfants d’Isabelle Lepage, a réussi à sortir de la maison en flammes parce qu’elle était la seule à ne pas dormir à l’étage. Elle doit la vie aux cris de Laurence Lebrasseur, qui n’a pu s’enfuir.

La Sûreté du Québec évalue la possibilité de tenir bureau une nouvelle fois jeudi au centre communautaire de Saint-Siméon.

En région

Une bière au chanvre devient illégale

MATANE — Le premier jour de la légalisation du cannabis au Québec cause un véritable casse-tête pour un microbrasseur du Bas-Saint-Laurent, alors qu'il doit retirer près de 2000 bouteilles de bière de chanvre qui se trouvaient en vente dans quelque 300 points de vente.

Le problème, c'est que la nouvelle loi, en vertu de l'article 50, interdit l'utilisation du mot cannabis et toute image illustrant la feuille de la fameuse plante. Tout contrevenant s'expose à une amende pouvant atteindre 62 500 $.

Faits divers

Incendie mortel de Saint-Siméon: un possible acte criminel

SAINT-SIMÉON-DE-BONAVENTURE — Le Service des enquêtes sur les crimes contre la personne de la Sûreté du Québec (SQ) prend le relais pour élucider l’incendie mortel de Saint-Siméon, en Gaspésie. Une femme de 40 ans et deux adolescents de 14 ans ont péri dans le brasier survenu aux petites heures, samedi matin.

«Certains nouveaux éléments portent à croire qu’il pourrait s’agir d’un acte criminel», précise Béatrice Dorsainville, porte-parole de la Sûreté du Québec. Elle ne donne aucun autre détail sur les raisons qui ont poussé les policiers à confier le dossier au Service des enquêtes sur les crimes contre la personne, mardi en fin d’après-midi.

Les victimes de l’incendie sont Isabelle Lepage, 40 ans, de Saint-Siméon, son fils Philippe Lepage, qui vivait avec son père à Murdochville, et l’amie de cœur de Philippe, Laurence Lebrasseur, de Paspébiac.

La survivante, Marilou Lepage, 18 ans, a échappé de justesse au brasier. Dormant à l’étage de la maison sise sur la route Poirier, les trois victimes n’ont pas eu cette chance.

Béatrice Dorsainville reste avare de commentaires sur les «nouveaux éléments» ayant fait basculer l’enquête. Questionnée au sujet de la présence présumée d’accélérant dans la demeure, elle a indiqué ne pas connaître les éléments de l’enquête.

La Sûreté du Québec cherche-t-elle quelqu’un? «On ne cherche pas quelqu’un pour le moment», assure Mme Dorsainville.

Maison examinée

Trois groupes d’enquêteurs ont examiné la maison incendiée sous tous ses angles depuis samedi matin, l’Escouade des crimes majeurs dans les heures ayant suivi l’extinction du brasier, le Service d’identité judiciaire entre 8h et 17h dimanche, puis de nouveau l’Escouade des crimes majeurs lundi, avant l’intervention du Service des enquêtes sur les crimes contre la personne.

La Sûreté du Québec reste également discrète sur la présence ou non d’un détecteur de fumée dans la demeure de la route Poirier, tout comme sur l’élément qui aurait causé l’incendie.

«La cause n’est pas encore connue. Je ne peux pas dire s’il y avait des détecteurs ou pas. C’est l’enquête du coroner qui pourra répondre à ça», signale le sergent Claude Doiron, également porte-parole de la SQ.

Longue enquête

Maintenant simple citoyen, Jean-Guy Poirier, qui a été maire de Saint-Siméon pendant 40 ans, note que la nouvelle tournure prise par l’affaire secoue davantage la population du village, déjà ébranlée par la tragédie. M. Poirier pensait depuis lundi que l’enquête était anormalement longue dans la maison et ses alentours.

