L'Est du Québec

Des terrains vendus à 1$ pour contrer la pénurie de logement à Gaspé

GASPÉ – La Ville de Gaspé vendra 10 terrains à un prix de base d’un dollar par terrain afin de stimuler la construction de logements locatifs et de réduire les effets de la pénurie d’habitations qui limite l’établissement de nouveaux citoyens depuis trois ans.

Ces terrains sont situés non loin de l’aéroport. Ils sont unitairement évalués à un intervalle de 36 500 à 45 000 $. L’administration municipale évaluera les propositions en fonction de trois critères, le nombre d’unités par terrain, la rapidité d’exécution des constructions et le prix pour les terrains, prix qui peuvent être bonifiés par les promoteurs.

«Toutes les semaines, on a des travailleurs et des familles qui s’en retournent parce qu’ils et elles ne trouvent pas de logement. C’est un énorme frein au développement démographique et économique de la ville», précise le maire Daniel Côté.

Le taux de vacance du Grand Gaspé s’établit à 1,2 %, alors que la Société canadienne d’hypothèque et de logement juge qu’un taux de 3 à 4 % est équilibré.

«C’est 1,2 % dans le Grand Gaspé, si on compte les arrondissements les plus éloignés, comme l’Anse-à-Valleau, à 40 minutes du centre-ville, mais au centre-ville, le taux de vacance est de zéro», précise M. Côté.

Gaspé vit une embellie économique depuis 2016. Le fabricant de pales éoliennes LM Wind Power a doublé sa capacité de production entre l’été 2016 et l’hiver 2017, ajoutant 285 emplois aux 200 qu’il comptait déjà.

Deux chantiers navals spécialisés dans la construction de bateaux de pêche, Entreprises maritimes Bouchard et Atelier de soudure Gilles Aspirault, ont vu le jour depuis l’automne 2017. L’autre entreprise œuvrant dans ce secteur, le Chantier naval Forillon, vire à plein régime depuis 2015. Ces trois firmes embauchent près de 125 personnes et cherchent constamment de la main-d’œuvre.

Daniel Côté assure que la vente de terrains pour une somme nominale ou inférieure à l’évaluation municipale vaut la peine, et que les revenus de taxes seront vites regagnés.

«Ça va dépendre de la mise de base des entrepreneurs que nous choisirons, mais ce sera remboursé entre trois et cinq ans », dit-il en faisant référence à la valeur foncière des nouveaux immeubles à logement. Le zonage de la rue de l’Envol, secteur où ils sont destinés, ne peut accueillir plus grand que des triplex en raison de la capacité des fosses septiques.

Avant de lancer cette vente de terrains, la Ville de Gaspé a sondé trois promoteurs immobiliers. «Tous ont démontré de l’intérêt», signale le maire, convaincu qu’un coup de sonde plus large aurait aussi mené à une plus grande expression d’intérêt.

Le projet pourrait donc déboucher sur l’aménagement de 30 nouvelles unités de logement dans la ville de 15 000 habitants. Combien faudrait-il de logements de plus pour solutionner la pénurie?

«On n’a pas d’étude exhaustive, mais il y a probablement de la demande pour 100 unités. En 2008-2009, il s’était bâti 100 nouvelles unités dans Gaspé, notamment en raison de l’adoption d’un projet de loi privé par le gouvernement pour permettre à la Ville de verser des incitatifs directs au lieu de vendre des terrains à rabais. Le projet de loi privé avait donné un résultat fort concluant. Le boom économique est plus fort maintenant qu’en 2008. Une nouvelle centaine de logements viendrait régler la pénurie» analyse M. Côté.

La Ville de Gaspé a d’ailleurs tenté de faire adopter un projet de loi privé visant à lui permettre de verser des incitatifs aux promoteurs de nouveaux logements ce printemps, mais le menu législatif à l’Assemblée nationale était trop dense pour que cette requête fasse son chemin.

