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Traverse Matane–Côte-Nord: les inquiétudes demeurent

MATANE — Le ministre des Transports et le nouveau pdg de la Société des traversiers du Québec (STQ) sont débarqués à Matane, lundi, puis ensuite à Baie-Comeau. François Bonnardel et Stéphane Lafaut sont venus faire le point sur la crise qui sévit actuellement dans le service de traversier reliant Matane à la Côte-Nord. Si les élus et gens d’affaires de la Matanie étaient heureux de les accueillir, ils ne sont pas rassurés pour autant.

L’évaluation se poursuit sur le F.-A.-Gauthier, qui est en cale sèche au chantier Davie depuis la mi-janvier. «On n’a pas encore déterminé la cause exacte de ce qui a pu se passer concernant les propulseurs», a indiqué le ministre Bonnardel. Il est toujours prévu, dans l’échéancier des travaux, que le traversier ne soit de retour qu’à la mi-août. Par ailleurs, les négociations sont toujours en cours en vue d’acquérir un navire de relève pour palier l’absence du traversier.

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Pression politique sur la police de Pessamit

BAIE-COMEAU — Se disant victime de pressions politiques afin de signer un document pour faire annuler l’élection d’un conseiller, le chef de police de Pessamit, une communauté innue près de Baie-Comeau, a reçu comme réponse jeudi une mise en demeure de trois des personnes visées par sa dénonciation.

Ainsi, le chef du Conseil des Innus de Pessamit, René Simon, le conseiller Gérald Hervieux et le directeur général de la communauté, Jean-Claude Vollant, exigent une rétractation et des excuses du chef de police, Jean-Sébastien Bacon-Vollant. Les trois personnes ont fait suivre une mise en demeure à M. Bacon-Vollant «pour propos diffamatoires».

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En remplacement du F.-A.-Gauthier: l'Apollo fait sa première traversée

MATANE — Après deux semaines de retard et cinq jours sans service de traversier, l'Apollo a effectué sa première traversée à 14h jeudi en partance du port de Matane, en direction de Baie-Comeau.

Vieux de 49 ans, le navire acquis au coût de 2,1 millions$ par la Société des traversiers du Québec (STQ) vient assurer le relais du CTMA Voyageur, qui lui-même assurait la relève du CTMA Vacancier qui, lui aussi, avait remplacé le F.-A.-Gauthier qui a arrêté de naviguer le 17 décembre pour des problèmes de propulseurs.

Les travaux sur l'Apollo ont duré deux semaines de plus que prévu. Comme la STQ ne l'avait pas inspecté avant son achat, «une équipe a fait le tour du navire et des composantes principales pour s'assurer qu'il soit sécuritaire et aussi confortable que possible», selon le porte-parole de la STQ, Alexandre Lavoie. Des travaux concernant la sécurité en matière d'incendie, un nettoyage et différentes petits aspects pour le rendre plus sécuritaire expliquent ce retard. M. Lavoie refuse d'avancer une estimation des dépenses engendrées par ces travaux.

La présence du bateau terre-neuvien sera de courte durée puisqu'il est prévu qu'un autre bateau assure la liaison fluviale entre Matane et la Côte-Nord à compter de la fin avril. Alexandre Lavoie indique que les démarches en vue de l'acquisition de ce navire, actuellement en Allemagne, se poursuivent. «Le plan, c'est d'avoir un navire de relève à long terme, précise-t-il. L'objectif, c'est d'avoir un navire qui peut être utilisé ailleurs dans le réseau de la STQ.»

Lorsqu'elle n'en aura plus besoin, la STQ tentera de vendre l'Apollo. Mais, comme il contient de l'amiante, l'intérêt de la part d'éventuels acheteurs risque d'être faible. La société d'État risque-t-elle de revivre le scénario du printemps 2017, alors qu'elle avait dû débourser 2,3 millions$ pour envoyer au recyclage le Camille-Marcoux, qui était le prédécesseur du F.-A.-Gauthier?

Le responsable des relations publiques de la STQ n'a pas voulu avancer une approximation financière des travaux exécutés et à venir sur le F.-A.-Gauthier, qui est en cale sèche depuis le 14 janvier à la Davie de Lévis. «Il y a plusieurs contrats qui ont déjà été octroyés pour quelques centaines de milliers$», mentionne-t-il.

