Justice et faits divers

Tommy Proulx Poirier accusé d’enlèvement à Matane

MATANE — Le présumé auteur de l’enlèvement, à la suite duquel la Sûreté du Québec avait déclenché une alerte AMBER, samedi à Matane, a été formellement accusé au palais de justice de Matane. Tommy Proulx Poirier a brièvement comparu mercredi, devant la juge Anne-Marie Sincennes, pour répondre à six chefs d’accusation.

L’homme de 26 ans est accusé d’enlèvement, de séquestration, d’avoir tenté d’obtenir des contacts de nature sexuelle, d’agression sexuelle, de voies de fait et de conduite dangereuse. La magistrate a également interdit à l’accusé de communiquer avec la ou les victimes ainsi qu’avec le ou les témoins des événements. Le prévenu, qui est détenu depuis son arrestation, avait déjà brièvement comparu, lundi au palais de justice de Matane, pour répondre à deux autres chefs d’accusation pour bris de conditions.

En région

Les artéfacts de Forillon reviendront en Gaspésie

GASPÉ – La collection des expropriés du parc Forillon reviendra près de ses origines, au Musée de la Gaspésie, dès qu’une nouvelle réserve sera construite pour les presque 6 000 objets actuellement entreposés à Québec. L’institution a obtenu l’accord de principe de Parcs Canada, qui vient d’approuver les plans d’agrandissement du musée.

En 2012, l’annonce que Parcs Canada envisageait de déménager les artéfacts dans la région d’Ottawa avait suscité une levée de boucliers en Gaspésie. Depuis, le Musée de la Gaspésie a discuté avec l’agence fédérale et étudié la faisabilité de les rapatrier. Parcs Canada exigeait que les artéfacts soient conservés dans des conditions optimales.

«C’est une fierté de pouvoir être en mesure d’avoir les objets de Forillon ici et non pas à Québec. C’est un événement important [l’expropriation] dans l’histoire de la Gaspésie. On a un gros projet à réaliser avant», déclare la directrice générale du Musée de la Gaspésie, Nathalie Spooner.

Sur deux étages, le Musée agrandira sa surface de 557 mètres carrés au sol, soit 40 % de la superficie existante. Le nouvel espace inclura une réserve pour les artéfacts, qui seront en partie visibles au public. 

«On aimerait pouvoir entreposer les objets au même niveau que les salles d’exposition. Il y aurait un grand corridor vitré pour mener les visiteurs vers l’entrepôt, et ils verraient les objets», explique Mme Spooner. Une salle multifonctionnelle occupera le rez-de-chaussée.

2021 dans la mire 

Le Musée vise l’année 2021 pour rapatrier les artéfacts. 

Les travaux de construction se chiffreront à «quelques millions de dollars», prévoit Mme Spooner, qui refuse de détailler le montant pour ne pas nuire au processus d’appel d’offres. Elle souhaite financer l’agrandissement via une campagne de souscription et de l’aide fédérale et provinciale.

La moitié des 6000 artéfacts sont des biens ayant appartenu aux 225 familles expropriés en 1970 lors de la création du parc Forillon. La grande majorité des maisons et dépendances avaient été détruites. Le Musée a acquis l’autre moitié des artéfacts dans les années 1980. La collection comprend notamment des meubles et des outils.

En région

La route 138 fermée entre Saint-Siméon et Tadoussac

La route 138 entre Saint-Siméon et Tadoussac est fermée en raison d’un déversement d’essence.

Vers 22h30 lundi soir, le conducteur d’un camion-citerne a perdu la maîtrise de son véhicule et s’est renversé sur la route 138, à Saint-Siméon. Le conducteur a subi des blessures mineurs. Mais il a perdu un important chargement d’essence.

L’opération de transvidage a forcé la fermeture de la route 138 entre Saint-Siméon et Tadoussac. Le traversier entre Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine a aussi été fermé, mais le service a repris.  

Le ministère des Transports, le service incendie et Urgence Environnement sont sur place. Le transvidage est toujours en cours. 

Des détours sont proposés aux automobilistes, mais allongent leur trajet d’au moins 3 heures. 

Plus de détails à venir...

En région

Rimouski prend le virage de l’immigration

RIMOUSKI — Avec 900 personnes issues de différentes communautés culturelles, dont 69 réfugiés soutenus par l’État et 400 étudiants internationaux, Rimouski prend de plus en plus le virage de l’immigration. Pour soutenir les efforts de la Ville et des organismes préoccupés par l’immigration au Bas-Saint-Laurent, Québec a annoncé, lundi, une aide financière de près d’un demi-million de dollars, qui permettra l’embauche de ressources.

