Abonnez-vous à nos infolettres. Obtenez en plus et assurez-vous de ne rien manquer directement dans votre boîte courriel.

L'Est du Québec

Augmentation de 2,2 % des taxes foncières à Matane

Les contribuables de Matane verront leur compte de taxes foncières augmenter de 2,2 %, ce qui est à peu près égal à l’indice des prix à la consommation (IPC) du Québec, qui est de 2,3 %. La hausse est cependant supérieure à l’IPC du Canada, qui se situe à 1,9 %. Par conséquent, le propriétaire d’une maison moyenne évaluée à 150 000 $ devra payer de 45 $ à 60 $ de plus, selon le secteur où il habite.

Donc, la taxe foncière augmentera de 11 ¢ par 100 $ d’évaluation pour se situer à 1,37 $ par tranche de 100 $ d’évaluation. Les immeubles agricoles profiteront d’un allégement foncier. Ainsi, la taxe diminuera de 1,26 $ à 1,09 $ par tranche de 100 $ d’évaluation.

L'Est du Québec

Enseignant accusé d’agressions sexuelles sur un élève: le tribunal refuse l’avortement du procès

SAINTE-ANNE-DES-MONTS – À la reprise du procès de Richard Bélanger, un ex-enseignant accusé d’agressions sexuelles qui seraient survenues en juin 2018 sur un élève mineur, le juge Jules Berthelot a refusé, mardi, la requête en avortement de procès présentée par la Défense au palais de justice de Sainte-Anne-des-Monts. La motivation de Me Yves Desaulniers reposait sur l’admission, par le magistrat, de faits similaires qui seraient antérieurs au procès et qui causeraient, selon le procureur, un préjudice irréparable à son client.

«Le tribunal conclut que les faits qui sont survenus ne sont pas le fruit du hasard, a cité Me Desaulniers. Je vous rappelle que l’accusé n’a pas encore témoigné! Vous incarnez le juge des faits et le juge des droits. Vous laissez poindre une certaine partialité! Mon client peut réfuter des témoignages, mais il ne peut pas réfuter des éléments de droit. Bien que ce soit exceptionnel, je vous demande de procéder à un avortement du procès.»

Sans surprise, la Couronne s’est opposée. Pour Me Florence Frappier-Routhier, son collègue doit non seulement se baser sur un doute ou une apparence de partialité, mais il doit la prouver. Après un ajournement de la cour, le juge Berthelot s’est notamment référé au jugement rendu dans la cause de l’ex-instructeur de ski Bertrand Charest pour prouver «l’existence d’une relation d’autorité et de confiance entre l’appelant et le plaignant». 

L'Est du Québec

Ressources minérales: Pélican s'approche du but

La firme Ressources minérales Pélican déposera au cours des premières semaines de 2020 une étude d’impact environnemental liée à un projet d’exploitation de carrière de carbonate de calcium à 15 kilomètres au nord-est de Murdochville, en Gaspésie, une initiative porteuse d’un investissement de 40 à 60 millions $ et de 30 emplois.

Cet investissement comprendrait aussi l’aménagement d’une usine de transformation de carbonate de calcium à Grande-Vallée pour satisfaire les besoins de certains clients convoités par la firme, et d’une infrastructure portuaire pour expédier cette matière calcaire vers les marchés.

L’évaluation du gisement du canton Lefrançois a débuté en 2011, alors que son existence était connue depuis quelques années. Des étapes préliminaires visant sa mise en production sont déjà réalisées, au coût de 2 millions $.

«Le gisement renferme 100 millions de tonnes et il contient trois grades de carbonate de calcium. Les deux grades principaux, entre 97 et 99 % de pureté, composent une bonne partie du gisement, soit 40 %», précise le président de la firme, David Canuel.

Le grade présentant un indice de pureté moindre sert surtout en métallurgie. Les usines de bouletage de fer de la Côte-Nord, à Sept-Îles et à Port-Cartier, sont des clients visés par Ressources minérales Pélican. Les utilisations du carbonate de calcium sont multiples ailleurs.

«Il peut être utilisé pour les produits pharmaceutiques (…) Il peut servir en agriculture, en construction, dans le verre, le plastique et le caoutchouc pour diminuer d’autres intrants venant des hydrocarbures. Une grande proportion du gisement a une pureté très élevée, concentrée de façon homogène», explique David Canuel.

À maturité, la firme produirait 500 000 tonnes de carbonate de calcium par an. Ressources minérales Pélican souhaite débuter une exploitation commerciale du gisement dès 2020 pour fournir les usines de bouletage de la Côte-Nord, à raison de 10 000 tonnes et autant en 2021, en se servant du quai actuel de Grande-Vallée.

Pendant ce temps, elle cherchera à obtenir son autorisation environnementale et son permis d’exploitation pour l’usine projetée à Grande-Vallée en 2022. Cette usine réduira en fine poussière le carbonate de calcium pour des usages autres que la métallurgie. Gaspé avait aussi été considérée pour cette usine.

«Idéalement, il faut centraliser les opérations le plus près possible de la carrière», note M. Canuel, statuant que le projet comporte des défis logistiques, ce qui explique le choix de Grande-Vallée, le quai le plus proche. Sa localisation au centre du village incite la firme à planifier un nouveau quai à l’est de la communauté. Le quai actuel est municipal.

«Il y a la profondeur d’eau, mais aussi la proximité des maisons (…) Nous voudrions un quai offrant de la flexibilité pour les autres usages», signale David Canuel, qui compte discuter avec les gouvernements à ce sujet.

L’usine serait aménagée le long du chemin de la Rivière, à 12 kilomètres de la mer. «Notre volonté principale, c’est qu’il y ait le moins d’impact pour les gens. Nous serons placés à l’extrémité sud, en retrait, à mi-chemin entre la carrière et la ville. On veut le moins de voisins possible», dit-il.

Ressources Pélican s’adjoint les services de Pesca Environnement pour l’obtention d’une certification du projet. Y aura-t-il intervention du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement? «C’est à voir. Ce n’est pas nous qui décidons», dit M. Canuel.

Il est l’un des actionnaires de la compagnie. D’autres particuliers, une firme de forage et une firme de génie civil comptant 300 employés, possèdent aussi des parts dans Pélican, dont le siège social est situé à Murdochville.

L'Est du Québec

«Augmentation substantielle» du compte de taxes en 2020 à Rimouski

RIMOUSKI – Pendant que les taxes municipales augmenteront de 1,3 % à Québec et de 2,1 % à Montréal, le contribuable moyen de Rimouski devra faire face à une augmentation de son compte de taxes de 4,1 % en 2020. Il devra payer 99 $ de plus en impôt foncier. Cette hausse est bien au-delà de l’indice des prix à la consommation qui est de 1,9 %.

«Malgré le fait que cette augmentation soit substantielle, Rimouski demeure parmi les villes les moins taxées au Québec et offre des services de grande qualité», a répété plus d’une fois le maire de Rimouski, Marc Parent.

Le propriétaire d’une résidence évaluée à 212 727 $ aura à payer 2410 $ en taxes municipales. Marc Parent martèle que «la Ville de Rimouski est dans une situation extrêmement enviable si on la compare aux autres villes du Québec». «Le taux de taxation de la Ville de Rimouski est parmi les plus bas au Québec, a-t-il spécifié. Le taux d’endettement pour les villes comparables de 45 000 à 55 000 habitants est le plus bas au Québec.» Sur sept villes québécoises comparables en termes démographiques, Rimouski se situe au deuxième rang du compte de taxes moyen le moins cher après Mirabel, dont le compte est estimé à 1623 $. Saint-Eustache suit de près avec 2661 $.

Budget de 91,6 M$

Lundi soir, le conseil municipal de Rimouski a adopté un budget équilibré de 91,6 millions $. «En 2020, la taxe foncière et la tarification des services représenteront 74 % des sources de revenus du budget de fonctionnement, a expliqué M. Parent. La diminution des revenus attribuables à la vente de terrains et aux produits de placements s’inscrit comme un enjeu financier déterminant. Dans ce contexte, la recherche de nouvelles sources de financement est une priorité pour limiter les hausses de taxes futures.»

De 2015 à 2020, le budget de la Ville de Rimouski a augmenté de 20 %. «Il y a eu des acquisitions importantes, mais aussi des obligations, a-t-il fourni comme raisons. Pour une résidence moyenne, c’est un peu moins de 2 $ par semaine d’augmentation de taxes. Si on le compare avec l’indice des prix à la consommation, c’est substantiel, mais les gens en ont vraiment pour leur argent! Les citoyens voulaient avoir plus de pavage et voulaient un centre animalier, ce qu’on va faire en 2020.»