«C’est reporté à l’automne et nous reviendrons à la charge, c’est certain (…) C’est d’ailleurs ce report qui a incité le conseil municipal à bouger. On aurait pu se mettre en mode attente, mais la pénurie sévit avec trop d’acuité», conclut Daniel Côté.

Les promoteurs disposent d’un mois pour répondre à l’appel d’offres de Gaspé. Un promoteur peut viser plus d’un terrain; il peut même les viser tous.

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Frais de fermeture de puits en Gaspésie: Pieridae Energy se fait rassurante

CARLETON — La firme Pieridae Energy assure avoir déposé les garanties nécessaires pour couvrir éventuellement les frais de fermeture de cinq des six puits gaspésiens au sujet desquels Environnement vert plus s’inquiète. Le groupe écologiste craint que leur fermeture soit assumée par des fonds publics.

L’inquiétude d’Environnement vert plus découlait notamment du mutisme du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, qui a refusé deux fois au groupe l’acheminement de documents prouvant le versement de six garanties irrévocables de dépôt de sommes de 150 000 $, pour un total de 900 000 $.

Les puits visés par Environnement vert plus sont les puits Haldimand 1, 2 et 4, Le Ber, Tar Point et Wakeham. Tout projet de forage d’hydrocarbures au Québec doit inclure un plan de fermeture accompagné d’un montant en garantie.

Le responsable des affaires réglementaires de Pieridae Energy, Félix Théorêt, a envoyé jeudi au Soleil une correspondance confirmant la réception par le bureau des hydrocarbures du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles des garanties liées à l’éventuelle fermeture de cinq des six puits.

«Le sixième puits, Wakeham, appartient désormais à Junex, maintenant connue sous le nom de Cuda. Pétrolia [acquise par Pieridae en 2017] avait mené le projet Wakeham avec Junex, avant de le céder», note M. Théoret.

Le dernier renouvellement de garantie de Pieridae à propos des cinq puits situés dans la région de Gaspé date de la fin d’avril 2019. Il s’agit d’une procédure annuelle, précise Félix Théoret.

Environnement vert plus détenait des preuves de dépôt de garantie pour seulement quatre puits forés par Pieridae ou Pétrolia, c’est-à-dire pour les quatre forages réalisés sur la propriété Bourque, localisée plus près de Murdochville.

Pieridae Energy s’attend à ce que les trois puits Haldimand soient déclassés quant à d’éventuels travaux supplémentaires de forage, une conséquence des règlements adoptés par le gouvernement québécois depuis l’automne 2017.

«Haldimand 2 et Haldimand 4 sont dans le périmètre urbain protégé par la nouvelle réglementation et Haldimand 1 est situé à 50 mètres hors du périmètre. Il faudrait une permission de forer pour passer sous le périmètre», explique M. Théoret.

Dans l’immédiat, Pieridae n’a d’autre part «pas de projets pour Tar Point et Le Ber», ajoute-t-il, précisant que la firme concentre ses efforts sur l’aboutissement du projet de terminal gazier de Goldboro, en Nouvelle-Écosse.

L'Est du Québec

Accident mortel à Sainte-Anne-des-Monts: neuf nouvelles accusations contre le conducteur

MATANE — Neuf nouvelles accusations ont été portées, mercredi au palais de justice de Sainte-Anne-des-Monts, contre le conducteur du véhicule impliqué dans un accident mortel survenu le mois dernier dans cette municipalité de la Haute-Gaspésie. Parmi les nouveaux chefs, Maxime Perreault, 22 ans de Cap-Chat, a été accusé de conduite avec les facultés affaiblies ayant causé la mort et de conduite dangereuse.

Une accusation de conduite avec les facultés affaiblies ayant causé des lésions corporelles à l’endroit de l’autre passagère de la voiture a aussi été déposée. Lors de sa première comparution, le chauffard avait été accusé de cinq autres chefs, ce qui porte le total à quatorze. Son enquête pour remise en liberté a été reportée au 9 juillet. D’ici là, le prévenu demeure incarcéré à la prison de New Carlisle.

