L'est du Québec

Groupe Océan donne 100 000 $ à la Fondation de l’Institut maritime du Québec

MATANE — Groupe Océan verse un don de 100 000 $ à la Fondation de l’Institut maritime du Québec (IMQ).

L’entreprise est partenaire depuis longtemps dans divers projets innovants mis de l’avant par l’établissement de Rimouski, comme la réfection, en 2015, du café étudiant désormais nommé Café Océan. «Groupe Océan est à nos côtés depuis la plus grande partie de notre histoire», souligne la présidente de la Fondation, Geneviève Allard. «Groupe Océan renforce l’identité maritime du milieu étudiant et de la vie communautaire au sein de l’IMQ», ajoute la directrice de l’Institut, Mélanie Leblanc. Ce don s’inscrit dans le cadre de la campagne majeure de financement 2019-2024 lancée en juin, dont l’objectif est de 2,5 millions $. 

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Une première Maison Martin-Matte dans l’Est

TROIS-PISTOLES — La huitième Maison Martin-Matte et première dans l’Est-du-Québec est en construction à Trois-Pistoles. Entouré d’élus locaux, le député de Rivière-du-Loup-Témiscouata, Denis Tardif, a soulevé la première pelletée de terre symbolisant la mise en chantier du bâtiment.

Le réseau des maisons Martin-Matte vise à offrir des logements adaptés aux traumatisés crâniens. Mais, comme la MRC des Basques est peu populeuse, l’édifice sera également habité par des personnes handicapées physiques et intellectuelles.

Les fondations de la Maison Martin-Matte de Trois-Pistoles sont déjà coulées. La livraison est prévue en mai ou juin 2020. En période de pointe, le chantier compte une quinzaine de travailleurs. La résidence comprendra 14 logements communautaires, en plus de plusieurs services dans les aires de vie commune. 

Le coût total du projet est d’un peu plus de 3,1 millions $. La contribution du milieu s’élève à plus de 1,34 million $. Elle provient principalement de la Ville de Trois-Pistoles, mais aussi notamment du parc éolien Nicolas-Riou. «Le milieu a contribué pour plus de 40 %, a souligné Denis Tardif, qui n’a pas manqué de mentionner qu’il était natif de Trois-Pistoles. C’est un exemple à suivre dans tout le Québec! L’implication citoyenne est fondamentale dans tout projet.» Le député a tenu à souligner le travail exceptionnel de Marie-Ève Ouellet de L’Éveil des Basques, l’organisme promoteur du projet.

La Société d’habitation du Québec (SHQ) allonge un peu plus de 1,3 million $.

«La première fois que la Maison Martin-Matte m’a été présentée, c’était un rêve, se rappelle Bertin Denis, préfet de la MRC des Basques et président du parc éolien Nicolas-Riou. Je crois que c’est un bel investissement pour la MRC. Ce sera une maison du bonheur!»

Le maire de Trois-Pistoles a indiqué que le terrain, sur lequel est érigée la maison, avait été acquis par la Ville pour une usine d’eau potable. «On a choisi de le céder pour la Maison Martin-Matte», a affirmé Jean-Pierre Rioux. Le terrain est d’une valeur de 200 000 $ et la Ville accordera un congé de taxes d’une durée de 35 ans. Selon l’élu, L’Éveil des Basques a, en 40 ans d’existence, ouvert les consciences à la différence. «C’est un beau projet collectif», a terminé M. Rioux.

Quinze résidents

«J’ai un moment d’émotion en voyant ça [le chantier], a laissé tomber le directeur général de L’Éveil des Basques, Benoît Beaulieu. On a été des nuits à ne pas dormir, à se demander si on allait réussir. C’est vrai, maintenant! Bientôt, une quinzaine de résidents vont pouvoir s’épanouir dans leur logement. Pour plusieurs, ils vont avoir leur logement à eux pour la première fois.»

M. Beaulieu n’était pas le seul à être ému. David Thibault, un futur résident qui a pris part à la cérémonie officielle en compagnie de ses parents, Gilles Thibault et Hélène Bélanger, ne pouvait contenir ses larmes. «C’est une place où David sera bien encadré et supervisé, ce qui va nous permettre de vivre une vie acceptable et normale, a exprimé la mère de l’homme de 24 ans atteint de déficience intellectuelle et de dysphasie. Ça nous rassure!»

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Accident mortel à Baie-des-Sables: des artistes solidaires avec leur famille éprouvée

BAIE-DES-SABLES — La comédienne Marianne Fortier et le leader du groupe Will Driving West, David Ratté, ont lancé une campagne de sociofinancement pour venir en aide à la famille de Pascale Ratté, éprouvée par l’accident mortel survenu le 5 août à Baie-des-Sables, près de Matane.

Avec l’aide d’Hélène Bernier, une résidente de l’endroit, les deux artistes appellent à la générosité de leurs fans pour contribuer à la collecte de fonds «Aidons Édouard et sa famille», sur la plateforme GoFundMe.

Le 5 août, le terrible accident a coûté la vie à Israël Beaulieu, 41 ans. Son fils de 19 ans, Édouard, qui prenait place à l’arrière de l’auto qui a été emboutie de plein fouet par un camion semi-remorque, a été gravement blessé. Il a d’abord été transporté à l’hôpital de Rimouski pour subir des interventions chirurgicales d’urgence, avant d’être envoyé à l’hôpital de l’Enfant-Jésus de Québec. «Le simple fait qu’il soit toujours parmi nous tient carrément du miracle», se réjouit son oncle, David Ratté. 

Ce «miracle» est, selon l’auteur-compositeur-interprète originaire de Baie-des-Sables, le résultat d’une série d’événements qu’il qualifie d’incroyables : l’arrivée par hasard sur les lieux de l’accident d’un urgentologue, d’un paramédic et d’une infirmière qui lui ont prodigué les premiers soins ainsi que du médecin Geoffrey Smith qui a fait le trajet en ambulance jusqu’à Rimouski avec lui. 

David Ratté souligne le travail de la chirurgienne Josée Bilodeau du centre hospitalier régional de Rimouski qui, selon lui, «a réussi l’impossible pour freiner l’hémorragie interne et préserver ses organes vitaux». «Les médecins de l’Enfant-Jésus ne cessent de nous répéter à quel point l’opération de la Dre Bilodeau était une prouesse olympique, souligne-t-il. Si tout va pour le mieux, Édouard en aura pour quelques mois à Québec aux soins intensifs et ne sera pas chez lui avant Noël.»

La campagne de sociofinancement vise à permettre à Pascale, la sœur de David Ratté et cousine de Marianne Fortier, de pouvoir demeurer à Québec au chevet de «son Ned adoré», qui est l’aîné de ses cinq enfants. 

Pour la mère de famille, cela représente des dépenses importantes puisqu’en plus d’être sans revenu d’emploi pendant des mois, elle doit payer ses frais d’hébergement et de repas ainsi que ses frais de déplacement, sans compter les frais encourus par les quatre frères et sœurs d’Édouard qui veulent voir leur grand frère et qui auront besoin de consultations en psychothérapie pour vivre le deuil de leur père et l’hospitalisation prolongée de leur aîné. 

Si les dons recueillis devaient dépasser les dépenses encourues, Mme Ratté versera les sommes excédentaires aux fondations des hôpitaux de Rimouski et de l’Enfant-Jésus afin d’exprimer sa reconnaissance pour avoir sauvé la vie de son fils.

Justice et faits divers

Collision mortelle à Baie-des-Sables: témoins recherchés

BAIE-DES-SABLES — Afin de faire progresser son enquête visant à comprendre les causes et les circonstances de la collision mortelle survenue lundi sur la route 132 à Baie-des-Sables, près de Matane, la Sûreté du Québec (SQ) recherche des témoins

«[…] Nous demandons la collaboration du public afin de retracer toute personne ayant été témoin de la collision ou du comportement des véhicules précédant celle-ci», précise la porte-parole de la SQ, Ann Mathieu.

L’accident s’est produit vers 18h lundi lorsqu’une voiture, qui s’apprêtait à amorcer un virage dans une entrée privée, a été percutée par un véhicule lourd. La collision a coûté la vie à Israël Beaulieu, 41 ans, de Baie-des-Sables, qui était l’un des deux passagers de l’auto. L’autre passager, qui est âgé de 19 ans, a été transporté dans un hôpital de Québec pour y soigner d’importantes blessures. Selon nos informations, le jeune homme prendrait du mieux, mais repose toujours dans un état critique. La conductrice a subi des blessures, mais sa vie n’est pas en danger. Quant au conducteur du camion semi-remorque, il s’en est tiré indemne.

Toute personne qui détient des informations pouvant faire avancer l’enquête est priée de communiquer avec la centrale de l’information criminelle de la SQ au 1 800 659-4264.

l'est du Québec

Eve Salvail: le retour de l’enfant prodigue [VIDÉO]

MATANE – Depuis qu’elle est revenue vivre au Québec en 2014, le mannequin et DJ Eve Salvail prend goût à revenir dans son alma mater. Alors qu’elle avait été quinze ans sans mettre les pieds à Matane, voilà qu’elle y est débarquée en fin de semaine pour la deuxième fois en quatre ans. Si la star a davantage fait carrière à l’international, il n’en demeure pas moins que pour les Matanais, elle est demeurée l’une des leurs. Plusieurs ont encore en tête la petite Eve de leur enfance et l’adolescente avec qui ils se sont éclatés.

Authentique, vraie, spontanée et naturellement souriante, Eve Salvail leur rend bien ce débordement d’amour. Elle multiplie les accolades et n’hésite pas à aller vers eux pour se prêter à tous les égoportraits. Dans la capitale de la crevette, elle est comme un poisson dans l’eau. Elle est résolument chez elle. «C’est malade, laisse-t-elle tomber. Vraiment, j’aime tellement ça! Il y a quelque chose de magique à Matane. Je ne sais pas pourquoi. C’est peut-être la mer ou les couchers de soleil fabuleux? C’est peut-être l’air frais?» Elle compare le sentiment qu’elle éprouve pour son lieu d’origine à ses grands-parents. «Nos grands-parents ont une place spéciale dans notre coeur, explique-t-elle. On a une certaine complicité avec nos grands-parents. Ma mère m’a dit, un jour, que moi, c’était ça avec Matane.»