Pour le ministre responsable de la région, Jean D’Amour, cette aide financière s’inscrit dans un processus visant à «régionaliser l’immigration». «Il fut un temps où, très majoritairement, on retrouvait l’immigration à Montréal et un peu à Québec», fait-il observer. «Aujourd’hui, on a besoin de ces personnes issues de différentes communautés dans le monde, qui peuvent nous apporter beaucoup. Que ce soit des professionnels ou des gens qui vont travailler sur le plancher de nos usines, on en a sincèrement besoin. Je ne pensais jamais, de mon vivant, vivre le Bas-Saint-Laurent au rythme du plein emploi. Les besoins de nos entreprises qui se développent sont de plus en plus grands, énormes et considérables sur le plan de la main-d’œuvre.»

«On est en manque de ressources, corrobore le maire de Rimouski, Marc Parent. Il y a des gens dans différents pays qui sont prêts à opter pour des nouveaux défis. Je pense que c’est intéressant d’identifier ces pays-cibles-là, qui ont de belles compétences et dont les gens seraient intéressés à venir s’établir au Bas-Saint-Laurent. Ça fait partie d’une stratégie d’attractivité.» La Ville de Rimouski ne s’est pas fixé d’objectifs chiffrés quant au nombre d’immigrants qu’elle serait prête à accueillir.

Le ministre D’Amour estime que le succès des opérations reposera sur la rétention et la francisation de ces immigrants. «Les expériences du passé nous ont prouvé que lorsque les gens ne sont pas soutenus dans leur intégration, on les perd, insiste-t-il. Il faut toujours être mieux organisés pour que les gens nous choisissent, qu’ils viennent s’installer chez nous pour combler des besoins et qu’ils soient heureux au point de demeurer avec leur famille et qu’on puisse continuer notre développement. En permettant la rétention, ça permet à nos entreprises de pouvoir en bénéficier.»

Au chapitre de la rétention, M. D’Amour a rappelé l’expérience de Trois-Pistoles, il y a quelques années, qui avait accueilli des immigrants dans un rang en plein hiver. Quelques mois plus tard, ces nouveaux arrivants avaient quitté la région.

Les 444 000 $ versés par Québec permettront l’embauche de quatre personnes au sein de l’organisme Accueil et Intégration Bas-Saint-Laurent et d’une autre à la Société de promotion économique de Rimouski.

D’autres organisations québécoises ont bénéficié de subventions provenant du même programme, qui a été mis en place à la suite du Forum sur la valorisation de la diversité et la lutte contre la discrimination. Ce programme s’inscrit dans les mesures du Plan économique du Québec 2018-2019. Le budget de 200 millions $ est voué à l’intégration et à la francisation des personnes immigrantes et de celles issues de la diversité.

+

LE BUREAU D'IMMIGRATION À RIMOUSKI

Le bureau d’immigration du Bas-Saint-Laurent, qui était convoité depuis quelques mois par les villes de Rivière-du-Loup et de Matane, sera finalement à Rimouski. C’est ce qu’a fait savoir le ministre responsable de la région, Jean D’Amour, lors de sa visite, lundi, à Rimouski.

Pour le parlementaire, il ne faut cependant pas voir cette décision comme «une fin en soi». «Il y a des ressources dans le secteur de Rivière-du-Loup — et c’est ce que j’ai négocié —, compte tenu de l’orientation industrielle, explique-t-il. Il y a des besoins particuliers et complémentaires.»

Une personne sera engagée par le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion. Son bureau sera situé dans les locaux d’Emploi Québec de Rimouski. Le mandat de cette personne sera de soutenir la démarche d’immigration pour l’ensemble du Bas-Saint-Laurent. 

Le maire de Rimouski est heureux d’ajouter que cette personne quittera Montréal pour venir travailler à Rimouski. «Il y a quelques semaines, lorsque nous avons rencontré les représentants du Ministère, on a fait la grande séduction et ça semble avoir fonctionné», raconte Marc Parent.  

En région

Pêche au homard et au crabe: Québec sensible à la situation de crise

CARLETON – Le gouvernement du Québec appuiera financièrement les travailleurs d’usines de transformation de produits marins et les pêcheurs subissant les contrecoups des mesures de protection de la baleine noire, mesures controversées instaurées par le gouvernement fédéral depuis avril.