Investigation sur la SQ

Tôt le matin du 5 mai, Maxime Perreault aurait perdu le contrôle de l’auto qu’il conduisait, alors qu’il aurait effectué un dépassement dangereux. Selon un témoin, le véhicule aurait fait plusieurs tonneaux. L’une des deux passagères, Marie-Ève Mimeault, à qui appartenait d’ailleurs la voiture, aurait été éjectée. Transportée en ambulance dans un état critique, la femme de 33 ans a succombé à ses blessures à l’hôpital de Sainte-Anne-des-Monts. L’autre passagère, qui aurait raconté n’avoir aucun souvenir du drame parce qu’elle aurait souffert d’une crise d’épilepsie, s’en est tirée avec des blessures légères, tout comme le conducteur, qui serait son ami de cœur.

Une investigation du Bureau des enquêtes indépendantes est en cours afin de faire la lumière sur le travail des agents de la Sûreté du Québec qui avaient intercepté le véhicule un peu avant la tragédie. Ils auraient laissé Perreault repartir après lui avoir remis un billet d’infraction.

L'Est du Québec

Les écolos craignent que l'argent manque pour fermer les puits de Pieridae Energy en Gaspésie

CARLETON – Le groupe Environnement vert plus demande au gouvernement du Québec de récupérer au plus vite auprès de la firme Pieridae Energy les sommes requises pour assurer la fermeture de tous ses puits d’hydrocarbures à Gaspé et dans les environs.

Pascal Bergeron, porte-parole d’Environnement vert plus, craint que Pieridae Energy n’ait bientôt plus les moyens de fermer six des 10 puits qu’elle a forés en Gaspésie. La firme n’aurait déposé que quatre montants de 150 000 $ en garantie pour assurer la fermeture d’autant de puits, tous localisés dans le secteur Bourque, près de Murdochville.

Les puits Haldimand 1, 2 et 4, de même que les puits Le Ber, Tar Point et Wakeham n’auraient fait l’objet d’aucun dépôt visant à assurer leur éventuelle fermeture.

Le porte-parole d’Environnement vert plus, Pascal Bergeron, utilise le conditionnel «auraient» parce qu’il subsiste une probabilité que Pieridae ait payé les montants de garantie pour les six puits au cœur des préoccupations de son organisme, mais il se bute au refus du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles de lui en fournir la preuve.

«Il n’y a pas de transparence. Ils (les gens du ministère) retiennent des documents, en invoquant les articles 23 et 24 de la Loi de l’accès à l’information. Selon ces articles, ils ne sont pas tenus de divulguer le document s’il y a secret industriel. Nous voulons seulement une preuve. Ils pourraient caviarder la partie qui touche le secret industriel. Là, c’est l’ensemble des documents que le ministère cache », explique M. Bergeron.

Mercredi, le ministère des Ressources naturelles a même refusé la divulgation des entêtes portant sur les ententes de garanties avec Pieridae.

«Ne pouvant obtenir les documents, j'en ai demandé les entêtes, espérant au moins connaître l'existence et la nature des documents en question. Même ça m’est refusé. Je vais contester la décision devant la Commission (d’accès à l’information) et fort probablement gagner, mais ça va prendre deux-trois ans», précise Pascal Bergeron.

Le Soleil a aussi tenté mercredi d’obtenir ces documents, sans succès.

Environnement vert plus craint que Pieridae ne soit plus en mesure d’assurer financièrement la fermeture de ses puits. Certain de ces puits, notamment les trois de Haldimand, sont situés à proximité de quartiers résidentiels et des fuites pourraient y affecter la qualité de l’air.

«Les liquidités de Pieridae ne sont que de 14,7 millions. La compagnie a perdu 12 996 000 $ au dernier trimestre. L’action était à près de 5 $ quand Pieridae a acquis Pétrolia et elle ne valait que 80 cents le 6 juin», ajoute M. Bergeron.