Le ministre des Transports, François Bonnardel, sera à Matane, à Baie-Comeau et peut-être à Sept-Îles lundi en compagnie du nouveau président-directeur général par intérim de la STQ, Stéphane Lafault. Celui-ci était d'ailleurs sur l'Apollo pour sa première traversée.

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Un incendie ravage un aréna à Saint-Prosper

L’ancien aréna de Saint-Prosper, en Beauce, a été ravagé par un incendie, mardi.

Les pompiers de Saint-Prosper ont commencé à combattre les flammes vers 11h15, aidé de leurs confrères de plusieurs autres municipalités.

Le brasier a pris naissance vers 11h15. Selon le site Enbeauce.com, l’aréna s’est en partie écroulé à 13h10, sans que les pompiers puissent l’en empêcher. 

Une cinquantaine d’enfants d’un CPE à proximité de l’aréna ont été évacués à cause la fumée. 

Selon Enbeauce.com, la cause de l’incendie serait une explosion survenue lors du remplissage de propane. 

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Matane—Baie-Comeau—Godbout: autres annulations de traverses maritimes lundi

MATANE — Le service de traverse maritime assuré depuis quelque temps sur le fleuve Saint-Laurent par le navire CTMA Voyageur entre Matane, Godbout et Baie-Comeau est de nouveau annulé pour toute la journée, lundi.

La Société des traversiers du Québec (STQ) explique qu’en raison des conditions de glace, le bateau n’a pu quitter le quai de Matane malgré l’assistance de la Garde côtière canadienne.

Toutes les traversées prévues pour la journée sont annulées et la STQ assure que les dépôts sur réservation seront remboursés.

Les vols aériens ont toujours lieu selon l’horaire prévu, mais celui de 11h00 de Sept-Îles vers Mont-Joli sera retardé d’une heure pour des exigences de maintenance par la compagnie aérienne et aura lieu à 12h00.

Conditions de glace

La STQ signale que la situation pour les traversées maritimes de mardi sera réévaluée en fonction de l’évolution des conditions de glaces.

Le 3 février dernier, des conditions de glace jugées difficiles avaient aussi fait en sorte que le bateau avait dû demeurer à quai.

Le CTMA Voyageur a pris le relais au début du mois du CTMA Vacancier qui est retourné assurer une desserte aux Îles-de-la-Madeleine. La relève devait être assurée par le NM Apollo qui a lui aussi été maintenu à quai par des ennuis mécaniques.

Le navire F.-A.-Gauthier, qui assurait les liaisons maritimes, est en cale sèche depuis le 14 janvier au chantier maritime Davie, de Lévis, afin d’identifier un problème constaté avec ses propulseurs et le corriger. Il ne devrait pas pouvoir reprendre du service sur la traverse Matane-Baie-Comeau-Godbout avant l’été prochain.

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Cathédrale de Rimouski: la fin d’une longue saga

RIMOUSKI — Plus de quatre ans après la fermeture de la cathédrale de Rimouski, l’archevêque a tranché : la cathédrale sera transformée pour en faire un lieu multifonctionnel, tout en conservant un espace restreint pour le culte. C’est ce qu’a fait savoir Mgr Denis Grondin lors d’une conférence de presse qui s’est déroulée mercredi sous la surveillance d’agents de sécurité qui contrôlaient l’accès des visiteurs.

«C’est une conférence publique à huis clos, a justifié Mgr Grondin. Il y a eu différents téléphones qui nous disaient que ce serait plus simple si on n’avait pas à se préoccuper de cette dimension [la sécurité], si jamais quelqu’un arrivait et voulait forcer quelque chose. Ça nous stressait.» Il faut rappeler qu’au cours des dernières années, un bras de fer s’était engagé entre l’archevêque et certains groupes qui avaient une vision diamétralement opposée de celle du prélat et qui contestaient ses décisions. 

La partie qui demeurera sacralisée devrait passer de 800 à 200 places. Le siège de l’évêque sera ainsi conservé dans ce lieu de culte de petite dimension. La balance de l’espace sera dédiée à des projets sociaux, communautaires, culturels et/ou touristiques.