Environ 2 millions $ devraient servir à fournir diverses formations à des travailleurs de trois usines, deux à Sainte-Thérèse-de-Gaspé, en l’occurrence E. Gagnon et fils de même que Lelièvre, Lelièvre et Lemoignan, puis Poisson salé gaspésien, de Grande-Rivière.

Jusqu’à 800 travailleurs d’usine pourraient recourir à ces formations au cours des prochaines semaines, à mesure que la diminution des approvisionnements de crabe et de homard s’accentuera. Un nombre pouvant aller jusqu’à 150 aides-pêcheurs bénéficieront de formation.

«Le principe, c’est de maintenir le lien d’emploi entre les travailleurs et les usines. On rembourse 100 % des frais et des salaires. C’est très, très rare. Habituellement, c’est 50 %, mais personne ne s’attendait [à une telle crise]», explique François Blais, ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale.

La période d’emploi de plusieurs travailleurs d’usines et des pêcheurs est courte, à 14 semaines, mais ce sont des semaines d’au moins 55 heures. Le ministre Blais assure que la formation sera offerte en fonction de 50 heures rémunérées.

La formation des travailleurs d’usines sera orientée vers l’amélioration de leur polyvalence. Les aides-pêcheurs suivront des cours en entretien des équipements de bateaux.

Baleines noires

La situation de crise dans la capture et la transformation de crabe des neiges et de homard est provoquée par l’application de règles de protection des baleines noires essentiellement basées sur des études américaines.

Elles ont pris la forme depuis le 28 avril d’une demi-douzaine de fermetures de secteurs marins couvrant une partie dominante des ressources de crabe dans le sud du golfe Saint-Laurent. De plus, une fermeture entrant en vigueur dimanche touchera les côtes, où évoluent les homardiers. La moitié des homardiers gaspésiens perdra ainsi trois semaines de capture même si aucune baleine noire n’a jamais été vue dans leur secteur immédiat.

Aucune aide d’Ottawa

Les pertes pour l’industrie gaspésienne atteindront quelques dizaines de millions de dollars. Le ministre fédéral Dominic LeBlanc n’a pas l’intention d’indemniser les pêcheurs.

Le manque de communication du gouvernement fédéral à l’endroit des pêcheurs a été abordé vendredi par Laurent Lessard, ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), de passage comme François Blais à Sainte-Thérèse-de-Gaspé.

«On peut faire de la cogestion», a noté M. Lessard, soulignant que les technologies permettent aux pêcheurs de suivre l’évolution des baleines signalées par les vols d’observation de Pêches et Océans Canada.

Le MAPAQ est prêt à débloquer des fonds pour aider les pêcheurs ayant récemment acquis des bateaux à payer l’intérêt de leur hypothèque maritime. Le montant devrait être inférieur à 1,5 million $.

En région

Un câble sous-marin de 220 km vers les Îles-de-la-Madeleine

L’ANSE-À-BEAUFILS – Hydro-Québec alimentera les Îles-de-la-Madeleine en électricité au moyen d’un câble sous-marin de 220 kilomètres de long, à partir de 2025. Un projet de centaines de millions de dollars qui permettra de mettre en veilleuse la polluante centrale au diesel de l’archipel. Les Madelinots approuvent, mais s’inquiètent pour les emplois liés à la centrale thermique.

La centrale au diesel produit 125 000 tonnes de gaz à effet de serre par année, soit la moitié du bilan d’Hydro-Québec dans la province. À l’échelle des Îles, son remplacement par un câble transportant de l’énergie de source renouvelable réduira de 94 % l’émission de GES de la société d’État. 

«C’est un jalon important de la transition énergétique», indique Anick Dumaresq, conseillère aux relations avec le milieu pour Hydro-Québec. La société d’État s’est engagée à remplacer ses réseaux autonomes au diesel par des sources moins polluantes, rappelle-t-elle. 

Mme Dumaresq était à l’Anse-à-Beaufils, près de Percé, mercredi, pour consulter et informer les Gaspésiens, de chez qui le câble partira.

Le câble a été choisi parce qu’il s’agit d’une solution «robuste et fiable», dit-elle. Le poste électrique de Val-d’Espoir, dans l’arrière-pays de Percé, sera relié à celui de Cap-aux-Meules, aux Îles. Entre les postes et les plages, on enterrera le câble le long des routes, pour un tracé terrestre total d’environ 20 km. 