Difficiles à évaluer

Les liquidités totales de l’entreprise s’établissent à 39 millions $ (M$) mais certains montants du bilan sont constitués de sommes à recevoir ou affectées à d’autres fins. De plus, une partie appréciable de l’actif de 369 M$ de Pieridae est constituée de «propriétés, d’usines et d’équipements» dont la valeur peut fluctuer grandement, estime Pascal Bergeron.

Il croit que la compagnie porte à son actif des éléments fort difficile à évaluer, comme sa participation dans le projet de terminal gazier et d’usine de liquéfaction à Goldboro, en Nouvelle-Écosse. Ce projet de 4,5 milliards $ avance lentement en raison de certains facteurs dont le financement et la capacité limitée de certaines portions de gazoducs, au Québec notamment, d’acheminer du gaz de l’ouest vers le port néo-écossais.

En outre, dans la portion «capital» du bilan de Pieridae, une somme de 211,5 M $ est constituée d’actions de la firme, actions qui chutent depuis mai 2017.

M. Bergeron croit que l’opacité du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles pourrait découler d’une possible caution donnée par un organisme tiers.

«Est-ce que le gouvernement pourrait être cet organisme?» demande-t-il, en pensant notamment à Ressources Québec, une création de l’État engagée dans certaines initiatives d’exploration d’hydrocarbures, dont le projet Bourque.

Le Soleil a tenté d’obtenir des réponses de Pieridae mercredi, mais personne n’a retourné les appels.

L'Est du Québec

Remplacement du navire CTMA Vacancier: Arseneau plaide pour un contrat à la Davie

RIMOUSKI — Le député des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, a livré un vibrant plaidoyer, lors d’un point de presse mardi, pour que le nouveau cargo-croisière visant à remplacer le CTMA Vacancier soit construit au chantier Davie de Lévis. Pour l’occasion, le porte-parole du Parti québécois en matière de stratégie maritime et de transports était accompagné de partenaires de l’entreprise navale.

«Nous appelons […] le gouvernement à choisir une solution toute québécoise pour un projet de développement économique aux retombées majeures pour le Québec, a soutenu le politicien. […] Nous désirons proposer au gouvernement une solution économique porteuse pour les Madelinots, pour les travailleurs de l’industrie navale du Québec et pour le Québec tout entier.»

Pour lui, la construction de ce navire apparaît comme le projet phare de la stratégie maritime québécoise 2.0. Il estime que la Coopérative de transport maritime et aérien (CTMA) de Cap-aux-Meules offre une croisière qui contribue au désenclavement et à l’approvisionnement de l’archipel, tout en permettant à des milliers de touristes de découvrir la voie maritime du Saint-Laurent. 

Ce service avait été mis en place en 2002 sous le gouvernement péquiste de Bernard Landry. Le navire acheté à Hambourg, en Allemagne, a été construit en 1973. Avant son entrée en service sur le Saint-Laurent, il a servi de traversier entre la Finlande et la Suède, puis ensuite entre la France et l’Irlande.

«Dix-sept ans après la mise en œuvre du service de croisière par la CTMA, le succès économique, touristique et d’estime du projet est maintenant indéniable, estime le député, qui évalue à 80 000 le nombre de passagers transportés par le Vacancier. Il s’agit d’une réussite dont le principal acteur est le transporteur, la CTMA, et dont le partenaire de premier plan, le gouvernement du Québec, doit être fier. Il génère [...] des retombées directes et indirectes de plusieurs millions de dollars dans le milieu. […] Il lui revient donc […] de poursuivre son développement [...] avec un navire moderne.»