Alors que l’archevêché a toujours prêché qu’il n’avait pas d’argent pour réparer la cathédrale, Mgr Grondin change de discours : «L’archevêché contribuera financièrement de façon significative […] en assumant les coûts reliés à la partie qui sera réservée au culte». Il n’écarte pas la possibilité de vendre des terrains et des bâtiments pour financer le projet. L’archevêché se dit prêt à allonger des sommes se chiffrant dans les millions $. «Les terrains et le presbytère, on disait que c’était évalué à environ 1,5 million $», indique l’homme d’Église. Mgr Grondin s’engage aussi à conserver l’orgue dans le temple.

Nouvelle structure

La première étape de ce chantier est d’embaucher un chargé de projet. Celui-ci sera soutenu par un comité aviseur formé de gens issus des domaines patrimonial, architectural, touristique, socioculturel et religieux afin d’en arriver à un plan fonctionnel et technique.

Mgr Denis Grondin a pris ces décisions à la suite du dépôt du rapport de l’évêque auxiliaire de Québec, Mgr Marc Pelchat, qui avait été mandaté comme médiateur. Dans son rapport, Mgr Pelchat a soumis douze recommandations, dont celle de dissoudre la fabrique Saint-

Germain, celle-là même qui administre la cathédrale et son presbytère, pour en faire une structure administrative qui pourrait prendre la forme d’une coopérative, d’un condominium ou d’une corporation. «J’ai pu constater que la structure mise en place n’est pas opérante, ni efficace», critique Mgr Pelchat.

Le maire de Rimouski se montre satisfait des décisions prises par l’archevêque. «Pour une première fois depuis toute cette saga [...], j’ai vraiment l’impression que l’archevêché et Mgr Grondin prennent leurs responsabilités et ça, c’est une bonne nouvelle», se réjouit Marc Parent. 

Pour le maire, il est toutefois hors de question que s’installent dans la cathédrale des organisations qui viendraient «cannibaliser d’autres commerces ou la Salle Desjardins-Telus». L’élu ne sait pas encore si la Ville contribuera financièrement au projet tant et aussi longtemps que les besoins ne seront pas identifiés.

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Société des traversiers: un «électron libre» dont il faut revoir la gouvernance

BAIE-COMEAU — Pour la Société du pont sur le Saguenay, le récent congédiement de François Bertrand à la tête de la Société des traversiers du Québec (STQ) est l’occasion idéale de revoir la gouvernance de cette organisation.

L’organisme, présidé par Marc Gilbert, souhaite que la STQ soit désormais directement rattachée au ministère des Transports «afin qu’elle soit mieux intégrée à sa vision globale». L’organisme entend d’ailleurs rencontrer dans les prochaines semaines le ministre des Transports, François Bonnardel, et son collègue responsable de la Côte-Nord, Jonatan Julien, afin de mettre de l’avant cette éventuelle intégration.

«La STQ a toujours agi en électron libre, qui fait ce qu’il veut», a déclaré M. Gilbert, qui estime que le cafouillage dans le dossier du F.-A.-Gauthier est loin d’être le seul élément qui fait défaut dans cette organisation. «Le fait qu’il [M. Bonnardel] ait nommé un sous-ministre adjoint pour faire enquête démontre bien qu’il y a un problème», a-t-il ajouté en soutenant que «la STQ a perdu toute crédibilité en région».

Le président a bien sûr ramené le débat sur le dossier qui motive l’existence de son organisme, le pont sur le Saguenay. Il soutient que la STQ a obtenu le mandat de construire deux nouveaux navires pour la traverse Tadoussac—Baie-Sainte-Catherine «sous de fausses représentations».

M. Gilbert rappelle d’abord que ces deux traversiers devaient coûter 120 millions $ à l’origine. «On est rendus à 324 millions $, sans compter la cinquantaine de millions pour les améliorations aux quais. Ça fait près de 400 millions $, alors qu’on pourrait avoir un pont pour 300 millions $, avec des approches pour 200 millions $», a-t-il clamé.

Marc Gilbert s’insurge particulièrement du fait que la Société des traversiers «a sciemment omis de consulter» le ministère des Transports sur l’impact qu’auraient les nouveaux traversiers sur le réseau routier. En effet, les nouveaux bateaux débarquent 110 véhicules à la fois plutôt que 70 avec les navires précédents, accentuant ainsi l’effet de peloton, à la base de ce qu’on appelle le syndrome de la traverse.