Le câble quittera la terre ferme sur la plage de Coin-du-Banc ou de Cap-d’Espoir, côté gaspésien, et sur la plage de Fatima ou du Corfou, côté madelinot. Une fois l’installation terminée, on ne verra «rien du tout» du câble enfoui, garantit le chef du projet, Louis-Philippe Bérubé.

Tracé à déterminer

Le tracé exact en mer n’est pas déterminé, dit M. Bérubé. «Cet été, on va faire des relevés pour déterminer le type de fond marin. L’objectif est de faire le tracé de moindre impact et de protéger notre câble.»

Le corridor étudié, où la profondeur maximale est de 120 mètres, traverse des zones de pêche au crabe des neiges et au homard. Le câble sera enterré, recouvert de pierre ou d’une coquille d’acier, explique M. Bérubé, ce qui élimine les risques d’accrochage avec les engins de pêche. 

Le câble sera en fait formé de deux câbles électriques de 10 centimètres de diamètre, et d’un câble de fibre optique pour les besoins de communication d’Hydro-Québec. Il transportera un courant continu de 150 000 volts. La puissance sera de 80 mégawatts, comparativement à 66 pour la centrale thermique.

Hydro-Québec alimente déjà l’Isle-aux-Coudres au moyen d’un câble sous-marin. Mais aucune ligne maritime au Québec n’a l’envergure du projet entre la Gaspésie et les Îles.

À titre de comparaison, le câble mis en service l’hiver dernier entre Terre-Neuve et la Nouvelle-Écosse mesure 170 km, mais à une profondeur supérieure et à l’orée de l’Atlantique, nuance M. Bérubé.

Quel coût?

Il est trop tôt pour mentionner les coûts, dit le chef de projet. La société d’État affirme quand même que le câble sous-marin lui fera économiser 20 % à 25 % des coûts d’exploitation, évalués sur 40 ans, par rapport à la centrale thermique.

Après avoir comparé avec des projets ailleurs dans le monde, le maire des Îles-de-la-Madeleine, Jonathan Lapierre, estime que le câble pourrait coûter entre 500 et 700 millions $. M. Bérubé n’a pas voulu commenter cette estimation. Le type de fond marin a beaucoup d’impact sur les coûts, a-t-il seulement indiqué.

+

En région

Homard gaspésien et protection de la baleine noire: les pêcheurs jugent les mesures exagérées

CARLETON — Le Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie trouve inadmissible la suggestion du ministre fédéral des Pêches et des Océans Dominic LeBlanc visant à reporter à l’automne la pêche du homard, présentement suspendue sur une partie de la Gaspésie à cause des mesures de protection de la baleine noire.

La suspension touche environ 50 % des 163 détenteurs de permis de capture de homard en Gaspésie, dans le secteur entre Gascons et Percé. Leurs casiers devront être retirés de l’eau vendredi pendant deux semaines, mais il ne restera alors que cinq jours de captures avant la fin de saison dans ce secteur.

«On considère pour l’instant que l’idée du ministre est inadmissible parce qu’une pêche d’automne contrevient à notre plan de gestion intégré des pêcheries. Si nous pêchons l’automne, c’est notre certification du Marine Stewardship Council qui sera menacée. Ça pourrait nous faire perdre des marchés. Le ministre justifie les mesures extrêmes de protection par la nécessité de protéger les marchés, mais ce qu’il propose aurait le même effet», assure O’Neil Cloutier, du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie.

«En 1976 ou 1977, les homardiers gaspésiens ont pêché l’automne et l’année suivante, ils ont mangé leurs bas. L’automne, les homards sont fragiles; ils sont en prémue de carapace, ou en post-mue», ajoute-t-il.

Les homardiers trouvent démesurées les mesures de protection de baleines noires annoncées lundi parce qu’elles restent loin des côtes où ils évoluent.

La tentative des pêcheurs de limiter leurs activités à une faible profondeur de 10 brasses, ou 60 pieds, a été rejetée par le ministre LeBlanc, tout comme une surveillance jour et nuit d’ici la fin de la saison.

O’Neil Cloutier croit que les homardiers qui retireront leurs casiers ne reviendront pas pour les cinq derniers jours de la saison, considérant la possibilité de se faire de nouveau fermer leur secteur si les baleines restent au large, mais à l’intérieur des paramètres définis par le ministre.