L’artiste retrouve des amis de longue date. «Je suis choyée, considère-t-elle. J’ai une super bonne chum à moi, avec qui j’ai passé beaucoup, beaucoup d’années à rigoler, à faire le party et à faire de la natation.» Sonia Harrisson et elle se sont retrouvées devant un café, vendredi, à se remémorer de lointains souvenirs. «On a placoté comme deux petites adolescentes, raconte Eve Salvail. On s’était perdues de vue. Mais, grâce à Facebook, j’ai retrouvé beaucoup, beaucoup d’amis d’enfance et d’adolescence que j’avais ici. C’est cool!»

«Moi, mon sport, c’était la nage synchronisée, continue-t-elle. J’étais tout le temps dans la piscine: avant l’école, après l’école, les week-ends. Cette fille-là [Sonia Harrisson] était dans l’équipe de nage synchro avec moi. On a fait les Jeux du Québec ensemble, on est devenues coachs ensemble, on est devenues sauveteuses ensemble. J’ai commencé vers l’âge de 12 ans et j’ai fait ça longtemps.»

Lorsqu’elle séjourne à Matane, Eve Salvail loge chez le député de Matane-Matapédia et chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé. C’est un ami très proche. Ils sont d’ailleurs allés dans un supermarché de l’endroit, jeudi, ce qui a été fort remarqué. «Je suis chez lui et je mange des choses que lui ne mange pas, indique-t-elle. Il me manquait deux ou trois petites affaires et on est allés les chercher. C’est drôle parce que c’était toute une excursion! On arrêtait à toutes les 5 secondes pour placoter avec le monde!»

Bien qu’ils soient tous les deux originaires de Matane, le député a connu Eve Salvail en 2013. «J’ai connu Eve à New York lorsque j’étais ministre du Tourisme, raconte M. Bérubé. Je l’avais invitée à venir manger avec moi.» Le politicien croit que les Matanais et les Québécois en général sous-estiment la renommée de l’artiste aux multiples talents puisqu’elle a bâti sa célébrité ailleurs dans le monde. 

Eve Salvail, alias DJ Evalicious, était à Matane vendredi pour animer la soirée sous le chapiteau, dans le cadre du 5e Festin de rue organisé par le Comité centre-ville de Matane. Pendant la soirée, où elle a fait danser les gens et où elle a enseigné à Pascal Bérubé les rudiments du métier de DJ, elle  a créé toute une surprise en faisant jouer la chanson «Matane, c’est ma ville» de Bobby Tremblay, comme un clin d’oeil à la joie qu’elle voulait exprimer d’être à Matane.

Le 16 juillet, elle a assuré la première partie du groupe Duran Duran à Orlando pour célébrer le 50e anniversaire de l’alunissage d’Apollo 11. «Ça fait longtemps que je les connais, mais c’est la première fois que je les voyais «live», souligne DJ Evalicious. On a beaucoup rigolé. J’ai vraiment aimé ça.»

Six jours avant, elle a participé, toujours comme disc jockey, à la présentation de la nouvelle montre Tag Heuer à New York. «C’est un gros événement, décrit-elle. C’était super chic avec des célébrités que je ne reconnais pas tout le temps parce que je suis pourrie là-dedans, probablement parce que je n’écoute pas la télé!»

DJ Evalicious participera aussi à Fierté Montréal le 11 août. «Ça va être la première fois que je fais le «stage» pour Fierté Montréal, indique-t-elle. Je suis vraiment excitée!»

Depuis la semaine dernière, celle qui s’est davantage fait connaître avec le crâne rasé arborant un tatouage de dragon, révèle une chevelure poivre et sel. «Ce nouveau look sort du four, indique la dame de 48 ans. Je les laisse pousser un petit peu. Le but de l’exercice, c’est d’avoir l’air de mon âge.»

Si elle affirme avoir «100 millions de projets», celui sur lequel elle se concentre actuellement est l’écriture de sa biographie, qui devrait être publiée par les Éditions de l’Homme au printemps 2020 . «C’est un gros morceau, reconnaît-elle. Ça prend beaucoup de temps.» La vie d’Eve Salvail sera écrite par Claire Gaillard. «Il faut connaître ses forces, explique le mannequin, DJ, comédienne, conférencière, chanteuse et dessinatrice. Moi, je n’écris pas dans la vie. De toute façon, je n’ai pas le temps. Je n’ai pas essayé de prendre la plume et ça ne m’intéresse pas non plus d’essayer. Claire est une bonne amie qui écrit tellement bien! Elle me comprend plus que je me comprends moi-même. Elle est éditrice d’un magazine et elle m’avait interviewée. Puis, j’avais vraiment aimé la manière avec laquelle elle s’exprimait et ce qu’elle avait écrit de moi. Je lui avais demandé, il y a très longtemps, si un jour, je faisais ma biographie, si elle l’écrirait pour moi. Elle avait dit oui tout de suite. Plusieurs années plus tard, ce jour-là est arrivé.»

L’ancienne top model, qui avait pris un certain recul du mannequinat, revient vers ses anciennes amours. «Je suis en pourparlers pour faire des trucs de mannequin à Montréal, confie-t-elle. Ce n’est pas confirmé. Donc, je ne peux pas en parler, malheureusement. Mais, il y a des choses qui se brassent à Montréal. C’est le «fun»!»

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La saison du traversier Rimouski-Forestville est terminée

BAIE-COMEAU – Décidément, traverser le Saint-Laurent dans l’est du Québec représente toute une épopée ces derniers mois. Après les problèmes de toutes sortes à la traverse Matane-Baie-Comeau-Godbout, voilà que le service à la traverse Rimouski-Forestville est interrompu depuis jeudi et ce, pour le reste de la saison.

En raison d’un bris majeur, le CNM Évolution a vu sa saison de traversées entre Rimouski et Forestville prendre fin, saison qui devait s’étendre jusqu’au 16 septembre. Des centaines de personnes devront donc se dénicher une autre alternative afin de traverser le fleuve.

« Une des transmissions du navire est brisée et pour la réparer, il faut la sortir du bateau et pour ce faire, il faut sortir le bateau de l’eau «, a expliqué Isabelle Journault, porte-parole de l’entreprise propriétaire du CNM Évolution. « Ça nous aurait amené fin août au plus tôt (pour la reprise du service) «, a-t-elle ajouté.

Mme Journault a assuré que le navire est régulièrement inspecté et qu’au début de la saison, rien ne laissait présager le bris de cette transmission. Pour la vingtaine d’employés de l’entreprise, la saison se termine donc plutôt abruptement. D’ici là, l’entreprise tente de rejoindre les gens qui avaient une réservation afin qu’ils puissent prendre les mesures nécessaires.

Le CNM Évolution se retrouvera bientôt à Sainte-Flavie pour y être réparé afin de pouvoir reprendre ses activités au printemps prochain.

Évidemment, la nouvelle de cette fin de service pour 2019 ne pouvait que décevoir la mairesse de Forestville, Micheline Anctil. « C’est une très mauvaise nouvelle, a-t-elle commenté. Le carnet de réservations était complet et ça nous amenait un bel achalandage. C’est important de rappeler que ce lien maritime est indispensable pour notre développement touristique et économique. «

Mme Anctil entend d’ailleurs interpeller la Société des traversiers du Québec (STQ) afin que la traverse Rimouski-Forestville soit considérée comme celles opérées par la STQ.

« Même s’il s’agit ici d’une entreprise privée, est-ce que ce lien essentiel ne devrait pas passer dans le giron de la STQ? En tout cas, il faut revoir cette organisation «, a-t-elle martelé.

La mairesse n’a évidemment pas passé sous silence le fait que bien des commerçants de la localité de 3000 habitants auront à pâtir de cette perte d’achalandage estival. « Il y a beaucoup de gens d’un peu partout qui passent par cette traverse «, a-t-elle affirmé en conclusion.

L'est du Québec

Dégât d’eau majeur à l’hôpital de Rimouski

MATANE — Un important dégât d’eau est survenu à l’hôpital de Rimouski, causant des dommages sur six des sept niveaux de l’établissement. Le bris d’une conduite d’eau dans une chambre du cinquième étage est à l’origine du sinistre.

L’incident est survenu samedi soir, mais ce n’est que jeudi que le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent en a avisé la population. «On voulait mettre en place l’organisation et bien coordonner les travaux entre les différents secteurs qui étaient impactés par le dégât d’eau», justifie la conseillère aux communications du CISSS, Ariane Doucet-Michaud.

La porte-parole du centre hospitalier confirme que beaucoup d’eau s’est infiltrée d’un étage à l’autre, mais de façon très localisée. «C’est dans un périmètre très circonscrit, explique-t-elle. C’est d’une chambre à l’autre en hauteur.» Des experts examinent actuellement la pièce défaillante afin de comprendre la nature du bris.

Aucune évacuation n’a été nécessaire, si ce n’est d’avoir dû déménager certains patients au même étage. «On les a changés de chambre pour permettre de faire un périmètre autour de la chambre qui nécessite des travaux d’assèchement, précise Mme Doucet-Michaud. Ça a très bien été géré à l’interne.»

Pas de conséquences sur les patients

Si l’incident n’a pas de conséquences sur la clientèle de l’hôpital, il n’en demeure pas moins que l’équipement servant à l’assèchement sur les six étages est bruyant.

«C’est inévitable, indique la conseillère aux communications du CISSS. On ne peut pas s’en sortir, si on veut bien assécher les parois. Il y a des bâches et des zones de sécurité autour d’une chambre par étage. Ça réduit un peu la largeur du corridor.» Mais, selon elle, les employés n’en sont pas affectés. «On s’est assurés que ça permette le bon déroulement des fonctions de chacun et que ça ne nuise pas en termes de sécurité et santé au travail, pour la réalisation des codes bleus et des codes blancs.»