Mille emplois «payants»

La fabrication du nouveau bateau procurerait 1000 emplois «payants, comme les aime le premier ministre, et sans fuite de capitaux à l’étranger», soutient le parlementaire. «Les travailleurs de la Davie méritent ce contrat et les Madelinots méritent ce qu’il y a de mieux, c’est-à-dire une construction bien de chez nous […]», a lancé la présidente du Conseil central de Québec-Chaudière-Appalaches de la CSN, Ann Gingras. «On a l’occasion […] de voir comment le nouveau gouvernement Legault envisage le nationalisme économique», a renchéri le vice-président de l’Association des fournisseurs de Chantier Davie Canada, Pierre Drapeau, qui représente 879 entreprises.

Le 17 janvier, Québec avait annoncé l’abrogation de deux décrets du précédent gouvernement qui octroyaient un contrat de desserte maritime à la CTMA sur 20 ans et qui lui donnaient les moyens de faire construire le navire de remplacement du Vacancier. Il annulait, par le fait même, l’appel d’offres international pour la construction d’un nouveau cargo. Le ministre des Transports, François Bonnardel, avait alors créé un comité d’étude interministériel voué au projet. La décision quant à l’avenir de la desserte des Îles devait être rendue mercredi. Cependant, le ministre a fait savoir que des imprévus forçaient le report de la décision.

Expositions

Deux nouvelles expositions jumelant art et science au Musée régional de Rimouski

RIMOUSKI – Avec l’exposition immersive «Solarium», produite par la NASA et présentée en première canadienne, ainsi que l’installation «Module de survie : une écofiction» de Daniel Corbeil, le Musée régional de Rimouski propose deux nouvelles expériences jumelant art et science.

Le son du Soleil

Sortant pour la première fois des États-Unis, Solarium est une installation vidéo in situ qui a été produite en 2015 par le Doddard Space Flight Center de la NASA. Fruit du labeur des réalisateurs Genna Duberstein et Scott Wiessinger ainsi que d’un spécialiste en visualisation de données, Tom Bridgman, cette installation a été entièrement créée grâce aux images en ultra-haute définition collectées par la sonde de l’Observatoire de la dynamique solaire. Celui-ci étudie en temps réel les variations du Soleil. «Présenter Solarium aujourd’hui, dans le contexte de la conquête spatiale, c’est d’autant plus pertinent», souligne la conservatrice du Musée, Ève De Garie-Lamanque.

La projection est assortie du son amplifié produit par le Soleil. «Le son a été capté dans l’espace avec un appareil qui étudie les oscillations en surface du Soleil, explique la conservatrice. Il y a aussi une vibration qui est perceptible.» L’exposition est présentée jusqu’au 26 janvier.

Habitat futuriste

L’installation Module de survie : une écofiction donne l’occasion au visiteur de faire l’expérience d’un habitat futuriste modulaire. Vivant et travaillant à Montréal, la démarche artistique de l’artiste-architecteur Daniel Corbeil est influencée par son enfance en Abitibi. «J’ai été élevé à Val-d’Or, raconte-t-il. Mon terrain de jeux […] c’était les sites de résidus miniers. […] Ces lieux désertiques ont nourri mon imaginaire.»

Son projet suggère une maquette géante dans laquelle les visiteurs peuvent circuler. «Il faut le voir comme une projection, une fiction d’un projet qui pourrait se réaliser, qui pourrait se greffer sur des façades de bâtiments, explique le sculpteur. Ça se veut aussi une réflexion sur l’environnement, le paysage et principalement le réchauffement climatique. Je laisse le soin au visiteur de voir vers quoi ça balance : une utopie ou une dystopie par rapport à la projection qu’on se fait d’un avenir qui commence à être de plus en plus bouleversé par les changements climatiques.»

La réalisation du projet, qui s’est étalée sur quatre ans, a été rendue possible grâce à une subvention d’environ 40 000$ du Conseil des arts du Canada et du Conseil des arts et des lettres du Québec. Le vernissage aura lieu dimanche en présence de l’artiste. L’exposition se poursuivra jusqu’au 6 octobre.