«Ce qui est urgent présentement, c’est de garantir dès lundi matin que les aides-pêcheurs et les employés d’usines pourront travailler ou recevoir une formation. Il faut aussi trouver une solution pour l’an prochain. La stratégie doit aussi assurer que nous aurons un contact avec les scientifiques. Nous voulons savoir en quoi des baleines que les homardiers n’ont jamais vues peuvent être en danger proches des côtes», affirme O’Neil Cloutier.

Impact économique

Les homardiers et les crabiers touchés par des mesures assez similaires sont appuyés par des élus, dont la préfète de Rocher-Percé, Nadia Minassian, puis par les députés à l’Assemblée nationale Gaétan Lelièvre et Sylvain Roy.

L’impact économique pour les homardiers s’élèvera à «plusieurs millions de dollars», selon O’Neil Cloutier, mais il ne devrait pas affecter trop le prix au consommateur parce que le homard est abondant ailleurs.

En région

Homard gaspésien: pêche fermée en raison des baleines noires

CARLETON — Le ministère fédéral des Pêches et des Océans a créé une commotion lundi en fin de journée en annonçant la fermeture de la pêche du homard le long d’un secteur côtier allant de Gascons à Percé, en Gaspésie, afin de protéger cinq baleines noires aperçues au large de Chandler samedi.

La fermeture de ce secteur entrera en vigueur vendredi et touche pendant au moins deux semaines la moitié des homardiers gaspésiens. La pêche du homard en est à sa septième semaine dans la plupart des sous-zones gaspésiennes, et la saison ne dure que 10 semaines.

«Jamais je n’aurais pensé voir ça. J’ai vu la pêche au poisson de fond fermer, j’ai vu il y a plusieurs années le crabe des neiges passer à travers une crise, et le homard aussi. Là, le crabe et le homard vont bien et la pêche ferme. Je ne sais même pas comment expliquer ça aux pêcheurs», note O’Neil Cloutier, directeur du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie.

Deux propositions rejetées

Il est lui-même homardier et son regroupement représente les 163 homardiers gaspésiens. Depuis vendredi, il a soumis deux propositions afin de soustraire le long de la côte à une éventuelle fermeture. Aucune baleine ne s’est jamais empêtrée dans des engins de pêche du homard en Gaspésie.

«Vendredi, j’ai demandé au ministère de reculer la zone de protection pour qu’il laisse libres les secteurs de moins de 60 pieds de profondeur, la bordure de la côte, où nous pêchons […] Cent pour cent des prises sont effectuées à moins de 48 pieds de profondeur. Dimanche, j’ai proposé une surveillance 24 heures sur 24 de notre secteur de pêche. Les deux propositions ont été rejetées», déplore M. Cloutier.

Environ 1000 personnes gagnent leur vie en tout ou en partie avec la pêche et la transformation du homard en Gaspésie. En 2017, les revenus de capture ont atteint 45,5 millions $ dans la région.

Roch Lelièvre, propriétaire de l’usine Lelièvre, Lelièvre et Lemoignan de Sainte-Thérèse-de-Gaspé, tente encore de mesurer l’impact de la fermeture. «Je sais que c’est majeur. En Gaspésie, seulement trois de mes 14 pêcheurs peuvent continuer et c’est conditionnel [à ce que les baleines noires n’atteignent d’autres secteurs].»

En région

Attaques contre le développement éolien: le maire de Matane fustige Legault

MATANE — Excédé par les attaques du chef de la Coalition Avenir Québec (CAQ) contre le développement éolien, le maire de Matane a écrit une lettre à François Legault pour lui faire part de son irritation.

La goutte qui a fait déborder le vase, selon Jérôme Landry, c’est la motion qu’il a déposée, cette semaine, afin de faire annuler le projet de parc éolien Apuiat, sur la Côte-Nord. «Ce développement économique-là, il profite beaucoup aux régions, rappelle l’élu, visiblement agacé par les prises de position du chef du deuxième parti d’opposition. Tous les parcs éoliens, que ce soit au Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie, dans le coin de Québec et de Sorel, sont des projets qui fonctionnent très bien. Les communautés en profitent par leur construction et ensuite, par les redevances. À Matane, c’est 500 000 $ par année pour 25 ans. C’est majeur!»