Aucun appareil spécialisé n’a été touché, ce qui, autrement, aurait pu faire grimper l’évaluation des dommages. À ce chapitre, le CISSS n’avance aucun chiffre. «Pour le moment, il est trop tôt pour avoir un estimé du budget», affirme Ariane Doucet-Michaud. C’est la même chose pour l’échéancier des travaux.

«Il est un peu tôt pour avoir un échéancier final, mais on parle de deux à trois semaines de travail d’assèchement et de réparations mineures, dit-elle. On parle de faire certaines rénovations aux murs qui ont été percés et dans les salles de bain, s’il y a du carrelage à refaire.»

C’est Assek Technologie de Lévis qui a obtenu le contrat d’assèchement d’un montant de 54 000 $. «C’est une firme qui se spécialise en dégâts d’eau et qui est certifiée pour travailler avec des organisations publiques et des hôpitaux, spécifie la porte-parole du CISSS. Donc, elle connaît les normes auxquelles nous sommes assujettis pour éviter qu’il y ait des moisissures ou des infections qui se propagent.»

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Le Clipper Ranger bon pour le service

Quatre jours après son arrivée aux Îles-de-la-Madeleine, le cargo Clipper Ranger a réalisé lundi son premier voyage pour la CTMA. Plusieurs éléments de ce rapide démarrage satisfont au plus haut point les dirigeants de cette coopérative chargée de l’essentiel du transport des marchandises et de passagers en direction ou au retour des Îles-de-la-Madeleine.

Le Clipper Ranger possède plus du double de la capacité du navire qu’il remplace, le CTMA Voyageur, vieux de 47 ans, dont les 33 dernières au service de la Coopérative de transports maritime et aérien.

Construit en Espagne et livré en 1998, le Clipper Ranger peut transporter 53 remorques de 53 pieds, comparativement à 22 pour son prédécesseur. Lors de son premier voyage entre Cap-aux-Meules et Souris, à l’Île-du-Prince-Édouard, il transportait aussi des voitures, de façon à supporter le Madeleine, le traversier desservant l’archipel, qui a bien besoin d’un coup de pouce en période de fort achalandage estival.

«Il a transporté une vingtaine de remorques à son premier voyage, et toutes les autos qui étaient en attente du prochain traversier, précise Emmanuel Aucoin, directeur général de la CTMA. C’est un bon navire. Il va nous être très utile».

La CTMA a loué le Clipper Ranger pour un an, avec option d’achat. Son propriétaire, Challenge Shipping, est britannique et il a passé ses 21 ans d’histoire à relier des ports irlandais, écossais et britanniques entre eux, en fonction de desserte stables. Il mesure 122,3 mètres de longueur, ou 401 pieds.

Malgré sa forme de cargo conventionnel avec superstructure à l’arrière, il est équipé d’une grande porte arrière lui conférant la capacité de prendre à son bord des véhicules, comme un traversier, sur trois ponts, dont le pont extérieur. Il n’a toutefois qu’une capacité de 12 passagers, un usage dont la CTMA ne se sert pas pour le moment.

Investissement de 12 M$

Son acquisition représenterait un investissement d’environ 12 millions $. Son démarrage pour le transporteur madelinien s’est tellement bien passé qu’il faudrait des ennuis majeurs pour que cette acquisition déraille.

«C’est particulier, mettre un navire en service en quatre jours. Il y a l’ajustement aux rampes (de chargement) qui prend généralement du temps. D’habitude, le démarrage d’un navire, c’est majeur. Ça prend des semaines. Nous, ça a été instantané. Il était affecté à des opérations qui ressemblent aux nôtres. Ça aide mais on voit que c’est un bon bateau, qui a été bien entretenu», analyse Emmanuel Aucoin.

Le Clipper Ranger possède plusieurs avantages économiques sur son prédécesseur, dont la possibilité de générer davantage de revenus en transportant plus de marchandises, mais ce n’est pas tout.

 «Il fallait bientôt envoyer le CTMA Voyageur en cale sèche. C’est de 1,5 million à 2 millions $ en partant. Le Clipper Ranger ira en cale sèche seulement à la fin de 2020. Il a une fiabilité accrue, ce qui est normal pour un navire plus jeune de 26 ans. Le CTMA Voyageur a été largement sollicité l’hiver dernier en dépannant la Société des traversiers du Québec à Matane», précise M. Aucoin, en faisant référence à la liaison Matane-Côte-Nord, affectée par les ennuis techniques du traversier F.A.-Gauthier.

Le CTMA Voyageur à vendre

Équipé de deux moteurs développant 9900 chevaux et classé pour la navigation dans les glaces, «le Clipper Ranger consomme du carburant diesel, pas du mazout lourd, ce qui laisse une empreinte (écologique) pas mal moins importante», souligne M. Aucoin.

En plus de la nécessité de valider sur des mois les avantages apparus d’emblée, la décision de l’acquérir dépendra aussi des négociations à venir entre la CTMA et les gouvernements québécois et canadien, qui subventionnent en partie les liaisons maritimes vers les Îles-de-la-Madeleine, parce qu’elles équivalent à la route.

Ottawa appuie le service Cap-aux-Meules-Souris parce qu’il est interprovincial, tandis que Québec finance une partie des liaisons entre Montréal et l’archipel, ou entre Matane et les Îles.

«Le Clipper Ranger nous donnera la possibilité de prendre une partie beaucoup plus grande du transport de marchandises que le CTMA Voyageur à partir de Matane et de Montréal», note Emmanuel Aucoin au sujet de ce service automnal, hivernal et printanier.

La CTMA et les acteurs socio-économiques des Îles-de-la-Madeleine travaillent aussi au remplacement du CTMA Vacancier, vieux de 46 ans, et qui assure une partie du ravitaillement en marchandises entre Montréal, Matane et l’archipel, en plus d’offrir 16 allers-retours comme navire de croisières. La contribution accrue du Clipper Ranger libérerait le remplaçant du CTMA Vacancier pour un plus grand nombre de croisières.

D’autre part, le remplacement du traversier Madeleine a récemment été annoncé par le gouvernement fédéral, qui n’a pas encore confirmé officiellement le choix de la CTMA comme exploitant du futur navire.

Quant au CTMA Voyageur, «si on peut, on le vendra le plus tôt possible. Il est encore capable de naviguer, comme remplaçant», précise M. Aucoin.

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Un premier festival de danse contemporaine en Gaspésie

AMQUI – En organisant le premier festival Furies à Marsoui, la compagnie Mandoline hybride fait le pari qu’il y a un public pour la danse contemporaine professionnelle en Gaspésie. L’événement se tiendra du 26 au 28 juillet dans ce village de moins de 300 habitants.

La programmation propose cinq numéros de danse, deux ateliers, une causerie, deux cocktails et une projection de cinédanse à la belle étoile. Toutes les activités sont gratuites.

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Baleine noire remorquée en Gaspésie: aucune marque de collision ni d’empêtrement

MATANE — La nécropsie pratiquée dimanche sur la baleine noire remorquée à Cloridorme, dans le secteur de Grand Étang en Gaspésie, n’a pu permettre de dégager d’hypothèses sur la cause probable de son décès. Selon Stéphane Boulay de Pêches et Océans Canada, le cétacé ne portait pas de cordages ou de marques d’empêtrement, pas plus que de blessures qui auraient pu témoigner d’une collision avec un navire.

Dimanche en fin de journée, les scientifiques n’étaient toujours pas en mesure de fournir davantage d’information, d’autant plus qu’ils n’avaient pas encore pu l’identifier. Tout ce qu’ils pouvaient confirmer était son sexe et son poids : il s’agit d’un mâle qui pèse entre 40 et 45 tonnes. 

Ils n’ont pu non plus déterminer son âge. «Elle est beaucoup déplumée, c’est-à-dire que la couche noire est beaucoup partie, décrit M. Boulay, qui est chef intérimaire pour la conservation et la protection de Pêches et Océans Canada, secteur Bas-Saint-Laurent-Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. On devra attendre l’analyse et l’avis des scientifiques.» On ne sait pas non plus depuis quand l’animal est mort.

Nécropsie en cours

La carcasse de cette baleine a été retrouvée jeudi lors d’un vol de Pêches et Océans Canada, alors qu’elle dérivait au milieu du golfe du Saint-Laurent, entre la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine. Une vingtaine de personnes sont débarquées dimanche vers 8h pour débuter la nécropsie. En fin de journée, les scientifiques n’avaient toujours pas terminé leurs travaux. Le groupe était composé de spécialistes de la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal à Saint-Hyacinthe, de biologistes de l’Île-du-Prince-Édouard et de l’Institut Maurice-Lamontagne de Mont-Joli ainsi que de bénévoles du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins.

Les chercheurs devraient être en mesure, lundi, de fournir un résumé sommaire des premières observations, dont son identité. «Elles sont toutes archivées avec leurs marques», fait savoir le porte-parole de Pêches et Océans. Les détails plus complets de la nécropsie devraient être connus dans environ un mois.

Cette baleine noire est l’une des deux qui ont été aperçues, jeudi, à la dérive. L’autre a été découverte près de la Nouvelle-Écosse. «Elles ne font pas partie des trois qu’on suit et qui s’étaient empêtrées, précise M. Boulay. Il y en a deux des trois qui traînaient des cordages et qui ont été partiellement désempêtrées.»

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SAUVETAGE IMPOSSIBLE

MATANE — Pêches et Océans Canada poursuit ses efforts afin de retirer les cordages ou engins de pêche dans lesquels sont empêtrées trois baleines noires de l’Atlantique Nord. Malgré tous les efforts déployés sur l’eau, les conditions météorologiques difficiles de dimanche ont empêché l’équipe de sauvetage de baleines de Campobello, au Nouveau-Brunswick, d’effectuer un sauvetage. 

«Les efforts reprendront de plus belle quand les conditions s’amélioreront», promet le ministère fédéral par voie de communiqué. 