L'Est du Québec

Rupture du service d’obstétrique à Amqui: les propos du CISSS condamnés

MATANE — Le dossier entourant la rupture du service d’obstétrique à l’hôpital d’Amqui, dans la Matapédia, est loin de s’essouffler. Bien au contraire, il continue à déchaîner les passions de diverses instances qui ont, dans certains cas, des visions qui s’entrechoquent. C’est le cas des médecins spécialistes du Bas-Saint-Laurent qui s’inscrivent en faux contre le conseil d’administration de leur Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS).

Selon le Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens (CMDP) du CISSS du Bas-Saint-Laurent, la déclaration de vendredi du président du conseil d’administration du CISSS «démontre une méconnaissance des contraintes et des défis quotidiens auxquels font face les médecins». Hugues St-Pierre avait affirmé que le CISSS ne disposait «d’aucune mesure légale [...] pour faire déplacer les médecins entre nos différents territoires situés, pour la plupart, à plus de 70 km». Il déplorait aussi la suspension de l’application de la loi 130 qui, selon lui, enlevait toute marge de manœuvre.

«Les membres du C.A. du CISSS sapent leur autorité morale auprès des principaux partenaires médicaux et minent la confiance que le Conseil devrait entretenir auprès de la population [...]», estime la présidente du CMDP dans une lettre cosignée par ses membres. Selon la Dre Gabrielle Gagnon, des équipes de médecins spécialistes se déplacent au-delà de 100 km.

Le CMDP croit que de discréditer publiquement les médecins auprès des citoyens […], de la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, et des instances politiques «est une insulte et de la pure désinformation». «Prétendre être impuissant à répartir les effectifs sur le territoire en raison de la suspension de la loi 130 illustre bien la déconnexion des membres du C.A. [...], écrit la Dre Gagnon. Il ne s’agit pas de forcer des médecins à se déployer sur le territoire : ils le sont déjà!» L’organisme estime que les propos de Hugues St-Pierre «provoqueront un exode des médecins spécialistes vers les grands centres pour y rejoindre des équipes […] traitées respectueusement».

Élus municipaux inquiets

La Table régionale des élus municipaux du Bas-Saint-Laurent se dit inquiète de la pratique médicale telle que déployée dans sa région. Ses membres exhortent la ministre McCann de protéger l’accès à des services spécialisés dans les huit MRC. 

«Nous lui demandons une réponse appropriée et légitime, en revoyant le contenu des ententes avec la FMSQ qui témoigne d’une époque qui est révolue», soutient le président de la Table, Michel Lagacé.

Société

Les ossements du parc Forillon sont ceux des victimes d’un vieux naufrage

MONTRÉAL — Les restes humains découverts en 2011 et en 2016 au parc national Forillon, en Gaspésie, étaient ceux d’immigrants irlandais qui avaient fui la famine et avaient fait naufrage en 1847, a confirmé Parcs Canada.

L’agence fédérale a indiqué que les ossements de 21 individus découverts sur la plage de Cap-des-Rosiers au cours des récentes années appartenaient aux victimes du naufrage du Carricks of Whitehaven, un vaisseau irlandais qui s’est échoué au large de Gaspé pendant qu’il s’est dirigeait vers Québec, il y a plus de 170 ans.

L'Est du Québec

Tous les bâtiments du phare de l’île Rouge seront détruits

Construit en 1848, le phare de l’île Rouge, l’un des plus vieux phares du Québec situé en face de Tadoussac, sera dépouillé de tous ses bâtiments, dont la résidence du gardien, celle de son assistant et l’abri du criard. Le gouvernement fédéral estime qu’ils sont «en fin de vie utile», et il n’a pas l’intention de les remplacer, a appris Le Soleil.

Pêches et Océans Canada a lancé mercredi un appel d’offres pour la démolition des bâtiments et des passerelles de l’île Rouge. Seul le phare, toujours actif, automatisé et fonctionnant à l’énergie solaire, sera préservé. Celui-ci est identifié dans le Répertoire canadien des lieux patrimoniaux et dans celui du patrimoine culturel du Québec. 