L’élu assure que son administration a déployé beaucoup d’efforts pour ne pas surtaxer les contribuables, mais «la Ville fait face à des contraintes budgétaires additionnelles de 2,65 millions $». Ces dépenses s’expliquent par la «facture salée» de la Sûreté du Québec, les services de déneigement, l’ajout de quatre postes de pompiers permanents, la construction d’un nouveau bâtiment pour le Centre de services animaliers qui fait passer le budget annuel du simple au double ainsi que l’augmentation importante des contrats de pavage liée aux coûts du bitume et la majoration des salaires des employés municipaux. «La tarification de la Sûreté du Québec est basée sur la vitalité économique d’une ville, a précisé le maire Parent. On est victimes du succès de la ville de Rimouski. On se retrouve avec une facture à payer qui est tout près de 6 % au-dessus de ce qu’on payait l’an dernier.»

L'Est du Québec

Jugement Marshall: vingt ans de progrès pour les communautés autochtones

GESGAPEGIAG — Quand la Cour suprême du Canada a rendu, le 17 septembre 1999, une décision légalisant la pêche commerciale autochtone dans l’est du Canada, Québec maritime inclus, Lina Condo est guide de pêche au saumon sur la rivière Grande-Cascapédia. Elle ignore que le «jugement Marshall» révolutionnera sa vie.

Les Mi’gmaqs de Gaspésie, les Malécites du Bas-Saint-Laurent et les Innus de la Côte-Nord pêcheront désormais des espèces comme la crevette, le homard et le crabe des neiges. La communauté de Mme Condo, Gesgapegiag, tout comme Listuguj et Gespeg, aussi en Gaspésie, seront du nombre. Le conseil de Gesgapegiag contacte Lina Condo pour organiser et gérer les pêches commerciales.

«Je ne savais pas ce que c’était, le crabe des neiges. Mais grâce à Herman Synnott et à Sylvio Coulombe, qui travaillait à Pêches et Océans Canada à Gaspé, on a réussi. […] J’appelais Herman avant de prendre toute décision. Dans les premiers temps, on a pêché la crevette, avec l’appui d’Herman», dit-elle.

Herman Synnott, un crevettier de Gaspé, est l’un des pêcheurs «blancs» ayant décidé de collaborer illico avec les autochtones. Il a gagné ainsi un respect immense à Gesgapegiag et à Gespeg, où il a joué le rôle de mentor. D’autres non autochtones, dont Maxime Lambert, en ressources humaines, ont appuyé Lina Condo.

«On a développé une politique de pêches et des descriptions de tâches. Pour la rémunération, on a suivi l’industrie. Quand j’entendais des remarques disant que nos pêcheurs étaient peut-être trop payés, je répondais : “Je suis sortie en mer. C’est un métier difficile.” Bernard Lacroix, qui gérait l’usine E. Gagnon et Fils dans ces années-là, achetait notre crabe. Si je n’avais pas eu ces personnes, je ne sais pas ce qui serait arrivé. On a commencé bien encadrés», dit-elle.

Maintenant, Lina Condo, née d’une mère blanche et d’un père autochtone, admet qu’elle était bien placée pour gérer l’après-Marshall. «J’ai les deux cultures. Ça m’a facilité la tâche, comme ma connaissance du français et de l’anglais».

Restaurants

Colombe St-Pierre au Gelinaz! Shuffle

RIMOUSKI — Pour la deuxième fois en carrière, Colombe St-Pierre du Restaurant Chez Saint-Pierre a, mardi, relevé le défi complètement fou du Gelinaz! Shuffle. À la différence de celui de 2015, où la cheffe de Rimouski était partie cuisiner à Stockholm durant cinq jours pendant qu’un chef parisien s’était installé dans sa cuisine du secteur du Bic, la réputée cuisinière a concocté un repas composé de huit services basé sur autant de recettes d’un chef dont elle ignorait la provenance dans le monde.

À 22h, un journaliste avait la tâche d’annoncer à la trentaine de convives du restaurant bas-laurentien ainsi qu’à la cheffe St-Pierre et sa brigade la provenance des huit plats. C’est l’autrice de ces lignes qui a eu le privilège de leur apprendre qu’ils avaient mangé des mets créés par Sung Anh de Séoul, en Corée du Sud. «Je le savais», s’est immédiatement écriée l’extravertie Colombe St-Pierre, qui avait avoué être certaine, pendant qu’elle imaginait les recettes, qu’il s’agissait assurément de recettes asiatiques, voire coréennes ou japonaises.

L’événement gastronomique international complètement déjanté, qui est considéré par certains comme le plus grand délire culinaire de la planète, se rapproche davantage de la performance artistique. Pendant un soir, 148 chefs dans 138 restaurants de 38 pays se sont échangé des recettes pigées au hasard, sans en connaître la provenance. Par souci de n’émettre aucune émission de gaz à effet de serre, le Gelinaz! Shuffle a, pour la première fois, refusé les voyages en avion, tout en n’érigeant aucune frontière. Ce sont plutôt les recettes qui ont voyagé.

La cheffe-propriétaire de Chez Saint-Pierre dit ne pas avoir trouvé le défi difficile. «J’adore les défis», a-t-elle lancé avec assurance. «Ce sont des événements qui sont construits autour de la créativité. On nous proposait des recettes, mais le but, c’était de les interpréter, d’essayer de s’inspirer d’une cuisine d’une autre culture, de la faire renaître avec nos produits, notre culture et notre interprétation de ces recettes. C’est un échange interculturel monumental. Je suis une voyageuse. Donc, ce n’est pas du tout déroutant pour moi!»

Colombe a dû modifier un peu quelques recettes à cause de la disponibilité des produits. Par exemple, elle a préféré changer le homard qui est seulement vendu en vivier en hiver par de la pieuvre et le maquereau par du thon rouge de la Baie des Chaleurs. Voici quelques exemples de plats qui ont été servis par l’équipe de Chez Saint-Pierre : pétoncle et calmar, jus émulsionné de fermentation de légumes de saison; tartelette de crevettes nordiques, mousse de beurre de homard et radis roses en brunoise; flan d’algues et soya biologique, œufs de harengs marinés à l’huile de sapin baumier, riz noir soufflé et oreilles de Judas. 

Justice et faits divers

Amende record pour CFG Construction

À faute lourde, amende pesante. La Cour du Québec impose une amende record de 345 000 $ à l’entreprise CFG Construction, coupable de négligence criminelle ayant causé la mort d’un camionneur en septembre 2012.

Le 11 septembre 2012, le camionneur Albert Paradis est envoyé par son employeur chercher des rebuts d’acier dans un chemin forestier du chantier du parc éolien de la Seigneurie de Beaupré. Il a comme consigne de charger le conteneur de son camion au maximum de sa capacité.

Les freins du vieux camion Volvo fonctionnent à 53 % de leur capacité et le système de freinage n’a pas moins de défectuosités majeures. L’insouciance du mécanicien et du dirigeant du garage de CFG Construction est à blâmer, tranchera la juge Hélène Bouillon.

Le camion va se renverser dans une courbe et sera retrouvé au bas d’une pente. Albert Paradis, 50 ans, père de trois enfants, meurt seul, à côté de son poids lourd.

Les dirigeants de l’entreprise CFG Construction ont laissé Paradis conduire un camion vétuste dont ils savaient les freins déficients, conclut le tribunal.

Ils méritent aujourd’hui une peine significative pour punir un comportement «qui a porté atteinte aux valeurs de notre société et notamment celles entourant la santé et la sécurité du travail», écrit la juge Bouillon. La peine doit de plus «envoyer un message clair à toute entreprise qui serait tentée d’adopter cette même conduite», ajoute-t-elle.

Le Code criminel prévoit que l’amende est la seule peine pouvant être imposée à une organisation reconnue coupable d’une infraction criminelle.

Pour cette négligence criminelle qui s’est étalée sur plusieurs mois, la Couronne réclamait une amende de 500 000 $, du jamais-vu au Québec.

La défense soutenait qu’en raison de sa faible capacité financière, CFG Construction devrait se voir imposer une amende 10 fois moindre, soit 50 000 $.

La juge Bouillon a choisi d’imposer une amende globale de 345 000 $ qui sera payable sur quatre ans.

CFG a tiré profit de sa négligence, rappelle la juge Bouillon, car les sommes qui auraient dû être investies dans l’entretien et la réparation du camion «ont clairement constitué un avantage pour CFG Construction, soit celui de se sortir au plus vite de son impasse économique et de son insolvabilité».

Risque de récidive

Depuis 2012, CFG a été condamnée à de nombreuses reprises pour des infractions à divers règlements et au Code de la sécurité routière. Sa licence d’entrepreneur en construction a été suspendue durant un mois en 2018.