Rappelons que l’équipe de sauvetage avait réussi, le 11 juillet, à retirer les agrès de pêche qui empêchaient l’une de ces baleines, dont l’identification est EG#4423, d’utiliser sa queue lors de ses plongées. Collaboration spéciale Johanne Fournier

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Crabe: pour un début de saison hâtif

CHANDLER — Un crabier de Chandler, en Gaspésie, Luc Gionest, croit qu’il y aurait moyen d’atténuer considérablement les interactions potentielles entre les pêcheurs semi-hauturiers de crabe des neiges et les baleines noires, en débutant la saison plus tôt, en éliminant la zone statique d’interdiction de capture et en modifiant légèrement le taux d’exploitation du crustacé.

M. Gionest croit qu’avec davantage d’équipements, la Garde côtière canadienne et le ministère fédéral des Pêches et des Océans auraient été capables d’assurer une ouverture de la saison de pêche au crabe à la mi-avril, au lieu du 2 mai, et que cette saison aurait conséquemment terminé plus tôt.

«Pêches et Océans Canada a failli à la tâche, à sa responsabilité d’assurer un début de saison hâtif. Le ministère n’a pas réussi à ouvrir les ports de la Péninsule acadienne à temps pour assurer que la saison ne s’étire pas. Il manque d’équipement pour déglacer ces ports», précise M. Gionest.

Il pêche dans le sud du golfe Saint-Laurent, une zone que les Gaspésiens et les Madelinots partagent avec une majorité de Néo-Brunswickois et un nombre assez limité de crabiers de l’Île-du-Prince-Édouard et de la Nouvelle-Écosse.

«La Garde côtière a manqué son coup»

Pêches et Océans Canada attend toujours que les ports de la Péninsule acadienne soient dégagés des glaces avant d’ouvrir la capture. Pourtant, la répartition du contingent global est réalisée en fonction de quotas individuels, ce qui garantit à chaque pêcheur de capturer la quantité qui lui est dévolue.

«L’aéroglisseur de la Garde côtière n’a pas réussi à dégager les ports néo-brunswickois. Il est arrivé tard. Les ports gaspésiens étaient dégagés et les crabiers étaient prêts à sortir en mer. Il y a maintenant de plus en plus de gars [crabiers] du Nouveau-Brunswick qui veulent apporter leur bateau ici l’automne pour être prêts au printemps. Ils voient l’urgence de commencer la saison plus tôt, à cause de la baleine noire», note Luc Gionest.

Comme d’autres, il a vu la Garde côtière tenter avec un seul aéroglisseur, le Sipu Muin, de prévenir une inondation au village de Matapédia et d’ouvrir le port de Shippagan pour les crabiers. «La Garde côtière a manqué son coup aux deux endroits. Matapédia a été inondé et la pêche a commencé trop tard», résume-t-il.

Zone statique «inutile»

Depuis la mort de 12 baleines noires en eaux canadiennes en 2017, Pêches et Océans Canada instaure une zone statique de fermeture de la pêche au crabe le 28 avril. C’est arrivé en 2018 et cette année. L’aire statique couvrait 6490 kilomètres carrés l’an passé et 2300 en 2019. Elle est assortie de «zones dynamiques», des secteurs qui ferment pour deux semaines quand des baleines noires y sont observées.

Les deux années, le ministère s’est engagé à tout faire pour que la pêche au crabe ouvre avant le 28 avril dans le sud du golfe. 

«Il a manqué son coup les deux années. Elle est inutile, cette zone statique. Les zones dynamiques font le travail. Le ministère serait mieux de surveiller les déplacements de baleines noires beaucoup plus tôt. Le suivi aérien devrait se faire à l’entrée du détroit de Cabot, au nord du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, avec la même attention que celle qu’on voit dans le golfe. On pourrait pêcher jusqu’au moment où les baleines arrivent dans nos secteurs de pêche», souligne Luc Gionest.

En 2017 comme en 2019, les deux pires années pour les baleines noires dans le golfe, ces mammifères n’ont été vus qu’à partir de la mi-mai.

«On aurait donc pu pêcher dans la zone statique pendant deux semaines. Je suis certain que si on avait eu accès à tout le golfe à partir de la mi-avril, tout le monde aurait terminé la pêche après la première semaine de juin. Cette année, on a terminé le 30 juin», note le crabier.

Cinq des six baleines mortes jusqu’à maintenant en 2019 dans le golfe du Saint-Laurent ont été localisées après la première semaine de juin.

Même si des collisions avec des bateaux ou des navires constituent la cause à peu près certaine de trois de ces six mortalités, il est loin d’être assuré que des crabiers soient à l’origine de ces collisions, tout comme pour les empêtrements dans les engins de pêche, précise Luc Gionest. 

«En mer, il y a toujours un certain risque […] C’est pourquoi le but, c’est de ne pas être là quand les baleines arrivent, ou d’être là le moins possible», insiste-t-il.

À la nécessité d’entamer la saison plus tôt et d’abolir la zone statique, Luc Gionest ajoute une autre suggestion, «moduler les taux de capture pour diminuer les pics et les creux de quotas. Je suis certain qu’on pourrait diminuer les taux d’exploitation de la biomasse légèrement, quand on a des stocks très forts, comme en 2017 et cette année. On pourrait faire des essais. Toute l’industrie, les pêcheurs comme les travailleurs d’usines, bénéficieraient de saisons plus égales», assure-t-il.

Le contingent de 2017 représentait une hausse de 102 % par rapport à celui de 2016. Cette année, le contingent de 32 480 tonnes marquait un bond assez important de 35 % comparativement à 2018.

Luc Gionest entrevoit de longues discussions avec le ministère des Pêches et des Océans (MPO) pour faire valoir son point de vue, qui est partagé par bien des crabiers gaspésiens.

«Le MPO est plus vite pour imposer des choses aux pêcheurs, et moins vite pour revoir ses façons de faire», conclut-il.

L'Est du Québec

Un neuvième béluga retrouvé mort dans le fleuve Saint-Laurent

MATANE — Un neuvième béluga a été retrouvé mort au large de Grosses-Roches, à l’est de Matane. Ce sont des plaisanciers qui, mardi, ont remarqué la carcasse à la dérive et qui l’ont remorquée jusqu’au havre de Grosses-Roches. Elle a ensuite été récupérée mercredi pour être conduite jusqu’à Saint-Hyacinthe, où une nécropsie sera pratiquée par des pathologistes de la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal.

Il s’agissait d’une femelle. «Dans la fente génitale, il y avait présence d’un fœtus, indique la porte-parole du Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins, Marie-Ève Muller. C’est possible que le fœtus ait descendu. Est-ce qu’elle était en train de mettre bas? La nécropsie va permettre de le confirmer. Pour l’instant, on peut seulement confirmer qu’elle était gestante.»

Il s’agit de la deuxième femelle gestante à mourir dans l’estuaire du Saint-Laurent. Le 4 juillet, une huitième carcasse avait été repérée au large de Sainte-Flavie, près de Mont-Joli, puis s’était échouée plus tard sur la plage. La nécropsie a confirmé que la femelle, qui était connue des chercheurs depuis 1990 et dont l’âge était estimé à 34 ans, est morte lors de sa mise bas. «C’est un cas de dystocie, c’est-à-dire qu’elle n’a pas été capable d’expulser le nouveau-né et en est morte», a expliqué le Dr Stéphane Lair, qui supervise l’équipe chargée des nécropsies de mammifères marins de la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal.

Comme les femelles atteignent leur maturité sexuelle entre 9 et 12 ans, les vétérinaires croient qu’elle avait déjà mis bas. Selon le Réseau, elle était souvent aperçue avec un jeune âgé d’un an ou deux et qui semblait être son veau. Mais, il est difficile d’établir les liens filiaux avec certitude puisque les femelles bélugas peuvent parfois s’occuper d’un petit qui n’est pas le leur.

En étudiant le fœtus que cette femelle portait, les scientifiques ont constaté, toujours selon le Réseau québécois d’urgences, qu’il s’agissait du plus gros veau répertorié à ce jour dans la population de bélugas du Saint-Laurent. Ce facteur a pu jouer un rôle dans sa difficulté de mettre bas. Les analyses des tissus pourraient fournir de nouvelles informations.

Mme Muller indique que la septième dépouille de béluga a été retrouvée sur la grève de Saint-Ulric, à l’ouest de Matane, le 19 juin. Le mâle, d’une longueur de près de cinq mètres et d’un poids estimé à 1300 kg, serait le plus gros béluga à s’être échoué au cours des 30 dernières années. Il serait mort des suites d’une blessure à un œil qui, en apparence, aurait été crevé par un pieu de bois.

L'Est du Québec

Refinancement de 500 millions $ pour Ciment McInnis

PORT-DANIEL – Ciment McInnis vient de compléter un refinancement de 500 millions $ afin de rembourser des prêts contractés en 2016 et pour investir dans des infrastructures additionnelles. Ce refinancement est effectué sans injection de capitaux d’Investissement Québec.

Une tranche de 300 millions (M) $ de ce refinancement consiste en une augmentation du prêt senior initialement consenti par un syndicat de 11 banques canadiennes et internationales, à l’aube de la construction de la cimenterie de Port-Daniel, en mai 2014.

De plus, un bloc de capital de 200 M$, sous forme de prêt, est consenti par la Caisse de dépôt et de placement du Québec et par le conglomérat Beaudier, à raison de 150 M$ et 50 M$ respectivement.

Beaudier constituait l’actionnaire de contrôle initial du projet, mais il a été remplacé en août 2016 par la Caisse de dépôt et de placement du Québec, à la suite d’un dépassement de coût de 444 M$ lors de la construction du complexe de Port-Daniel.

Ce dépassement de coût avait alors nécessité l’injection de 250 M$ supplémentaires dans le projet, dont un prêt de 125 M$ venant de BlackRock Alternative Capital, une firme américaine. Comme il s’agissait d’une débenture, un prêt sans bien en garantie, il était caractérisé par un taux d’intérêt élevé.