Tous les autres bâtiments seront démantelés : la maison du gardien, construite en 1965 pour remplacer la résidence d’origine de 1848, l’abri du criard, construit en 1945 pour remplacer lui aussi un bâtiment plus ancien, la maison de l’assistant, construite en 1958, de même que deux bâtiments abritant les groupes électrogènes, trois petites cabanes, une station météorologique et les trottoirs en bois reliant les différentes installations. Les travaux devraient être terminés pour le printemps 2020, précise-t-on dans l’appel d’offres.

L’accès au phare sera limité à l’aide d’une clôture. «L’objectif de la clôture est d’aviser les visiteurs du potentiel danger du détachement de débris de la structure du phare», explique Pêches et Océans Canada.

Comme les phares de l’île Bicquette (au large du parc national du Bic, dans le Bas-Saint-Laurent) et du Pilier de Pierre (en face de Saint-Jean-Port-Joli), le phare de l’île Rouge fait partie d’une première génération de phares construits en aval de Québec par la Maison Trinité, mentionne le ministère de la Culture et des Communications dans son Répertoire du patrimoine culturel.

Le site a été choisi pour indiquer la position d’un îlot très dangereux dans le fleuve Saint-Laurent, principale route pour le commerce des marchandises à l’époque. L’alignement des phares de l’île Verte, de l’île Rouge et de l’île Bicquette visait à remédier aux nombreux naufrages, dont le plus célèbre est probablement celui du Norwegian Sky survenu à l’île Rouge en septembre 1999. Avec ses hauts fonds environnants, il semble que l’île Rouge ait figuré sur des cartes dès 1695, et qu’elle était alors déjà considérée dangereuse, peut-on lire sur le site du Répertoire du patrimoine culturel du Québec. 

Dans son Bulletin des amis des phares, la Corporation des gestionnaires de phares de l’estuaire et du golfe Saint-Laurent rapportait en 2009 que la région de l’île Rouge, «où les courants et les vents sont très forts en plus de la brume qui y est abondante», a été le théâtre de plus de 32 naufrages. 

À l’abandon

Sur son site Internet, la Corporation s’inquiète du sort du phare de l’île Rouge, «laissé à l’abandon depuis de nombreuses années». «Ce phare, érigé avec de la pierre importée d’Écosse, est unique de par son architecture et des origines de la pierre de sa maçonnerie. Pourtant, il peut s’effondrer à tout moment. Il est donc urgent que des travaux de stabilisation et de restauration soient effectués pour que le phare demeure debout pour toujours», écrit-elle. Il n’a pas été possible de joindre un représentant de la Corporation, mercredi. 

Dans son appel d’offres, Pêches et Océans Canada mentionne que le site de l’île Rouge a été habité de 1948 à 1988, et que ses activités étaient entièrement liées à la navigation. Il a ensuite été utilisé durant une courte période à des fins touristiques par le Centre d’interprétation et de mise en valeur de l’île Rouge, situé à Tadoussac. Des nuitées y étaient offertes dans la maison du gardien. Aujourd’hui, plus aucune visite n’est offerte sur l’île. 

L'Est du Québec

À la recherche de la carcasse de la baleine noire observée dans le golfe du Saint-Laurent

CARLETON – Selon Robert Michaud, biologiste spécialisé dans les mammifères marins, il pourrait être difficile de retracer la carcasse de baleine noire observée mardi et mercredi par un avion de surveillance à 50 milles marins au large de Percé. Les obstacles sont nombreux, à commencer par l’immensité de la mer et les conditions climatiques.

Or, pour apprendre les causes de sa mort, ce qui nécessite une nécropsie, il faut localiser de nouveau cette baleine et trouver une façon de la ramener au rivage dans des délais raisonnables, précise M. Michaud. Une carcasse décomposée rendrait la nécropsie impossible.