«Une entreprise avertie à répétition par les autorités compétentes et par les tribunaux, qui n’apporte pas de changements significatifs à ses comportements répréhensibles et dangereux, compromet la sécurité sociale», écrit la juge Bouillon, ajoutant que la réhabilitation de l’entreprise est loin d’être acquise et que le risque de récidive est toujours présent.

Exceptionnelle probation

Le nombre d’infractions de toutes sortes démontre que les faibles mesures mises en place par l’entreprise ne sont pas suffisantes pour assurer la sécurité des 60 travailleurs à temps plein et 250 employés occasionnels sans compter celle du public.

C’est pour cette raison que la juge Hélène Bouillon a choisi de mettre CFG Construction en probation durant trois ans, mesure inusitée dans le monde des entreprises.

CFG devra embaucher un consultant externe qui évaluera la situation et proposera des correctifs.

L’entreprise devra notamment donner une formation annuelle à ses employés sur la conduite de véhicule lourd et fournir aux autorités une copie du rapport annuel d’inspection de la SAAQ.

CFG Construction a interjeté appel de sa condamnation en Cour du Québec.

L’entreprise devra verser au total près de 200 000 $ à la CNESST pour le décès de son travailleur, dont 120 000 $ ont déjà été remis à la veuve d’Albert Paradis.

La compagnie s’expose aussi à des amendes de 83 000 $ selon l’évolution du dossier pour les accusations pénales.

Plus de sept ans après le décès de son mari, Sylvie Dionne était de nouveau de retour dans une salle de cour, pas très loin de Franky Glode, le patron d’Albert Paradis.

En parallèle à la preuve froide et technique, la juge Bouillon a retenu beaucoup de choses du témoignage de la veuve et de ses trois enfants, lors des représentations sur la peine. «La présence d’une douleur qui transperce la peau, la perte de la paix de l’âme, un vide immense, une rage indescriptible, un ouragan subi de plein fouet et la sensation de basculer dans le vide», résume la juge.

L'Est du Québec

Air Canada a annulé deux vols vers l’Est en deux jours

CARLETON — Le transporteur Air Canada Jazz s’est distingué pour les mauvaises raisons, en annulant deux vols entre Québec, Gaspé et les Îles-de-la-Madeleine en fin de semaine, tout en démontrant des lacunes de communications et de gestion d’imprévus qui ont fait bondir les usagers, dont le député des Îles à l’Assemblée nationale, Joël Arseneau.

Il était parmi les 50 clients ayant subi les deux annulations de vol. La collègue députée de Gaspé, Méganne Perry Mélançon, était aussi du nombre. Les éléments de dysfonction de services à Air Canada Jazz sont multiples, et ils vont dans toutes les directions, précise M. Arseneau.

«Nous étions assis dans l’appareil depuis 25 minutes vendredi soir quand on nous a informés qu’il fallait descendre. “Le dégivreur ne fonctionne pas et on se dirige vers le givre.” C’était le message. On débarque. On nous annonce dans l’aérogare que le vol est annulé. Il y a 50 personnes qui tentent de réserver un billet pour le vol suivant au comptoir et ça a pris 15 minutes pour régler le premier client», précise le député.

Voyant que le règlement de la situation risque de prendre la nuit et que la ligne téléphonique d’Air Canada n’est pas fiable, il réussit à obtenir une réservation pour le vol du samedi matin en ligne, avec son téléphone mobile.

Samedi, il se présente comme d’autres usagers, dont la députée Perry Mélançon pour une seconde tentative. Cette fois, c’est la tempête de vent aux Îles-de-la-Madeleine et en Gaspésie qui annule du vol.

«Sur mon téléphone, on m’informe que je pourrai prendre un vol lundi soir pour les Îles-de-la-Madeleine. Mais lundi soir, je suis supposé être de retour à Québec! […] D’autres passagers se sont fait dire qu’ils ne partiront que mardi!» souligne M. Arseneau.

Il réussit finalement à prendre un vol samedi soir pour l’archipel madelinot.

«Je ne m’apitoierai pas sur mon sort. Je suis un gars qui n’était pas en urgence et je suis resté calme dans la situation. Je suis habitué aux lacunes d’Air Canada. Mais il y a des gens qui se rendaient voir des proches, mourants. Il y a des gens sans grands moyens qui se rendent en taxi à l’aéroport, à 35 $ la fois parce qu’ils n’ont pas le choix, des gens voyageant pour des raisons de santé. Il y a 4300 transferts médicaux par an aux Îles. Ces conditions sont pires que dans les années 1960», déplore le député.

Aucun plan de contingence

Il dénonce l’absence de plan de contingence, ou d’imprévus, de la part d’Air Canada, alors que la firme utilise des Dash 8-300, un modèle lancé en 1983.

«J’étais maire en 2005 et Air Canada parlait de les remplacer. Un vol sur quatre d’Air Canada à destination des Îles-de-la-Madeleine est annulé ou détourné vers une autre destination. Pascan, avec la même météo, annule seulement 5 % de ses vols», note le député. 

Les Dash 8-300 ne sont pas équipés du système d’approche LPV, un système de guidage permettant de réduire considérablement la limite inférieure du plafond nuageux pour atterrir.

Joël Arseneau dénonce aussi la faiblesse des communications d’Air Canada avec ses clients, les défaillances du système informatique, l’impossibilité à de joindre un préposé téléphonique lors d’annulation de vols et le manque de personnel, qui a entraîné des retards systématiques au cours de l’été.

«Air Canada ne répond plus. Si c’était beau 24 heures sur 24, sept jours sur sept, ce serait différent, mais l’hiver ne fait que commencer», dit le député.

Il a parlé dimanche au ministre des Transports du Québec, François Bonnardel, qui devrait parler à son homologue fédéral Marc Garneau jeudi.

«Le transport aérien, pour les Madelinots et de plus en plus pour les Gaspésiens, est un transport collectif. Ce n’est pas vrai qu’on peut être à la merci des décisions intempestives d’Air Canada», conclut M. Arseneau.

Air Canada n’a pas retourné le message du Soleil pour donner sa version de l’affaire.

L'Est du Québec

Pont sur le Saguenay: les élus pressent le gouvernement

BAIE-COMEAU — Le fait que le gouvernement caquiste se soit commis la semaine dernière en laissant entendre que la construction d’un pont sur le Saguenay à la hauteur de Tadoussac n’était pas une priorité a galvanisé élus et membres de la Société du pont sur le Saguenay et de la Coalition Union 138. Ces derniers se disent maintenant prêts à exercer des activités de sensibilisation dans l’ensemble du Québec, sous une forme qui reste à déterminer.

Tous ceux qui ont pris la parole lors de la conférence de presse de lundi matin à Baie-Comeau ont martelé le même message : le gouvernement s’était engagé à aller de l’avant avec l’étude d’opportunité que devait commander le bureau de projet du pont sur le Saguenay, mais il a fait machine arrière, ce qu’ils considèrent tous comme inacceptable. Deux courtes vidéos de déclarations du premier ministre François Legault  démontrent d’ailleurs qu’il a déjà déclaré être d’accord avec l’idée «de regarder la possibilité de construire un pont»..

«La semaine dernière, ça a été un choc de se faire dire par M. Bonnardel (le ministre des Transports) que le dossier du pont, ce n’était pas vraiment important», a laissé tomber le préfet de la MRC de Manicouagan, Marcel Furlong, traduisant ainsi l’état d’esprit des gens présents à cette sortie publique. «On a été de bons citoyens, on leur a donné une chance mais là, on est allé au bout de la chance», a-t-il ajouté.

«La Côte-Nord ne rejouera plus dans le film «Le jour de la marmotte». On l’a suffisamment joué», de faire valoir Réjean Porlier, maire de Sept-Îles. «On a l’impression de se faire mener en bateau. La Côte-Nord est extrêmement déçue», a-t-il enchaîné.

«La première action qu’on demande, c’est de lancer enfin l’étude d’opportunité (devant être pilotée par le bureau de projet du pont), déjà prévue au programme des infrastructures. Ça représente 10 millions sur 115 milliards. C’est une goutte d’eau dans le Saguenay», a poursuivi le président du conseil central Côte-Nord de la CSN, Guillaume Tremblay, aussi porte-parole de la Coalition Union 138, qui parle de «manque total de respect» de la part du gouvernement dans ce dossier. 

Quant au préfet de la MRC de Charlevoix-Est, Sylvain Tremblay qui, incidemment, a dû attendre le traversier près d’une heure pour pouvoir venir à Baie-Comeau, il a tenu à rappeler que «le projet du pont, c’est un projet de développement pour tout le Québec».