«Nous avons remboursé le solde du prêt de BlackRock», précise Yann Langlais-Plante, porte-parole de la Caisse de dépôt et de placement du Québec (CDPQ). Il précise que le refinancement de 500 M$ ne constitue pas une façon de réparer le dépassement de coût de 2016.

«On ne peut le voir comme ça. C’est la bonne performance du projet qui explique le refinancement. On ajoute des silos, des terminaux de réception. On est dans une perspective de soutien de la croissance», précise M. Langlais-Plante.

Investissement Québec, qui a versé 100 M$ dans l’équité et qui a accordé un prêt de 250 M$ à Ciment Mcinnis, «a procédé à certains ajustements à la structure de sa dette tout en conservant un rang prioritaire dans la structure de capital d’un projet dont le risque opérationnel et financier a diminué de façon importante» dit-on dans un communiqué. Dans ce refinancement, le gouvernement du Québec ne réinvestit donc aucune somme.

Une partie appréciable des 500 M$, environ 40 % bien que M. Langlais-Plante refuse de confirmer cette proportion, servira donc à agrandir certaines installations de Ciment McInnis.

La capacité d’accueil du terminal maritime du Bronx à New York a été doublée quant à la réception de camions. Un nouvel entrepôt de 40 000 tonnes métriques est actuellement en construction au terminal de Providence, ce qui porte sa capacité totale à 75 000 tonnes. On y retrouvera aussi une nouvelle voie de chargement de camions.

Ciment McInnis ajoutera de plus au cours de l’automne deux nouveaux silos à Port-Daniel-Gascons, un chantier qui mobilisera 200 personnes. La compagnie confirme en outre le nolisement d’un troisième navire auto-déchargeur pour le transport du ciment, le NACC New Yorker, qui joindra le NACC Québec, le Cielo di Gaspesie.

L’équipe de planification de Ciment McInnis réalise aussi l’ébauche d’une cour de triage en prévision du retour du service ferroviaire à Port-Daniel, dans environ 18 mois. Des terminaux satellites devraient s’ajouter dans le nord-est américain.

«L’ensemble de la production de 2019 est vendu. Si on produisait plus, on vendrait plus », précise Maryse Tremblay, porte-parole de Ciment McInnis.

90 000 tonnes

Le rythme mensuel de production de l’usine de Port-Daniel augmente régulièrement, dit-elle. «En 2017, nous avons produit 40 000 tonnes par mois, et en 2018, c’est passé à 90 000 tonnes. On dépasse cette moyenne depuis le début de 2019 malgré l’arrêt de production du début de l’année».

La production prévue de la cimenterie de Port-Daniel s’établira à 2,3 millions de tonnes par an, quand l’usine aura atteint sa vitesse de croisière. C’est l’équivalent de 190 000 tonnes métriques par mois.

La cimenterie procure du travail à 153 personnes directement. L’investissement pour la construire et débuter la production a atteint 1,5 milliard $, en comptant les terminaux érigés dans l’ouest du Québec, en Ontario et aux États-Unis.

L'Est du Québec

Programme Agir tôt: 908 000 $ pour le Bas-Saint-Laurent

RIMOUSKI — Dans le cadre d’une tournée qui l’amène un peu partout au Québec, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux s’est arrêté, lundi, à Rivière-du-Loup afin de présenter le programme Agir tôt. Lionel Carmant en a profité pour annoncer un premier soutien financier de 908 200 $, qui permettra de déployer le programme au Bas-Saint-Laurent.

Ce montant s’inscrit au sein d’investissements totaux de 48 millions $ pour l’ensemble du Québec dès 2019-2020. Ceux-ci atteindront progressivement une somme de 88 millions $ annuellement d’ici 2023-2024. «C’est une bonne nouvelle», se réjouit le directeur des programmes en déficience intellectuelle et physique et du trouble du spectre de l’autisme pour le Bas-Saint-Laurent, Éric St-Laurent. «C’est un premier pas dans la bonne direction. Moi, je dis toujours qu’investir dans les jeunes, c’est investir dans le futur et dans la société de demain. Pour nous, c’est rassurant de voir que la jeunesse demeure une priorité au sein de ce gouvernement-là […]. C’est très encourageant pour les jeunes et les familles qui ont beaucoup de besoins à combler dans la région.»

Agir tôt vise à identifier le plus tôt possible les difficultés chez l’enfant, à évaluer son profil de développement et à l’orienter vers le bon service, tout en lui offrant le soutien dont lui et sa famille ont besoin. «Agir tôt est un tremplin incroyable qui permettra de donner des services dès la visite en première ligne pour tous nos enfants, décrit le ministre Carmant. Il s’agit d’un engagement phare de notre gouvernement : nous nous donnons les moyens d’influencer positivement la trajectoire de vie de nos enfants et de leur permettre de développer leur plein potentiel.»

Pour le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent, cet octroi permettra de créer des emplois supplémentaires qui auront pour effet d’atténuer les listes d’attente. «Pour la direction jeunesse, qui offre des services de première ligne et ma direction, qui offre des services spécialisés, on a des enjeux sur le plan des délais d’accès», reconnaît M. St-Laurent. «On sait que ça ne viendra pas enrayer complètement les délais d’accès. On est une grande région. Donc, on va cibler un secteur où on est le plus en difficulté.»

Le programme Agir tôt favorisera les interventions précoces. Il sera accompagné d’une plateforme informatique à laquelle la population aura accès et qui regroupe des questionnaires de dépistage sur le développement de l’enfant de 0 à 5 ans.

Parmi les avantages du programme, notons une meilleure orientation de l’enfant vers les services requis, un portrait plus précis de son développement, de plus courts délais d’orientation et la participation de la famille dès le début du processus.

Sports

Rimouski, candidate pour les Jeux du Québec 2022

RIMOUSKI — Rimouski figure parmi les trois villes en lice pour l’obtention de la 57e finale des Jeux du Québec d’été de 2022, aux côtés de Drummondville et de Châteauguay. Pour mousser sa candidature et augmenter ses chances d’être retenue comme ville hôtesse par Sports Québec, la Ville de Rimouski a officiellement lancé, lundi midi, sa campagne visant à mobiliser la communauté régionale.

«Pour la jeunesse, les Jeux du Québec sont un événement extraordinaire, a souligné le maire de Rimouski, Marc Parent. Rimouski a déjà été hôte des Jeux du Québec, mais c’était en hiver. Maintenant, on est prêts pour les Jeux d’été en 2022!»

L'est du Québec

Santé mentale: nouvelle unité à l'Hôtel-Dieu de Gaspé

De passage à Gaspé vendredi, la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, a annoncé le déménagement de l’unité de santé mentale de courte durée du Centre d’hébergement Mgr-Ross vers l’hôpital Hôtel-Dieu. Il s’agit d’un projet de 5 millions $ financé à 82 % par l’État québécois.

La nouvelle unité comprendra six lits en chambres individuelles et une chambre dite sécuritaire. L’unité sera aménagée au sixième étage de l’hôpital. Cet établissement contribuera 800 000 $ dans le projet à même ses budgets réguliers.

Les travaux de réaménagement du sixième étage commenceront au début de 2020, pour être complétés en novembre. Les bureaux administratifs occupant présentement cet espace seront déménagés ailleurs.

Quant aux locaux vacants au Centre Mgr-Ross, ils seront récupérés pour réaliser un autre projet, le regroupement de l’hébergement en lits de soins de longue durée. Il s’agit d’une initiative d’au moins 2 millions $ qui n’est pas approuvée encore.

Organismes communautaires

La ministre a aussi annoncé l’ajout de 1 million $ récurrents pour les organismes communautaires de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, ce qui porte le budget de la centaine d’organismes à 15,6 millions $ pour l’année financière courante.

La coordonnatrice du Regroupement des organismes communautaires de la Gaspésie et des Îles, Geneviève Giguère, accueille favorablement cet ajustement mais elle rappelle que le manque à gagner s’établit à 13 millions $ par an.

«Malgré l’importance de ces investissements, les besoins financiers des groupes communautaires sont loin d’être comblés. Pensons à l’augmentation de la facture d’épicerie, d’électricité, les distances à couvrir, les besoins criants des gens de notre communauté, du défi de manque de main-d’œuvre et de son recrutement, etc. Du chemin reste encore à faire. Que ce soit pour un organisme en sécurité alimentaire, un centre de femmes, un centre d’action bénévole, une maison des jeunes ou une maison d’hébergement, un montant de 10 000 $ [par organisme] n’est malheureusement pas suffisant pour combler le sous-financement chronique des dernières années», dit-elle.

L'est du Québec

Une baleine noire en partie libérée

MATANE — L’équipe de sauvetage de baleines de Campobello, au Nouveau-Brunswick, a réussi, jeudi, à retirer les engins de pêche qui empêchaient une baleine noire d’utiliser sa queue pendant sa plongée.

Les tentatives visant à la débarrasser des autres engins qu’elle traîne ont été interrompus au crépuscule.

Il s’agit de la baleine dont l’identification est EG#4423, qui avait été repérée vers 10h jeudi pendant un vol de surveillance de la National Oceanic and Atmospheric Administration des États-Unis. Elle avait été vue empêtrée le 4 juillet à l’est de l’île Miscou, au Nouveau-Brunswick. «On croit que cet animal s’était empêtré avant d’arriver dans les eaux canadiennes, soutient le ministère fédéral par voie de communiqué. […] Il pourrait s’agir d’une baleine qui s’est empêtrée pour la première fois en avril dans les eaux américaines.» 

Les vols de surveillance se sont poursuivis pour localiser les deux autres baleines noires empêtrées dans le golfe du Saint-Laurent. Une opération pour sauver la baleine EG#4440, qui a été observée plusieurs fois depuis le 29 juin, a été impossible. Une troisième baleine empêtrée, qui avait été aperçue pour la première fois le 4 juillet à l’est de la Gaspésie, n’a pas été revue et n’a pu être identifiée. 