«Je me doutais qu’il se passait quelque chose de spécial. Normalement, ça prend quatre-cinq heures, une enquête dans une maison incendiée. Il y avait encore des policiers dans la maison à 17h aujourd’hui [mardi], le quatrième jour après le feu. Il y a beaucoup de policiers dans le village. On les a vus sur le bord de la Baie des Chaleurs, à la recherche de quelque chose, dans les cours des maisons du voisinage», note M. Poirier.

Les trois victimes dormaient à l’étage de la maison, où leurs corps ont été trouvés. La survivante, Marilou Lepage, dormait au sous-sol. Elle a été réveillée par les cris de Laurence Lebrasseur, qui a péri dans le brasier.

Des représentants des services sociaux interviennent depuis samedi matin à Saint-Siméon, et les écoles fréquentées par les deux adolescents et leurs amis fournissent aussi du soutien aux élèves depuis lundi.

Actualités

Il y a 48 ans, un premier effort de légalisation du cannabis était tenté

BONAVENTURE — Le cannabis sera légal mercredi, mais saviez-vous qu’un premier exercice de légalisation de cette drogue a eu lieu en 1970? Il y a donc 48 ans, une recommandation à cet effet, incluse dans un rapport remis au Secrétariat d’État fédéral en 1971, est restée tablettée.

Le Gaspésien Médor Doiron terminait ses études en travail social à l’Université de Moncton en 1970 quand il a été recruté comme coordonnateur d’une vaste consultation du Comité jeunesse du Nouveau-Brunswick, sa province d’origine. Toutes les provinces comptaient sur un tel comité pour alimenter la commande passée du gouvernement du Canada au Comité jeunesse national.

«Le but de la démarche visait à déterminer les besoins, les aspirations, les problèmes, les attentes des jeunes. Nous étions arrêtés dans toutes les principales villes du Nouveau-Brunswick», se souvient M. Doiron. «Dans le protocole même du Comité jeunesse national, on nous demandait de poser des questions sur la décriminalisation du cannabis.»

Afin d’avoir une idée des préoccupations des jeunes, la tournée de 1970 avait été précédée de rencontres avec des groupes-témoins de jeunes et des principales sphères publiques comme la santé et l’éducation.

La place des jeunes dans les préoccupations des gouvernements croissait en 1970, souligne Médor Doiron. «Les jeunes avaient la force du nombre. Je me rappelle qu’à Bathurst, il y avait eu en plein hiver une manifestation de 200 jeunes réclamant des services de loisirs», dit-il, notant que les adolescents et les jeunes adultes étaient alors de deux à trois fois plus nombreux que maintenant.

Les échanges portant sur le cannabis étaient reçus comment par les jeunes?

«Ils en discutaient d’emblée, mais ils étaient suspicieux. Ils me demandaient : “Comment il se fait que le gouvernement veut savoir pourquoi on consomme?” Ils savent qu’on consomme. On leur disait aussi, pour les rassurer, que la commission Le Dain menait des travaux spécifiques aux drogues. Ils répondaient que nous n’étions pas connectés sur leur réalité. Je leur disais : “J’ai 24 ans et j’étudie en travail social à l’Université de Moncton. Je suis connecté”», décrit M. Doiron.

«Secrétariat sur la drogue»

Intitulé C’est parti…, le rapport final déposé le 5 juillet 1971 au Secrétaire d’État par le Comité jeunesse pancanadien recommandait «que la culture, la vente, la possession et l’usage du cannabis soient légalisés». Il recommandait aussi «que les jeunes […] de 18 ans et plus aient le droit d’acheter et de consommer le cannabis».

Il y était aussi spécifié que «la distribution et la commercialisation du cannabis soient réglementées et contrôlées par le gouvernement». Enfin, le Comité jeunesse demandait au ministère de la Santé et du Bien-être de prendre en charge un «Secrétariat sur la drogue».

Ce secrétariat aurait élaboré «un programme réaliste d’éducation sur les drogues, en collaboration avec les municipalités et les provinces», entrepris «immédiatement des recherches sur les effets prolongés de toutes les sortes de drogues», tout comme des recherches sur le meilleur traitement de l’abus de la drogue. On recommandait aussi de surveiller la qualité de la production, de la commercialisation et de la distribution du cannabis.