De l’avis de Jérôme Landry, la position de la CAQ risque aussi de faire avorter la relance de l’usine Enercon de Matane, dont la production est arrêtée depuis quelques années, faute de contrats. «François Legault voit les surplus d’énergie comme une problématique, plutôt que comme une opportunité de développement pour le Québec, déplore le maire. C’est un peu particulier pour une personne qui se prétend vouloir devenir le premier ministre du Québec!»

M. Landry rappelle à M. Legault le soutien accordé à Bombardier, à l’époque où il a cofondé Air Transat, dont il a été le président-directeur général. «Ça fait longtemps qu’il y a du soutien pour l’aéronautique au Québec, soutient-il. Ça, c’est correct? Dans le domaine pharmaceutique et des services financiers, c’est pareil. Ça profite à Montréal, pas aux régions. C’est assez regrettable d’avoir une vision aussi centralisée vers les grands centres urbains, alors qu’on a besoin de développement économique partout au Québec.»

Le maire Landry a fait parvenir sa lettre à François Legault jeudi. Il n’a toujours pas reçu d’accusé de réception. Chose certaine, il y a bien peu de chances que l’élu vote pour la CAQ. «À moins qu’il y ait d’autres secteurs très intéressants, mais pour l’instant, c’est très ordinaire», indique M. Landry.

En région

New Carlisle rend hommage à René Lévesque

NEW CARLISLE — L’ex-députée des Îles-de-la-Madeleine à l’Assemblée nationale, Jeannine Richard, s’essuie les yeux. Elle vient de visionner avec son conjoint un documentaire sans narration de 15 minutes sur René Lévesque, ex-premier ministre du Québec décédé presque 25 ans avant qu’elle n’exerce un mandat de 18 mois.

Ce documentaire et 48 stations extérieures font notamment partie de l’Espace René-Lévesque, tout nouveau lieu d’évocation portant sur la carrière d’un homme d’exception, ayant notamment été correspondant de guerre, journaliste, animateur d’une émission d’affaires publiques, ministre libéral sous Jean Lesage et premier ministre du premier gouvernement du Parti québécois.

Le lieu est ouvert au public depuis vendredi, à New Carlisle, village gaspésien où René Lévesque a grandi. 

«Ouf, je ne peux pas regarder ça sans que ça ramène des émotions», note Mme Richard, en route vers Gaspé et qui est arrêtée avec son conjoint à l’improviste, voyant que ça bougeait à l’Espace René-Lévesque. Ils en ont même été les premiers clients. «Nous allons garder nos billets», dit-elle.

Le chargé de projet Daniel Galarneau, qui a piloté les étapes de planification et de construction de l’Espace René-Lévesque, croit que bien des gens, jeunes et moins jeunes, sentiront les mêmes émotions en visitant le lieu aménagé du côté de la mer. L’objectif d’achalandage semble modeste, à 5000 visiteurs d’ici la mi-octobre.

«On aime mieux démarrer avec un objectif réalisable. Nos voisins, le Site du banc de Paspébiac et le Musée acadien à Bonaventure, attirent chacun 8000 personnes. Nous sommes entre les deux. Il y a aussi une limite au nombre d’audioguides, 48, à notre disposition. Avec la tablette et le film, il y en a pour quatre heures, si quelqu’un fait le tour lentement», dit-il.

L’accent du contenu est placé sur les réalisations de M. Lévesque, décédé en 1987. Les bons coups, comme la réforme du financement électoral et la création du ministère de l’Environnement, y sont présentés, comme les périodes ardues, tel le départ de plusieurs ministres et députés en 1984.  

Un projet qui mijote depuis 2013

Le projet d’Espace René-Lévesque mijotait depuis 2013 chez les dirigeants de la Fondation de la maison René-Lévesque. Le projet visait d’abord la maison dans laquelle M. Lévesque a été élevé, rue Mount Sorel. Toutefois, la maison, dont l’état de décrépitude avance, n’a pu être acquise.

L’Espace René-Lévesque a nécessité un investissement de 2,26 millions $. L’État québécois y a contribué pour 1,2 M$, et Ottawa pour 750 000 $. «Des dons privés totalisent près de 1 M$. Un fonds de 600 000 $ est placé afin de financer une partie des opérations», précise le docteur Louis Bernard, président de la Fondation de la Maison de René-Lévesque.

Le gouvernement a signifié en 2017 son intention d’exproprier la maison de la rue Mount Sorel si le propriétaire ne l’entretient pas. «On s’engagera dans ce projet s’il y a des sous. Nous n’avons pas les moyens, là», dit M. Bernard.