Le président de la Société du pont sur le Saguenay va jusqu’à affirmer que la décision de construire ces deux traversiers, en 2009, s’est prise sur des considérations politiques. «La décision s’est prise dans le bureau de Jean Charest. La STQ lui a vendu l’idée que ce serait une bonne chose de renouveler les traversiers à Tadoussac et M. Charest voulait procurer des emplois à la Davie, pratiquement en faillite à ce moment-là», a-t-il affirmé. «Ça s’est fait vite, à la course, sans plan.»

Quant à la fluidité du trafic qui s’améliorerait avec les nouveaux traversiers, un autre des arguments de la STQ, il s’agit d’une «fausseté incroyable», de lancer Marc Gilbert. «Il faut avoir du front tout le tour de la tête pour dire une telle chose.»

Pour ce dernier, François Bonnardel ne pouvait faire autrement que reprendre la main dans la gestion de la Société des traversiers du Québec. «Le ministre a compris en l’espace de deux mois. Il a perdu confiance dans la STQ mais nous, ça faisait longtemps qu’on avait perdu confiance», a-t-il confié en conclusion.

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La patience des usagers du CTMA Voyageur mise à l'épreuve

MONTRÉAL — La Société des traversiers du Québec (STQ) a suspendu momentanément son service entre Matane, Baie-Comeau et Godbout.

Selon un communiqué publié par l'entreprise, cette situation est liée à des «conditions de glace difficiles» qui ont fait en sorte que le bateau NM CTMA Voyageur a dû demeurer à quai.

L'interruption temporaire doit perdurer durant toute la journée de dimanche.

Jointe par La Presse canadienne, la directrice des communications et du marketing de la STQ, Julie Drolet, a souligné qu'un service aérien de remplacement a été mis en place.

«Les gens peuvent prendre des vols à partir de Mont-Joli, Pointe-Lebel et Sept-Îles. C'est vraiment similaire à ce qu'ils payeraient s'ils prenaient le bateau. Les gens peuvent téléphoner pour réserver sans problème. Pour l'instant, ça va très, très bien. Il y a de la place», a-t-elle soutenu, d'un ton rassurant.

En milieu d'après-midi dimanche, Mme Drolet ignorait si le service nautique entre Matane, Baie-Comeau et Godbout allait être rétabli lundi.

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Fred, la marmotte gaspésienne, prédit un printemps tardif

VAL-D’ESPOIR — Fred, la marmotte gaspésienne de Val-d’Espoir, a vu son ombre samedi matin, ce qui signifie que le printemps sera tardif, puisqu’il resterait encore au moins six semaines d’hiver.

Il s’agissait de la dixième prédiction des Fred de Roberto Blondin, et un retour pour Gros Fred, qui avait participé aux huit premières fêtes de la Chandeleur avant de céder la place à son fils Petit Fred l’an passé. M. Blondin précise que l’ombre n’est pas l’unique facteur déterminant la prédiction. 

«Il y a aussi le contexte. Val-d’Espoir est dans une vallée et le soleil doit être plus haut avant de nous éclairer», signale l’initiateur de la désignation d’une marmotte québécoise remplissant un rôle similaire à des congénères d’un peu partout en Amérique du Nord. Pour Gros Fred, il s’agissait d’une dernière prédiction. «L’âge normal de vie d’une marmotte, c’est 8 ans. Gros Fred a 10 ans, et il a un col blanc de fourrure maintenant. Ce sera une retraite méritée», ajoute  M. Blondin. 

C’est la députée de Gaspé à l’Assemblée nationale, Méganne Perry Mélançon, qui a fait la prédiction suivant l’interprétation de M. Blondin. Les deux Fred ont été dans le mille sept fois sur neuf depuis 2010. Près de 400 personnes ont assisté à la prédiction, et 300 d’entre elles ont ensuite dégusté les traditionnelles crêpes dans l’église de la communauté faisant partie de la ville de Percé. L’événement attire de plus en plus de visiteurs d’un peu partout en Gaspésie et d’ailleurs.

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Privée de baliseur, la Garde côtière peine à remplir son mandat

CARLETON — La Garde côtière canadienne a éprouvé des difficultés sans précédent l’automne dernier lors de son opération annuelle d’enlèvement des bouées d’été. Sur la seule section avale du fleuve Saint-Laurent, 26 bouées sont déclarées disparues, échouées, hors position, prises dans la glace ou à la dérive. Une seule d’entre elles a été récupérée, en Gaspésie, après avoir dérivé.