L'Est du Québec

Confusion dissipée à la MRC de La Matanie

MATANE — La confusion semée à la suite de la dernière réunion extraordinaire de la MRC de La Matanie, tenue le 5 novembre et dont le seul sujet à l’ordre du jour était «Entente de fin d’emploi de la directrice générale», a fini par se dissiper. Lors de la séance ordinaire du conseil convoquée mercredi, les citoyens ont appris que l’employée municipale, qui est actuellement en congé de maladie pour une période indéterminée, demeurait en fonction.

«Il n’y a pas de suite, a fait savoir en entrevue au Soleil le maire de Matane, Jérôme Landry. On était en négociation avec Mme [Line] Ross, mais elle a décidé de demeurer à la MRC. C’était une négociation de préretraite. On voulait préparer la relève. On avait un plan stratégique avec de nouveaux défis. C’était de voir à travailler et à préparer un transfert de compétences et d’expertise pour la nouvelle personne pour la remplacer.»

Le maire Landry et son homologue de Sainte-Félicité, Andrew Turcotte, avaient fait parvenir aux neuf autres élus une convocation par huissier. Une fois tous les membres du conseil réunis, le maire de Matane avait levé l’assemblée dès son ouverture. «On voulait être capables d’avoir une offre finale, explique Jérôme Landry. Mais Mme Ross a décidé, quelques heures avant la séance, d’annuler sa proposition.»

Cette façon de faire du maire Landry et les suspicions soulevées autour de l’employée municipale, qui est en poste depuis seize ans, avaient été vertement critiquées par d’anciens préfets et celui qui occupait la fonction jusqu’à mercredi, soit Denis Santerre, et par des citoyens. 

L'Est du Québec

Fondation Tekkie-Mamu: préserver la mémoire avec la réalité virtuelle

BAIE-COMEAU — Quand la tradition orale des Premières Nations croise la technologie du futur, ça donne des projets comme celui de la Fondation Tekkie-Mamu, qui monte présentement un projet de réalité virtuelle pour soutenir et préserver le patrimoine culturel et linguistique des Innus de Pessamit.

En juin dernier, la fondation a contacté le Conseil des Innus de Pessamit, localité située à environ 50 kilomètres à l’ouest de Baie-Comeau, sur la Côte-Nord, pour lui proposer de préserver pour l’avenir le patrimoine acquis par les aînés de la communauté, patrimoine souvent transmis par la parole et, de ce fait, non préservé sur un support quelconque.

Recréer le savoir des ainés

«Les aînés du village sont enregistrés. Ces gens nous racontent une expérience, une histoire, un conte, qui seront par la suite transposés en réalité virtuelle. Tout le contenu reste en innu», a relaté Amalia Nanu, cofondatrice de Tekkie-Mamu.

Quant aux images, l’équipe de la fondation va sur le terrain où l’histoire racontée s’est déroulée et tourne notamment avec une caméra à 360 degrés. «Si l’aîné dit que dans son histoire, il est en canot, qu’il fait du portage ou se trouve dans la forêt, on recrée ça. On crée aussi les effets spéciaux», ajoute l’ingénieure pédagogique, qui s’adjoindra bientôt des comédiens pour recréer ces pages de la tradition innue.

Comme la plupart des histoires recueillies jusqu’ici se déroulent en hiver, Tekkie-Mamu viendra tourner sur le territoire dans les prochaines semaines. Elle recueillera aussi d’autres témoignages.

Une fois le projet complété, toutes les capsules de réalité virtuelle seront remises au Conseil des Innus de Pessamit qui, selon Mme Nanu, l’intégrera dans sa future maison de la culture. «Une fois complété, ça appartient à la communauté, qui le diffuse comme elle le souhaite. Si elle veut traduire ou non, ça leur appartient là aussi», ajoute-t-elle à l’intention du journaliste, qui se demandait comment les gens qui ne parlaient pas innu allaient pouvoir avoir accès à ces témoignages.

Avec les jeunes

La jeune génération fait aussi partie intégrante du projet. En effet, les jeunes intéressés seront appelés à assurer la suite du projet. Ils pourront ainsi recevoir une formation afin d’apprendre à utiliser l’ensemble de l’équipement de réalité virtuelle, incluant la caméra à 360 degrés. C’est que Tekkie-Mamu cédera tout l’équipement à Pessamit, une fois le projet complété.

«C’est important que les jeunes puissent continuer par eux-mêmes le projet, pour contribuer à la sauvegarde de leur patrimoine et de leur langue. On veut que les jeunes continuent à aller rencontrer les aînés, tout en développant des compétences du XXIe siècle. C’est comme ça que le patrimoine va se conserver», assure Amania Nanu, qui tient d’ailleurs à souligner que la communauté n’a absolument rien à défrayer dans le projet, entièrement financé par la fondation et ses partenaires.

La Fondation Tekkie-Mamu fera éventuellement le même type de projet avec d’autres communautés autochtones, mais elle se laisse le temps de bien compléter le dossier de Pessamit. Elle a également ce même projet de réalité virtuelle avec des aînés qui vivent des situations d’isolement sur l’île de Montréal.

L'Est du Québec

La 138, d’abord, le pont à Tadoussac, peut-être

«Pour les gens de la Côte-Nord, je sais qu’il y a deux projets immensément importants : ce pont et la 138. Pour notre gouvernement et pour moi, le prolongement de la 138 est ma priorité», tranche le ministre des Transports, François Bonnardel.

Une nouvelle interruption de service des traversiers reliant Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine, la semaine dernière, a ramené sur le dessus de la pile de dossiers le projet de pont enjambant la rivière Saguenay à l’embouchure du fleuve Saint-Laurent.

Mais le ministre est loin d’être pressé de construire ce pont, au contraire. Ce sera le prolongement de la route 138 d’abord et le pont après, peut-être.

Surtout que les deux traversiers qui effectuent l’aller-retour de 1,6 kilomètre depuis environ un an, le Jos-Deschênes II et l’Armand-Imbeau II, ont coûté cher.

«Deux traversiers qui ont coûté 360 millions $, qui sont neufs, qui devaient coûter 125 millions $, on s’attend qu’un bateau neuf fonctionne. Malheureusement, il y a eu un bris sur un bateau neuf», a constaté le ministre, mardi midi, au parlement de Québec, avant son entrée au caucus de la Coalition avenir Québec (CAQ).

«J’ai demandé à la STQ [Société des traversiers du Québec] de garder toutes les factures de réparation! assure M. Bonnardel. On a tout fait pour être capable de réparer le plus rapidement possible le quai à Tadoussac et de s’assurer du retour de service Baie-Sainte-Catherine–Tadoussac le plus rapidement possible dans les circonstances.»

Motion rejetée

Le gouvernement caquiste a ensuite rejeté une motion déposée par le député de la Côte-Nord, Martin Ouellet, représentant du Parti québécois. L’élu provincial de la circonscription de René-Lévesque demandait à l’Assemblée nationale de «constate[r] que le manque de fiabilité du service de traversier de la STQ rend nécessaire la construction d’un premier lien entre la Côte-Nord et la Capitale-Nationale».

M. Ouellet rappelait aussi le mandat du bureau de projet existant et demandait «au gouvernement de lancer les appels d’offres d’ici la fin de l’année 2019 pour l’attribution d’un contrat de services professionnels pour la mise à jour des études».

L'Est du Québec

La tension monte pour sauver la traverse Trois-Pistoles–Les Escoumins

TROIS-PISTOLES — La tension monte dans la MRC des Basques depuis que le ministre François Bonnardel a annoncé que le service de traverse Trois-Pistoles–Les Escoumins serait annulé pour l’été prochain. Près de 250 citoyens ont participé à une assemblée citoyenne à Trois-Pistoles, mercredi, afin de trouver des façons de faire pression auprès de Québec pour qu’il revienne sur son refus d’investir les 5 millions $ nécessaires aux radoubs que requiert le navire L’Héritage 1 qui assure la liaison fluviale.

Actuellement en Floride, le capitaine du navire Jean-Philippe Rioux et son père Jean-Pierre Rioux, maire de Trois-Pistoles, ont répondu aux questions des citoyens via Skype. Certains élus et plusieurs employés de la Compagnie de navigation des Basques, qui est propriétaire du navire L’Héritage 1 et du service de traverse, prenaient également part à la rencontre. «Ça me dépasse, a lancé le préfet de la MRC des Basques, Bertin Denis. Je suis enchanté de voir ça. C’est un soutien inconditionnel de la population des Basques envers leur navire […].»