Pendant longtemps, jusqu’au début des années 2010, Médor Doiron a tenté de parler aux vice-présidents du Comité jeunesse, Pierre Bourdon et Vincent Kelly, sans succès. Il voulait notamment savoir pourquoi aucune suite n’avait été donnée aux deux pages touchant «la législation sur la drogue», sur un rapport de 210 pages touchant bien des sujets.

«Je voulais savoir comment Gérard Pelletier, secrétaire d’État, avait reçu le rapport, notamment la partie sur la drogue», dit-il, à propos de l’un des ministres proches du premier ministre Pierre Elliot Trudeau, père de Justin.

Quand il regarde le tohu-bohu créé depuis des mois par la légalisation du cannabis, Médor Doiron ne peut s’empêcher de dire que «c’est de valeur parce qu’on a perdu 47 ans. On était déjà rendu [en 1971] à regarder quelque chose pour légaliser le cannabis. Tout ce qui se dit actuellement, comme ce cardiologue qui rappelle qu’un joint équivaut à 10 cigarettes de nicotine, tout ça était connu il y a 47 ans. Je suis persuadé qu’il va se faire des grandes choses, et il y aura aussi des erreurs. Ça va réveiller les responsabilités des parents. Ça va forcer le dialogue», conclut M. Doiron.

Athlétisme

Marathon: Québec fait de l'ombre à Rimouski

Le nouveau parcours et la nouvelle date du Marathon SSQ de Québec ont réjoui beaucoup de coureurs dimanche, mais, pendant ce temps, le fondateur du Marathon de Rimouski envisage sérieusement un changement de date pour son événement après avoir noté une baisse de 1000 participants cette année en raison de sa nouvelle proximité avec l’épreuve de la capitale.

«Je ne suis pas fâché, je ne suis pas en guerre avec personne, chaque événement a le droit de choisir la date qu’il veut», a expliqué Clément Pelletier, fondateur et membre du conseil d’administration du marathon rimouskois. «Cependant, on en avait déjà parlé, l’an dernier, quand il avait été annoncé que le Marathon de Québec aurait lieu le deuxième dimanche d’octobre plutôt que le dernier dimanche d’août. Le conseil d’administration avait finalement décidé, sur un vote serré, de conserver le premier dimanche d’octobre comme date du Marathon de Rimouski, une date qui est la même depuis la fondation il y a 17 ans.»

Cette année, les craintes qu’avait M. Pelletier se sont avérées : la participation aux cinq courses du Marathon de Rimouski a chuté de 4700 à 3700 par rapport à l’an dernier pendant que la participation au Marathon de Québec augmentait.

«On a perdu des autobus complets cette année. Ce n’est pas compliqué, par le passé, on attirait environ 1200 personnes de Québec et des environs. C’était notre plus important bassin de recrutement pour les coureurs. On allait même faire un peu de promotion lors du marathon de Québec pour attirer des coureurs chez nous!» explique M. Pelletier.

On comprendra que l’organisation rimouskoise a passé son tour cette année puisqu’il n’aurait pas été très utile de se rendre à Québec pour promouvoir une course qui aura lieu un an plus tard.

Nouvelle date

«On savait que ça allait nous nuire et nous allons nous pencher à nouveau au cours de la prochaine année sur la date de notre prochain marathon. On pense sérieusement le tenir le deuxième dimanche de septembre, ce qui aurait l’avantage d’être un mois avant celui de Québec et une semaine avant le Marathon de Montréal. Ça nous permettrait aussi de cesser d’être en même temps que le demi-marathon de Granby.»