L'est du Québec

Le F.-A.-Gauthier pas de retour avant l’hiver

MATANE — Le traversier NM F.-A.-Gauthier, qui assure la liaison entre Matane et la Côte-Nord, ne sera pas de retour en août, comme l’avait annoncé le ministre des Transports, François Bonnardel. En réparation au chantier Davie depuis janvier, sa livraison est reportée à l’hiver.

Amarré à Lévis depuis plusieurs semaines après que ses propulseurs eurent été démontés, le navire est entré en cale sèche mardi. 

Le fournisseur avait en stock des pièces pour un seul propulseur. Par conséquent, la société d’État a commandé les pièces du deuxième propulseur, qui sont fabriquées sur mesure. Elles ont mis six mois à arriver. «J’ai donné l’autorisation de remonter les propulseurs pour avoir le F.-A.-Gauthier en service au début de l’hiver», affirme le président-directeur général de la Société des traversiers du Québec (STQ), Stéphane Lafaut.

Les experts ne comprennent toujours pas la nature et les causes des problèmes mécaniques ni des vibrations anormales. «On investigue encore, indique M. Lafaut. On a trouvé des problèmes avec les pièces des propulseurs qui ont probablement causé les vibrations. On travaille sur les causes.»

Longue enquête

«Si j’attends la conclusion de toute l’enquête et des tests qu’il y a encore à faire, je laisserais le Gauthier une autre année, ce que je trouvais inacceptable, a confié le patron de la STQ. Donc, on va remonter les propulseurs et je vais demander aux équipages de revoir les protocoles d’utilisation s’il y a lieu. Puis, on va avoir le Gauthier en service et ça va nous donner le temps de bien comprendre les problématiques et d’apporter les ajustements si requis.»

Le report à l’échéance inclut une période de cale sèche réglementaire de deux mois. «J’ai demandé à mes équipes de devancer la cale sèche réglementaire du F.-A.-Gauthier qui était prévue en 2020 pour la faire maintenant, pendant que le navire est en cale sèche. Donc, ça va éviter de retourner le navire en cale sèche […] l’année prochaine.»

Jusqu’à maintenant, les coûts liés aux réparations du traversier construit en 2015 s’élèvent à environ 15 millions $. Ces frais incluent le contrat pour la desserte aérienne, les coûts d’entretien normaux du navire et diverses dépenses relatives à l’Apollo, excluant cependant l’achat de ce dernier.

L'Est du Québec

Le Saaremaa I effectue sa traversée inaugurale entre Matane et Baie-Comeau

MATANE — Il y avait beaucoup d’effervescence au port de Matane, tôt mercredi matin, alors que les employés de la Société des traversiers du Québec (STQ) procédaient à l’embarquement des passagers et des véhicules sur le NM Saaremaa I. Cinquième traversier à remplacer le NM F.-A.-Gauthier qui est hors service depuis janvier, la nouvelle acquisition de la société d’État a fait sa traversée inaugurale entre Matane et Baie-Comeau.

La phase 1 de mise aux normes canadiennes du navire, acheté au coût de 39 millions $ en Allemagne, aura pris sept semaines au lieu des huit semaines prévues à l’échéancier. Ces travaux ont coûté de 5 à 6 millions $. «Il y aura une phase 2 des travaux, indique le président-directeur général de la STQ, Stéphane Lafaut. Avant, il fallait aller à l’essentiel. […] On voulait offrir un navire de grande capacité qui est confortable, avec un service qui est prévisible.»

Il faut dire que la patience de la clientèle a été mise à rude épreuve par le NM Félix-Antoine-Savard, qui a fait la liaison fluviale pendant quelques semaines en attendant le Saaremaa, puisqu’il est demeuré à quai en moyenne une journée sur deux en raison de ses restrictions de navigation. Le patron de la STQ rassure les usagers que «dans 99 % des cas, on va être capables de traverser [...]». 

Le Saaremaa, qui porte le nom de la plus grande île de l’Estonie, sera éventuellement rebaptisé au nom d’une femme qui aura contribué ou marqué l’histoire de la Matanie ou de la Côte-Nord.

L'Est du Québec

Pêche à la crevette: captures surprenantes dans la zone Anticosti

MATANE — À mi-chemin de la saison de pêche, les captures et les activités de transformation de la crevette sont très variables. Pendant que certains intervenants de l’industrie considèrent qu’elles sont bonnes, d’autres les estiment semblables, voire pires que dans les premières semaines de pêche. Chose certaine, la zone Anticosti provoque la surprise par son abondance.

Joint en mer à la hauteur d’Anticosti, le pêcheur Roberto Desbois était très satisfait de ses captures. «Ce sont des voyages de 60 000 livres en moyenne, se réjouit-il. Anticosti, c’est très bon! Dans l’ensemble, c’est meilleur que l’année passée.» Comme la pêche est bonne, le capitaine du Yohan Mirja s’attend à terminer sa saison plus tôt, soit en août.

«Du côté de la zone Anticosti, les taux de captures demeurent dans les mêmes eaux que l’année passée», commente, pour sa part, le directeur de l’Office des pêcheurs de crevette du Grand Gaspé, Patrice Element.

Si le crustacé était plutôt petit en début de saison, il présente une taille plus intéressante depuis quelques semaines, encore une fois surtout dans la zone Anticosti. «La crevette est d’une bonne grosseur, confirme M. Desbois. Elle est plus belle dans Anticosti que l’année passée. Il y a moins de crevettes blanches.»

Transformation

Dans le secteur de la transformation, le directeur général de l’Association québécoise de l’industrie de la pêche estime que la situation est plutôt bonne dans les deux usines qu’il représente, soit Pêcheries Marinard de Rivière-au-Renard et La Crevette du Nord Atlantique de L’Anse-au-Griffon. «C’est même surprenant, surtout dans Anticosti et du point de vue du volume qui était prévu», estime Jean-Paul Gagné. Les semaines de travail en usine sont plus soutenues qu’en avril. 

À Matane, l’usine Les Fruits de mer de l’Est-du-Québec tourne rondement. «Ça va très bien, s’exclame la présidente du syndicat, Micheline D’Astous. Les pêcheurs font des bonnes captures et on travaille beaucoup. L’usine est à capacité.» L’entreprise compte environ 75 employés, dont une quarantaine d’entre eux sont parfois affectés à la transformation du crabe. Selon Mme D’Astous, les dirigeants ont du mal à pourvoir tous les postes. C’est pour cette raison qu’ils ont engagé 11 travailleurs mexicains. «Ça leur donne une chance, croit la présidente du syndicat. Ils ont engagé des Matanais aussi, mais ça ne faisait pas assez de monde.»

Les employés peuvent transformer de 80 000 à 110 000 livres de crevette par jour. «On produit sans bon sens, indique Mme D’Astous. C’est plus constant que l’an dernier. […] Ça n’arrête pas beaucoup! L’année passée, on n’avait pas vu ça.»

Micheline D’Astous constate, elle aussi, que les débarquements de crevette provenant d’Anticosti sont plus abondants et que la perle rose du Saint-Laurent est plus grosse que les autres années. Comme elle est plus grosse, les prix deviennent plus avantageux pour les pêcheurs. 

Rappelons que les crevettiers disposent d’un quota global identique à celui de l’an dernier, soit un total de 17 337 tonnes pour les zones Sept-Îles, Anticosti, Esquiman et Estuaire.

Justice et faits divers

Enseignant accusé d’agression sexuelle: Richard Bélanger était un modèle pour la présumée victime

SAINTE-ANNE-DES-MONTS — «Il avait beaucoup d’appréciation pour Richard. Pour lui, c’était comme un membre de la famille. Il avait beaucoup d’admiration pour lui. C’était une personne d’exception. Ce n’était pas un prof ordinaire. C’était un modèle, une référence.»

C’est de cette façon que la mère de la présumée victime a décrit Richard Bélanger, accusé d’agression sexuelle sur son fils, lors du deuxième jour du procès de l’enseignant au palais de justice de Sainte-Anne-des-Monts, en Haute-Gaspésie.

L’homme de 54 ans doit répondre à une accusation d’agression sexuelle sur un adolescent, qui était l’un de ses élèves. Les faits reprochés se seraient produits le 7 juin 2018 à l’École Gabriel-Le Courtois de Sainte-Anne-des-Monts.

La mère a témoigné combien M. Bélanger était proche d’elle et de ses enfants. L’enseignant en histoire leur est venu en aide pour différents services en dehors des heures de classe. Il a même soutenu financièrement le voyage de l’un de ses fils. 

Lors du contre-interrogatoire de la défense, la femme a régulièrement fait preuve d’impatience par rapport aux questions insistantes de Me Yves Desaulniers. Elle a souvent remis en cause la pertinence de certaines questions de l’avocat, qu’elle considérait hors propos. Le juge Jules Berthelot a même dû intervenir auprès du procureur relativement à des questions sur un morceau de gâteau au chocolat qu’aurait offert la mère à l’accusé en guise de reconnaissance pour ce qu’il faisait pour sa famille. «Passez à une autre question parce que ce n’est pas pertinent, a lancé le magistrat. Ça fait au moins 15 minutes que je ne note rien!»

Témoignage émotif

La femme était très émotive et a parfois offert des réponses étouffées par les sanglots. À plusieurs questions ou suggestions de la défense, elle a souvent répété qu’elle ne se souvenait pas ou qu’elle avait de vagues souvenirs. Me Desaulniers est revenu la charge à quelques reprises sur les troubles d’anxiété dont souffrait son fils et pour lesquels il était suivi par le psychologue de l’école. Il a aussi soulevé un traumatisme qu’aurait vécu l’adolescent. 

Une enseignante de français et collègue de Richard Bélanger a aussi été appelée à la barre. La procureure de la poursuite, Me Paméla Tremblay, l’a interrogée afin de savoir si le plaignant, à qui elle enseignait également, avait démontré une attitude différente le lendemain de la présumée agression. La femme de 47 ans a répondu n’avoir rien remarqué ni chez l’élève ni chez son collègue. Elle a raconté que M. Bélanger avait cogné à la porte de sa classe pour pouvoir parler à l’élève en question et que la conversation avait été très brève.