Pour Frédéric Racine, la sécurité des 30 emplois de la traverse sera compromise dans l’éventualité d’une rupture de service en 2020. «On n’attendra pas que la traverse reprenne, soutient cet employé qui occupe un poste de premier officier à bord du traversier. Des employés qualifiés dans le domaine maritime, on en recherche partout!» 

Le porte-parole des employés de la Compagnie de navigation a soulevé un bris de confiance avec la Société des traversiers du Québec (STQ) et le gouvernement. «Sont-ils vraiment compétents pour évaluer si notre bateau est encore bon ou pas? a-t-il interrogé. La STQ est prête à couler l’Apollo pour 2 millions $ et ils l’ont acheté pour 3,5 millions $, ce qui aura coûté 5,5 millions $ pour 20 jours de navigation. Donc, 5 millions $ pour notre bateau, même si c’était seulement pour quatre ans, ce n’est pas tant que ça!»

L’officier de marine a rappelé que, devant l’absence de traverse à Rimouski et à Matane, L’Héritage 1 a été débordé tout l’été. «On a sauvé le cul de la STQ et le gouvernement ne veut pas nous aider», a déploré M. Racine sous des applaudissements nourris de la foule. L’augmentation de l’achalandage est estimé à 12 % et le navire a commencé sa saison trois semaines plus tôt.

Parmi les autres idées pour faire pression sur le gouvernement caquiste, certains citoyens ont proposé de bloquer les ponts de Trois-Pistoles et des Escoumins, le pont Pierre-Laporte et la route 132. D’autres ont envisagé une pétition et une manifestation devant le bureau du ministre des Transports, François Bonnardel.

Le secrétaire du conseil d’administration de la Compagnie de navigation des Basques et maire de Notre-Dame-des-Neiges rappelle que Québec a déjà investi dans L’Héritage 1 par le passé. «On a eu 3 millions $ au cours des dernières années», a confirmé Jean-Marie Dugas, qui pourfend que le navire de 45 ans soit en fin de vie, comme l’a laissé entendre le ministre Bonnardel.

L'Est du Québec

Traverse maritime Matane-Baie-Comeau-Godbout: mise en place d’un service aérien

La guigne continue de s’acharner sur la traverse maritime Matane - Baie-Comeau - Godbout, mais des alternatives ont été mises en place pour assurer les liaisons.

Après avoir annoncé que l’ensemble des traversées de mardi étaient annulées en raison d’un problème technique touchant l’embarcation de secours du navire, la direction de la traverse Matane - Baie-Comeau - Godbout a avisé la clientèle, mardi soir, de la mise en place d’un service aérien complémentaire à compter de mercredi à 9h.

Plusieurs départs ont été annulés récemment à cause des mauvaises conditions météorologiques sur le fleuve Saint-Laurent.

Jusqu’à dimanche, deux allers-retours par jour seront offerts entre les aéroports de Mont-Joli, Pointe-Lebel (Baie-Comeau) et Sept-Îles.

En raison du nombre de places limitées à bord des vols, la Société des traversiers du Québec (STQ) informe les citoyens que les réservations sont obligatoires.

Un communiqué diffusé par la STQ, en fin d’avant-midi mardi, précise que c’est lors d’essais en mer durant la nuit que la problématique a été détectée.

Multiples interruptions de service

Les usagers de la traverse Matane - Baie-Comeau - Godbout ont subi de multiples interruptions de service au cours de l’année en cours depuis une avarie aux propulseurs du NM F.-A.-Gauthier, un navire italien acquis au coût de 175 millions $ en décembre dernier qui n’a pas encore repris la mer.

La STQ a acheté un vieux traversier en fin de vie, le NM Apollo, au coût de 2,1 millions $, qui n’a navigué que pendant 21 jours avant d’être définitivement retiré de la circulation à cause de problèmes structurels importants.

Pendant plusieurs semaines, des navires se sont succédé provisoirement pour assurer le service maritime et des liaisons aériennes ont été mises en place. Depuis quelques mois, c’est le NM Saaremaa qui assure le service.

En septembre dernier, le NM Saaremaa I a été endommagé après avoir accosté à Godbout. Environ une semaine plus tard, il a été maintenu à quai à cause d’un problème électronique.

La Société des traversiers du Québec avait alors mis sur pied un service aérien entre Mont-Joli et Sept-Îles et entre Mont-Joli et Baie-Comeau, semblable au service qu’elle a annoncée mardi soir.

Le NM Saaremaa I a la capacité d’accueillir 600 passagers, 150 véhicules et 12 camions. Les interruptions de service du navire entraînent donc des inconvénients pour de nombreuses personnes et entreprises.

La direction de la traverse s’en dit désolée, mais ajoute que la sécurité est la priorité qui dicte les décisions dans les conditions actuelles.

La clientèle sera avisée dès que le moment de la reprise du service habituel sera connu.

L'Est du Québec

Preuve volumineuse contre un ex-cadre de Sainte-Anne-des-Monts arrêté par l’UPAC

SAINTE-ANNE-DES-MONTS — L’ex-directeur des loisirs de la Ville de Sainte-Anne-des-Monts, Michel Gosselin, devait comparaître mardi au palais de justice de l’endroit. Absent de la cour, l’accusé s’est vu accorder un report pour l’étape d’orientation et de déclaration «puisque la preuve est relativement volumineuse». C’est ce qu’a fait entendre la stagiaire du cabinet Desaulniers Bérubé Avocats de Rimouski, Sabrina Albert, qui a exprimé la demande auprès du juge Jules Berthelot.

«Nous aurons besoin de plus de temps pour pouvoir la regarder avec M. Gosselin, a expliqué Mme Albert, qui représentait Me Yves Desaulniers, le procureur de l’accusé. Le magistrat a fixé la cause au 20 janvier. C’est à ce moment que l’ancien fonctionnaire municipal fera savoir s’il plaide coupable ou non, donc s’il y aura un procès ou non. 

Michel Gosselin fait face à cinq chefs d’accusation pour fraude, abus de confiance ainsi que fabrication et utilisation de faux. Des sommes totalisant 60 000 $ auraient été subtilisées des coffres de la municipalité dans le cadre de ses fonctions, soit d’avril 2008 à septembre 2018. L’ancien fonctionnaire a été arrêté par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) le 30 octobre à Bonaventure, dans la Baie-des-Chaleurs. Il a été remis en liberté sous promesse de comparaître. 

À la suite de la découverte d’irrégularités comptables, la Ville de Sainte-Anne-des-Monts avait débuté sa propre enquête interne à l’été 2018. Après avoir consulté un avocat en droit du travail qui en était venu à la conclusion que les motifs étaient suffisants pour congédier l’employé, les dirigeants municipaux avaient destitué leur directeur des loisirs en octobre 2018 «pour bris de confiance et lacunes dans sa gestion financière», selon le maire Simon Deschênes. 

Pendant leur enquête interne, les élus avaient appris que l’UPAC était saisie de ce dossier. «Pour nous, c’était difficile de faire la preuve, a indiqué le maire. On se butait souvent à certaines embuches parce qu’on ne détient pas l’expertise d’enquête. […] On a travaillé en collaboration avec l’UPAC.»

L'Est du Québec

Service maritime des Îles-de-la-Madeleine: le ministère des Transports muet sur sa stratégie

CARLETON — Le ministère des Transports du Québec garde le mystère entier sur la façon dont il déploiera dans l’avenir sa part du service maritime entre les Îles-de-la-Madeleine et le continent, un silence que déplore le député de l’archipel à l’Assemblée nationale, Joël Arseneau.

M. Arseneau se dit très inquiet du retard qu’accuse Transports Québec dans l’annonce sur la vision du gouvernement quant à l’avenir des services maritimes présentement assumés par le CTMA Vacancier et le Clipper Ranger, ce dernier remplaçant le CTMA Voyageur depuis juillet.

Le député Arseneau demande au ministre des Transports, François Bonnardel, d’honorer le plus vite possible l’engagement pris le 17 janvier dans l’archipel madelinot. Le ministre avait alors annulé des décrets adoptés par le gouvernement précédent, mais il s’était engagé à déposer son plan de lien maritime le 12 juin, il y a un peu plus de cinq mois.

«Après cinq mois de retard, le ministre Bonnardel a une responsabilité, de faire le tour de la question pour que les Madelinots soient consultés et informés, de prendre une décision, de s’assurer que le processus doit se faire dans la transparence. Ça inclut la durée du processus», affirme Joël Arseneau.

Appui financier

Transports Québec appuie financièrement la Coopérative de transport maritime et aérien (CTMA) dans l’exploitation des navires CTMA Vacancier et Clipper Ranger. Le CTMA Vacancier assure du printemps à l’automne inclusivement un lien de ravitaillement de l’archipel à partir de Montréal. Ce lien inclut un service de croisières pendant l’été.