M. Pelletier estime que la nouvelle date serait favorable pour tout le monde. «C’est devenu un casse-tête et un grand défi pour les organisateurs d’épreuves de course à pied, car celles-ci se multiplient depuis quelques années», indique-t-il, citant entre autres le Marathon de Longueuil, le Marathon de Baie-Comeau, la Course des pompiers de Laval, le Marathon de Gaspé et le Marathon du P’tit train du Nord qui ont tous vu le jour au cours des quatre dernières années.

«Oui, ça complique la vie des organisateurs, mais on n’ira sûrement pas se plaindre que le sport se développe», ajoute cependant l’homme de 76 ans, qui a couru 54 marathons depuis l’âge de 39 ans, dont le dernier à Moncton, il y a deux ans.

«On sent que la popularité de la course à pied est à la hausse, surtout chez les femmes qui composaient seulement 20 % de nos participants en 2002, mais qui en représentent maintenant 68 %. S’il y a eu cette explosion, c’est d’abord parce que c’est un sport qui ne demande pas autant de temps d’entraînement que le vélo, par exemple, qui ne coûte pas cher et dont la piste se situe devant chez vous!»

Faits divers

La tragédie de Saint-Siméon-de-Bonaventure ébranle le village

Élu il y a 11 mois, le maire de Saint-Siméon-de-Bonaventure, Denis Gauthier, admet d’emblée ne pas avoir fait face à un plus gros défi, que la tragédie qui a décimé une famille de sa petite municipalité, depuis son accession à la mairie.

«Tout le monde est touché par ce drame ici et on veut être certain d’échapper personne», a expliqué le maire, qui a été mobilisé dès samedi matin.

Les victimes de l’incendie qui a ravagé une résidence samedi sont Isabelle Lepage, 40 ans, de Saint-Siméon, son fils de 14 ans, Philippe Lepage et son amie de cœur, Laurence Lebrasseur, de Paspébiac, également âgée de 14 ans.

La survivante, Marilou Lepage, 18 ans, hospitalisée pour avoir été incommodée par la fumée, a perdu sa famille et tous ses effets personnels. Elle a échappé de justesse au brasier. Dormant à l’étage de la maison sise sur la route Poirier, les trois victimes en sont restées prisonnières.

Denis Gauthier ne peut se rappeler d’un plus gros drame frappant Saint-Siméon, localité située le long de la Baie-des-Chaleurs, près de Bonaventure.

«Une journée et demie après l’incendie, c’est encore assez difficile. La scène de la maison incendiée est encore là. C’est à côté du nouveau dépanneur et c’est proche de la route 132. Il y a beaucoup d’achalandage et la maison est à la vue de tout le monde», poursuit M. Gauthier, qui habite aussi sur la route Poirier, à une demi-douzaine de demeures du lieu de l’incendie.

Préoccupé par l’appui à donner à la survivante, Marilou Lepage, le maire pense aussi à sa brigade de pompiers.

«Ce sont des pompiers volontaires qui sont intervenus. C’est une chose d’éteindre un feu de cheminée, quand il y a seulement des biens matériels. C’est différent quand il s’agit d’un incendie où trois personnes périssent, où il faut entrer quand c’est éteint. On connaissait les enfants à l’intérieur, même s’ils ne sont pas encore identifiés officiellement. On sait qu’ils manquent à l’appel et que c’était eux à l’intérieur. J’ai un fils qui a le même âge que Marilou. Dans une petite municipalité, les liens sont faciles à établir», remarque-t-il.

«Le CLSC est venu sur place dès samedi matin. Il est venu automatiquement. C’est ce qui arrive dans ce genre de drame. Ils [les intervenants du CLSC] sont allés voir les voisins. On sait qu’il va falloir décanter tout ça. C’est une situation extraordinaire. On va aller chercher les ressources», dit-il.

La survivante chez son grand-père

Après sa sortie de l’hôpital, où elle a été traitée pour un choc nerveux et des problèmes liés à la fumée, Marilou Lepage est rentrée à Saint-Siméon, où elle a été prise en charge par son grand-père maternel.