Ces difficultés sont attribuables à deux facteurs, le non-­remplacement du principal navire-baliseur de la flotte de la Garde côtière depuis 2013, et l’arrivée hâtive des conditions d’hiver. Le Tracy, le principal baliseur utilisé par la Garde côtière pendant 45 ans, a été retiré du service il y a six ans.

L’absence de ce baliseur oblige la Garde côtière à s’en remettre à des brise-glace légers pour retirer ses bouées d’été et les remplacer, là où c’est requis, par des bouées d’hiver. Ces bouées d’hiver ont été installées à l’automne.

Cette situation d’égarement de 26 bouées, dévoilée au milieu d’un hiver au cours duquel la Garde côtière est pointée du doigt parce qu’elle manque de brise-glace, irrite au plus haut point Nicole Trépanier, de la Société de développement économique du Saint-Laurent.

«Le balisage sur le Saint-Laurent n’est pas une nouveauté, et le déglaçage non plus. Je ne comprends pas qu’on n’ait pas pris le temps de construire un baliseur au cours de toutes ces années. Le Tracy n’était pas dans sa prime jeunesse, comme le reste de la flotte. Son remplacement aurait dû être prévu», souligne Mme Trépanier.

Elle déplore l’effet domino provoqué par le manque d’un baliseur sur le Saint-Laurent.

«Puisque le Tracy n’est plus là, la Garde côtière se sert de brise-glace pour l’enlèvement et le remplacement des bouées. Ils ne sont pas faits pour cet usage et on coupe alors le temps d’entretien de ces brise-glace en prévision de l’hiver. On se retrouve, en plus du manque de navires, avec un contexte où le déglaçage se détériore. Ça donne un mesclun opérationnel», dit-elle.

«Est-ce dramatique? Oui, ça l’est. On voit une croissance du trafic maritime sur le Saint-Laurent; ce n’est pas fulgurant, mais on assiste à des volumes accrus chaque année. C’est comme une autoroute. Est-ce qu’on a ce qu’il faut pour accueillir ce trafic? C’est la réputation du Saint-Laurent qu’il faut protéger. On a besoin d’un baliseur neuf sur le Saint-Laurent, et de nouveaux brise-glace. Ça s’appelle le renouvellement de la flotte», tranche Nicole Trépanier.

Elle souligne que le personnel de la Garde côtière mérite d’être «félicité», mais «s’il n’a pas l’équipement pour accomplir la tâche, il ne peut faire de miracles». Le problème se situe au sein de l’administration centrale, dit-elle.

Des problèmes à venir

Carl Robitaille, président de la Corporation des pilotes du Bas-Saint-Laurent, précise qu’il «faut remonter au début des années 1990 pour voir une situation semblable en ce qui concerne l’enlèvement des bouées, et c’était dans un contexte très différent, parce qu’il y avait grève à la Garde côtière».

Comme les bouées d’hiver ont pu être installées avant la fin de 2018, les pilotes du Saint-Laurent peuvent compter sur leurs aides habituelles à la navigation, note M. Robitaille. Toutefois, comme 19 des 26 bouées d’été non ­récupérées n’ont pas de position connue, d’autres problèmes peuvent surgir.

«Quand une bouée dérive, c’est parce qu’elle a rompu le lien avec son ancrage. Le danger pour un navire, ce n’est pas au contact d’une bouée, c’est parce que des chaînes peuvent se prendre dans l’hélice. On se demande aussi où est rendue l’ancre des bouées. Ce sont des blocs de béton qui ont pu dériver avec les bouées avant que la chaîne se casse», précise le pilote.

M. Robitaille a remarqué que les opérations d’enlèvement des bouées ont commencé un mois plus tard que d’habitude sur la section du Saint-Laurent qu’il voit le plus souvent, soit entre Québec et Les Escoumins.

La Garde côtière n’a pas éprouvé les mêmes difficultés sur la portion centrale du fleuve, soit entre Québec et Montréal, «parce que l’enlèvement des bouées commence par le haut du fleuve, et descend», précise Carl Robitaille, en spécifiant que ce n’est pas la zone de sa corporation.

La Garde côtière n’était pas en mesure vendredi de fournir des réponses aux questions posées depuis jeudi par Le Soleil. Sa direction commentera la situation lundi.