Le Clipper Ranger relie généralement Matane à l’archipel, essentiellement pour les marchandises. D’autre part, le gouvernement fédéral subventionne le service interprovincial du traversier Madeleine entre l’Île-du-Prince-Édouard et Cap-aux-Meules. L’hiver, le CTMA Vacancier prend le relais du Madeleine parce qu’il est meilleur dans les glaces.

Le gouvernement libéral de Philippe Couillard avait adopté en mai et août 2018 des décrets devant alors régler la part québécoise des liens maritimes entre le continent et les Îles. Un contrat de gré à gré de 20 ans, renouvelable pour une période égale, devait alors lier l’État québécois et la CTMA.

Ce gouvernement devait aussi participer financièrement à l’exploitation de ces services. Le contrat devait mener au remplacement du CTMA Vacancier, un navire vieux de 46 ans, en vertu d’un appel d’offres international assorti d’une clause de contenu québécois s’élevant à 30 %. Un nouveau navire coûtera entre 200 et 300 millions $.

Le silence du ministre Bonnardel depuis le 12 juin laisse place à de nombreuses rumeurs, note le député Arseneau.

Incertitude

«C’est comme si l’incertitude laissait ouvertes toutes les portes, toutes les spéculations […] Parle-t-on toujours d’un navire neuf pour remplacer le CTMA Vacancier, en fin de vie utile? Achètera-t-on un navire usagé? Y aura-t-il encore un service complémentaire de croisières et de ravitaillement à partir de Montréal […]? Le gouvernement a-t-il entrepris d’autres études? Fait-il d’autres calculs? Vérifie-t-il le potentiel d’un appel d’intérêts ou d’un appel d’offres? La CTMA est-elle toujours considérée pour les liens maritimes? Les gens peuvent comprendre même si c’est compliqué mais il faut leur expliquer», tranche le député du Parti québécois.

Lors de sa visite aux Îles-de-la-Madeleine en janvier, le ministre Bonnardel avait justifié une nouvelle analyse par le fait que «la valeur de l’entente de 40 ans avait une portée de 1 à 1,4 milliard $», une somme trop floue «pour une saine gestion des finances publiques ».

En 2018, Transports Québec a versé 13 millions $ pour l’exploitation des CTMA Vacancier et CTMA Voyageur. Cette exploitation a rapporté 17 millions $ en revenus autonomes à la CTMA, pour un budget total de 30 millions $ liés à ces services.

Le contrat liant l’État à la CTMA pour les dessertes québécoises sera échu le 31 mars 2020. La CTMA emploie 500 personnes.

«Nous sommes en novembre. CTMA prend des réservations pour les croisières de l’été prochain sans savoir si l’entente sera reconduite. Le gouvernement remet-il en question les croisières? Si c’est le cas, il devra présenter des arguments extrêmement solides. Est-il conscient du partenariat hybride alliant croisières et ravitaillement, qui crée du développement économique et de la richesse aux Îles?» demande Joël Arseneau.

La porte-parole du ministre Bonnardel, Florence Plourde, précise que «le dossier est toujours à l’étude, qu’un comité ministériel [y] travaille toujours, que des éléments sont toujours en analyse […] On va prendre le temps nécessaire. Ça suit son cours et on va communiquer les résultats dans les plus brefs délais». Elle ne peut toutefois donner d’échéancier.

L'Est du Québec

Incendie mortel à Matane: «Mélina, c'était une soeur»

MATANE — L’incendie qui a coûté la vie à Mélina Tremblay et à William Levasseur, samedi matin, a créé toute une onde de choc à Matane. Si l’on se fie aux nombreux témoignages qui déferlent sur les réseaux sociaux, les deux amoureux de 20 ans étaient très connus dans leur milieu et surtout fort appréciés. «Mélina, c’était plus qu’une meilleure amie pour moi, c’était une sœur», a souligné Florence Létourneau en entrevue au Soleil.

«Je l’ai connue au début du secondaire», se souvient la jeune femme de Matane, les sanglots dans la voix. «On a rapidement développé une belle complicité. On se suivait partout, on passait nos fins de semaine ensemble. C’était une fille exceptionnelle. Elle avait du talent, que ce soit dans le ski ou avec les chevaux. Elle était pleine de bonté.»

Florence n’oubliera jamais combien Mélina a été précieuse pendant une période de sa vie qui a été particulièrement difficile. «Elle ne m’a jamais laissée tomber, souligne-t-elle. Elle me défendait, prenait soin de moi et me faisait rire. On s’est tout le temps soutenues.»

Mélina et William se fréquentaient depuis quatre ans. «J’ai tout de suite vu qu’ils étaient faits pour être ensemble, qu’ils s’aimaient profondément, décrit Florence. Je n’ai jamais été inquiète parce que je savais comment c’était un bon gars, qu’il allait en prendre soin et la protéger. Ils se complétaient bien, que ce soit par leur caractère, leurs rêves, leur manière d’être.»

Rêves en commun

Florence et Mélina avaient deux rêves en communs : faire un voyage dans le sud et se faire faire un matching tattoo. «On a réalisé ces deux rêves-là, se console Florence. Mélina, c’était un modèle inspirant. Je ne peux pas m’empêcher de penser aux souvenirs qu’on a partagés et ce sont des moments positifs.»

Florence Létourneau définit sa meilleure amie comme «une fille qui avait de l’audace et quelqu’un d’humain». «Elle m’a toujours donné le sourire et elle va continuer, croit-elle. Elle va me donner la force pour passer à travers. Je sais qu’elle et William vont continuer à avancer ensemble. Maintenant, ce sont des êtres de lumière. Ils sont en paix, ils sont sereins.»

Mélina étudiait au Cégep de Matane en administration. Selon Florence, elle avait l’intention de travailler avec son père et éventuellement de prendre la relève de l’entreprise. Quant à William, il était électricien. 

Les deux jeunes Matanais étaient sportifs. Mélina pratiquait l’équitation et le ski alpin. William était un adepte de motocross. Pierre-Luc Fournier a connu Mélina sur les pistes de ski alpin. «J’ai fait du ski avec elle, raconte le jeune homme originaire de Rimouski. Quand elle a arrêté la compétition, elle a continué à coacher avec le Club alpin du Mont-Castor. Les jeunes l’aimaient beaucoup.»

L'Est du Québec

Cri du cœur du maire de Matane en réaction au PEQ de la CAQ

MATANE — Le maire de Matane, Jérôme Landry, a lancé jeudi un cri du cœur en réaction au programme de l’expérience québécoise (PEQ) du gouvernement Legault. «C’est vraiment une attaque contre ma région et mon cégep, alors qu’on essaie d’être autonomes, de se développer, d’attirer des gens. On a des gens, ici au Cégep [de Matane], qui travaillent très fort pour attirer des jeunes qui choisissent le Canada, le Québec et La Matanie.»

Plusieurs intervenants socioéconomiques ont joint leur voix à celle du maire, devant un parterre composé de nombreux étudiants étrangers visiblement inquiets réunis dans le hall d’entrée du cégep de Matane. Le directeur général, Pierre Bédard, a fait comprendre que le PEQ, dans sa forme actuelle, était une menace directe envers l’établissement, dont 45 % de la clientèle proviennent de l’étranger. 

Le mal déjà fait

M. Bédard estime que le premier ministre François Legault manque de connaissance par rapport à la réalité de certains cégeps comme celui de Matane. «On a une équipe de quatre personnes qui fait du recrutement à l’international», précise-t-il. 

Selon lui, le mal est déjà fait. «Ça fait déjà peur à l’extérieur, déplore-t-il. Tout le monde ici est en contact avec quelqu’un en France ou à l’île de la Réunion. La nouvelle s’est propagée instantanément. C’est très malheureux. C’est un très mauvais message qu’on envoie à l’extérieur!»

M. Bédard craint particulièrement pour l’avenir de quatre programmes de son établissement qui ne figurent pas dans la liste du PEQ et dont la majorité de la clientèle provient de l’étranger. «On perdrait entre 150 et 200 étudiants sur un total de 700», appréhende-t-il, tout en exhortant Québec à annuler cette fameuse liste et à revenir en arrière.

Douche froide

Pour le coordonnateur de l’association étudiante, qui est originaire de Toulouse, en France, le PEQ a l’effet d’une véritable douche froide sur les 315 étudiants étrangers du Cégep de Matane. «On n’était pas prêts à ça, a laissé tomber Mathéo Myango, qui étudie en animation 3D et synthèse d’images. C’est beaucoup d’incompréhension. Ça a de graves répercussions sur ce beau pays qui nous a très bien accueillis et je pense que, de la part des Français, il y aura même un refus de faire les démarches. Ce rêve nous est maintenant enlevé.»