Le conseil de municipal se mobilisera dès lundi pour s’assurer de n’échapper personne, insiste Denis Gauthier, qui sait pouvoir compter sur la collaboration de plusieurs groupes de son village.

«On met en branle un fonds pour que Marilou puisse continuer ses études au Cégep de Carleton», note le maire, parfaitement conscient que la jeune femme aura besoin de temps pour s’y remettre.

Philippe Lepage et Laurence Lebrasseur avaient été invités à se rendre en forêt par les parents Lebrasseur et ils avaient décliné l’invitation. La chasse à l’orignal à la carabine a débuté ce même samedi matin en Gaspésie. Philippe Lepage était en visite chez sa mère.

La cause de l’incendie demeure sous enquête. Il a été question d’un feu probablement causé par un poêle à bois, mais Béatrice Dorsainville, porte-parole de la Sûreté du Québec, était loin de risquer une hypothèse, en soirée dimanche.

«Il n’y a pas encore de cause claire d’établie, de déterminée. Les enquêteurs sont arrivés sur la scène à 8h et leur expertise s’est terminée à 17h», a-t-elle dit.

Les corps des victimes avaient été sortis des décombres samedi soir. Des pompiers des municipalités voisines de Caplan et Bonaventure étaient aussi intervenus, samedi matin.

Les citoyens mobilisés

Les gens de Saint-Siméon, comme d’ailleurs en Gaspésie, unissent leurs efforts pour aider la survivante de l’incendie qui a décimé sa famille, aux petites heures, samedi. Trois campagnes de sociofinancement GoFundMe sont en marche et un peu plus de 15 000 $ avaient été amassés dimanche pour aider cette survivante, et d’autres parents des victimes.

Les campagnes de sociofinancement visent d’une part à aider Marilou Lepage sur tous les plans, à aider les parents de Laurence Lebrasseur, et à aider le père de Philippe Lepage, Martin Landry, qui travaille à Murdochville et qui est aussi père d’un bébé. Il n’avait pas d’assurance-vie pour l’adolescent. Cette troisième campagne a été initiée par la conjointe de M. Landry.

En région

Grimper pour les greffés

GASPÉ – Il y a à peine six mois, Guy-Martin Couture, atteint d'une forme grave de diabète, se débattait avec un taux de sucre qui jouait au yoyo. Aujourd’hui, le Rimouskois de 49 ans grimpe le mont Comi pour sensibiliser la population au don d'organes. Une greffe d'îlots pancréatiques, un procédé nouveau au Québec, lui permet de se passer d'injections d'insuline depuis onze semaines. Il se prépare pour un autre défi : recevoir une deuxième greffe de rein.

M. Couture lutte contre le diabète de type 1. Depuis l’âge de 12 ans, il se piquait plusieurs fois par jour pour mesurer sa glycémie et s’injecter de l’insuline, une question de survie. La fin de cette routine, « c’est un soulagement, un poids qui s’est enlevé de mes épaules », dit-il. 

Ses injections et ses habitudes de vie spartiates ne contrôlaient pas son diabète : les épisodes d’hypoglycémie, où son taux de sucre baissait de façon dangereuse, se multipliaient. En 2017, il a dû cesser de travailler et se faire poser un simulateur cardiaque. Les derniers mois avant sa greffe, M. Couture pouvait se réveiller dix fois par nuit parce que le capteur de sa pompe à insuline sonnait l’alarme. 

M. Couture était un bon candidat à la greffe d’îlots pancréatiques. Mais son groupe sanguin, O négatif, réduisait la proportion de donneurs compatibles. 

Finalement, « j’ai été chanceux », résume M. Couture. Il s’est présenté un donneur à la dernière minute. « Le programme se terminait le vendredi; j’ai eu l’appel le mardi suivant », dit-il.

M. Couture s’est fait transplanter des îlots en juin au Centre universitaire de santé McGill (CUSM), à Montréal, où une équipe prépare ces cellules productrices d’insuline grâce à des dons privés. 

Comment ça marche?