La secrétaire de l’école est venue témoigner que le 12 juin 2018, Richard Bélanger l’a averti qu’il s’absenterait pour la journée. «Il n’a pas terminé l’année scolaire et il me semble que c’est la dernière journée que je l’ai vu, a affirmé la femme de 38 ans. Le motif, il ne l’a pas invoqué. Je crois que c’était pour maladie.»

Me Yves Desaulniers a longuement contre-interrogé l’enquêteuse au dossier, qui a réalisé un interrogatoire vidéo de 57 minutes avec le plaignant lors de la première déclaration. L’avocat a tenté d’exposer d’hypothétiques failles à son enquête. La policière de la Sûreté du Québec a admis, à un certain moment, s’être «enfargée dans les mots utilisés» lors de l’interrogatoire.

Un collègue et ami de l’accusé depuis une dizaine d’années a été le dernier témoin entendu devant le tribunal. Le technicien en informatique côtoyait M. Bélanger de 6 à 10 fois par semaine. Il a souvent vu la présumée victime dans la classe de l’enseignant, avant les cours et après. L’employé de 38 ans a indiqué qu’il était inquiet de l’état de santé de son collègue. «Il se prenait souvent la tête, a-t-il raconté. Il avait des pertes d’équilibre et se garantissait en s’appuyant sur son bureau.» Après qu’il eut appris l’accusation qui pesait contre son ami, l’informaticien a tenté d’obtenir sa version. Richard Bélanger aurait refusé «à cause des circonstances».

L'Est du Québec

Accident de travail mortel à la scierie Temrex de Nouvelle: l’identité de la victime révélée

NOUVELLE – La Sûreté du Québec a révélé l’identité de l’homme décédé lundi matin dans un accident de travail à la scierie de Produits forestiers Temrex, à Nouvelle, en Gaspésie. Il s’agit de Martin Boudreau-Labillois, 29 ans, habitant à Nouvelle.

Selon les premières observations des inspecteurs de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail, la victime est décédée après avoir été frappé à la tête par une pince hydraulique à grumes s’étant refermée, précise Maxime Boucher, de la CNESST. Cette pince était installée sur une chargeuse. 

D’autre part, l’enquête policière exclut un acte criminel pour expliquer l’accident de travail. L’accident est survenu à 6h40 alors que M. Boudreau-Labillois tentait de vérifier l’origine d’une fuite sur la pince à grumes. 

Une centaine de travailleurs sont à l’emploi de Produits forestiers Temrex. La compagnie fournit une aide psychologique aux employés qui en ont besoin.

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Musique

L’année de tous les records au Festival en chanson de Petite-Vallée

PETITE-VALLÉE — Plus de monde, plus de spectacles, plus de billets vendus, six spectacles à guichet fermé, deux jours de plus à la programmation… Le 37e Festival en chanson de Petite-Vallée aura été l’année de tous les records. «Gros festival», résumait fièrement, mais fatigué Alan Côté, le grand manitou de l’événement qui a pris fin dimanche avec une supplémentaire de Marc Hervieux.

«L’an passé, on a vendu pour 160 000 $ de billets, laisse entendre Alan Côté. Cette année, on a commencé le Festival à 160 000 $ de billets déjà vendus.» Les revenus de billetterie ont donc fait un bond de 38 % par rapport à l’an dernier. L’organisation évalue à plus de 15 000 le nombre de visiteurs. «On a eu plus de monde qu’avant», constatait déjà à vue d’œil Alan Côté, sans encore avoir les chiffres en main. Celui-ci remarque une relève chez les festivaliers, dont certains «youtubers» et blogueurs qui entraînent des abonnés derrière eux.

Pour le directeur général et artistique de l’événement, ça tient presque du miracle d’offrir autant d’activités dans des lieux temporaires, en attendant la reconstruction du Théâtre de la Vieille Forge, disparu en fumée à l’été 2017. Ce «miracle», il ne manque pas de rappeler qu’il est principalement rendu possible grâce aux quelque 200 bénévoles et à la centaine d’employés qui s’activent à tenir cet événement dans une municipalité qui compte… 139 habitants! 

L’effet Patrice Michaud

Le passeur, Patrice Michaud, y est sans doute pour quelque chose. L’enfant chéri de la Gaspésie était parmi les siens et ceux-ci ont su l’accueillir comme le fils prodigue à son retour. Mais, l’auteur-­compositeur-interprète de Cap-Chat a aussi su leur rendre ce débordement d’amour. «Patrice a été charmant comme il l’est toujours, rassembleur et généreux», a souligné l’organisateur en chef. «Il faut être humainement outillé pour donner et recevoir, a confié Patrice Michaud. Ce n’est pas n’importe qui, qui peut être passeur. On donne, mais il faut aussi savoir recevoir.»

Le passeur a raconté sa longue histoire d’amour avec Petite-­Vallée, qui a commencé en 2008, lorsqu’il a été chansonneur. «C’est là où j’ai présenté mes premières chansons, c’est là que j’ai vu mes faiblesses, se souvient-il. Je suis arrivé sur le tard parce que je ne me trouvais pas très bon, mais j’aimais être sur scène. J’avais 27 ans, j’étais le plus vieux. Cette édition-là est plus que majeure. C’est au Festival que j’ai eu le coup de foudre, cette espèce de dope sur scène. C’est à ce moment-là que j’ai décidé de tout abandonner pour me consacrer à ça. J’ai quitté ma job chez Mountain Equipment Co-op à Québec et j’ai laissé mon mémoire de maîtrise en littérature.»

Parmi les huit chansonneurs du programme Destination Chanson Fleuve, Mélodie Spear de Québec et Étienne Coppée de Montréal sont repartis avec le plus grand nombre de prix et de bourses. Antoine Aspirine, Alex Météore, Ariane Roy, Tom Chicoine, Simon Kearney et Alice Animal ont, pour leur part, récolté au moins un prix chacun.

Affaires

Les mesures pour protéger la baleine noire font mal à Escale Gaspésie

GASPÉ — L’application de la réduction de vitesse sur une partie encore plus grande du golfe Saint-Laurent afin de protéger la baleine noire portera encore un coup à Escale Gaspésie. Cet organisme d’accueil compte déjà six annulations de navires de croisières en 2019 au port de Gaspé, où l’on s’attend à des annulations supplémentaires.

En décrétant le 27 juin la réduction de la limite de vitesse à 10 nœuds même dans les deux corridors où une vitesse supérieure était autorisée, Transports Canada pourrait bien involontairement sonner le glas de 10 autres escales du CTMA Vacancier à Gaspé.

Justice et faits divers

Deux personnes trouvées sans vie dans un véhicule à Carleton-sur-Mer

CARLETON-SUR-MER – Des enquêteurs des crimes majeurs de la Sûreté du Québec (SQ) tentent d’élucider depuis dimanche matin la mort de deux personnes retrouvées dans un véhicule stationné dans le parc Germain-Deslauriers, à Carleton-sur-Mer, en Gaspésie. Les corps portaient des marques de violence.

Les enquêteurs étaient assistés d’un technicien en scènes de crime. Les premiers policiers sont arrivés vers 9h et ils ont quitté presque 10 heures plus tard, un peu avant 19h, quand une remorqueuse a transporté le camion examiné par les enquêteurs pendant la majeure partie de la journée. Ce camion avait été acheté chez un concessionnaire de New Richmond, donc de la région.

Deux véhicules de la morgue étaient stationnés à proximité et ils ont quitté les lieux quelques secondes avant la remorqueuse.

La Sûreté du Québec a refusé de donner plus de détails sur l’identité des victimes, sur leur sexe, leur provenance, la cause de la mort ou la possibilité qu’un ou des suspects aient été identifiés ou arrêtés.

Il semble n’y avoir eu aucun barrage routier tenu par les policiers en Gaspésie dans le courant de la journée.

«Il n’y aura pas de communication aujourd’hui, par respect pour les familles des victimes. Une autopsie sera pratiquée demain [lundi] ou mardi […] L’autopsie confirmera peut-être une thèse ou une autre», a simplement indiqué en fin d’après-midi dimanche le sergent Daniel Thibodeau, de la SQ à Montréal.

«Toutes les thèses seront examinées» et «il est encore trop tôt pour conclure ce qui s’est déroulé», précise aussi la SQ, mais par voie de communiqué.

L'est du Québec

Soutien de l’État à la MRC des Etchemins: Pascal Bérubé réclame une aide équitable

MATANE — Alors que Québec a récemment bonifié une aide financière de 1,6 million $ à la MRC des Etchemins, qui s’ajoute à une somme de 3,6 millions $ déjà consentie pour soutenir son projet de relance, le député de Matane-Matapédia réclame l’équité pour les MRC de sa circonscription, qui présentent des indices de dévitalisation encore plus défavorables. «Si c’est bon pour la MRC des Etchemins, c’est encore plus important pour les trois MRC que je représente», estime Pascal Bérubé.

Or, selon le parlementaire, les MRC de La Matanie, de La Matapédia et de La Mitis font face à des défis similaires. Pourtant, elles ne bénéficient pas du même soutien gouvernemental dans leurs efforts de développement économique et de revitalisation. Pour M. Bérubé, c’est injustifiable. 

Au tableau de l’indice de dévitalisation, la MRC des Etchemins occupe le 85e rang sur 104, avec un revenu moyen par habitant de 28 879 $ et une population de 16 800 habitants. La Mitis se positionne au 88e rang au chapitre de l’indice de dévitalisation, pour un revenu moyen de 27 712 $ et 18 148 habitants. La Matanie suit au 89e rang avec un revenu médian de 29 027 $ et est habitée par 21 140 personnes. La Matapédia se situe au 100e rang avec un revenu moyen de 26 878 $ et compte 17 848 résidents.