Pour Isabelle Cayer, l’existence du Centre de développement et de recherche en imagerie numérique (CDRIN) sera menacée. «Sans les étudiants étrangers, le CDRIN n’existerait plus, a fait savoir la directrice générale de ce centre collégial de transfert technologique du cégep de Matane fondé il y a sept ans. C’est près de 100 étudiants qui ont participé à des activités de recherche collégiale, dont 60 % provenaient de la mobilité internationale.»

Dans un contexte de rareté de main-d’œuvre, les porte-parole de la Chambre de commerce région de Matane et de la MRC de La Matanie ont insisté sur l’importance des étudiants provenant de l’extérieur pour occuper plusieurs emplois à l’issue de leur programme. De plus, les retombées de cette clientèle étudiante sont évaluées à 9 millions $.

Sports

Les Jeux du Québec 2021 dévoilent leur mascotte

RIVIÈRE-DU-LOUP – À quinze mois de l’arrivée de la flamme à Rivière-du-Loup, le comité organisateur de la 56e finale des Jeux du Québec d’hiver de 2021 a, mardi, dévoilé sa mascotte. Il en a aussi profité pour lancer son Fan Club 2021.

Dans le brouillard formé par des canons fumigènes, la mascotte Lou est apparue dans le Stade multisport Premier Tech de Rivière-du-Loup, sous les cris et les rires de dizaines d’enfants du programme sports-études de la Commission scolaire de Kamouraska-Rivière-du-Loup. L’emblématique personnage est la petite-fille de Piloup, le phoque qui avait été l’icône, il y a 50 ans, de la première finale des Jeux du Québec de Rivière-du-Loup. 

La mascotte est associée aux différentes légendes fondatrices du lieu. Certaines d’entre elles veulent que Rivière-du-Loup tirerait les origines de son toponyme de la vaste quantité de loups-marins qui fréquentaient l’embouchure de la rivière à une certaine époque. Même si elle est réputée aimer toutes les disciplines sportives, Lou est une rapide nageuse et une plongeuse émérite.

Puisque Rivière-du-Loup a de la suite dans les idées, l’ex-athlète olympique en nage artistique, Marie-Pier Boudreau-Gagnon, assume la coprésidence de l’événement avec l’homme d’affaires Christian Pelletier. «C’est quelque chose de gros, les Jeux du Québec, a rappelé l’ancienne athlète originaire de Rivière-du-Loup. En 2015, on avait tâté le pouls de la population pour voir si les gens étaient prêts à recevoir les Jeux du Québec. Ça avait été très, très favorable. […] Même que 34 % des gens avaient identifié vouloir devenir bénévoles pendant les Jeux. Je pense qu’on est rendus là, aujourd’hui.» 

La coprésidente souhaite qu’une ambiance festive se développe autour des Jeux puisque, selon elle, la frénésie, la mobilisation et les encouragements manifestés par la population de la ville hôtesse font toute la différence sur le plan de l’expérience vécue par les athlètes. Elle a aussi indiqué qu’il était temps, pour tous les citoyens intéressés à faire du bénévolat, de s’inscrire. «Grâce aux bénévoles, on va réussir à fournir des installations de qualité avec des critères très élevés [...], a-t-elle soutenu. Ça prend des gens de Rivière-du-Loup et du Kamouraska qui mettront la main à la pâte pour réussir à créer un événement exceptionnel.»

À la manière des clans formés autour des équipes sportives, les organisateurs ont lancé le Fan Club 2021. «L’objectif du Fan Club est de créer une vague de mobilisation autour des Jeux, a expliqué la directrice générale du comité organisateur de la finale des Jeux du Québec – Rivière-du-Loup 2021. Ça s’adresse à la population en général de Rivière-du-Loup, du Kamouraska et à la grandeur du Québec.[…] On veut augmenter la notoriété de l’événement, faire circuler son nom et son image de marque.»

Quelque 3300 jeunes athlètes et plus de 1500 entraîneurs, accompagnateurs, officiels et missionnaires de partout au Québec se réuniront à Rivière-du-Loup du 26 février au 6 mars 2021 pour la finale des Jeux du Québec. Doté d’un budget total d’environ 6 millions $, l’événement requiert la collaboration de 2500 bénévoles et d’une quarantaine d’employés.

L'Est du Québec

Confusion à la MRC de la Matanie

MATANE – La confusion règne à la MRC de La Matanie autour de l’emploi de sa directrice générale, Line Ross. Les maires Jérôme Landry et Andrew Turcotte ont fait parvenir une convocation par huissier pour une réunion extraordinaire du conseil des maires qui était fixée à mardi. Or, en ouverture d’assemblée, constatant que la salle était remplie de citoyens, le maire Landry a décidé de lever l’assemblée. La division était palpable.

«Comme je considère que ce dossier-là est confidentiel, je demande la fermeture de l’assemblée», a lancé le maire de Matane, Jérôme Landry. «Vous avez fait déplacer tout ce monde-là pour rien?» lui a demandé le préfet Denis Santerre. «Moi, je suis d’accord pour ne pas laver notre linge sale devant le monde», a rétorqué le maire de Saint-Ulric, Pierre Lagacé. 

En entrevue, M. Landry a expliqué que comme il avait de nouvelles informations, il souhaitait pouvoir en discuter avec les maires. Interrogé à savoir si la directrice générale avait encore sa confiance, l’élu n’a pas voulu répondre et s’est défilé.

Le préfet n’a pas caché sa stupéfaction et son amertume, n’étant pas au courant de l’intention du maire de Matane. «C’est un dossier très important, a-t-il dit. On parle d’une ressource humaine qui est ici depuis 16 ans.» Pour Denis Santerre, cette réunion devait être publique. «Vous payez les élus municipaux, a-t-il rappelé. Ils sont là pour donner les réponses! Ça ne se fait pas, des séances fermées. Tout doit être transparent.» L’élu, qui est également maire de Baie-des-Sables, espère que l’abcès puisse être crevé lors de la prochaine séance du conseil des maires, prévue le 27 novembre.

La mairesse de Grosses-Roches, qui avait publié la convocation sur sa page Facebook, croyait que le sujet était d’intérêt public. Elle a dit partager la déception des gens dans la salle, dont certains avaient parcouru plusieurs kilomètres pour assister à cette assemblée. «J’ai hâte que ça finisse, que les choses s’arrangent et qu’on recommence à vivre, a exprimé Victoire Marin. Il n’y a plus grand-chose qui avance.» L’élue s’objecte au limogeage de l’employée municipale. «Je n’ai rien à dire contre elle», a-t-elle laissé tomber. 

Deux anciens préfets ont tenu à faire part de leur soutien auprès de la directrice générale de la MRC. «Ça fait 16 ans que Mme Ross travaille à la MRC et elle a un dossier vierge, a affirmé Réginald Desrosiers. Il n’y a eu aucune critique de la part des maires.» Selon lui, il s’agit d’un «faux prétexte». À son avis, le maire de Matane convoite le poste de préfet en vue des élections à la préfecture qui se tiendront dans un mois. «Il y a aussi, sur le plan fiscal, de grosses sommes qui tombent pour le développement économique de la MRC et je pense que la Ville de Matane veut s’accaparer ces sommes-là pour son développement économique au détriment des petits villages, a-t-il avancé. Il y a sûrement des choses à changer à la MRC. Mais, ce n’est pas par un putsch qu’on va le faire!»

L'Est du Québec

Matane obtient le Mérite en toponymie

MATANE — Le Parc Maman-Luc ou l’Aéroport Russel-Burnett sont autant de noms de lieux qui ont marqué l’histoire de la Ville de Matane et qui ont charmé le jury du Mérite en toponymie 2019, décerné par l’Office québécois de la langue française.

Lors du gala des Mérites du français, qui s’est tenu lundi soir à Montréal, la Commission de toponymie a aussi souligné le travail exemplaire de cette municipalité du Bas-Saint-Laurent pour son travail exemplaire en matière de désignation des lieux.

L'Est du Québec

L’UPAC arrête un ex-cadre de la Ville de Sainte-Anne-des-Monts

MATANE — L’Unité permanente anticorruption (UPAC) a procédé, mercredi, à l’arrestation de Michel Gosselin, ex-directeur des loisirs de la Ville de Sainte-Anne-des-Monts, en Haute-Gaspésie. Dans le cadre de ses fonctions, soit d’avril 2008 à septembre 2018, le fonctionnaire aurait détourné plus de 60 000 $ des coffres de la municipalité.