Les cellules productrices d’insuline, l’hormone qui contrôle le taux de sucre, représentent 1 % du volume du pancréas. Dans un laboratoire spécialisé du CUSM, on isole ces amas de cellules, les « îlots », du pancréas d’un donneur. Elles sont ensuite injectées dans la veine porte du foie du receveur à l’aide d’un cathéter. Elles se greffent au foie, survivent et se mettent à produire de l’insuline.

Dans le cas de M. Couture, la greffe a fonctionné à merveille. Les tests ont même montré que son organisme contrôle maintenant sa glycémie « un peu mieux qu’une personne normale », dit-il.

Le chirurgien au CUSM Steven Paraskevas a greffé cinq patients depuis 2015, incluant M. Couture. Trois d’entre eux peuvent se passer d’insuline, dit-il. Une patiente doit encore s’en injecter, mais sa glycémie s’est stabilisée. Le dernier aura besoin d’une seconde greffe d’îlots, estime le Dr Paraskevas, ce qui n’a rien d’inhabituel.

Le régime public devrait couvrir la greffe d’îlots pour les patients qui sont « dans une impasse thérapeutique » malgré « une prise en charge optimale », estime l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESSS), qui évalue les coûts et les bénéfices des nouveaux traitements. 

Il faut aussi évaluer la pertinence de rembourser une pompe à insuline avec un capteur en continu pour ces patients, ajoute l’INESS dans son rapport publié en septembre.

Le Dr Paraskevas qualifie ces recommandations de « très sages ». Il espère maintenant une réponse du ministère québécois de la Santé. « Il y a un « gap » (un vide) dans la disponibilité de services au Québec pour les patients diabétiques. (Pour certains), les traitements standards ne sont pas suffisants », dit-il.

Au tour du rein

M. Couture devra franchir une autre étape avant de recouvrer la santé. « Je suis en train de faire un rejet de ma greffe rénale », dit-il. Son greffon transplanté en 2003 accuse son âge de 85 ans, accumulé dans deux corps différents. Les hauts et les bas de son taux de sucre ont accéléré sa détérioration. 

M. Couture pourrait être opéré pour allonger la vie de son greffon. « Sinon, il faudra que je recommence la dialyse », dit-il. Le mauvais fonctionnement de son rein cause « de la fatigue, de l’anémie. Mon système immunitaire est bas. » 

Tôt ou tard, M. Couture se doute qu’il retournera sur la liste des patients en attente d’un rein. 

Il grimpera ce dimanche les 250 mètres du mont Comi, à Saint-Donat-de-Rimouski, avec d’autres greffés et des familles de donneurs, histoire de sensibiliser la population au don d’organes. « Je ne le fais pas seulement pour moi, mais pour les autres aussi », précise-t-il.

Chaîne de vie 

L'ascension du mont Comi est l'une des 15 montées du Défi Chaîne de vie au Québec, qui ont lieu entre autres à Carleton, Matane, Lac Beauport et Lac-Etchemins. « On compare grimper une montagne à attendre un don d’organes », lance Lucie Dumont, la présidente-fondatrice de Chaîne de vie. 

Avec des collaborateurs, cette enseignante et guide de montagne a mis sur pied un programme d’éducation au don d’organes, à intégrer aux cours d’anglais de 4e et 5e secondaire. Le Défi Chaîne de vie amasse des fonds pour former les enseignants.

Moins de 1 % des gens décèdent dans des conditions leur permettant de donner leurs organes, souligne Mme Dumont, soit une mort cérébrale avec des organes qui demeurent oxygénés. « Quand tu vois que la personne respire, semble vivante, imagine le choc. Même si tu as signé ta carte (de don d’organes), c’est la famille qui va prendre la décision », dit-elle.

Mme Dumont insiste sur l’importance d’en discuter en famille avant qu’un drame arrive. « Quand les gens sont éduqués au don d’organes, qu’ils ont eu la bonne information et que la discussion en famille a eu lieu en amont, 99 % disent oui », évalue-t-elle.