Nombreux projets

Pour le député Bérubé, si la MRC des Etchemins peut bénéficier de 3,6 millions $ sur trois ans, dont le montant avait été annoncé par les libéraux et complété par la Coalition avenir Québec, il demande le même soutien financier pour les MRC de son territoire. «Les trois MRC ont des plans de développement, précise-t-il. Il y a même des programmes particuliers.» Il donne comme exemple le Fonds d’innovation et de développement économique local de la Matanie qui demande 500 000 $ de la part de Québec depuis quelques années. Dans La Matapédia, il croit qu’un coup de pouce financier pourrait faciliter le développement du projet d’écoterritoire habité. «Dans La Mitis, ils sont sur une lancée intéressante avec de nombreux projets», mentionne-t-il.

Le soutien financier aurait-il été accordé à la MRC des Etchemins en fonction de son appartenance à la Coalition avenir Québec, représentée par la députée de Bellechasse, Stéphanie Lachance? Pascal Bérubé n’y croit pas. «Je regarde la nécessité d’aider les régions sans égard aux formations politiques qui les représentent», répond-il.

Le député de Matane-Matapédia a, le 18 juin, fait parvenir une lettre à la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, afin de lui faire part de sa demande. Il attend toujours une réponse.

L'est du Québec

Un parc à la mémoire d’une victime de polytechnique

La municipalité de Saint-Ulric vient de renommer l’un de ses parcs pour le dédier à la mémoire de Sonia Pelletier, l’une des quatorze étudiantes tombées sous les balles de Marc Lépine à l’École polytechnique de Montréal.

Originaire de cette municipalité voisine de Matane, la jeune femme de 28 ans était la cadette d’une famille de huit enfants. Le jour de son assassinat, elle en était à son dernier jour de classe avant d’obtenir son diplôme en génie mécanique. 

Dans le cadre des célébrations de son 150e anniversaire, la municipalité de Saint-Ulric en profite pour commémorer les 30 ans de cette tragédie.

L'est du Québec

Conduite dangereuse ayant causé la mort: les dés sont jetés pour Anthony Ricard Bérubé

MONT-JOLI — Les dés sont jetés pour Anthony Ricard Bérubé, dont le procès s’est terminé mercredi au palais de justice de Mont-Joli. L’individu de 21 ans est accusé de conduite dangereuse ayant causé la mort d’un résident de Québec, André Fortier, qui était âgé de 70 ans. L’accident est survenu le 29 mai 2018 à Saint-Simon, près de Trois-Pistoles. C’est à la mi-septembre que le prévenu connaîtra le sort qui lui sera réservé par la justice.

Selon le service du greffe du palais de justice de Mont-Joli, la poursuite a fait entendre onze témoins, dont un reconstitutionniste en collisions de la Sûreté du Québec. La preuve a été close mercredi après que la défense eut fait témoigner l’accusé, qui a ensuite dû se prêter au contre-interrogatoire de la Couronne. Anthony Ricard Bérubé a soutenu la thèse qu’il avait fait valoir au Soleil le lendemain de l’accident, soit celle voulant qu’il se soit endormi au volant. 

Conduite dangereuse

Pour la poursuite, la thèse du sommeil momentané n’est pas plausible. La Direction des poursuites criminelles et pénales (DPCP) croit plutôt qu’il s’agit d’une manœuvre de dépassement ou d’une tentative de dépassement dans un moment d’inattention. «La collision qui a été fatale a été précédée sur plusieurs kilomètres à partir de l’est du village de Saint-Fabien, rappelle la procureure de la Couronne, Me Julie Gagné. Plusieurs témoins ont vu le véhicule conduit par monsieur à haute vitesse et en train d’effectuer des dépassements ou des tentatives de dépassement qu’ils ont jugé dangereux. Ils sont venus en témoigner. La poursuite allègue que cette façon de conduire, sur les nombreux kilomètres précédant l’impact fatal, est une preuve circonstancielle valable et fiable.»

Selon le DPCP, «le reconstitutionniste est venu témoigner que le véhicule de l’accusé était totalement dans la voie inverse lorsqu’il a eu un impact avec un véhicule de marque Chevrolet Cruze, faisant en sorte que le véhicule de l’accusé a été déporté et a fait un tonneau pour atteindre le deuxième véhicule, soit celui de la victime décédée». Pour Me Gagné, c’est une «totale responsabilité factuelle». Mireille Pouliot était au volant de la Chevrolet Cruze. Selon la procureure de la Couronne, «elle est venue témoigner que des douleurs cervicales et au dos étaient apparues plus tard». 

Le Soleil a tenté d’obtenir la version de la Défense, mais Me Caroline Bérubé n’a pas retourné nos appels. Le juge Richard Côté a pris le dossier en délibéré et rendra sa décision le 13 septembre au palais de justice de Rimouski.

Au moment de l’accident, Anthony Ricard Bérubé, qui est originaire de Sainte-Angèle-de-Mérici, près de Mont-Joli, retournait à Drummondville, où il travaillait depuis quatre mois pour une entreprise de remorquage. Anthony Ricard Bérubé est sans antécédent judiciaire.

L'est du Québec

21 victimes du Carricks enterrées... 172 ans plus tard

Un peu plus de 100 personnes ont participé jeudi dans le Parc national Forillon à l’inhumation des restes de 21 personnes ayant péri dans la nuit du 27 au 28 avril 1847 lors du naufrage du navire irlandais Carricks, sur les côtes de Cap-des-Rosiers, en Gaspésie.

Plusieurs des personnes présentes à la cérémonie sont des descendants des 48 survivants du naufrage, provoqué par une violente tempête. Le Carricks était parti de Sligo, en Irlande, le 4 ou le 5 avril, il y a 172 ans.

Il y aurait eu 173 personnes à bord, des gens qui fuyaient l’Irlande, aux prises avec une famine provoquée par la maladie de la pomme de terre et par l’oppression de l’Angleterre à l’égard des Irlandais. Certains passagers, déjà faibles au départ, sont décédés pendant la traversée et leur dépouille a simplement été balancée par-dessus bord.

Apprendre de ses erreurs

Un descendant de survivants, Georges Kavanagh, participant à l’inhumation, a été fort touché par la pérennité de cette histoire. Il ne peut s’empêcher de faire des parallèles avec des situations contemporaines.

«C’est assez curieux qu’une histoire comme ça soit encore vivante aujourd’hui. […] Pour les gens de Cap-des-Rosiers et pour moi en tout cas, c’était important que ça soit souligné de façon un peu spéciale. […] Quand on s’y arrête comme il faut, […] le monde ne change pas. On n’apprend pas de nos erreurs. Ils [les Irlandais] ont vécu quelque chose qui n’a pas d’allure, qui n’a pas de bons sens, mais aujourd’hui, les nouvelles nous racontent à tous les jours des gens qui sont dans des camps de réfugiés, qui essaient de passer une frontière et qui se font rejeter. Ça continue à se vivre dans le monde. Eux, ils l’ont vécu et les moyens de communications, les moyens de secours n’étaient pas aussi faciles», note M. Kavanagh.

Dans les jours suivant le naufrage, 87 corps ont été retrouvés dans les parages de Cap-des-Rosiers. Ils ont été à l’époque enterrés sans trop de cérémonie dans une fosse commune. L’inhumation des restes de 21 personnes jeudi visait à leur donner une digne sépulture.

Les restes de trois enfants âgés entre 7 et 12 ont été trouvés sur la berge en 2011, peu après une violente tempête ayant causé de l’érosion. L’hypothèse du dévoilement involontaire de la fosse commune a alors été émise. En 2016, Parcs Canada, propriétaire du Parc Forillon, a réalisé un inventaire archéologique à l’issue duquel les ossements de 18 autres personnes ont été dégagés.

Une analyse des ossements a confirmé il y a quelques semaines l’hypothèse des dépouilles de naufragés du Carricks, en déterminant que le régime alimentaire de ces personnes s’apparentait à celui d’une population vivant d’une agriculture basée sur la culture de la pomme de terre, régime alimentaire typique de l’Irlande de la première moitié du XIXe siècle. Des naufragés souffraient de pathologies sans doute causées par la malnutrition.

Une histoire à creuser

La cérémonie de jeudi n’a pas bouclé la boucle pour Georges Kavanagh, qui s’intéresse encore à l’histoire de ses ancêtres.

«Il reste encore des pans d’histoire qui sont mal connus et qu’il faut fouiller encore. […] Je vais continuer à gratter un peu dans l’affaire. […] On réalise qu’il manque des morceaux. […] Par exemple, la date du naufrage est contestée un peu par les gens qui connaissent la navigation», souligne-t-il, rappelant qu’il serait surprenant qu’un navire comme le Carricks ait pu traverser de l’Irlande à la Gaspésie en 22 jours avec les moyens de l’époque.

Le naufrage du Carricks a eu pour effet de fournir aux marins et aux citoyens réclamant la construction d’un phare dans le secteur des arguments pour le moins probants. En 1858, le phare de Cap-des-Rosiers a été inauguré. Il demeure le phare le plus imposant au Canada.

Un monument en hommage aux Irlandais du Carricks existe depuis 1900 à Cap-des-Rosiers. Il avait été commandité par la paroisse Saint-Patrick de Montréal, en collaboration avec la paroisse locale Saint-Alban. La cloche du Carricks, retrouvée le 24 septembre 1968 sur la grève de Blanc-Sablon, en Basse-Côte-Nord, prend place à côté du monument.

L'Est du Québec

Sixième baleine noire morte: un navire serait responsable

CLORIDORME — La sixième baleine noire retrouvée dans le golfe du Saint-Laurent serait morte à la suite d’un traumatisme contondant, qui pourrait résulter d’une collision avec un navire. C’est ce que tendent à démontrer les conclusions du rapport préliminaire de la nécropsie pratiquée lundi par deux équipes de vétérinaires à Cloridorme, près de Gaspé.

En fin d’après-midi lundi, Stéphane Lair indiquait qu’il s’agissait d’une suspicion et non d’une évidence, comme dans le cas des deux dernières nécropsies de baleines noires. «On a un diagnostic et un taux de certitude qui va avec, précise celui qui dirigeait les deux équipes de vétérinaires. Il y a des cas où le niveau de certitude est très élevé et il y a des cas, comme celui-ci, où le niveau de certitude risque d’être plus bas.»