«Trouver et remorquer demeurent une entreprise colossale. Ça prend un assez gros navire. C’est important de documenter ces cas […] La retrouver est difficile; c’est un petit point noir dans des vagues», note M. Michaud, du Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins (GREMM).

«La mer est déjà grande quand on la regarde du bord mais au large, c’est immense, et les vagues qui se brisent font autant de points blancs», dit-il.

Le ministère fédéral des Pêches et des Océans travaille avec la National Oceanographic and Atmospheric Agency afin de survoler le golfe Saint-Laurent et détecter les baleines noires, vivantes ou mortes. La carcasse localisée mardi à 100 kilomètres au large de Percé a été revue mercredi, mais très près de l’endroit initial.

La baleine peut être morte pour plusieurs raisons, dont les collisions avec les navires, l’empêtrement dans des engins de pêche, l’empoisonnement par des matières toxiques et la mort naturelle.

« On espère de tout cœur que c’est un cas normal [une mort naturelle]. On ne veut pas revivre 2017. On se demande si 2017 était une situation unique […] La plupart des morts de baleines noires sont de causes anthropiques [découlant de l'activité humaine]. C’est plus fréquent que les causes naturelles », souligne Robert Michaud.

Une baleine noire peut-elle couler sans laisser de traces? «Elle pourrait si elle est amaigrie et si les requins blancs s’en font une fête. Il faut se souvenir qu’en anglais, on la désigne comme right whale, celle qu’il fallait chasser parce qu’elle était la plus facile à abattre. Elles sont lentes, ce sont parmi les plus grosses, les plus rondes et elles flottent bien», rappelle-t-il.

Les baleines noires venaient en moins grand nombre dans le golfe Saint-Laurent il y a plus de 10 ans. «Les aires utilisées auparavant dans la baie de Fundy pour qu’elles se nourrissent sont presque complètement délaissées. Elles sont fussy [difficiles à satisfaire]. Elles mangent des copépodes en quantités phénoménales. Elles suivent la nourriture», note Robert Michaud.

 Changements climatiques

Les changements climatiques jouent des tours aux scientifiques. «Les prédictions sont de plus en plus difficiles à faire parce que les variables sont en mouvement», dit M. Michaud, en pensant à la disponibilité de nourriture.

Douze baleines noires sont mortes en eaux canadiennes en 2017, dont une forte proportion dans une période limitée à quelques semaines, ce qui avait causé une commotion. Le nombre de baleines noires dans le monde atteint 420 spécimens tout au plus, et leur taux de reproduction est faible. Elles vivent toutes le long des côtes est de l’Amérique du Nord. Il n’y a pas eu de mortalité en eaux canadiennes en 2018.

En août 2017, Pêches et Océans Canada et Transports Canada ont instauré des mesures pour réduire les risques de collision avec les baleines noires, dont une réduction à 10 nœuds de la vitesse de circulation des navires de plus de 20 mètres.

Depuis le printemps 2018, les pêcheurs de crabe des neiges du sud du golfe Saint-Laurent doivent respecter des fermetures de secteurs à la capture, dont une zone statique et des quadrilatères dynamiques; ces derniers sont interdits à la pêche quand une baleine y est observée. Les fermetures dynamiques sont donc temporaires, généralement de 14 jours, à moins que les baleines y restent. Un quadrilatère mesure six milles marins par neuf.

À 16 heures mercredi, 45 quadrilatères étaient fermés à la capture du crabe des neiges, puisque Pêches et Océans Canada venait d’en ajouter 12 aux 33 déjà interdits. En incluant les 1735 milles marins de zone statique de fermeture, plus de la moitié de l’aire de pêche du crabe des neiges du sud du golfe était touchée par cette mesure de protection de la baleine noire.

La première baleine noire a été observée le 13 mai dans le golfe Saint-Laurent, deux semaines après la décision de Pêches et Océans Canada de fermer la zone statique. Cette fermeture précoce irrite les crabiers.