Lors de son arrestation, l’homme se trouvait à Bonaventure, dans la Baie-des-Chaleurs. Il demeure en liberté avec promesse de comparaître le 19 novembre au palais de justice de Sainte-Anne-des-Monts, où il devra faire face à cinq chefs d’accusation pour fraude, abus de confiance, fabrication et utilisation de faux.

«On avait eu vent de certaines allégations à l’été 2018 sur l’employé visé», relate le maire de Sainte-Anne-des-Monts, Simon Deschênes. «On avait entamé une enquête interne. Mais pour nous, c’était difficile de faire la preuve. On se butait souvent à certaines embuches. En cours de route, on a appris que l’UPAC s’intéressait aussi à ce dossier-là. […] On a travaillé en collaboration parce qu’on ne détient pas l’expertise d’enquête. […] Notre trésorière a traité avec les enquêteurs de l’UPAC.»

À la suite de la découverte d’irrégularités comptables, les dirigeants municipaux ont consulté un avocat en droit du travail qui en est venu à la conclusion que les motifs étaient suffisants pour congédier l’employé. Par conséquent, en septembre 2018, la Ville a destitué son directeur des loisirs pour abus de confiance et lacunes dans sa gestion financière. 

Avec l’arrestation et les accusations portées, le maire Deschênes exprime une certaine satisfaction au bénéfice de sa population. Selon lui, la lumière pourra enfin être faite dans cette histoire.

L'Est du Québec

Desgagnés verse un don historique à la Fondation de l'Institut maritime du Québec

RIMOUSKI – La Fondation de l'Institut maritime du Québec (IMQ) reçoit le plus gros don jamais versé depuis sa création en 1980. L'entreprise Desgagnés de Québec contribue à la campagne de financement de l'organisme de Rimouski pour la somme de 300 000$. L'annonce a été faite lundi à bord du navire «Bella Desgagnés», amarré à son port d'attache de Rimouski.

Lors de son allocution, le président et chef de la direction de Desgagnés a tenu à souligner ses origines modestes. Natif de Saint-Honoré-de-Témiscouata, Louis-Marie Beaulieu est issu d'une famille de treize enfants. Après ses études classiques à Rivière-du-Loup, l'homme d'affaires a fait ses études universitaires à Rimouski. «Je suis régionaliste, a-t-il indiqué. C'est la première raison du don à la Fondation de l'IMQ. La deuxième raison, c'est pour l'éducation; il faut reconnaître le rôle d'écoles spécialisées comme l'IMQ. La troisième raison est évidente : Desgagnés est né du fleuve Saint-Laurent. Desgagnés navigue sur le Saint-Laurent depuis 150 ans. La quatrième raison, c'est parce que l'IMQ a formé des milliers d'hommes et de femmes au monde maritime.»

«Ce don témoigne d'une volonté claire de Desgagnés à s'engager dans la recherche de solutions aux enjeux de main-d'œuvre que nous connaissons, a exprimé la présidente de la Fondation, Geneviève Allard, une diplômée en plongée sous-marine de l'IMQ. Pour la directrice de l'établissement, Desgagnés «envoie un message fort à l'IMQ et contribue à renforcer le sentiment d'appartenance à la communauté maritime». «Desgagnés soutient depuis toujours notre école par l'octroi de bourses et par l'accueil de nos élèves dans le cadre de stages de formation», a fait valoir Mélanie Leblanc.

Un étudiant de l'IMQ a d'ailleurs témoigné de sa récente expérience à bord de l'Acadia Desgagnés, sur lequel il a complété un stage d'une durée de deux mois. «Ça a été une belle opportunité, a souligné Nicolas Auger. Ça m'a aidé à découvrir de nouvelles choses. On est chanceux de pouvoir vivre ça!» Jusqu'à ce jour, la campagne de la Fondation de l'IMQ, d'une durée de cinq ans, a amassé 955 000$ sur un objectif de 2,5 millions$.

Justice et faits divers

Embardée de VTT mortelle sur la Côte-Nord

BAIE-COMEAU — Un homme âgé de 75 ans est mort lorsque le VTT qu’il conduisait a fait une embardée, dimanche, à Baie-Comeau sur la Côte-Nord.

La Sûreté du Québec (SQ) a dit avoir été contactée vers 17h à la suite de l’accident survenu sur le chemin de la Scierie-des-Outardes.

L’homme était seul à bord. Il aurait fait une sortie de route et perdu la maîtrise du véhicule pour une raison inconnue.

Des membres de sa famille qui l’accompagnaient ont fait demi-tour et l’ont retrouvé inanimé sous l’engin, a noté Béatrice d’Orsainville, une porte-parole de la SQ.

L’homme a été transporté dans un centre hospitalier où son décès a été constaté.

Un expert en reconstitution de scène de collision et un enquêteur ont été dépêchés sur les lieux.

L'Est du Québec

Fracturation hydraulique: interdite ou permise?

CARLETON — Le groupe Environnement vert plus et Québec solidaire pressent l’État québécois de préciser ses orientations quant à la fracturation hydraulique en Gaspésie, en raison de propos récents tenus par le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles Jonatan Julien et par la ministre responsable de la péninsule, Marie-Ève Proulx, à l’effet que la fracturation est interdite dans cette région.

Le ministre Julien a indiqué le 23 octobre qu’il «y a une loi sur les hydrocarbures, il y a un règlement sous-jacent qui a été autorisé le 18 septembre 2018. Le règlement en question est strict. Le règlement en question est rigoureux. Le règlement en question fait en sorte qu’aucune fracturation hydraulique n’est permise».

Il répondait alors à une question de la députée péquiste de la circonscription de Gaspé, Méganne Perry-Mélançon. Le 5 octobre, lors de son passage dans la Baie-des-Chaleurs, la ministre Proulx avait spécifié, à propos de la fracturation que «nous, on l’interdit. Tout projet avec fracturation est refusé».

Incompréhensions

Incrédule devant ces affirmations de membres du cabinet, Pascal Bergeron, d’Environnement vert plus, leur rappelle que le mot «fracturation» apparaît à 65 reprises dans le «règlement sur les activités d’exploration, de production et de stockage d’hydrocarbures en milieu terrestre» et pas pour l’interdire mais pour encadrer la pratique.

L’article 197 du règlement stipule que la fracturation est interdite dans le schiste «seulement, mais pas dans le calcaire où se situe le pétrole des gisements Galt et Bourque […] Les ministres sont-ils ignorants, incompétents ou sont-ils en train de nous mentir carrément?» demande, sidéré, Pascal Bergeron, un opposant à la fracturation.

«On a un gouvernement qui ne comprend pas le règlement, qui ne comprend pas ce qu’il y a dedans […] Il aurait dû y avoir des vérifications. Le dossier de l’énergie devrait être sur le dessus de la pile, pas en-dessous. Le règlement est assez clair», ajoute M. Bergeron.

Il croit que le premier ministre François Legault devrait intervenir. «Ça prend un interlocuteur au courant du dossier. Le premier ministre devrait clarifier la situation et démettre de ses fonctions le ministre Julien.»

De passage en Gaspésie depuis quelques jours, la porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, abonde dans le même sens que Pascal Bergeron. «Soit que le ministre ne connaît pas son dossier, soit qu’il nous cache quelque chose», dit-elle.

Désinvestir

Environnement vert plus et Québec solidaire partagent un autre point de vue. Il est temps que le bras financier de l’État, Investissement Québec, retire son argent des projets pétroliers gaspésiens de Galt et de Bourque.

«La science nous dit que le Québec n’a jamais été un État pétrolier et en 2019, il ne peut le devenir», souligne-t-elle, ajoutant que le Québec a tout ce qu’il faut en énergies renouvelables pour se passer d’un développement d’hydrocarbures.

Soulignant que les 18 millions $ injectés par Investissement Québec dans Bourque et Galt ne valent maintenant qu’une infime proportion de cette somme, Pascal Bergeron croit qu’un «retrait, ce serait une bonne première conclusion».

L'Est du Québec

Rupture de services à l’hôpital d’Amqui : «ça n’a pas de bon sens!»

MATANE — Les élus de la MRC de La Matapédia lancent un véritable cri du cœur à la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann. Après avoir appris une rupture des services de chirurgie et d’obstétrique prévue du 25 octobre au 2 novembre à l’hôpital d’Amqui, ils considèrent que cette situation, qui se répète depuis plusieurs mois, est totalement inacceptable.

Après une sortie publique des élus en juin, le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent avait annoncé la mise en place de mesures à compter de l’automne. «On est en automne et on nous annonce une découverture de neuf jours parce qu’il n’y a pas de chirurgien», s’impatiente la préfète de La Matapédia, Chantale Lavoie. On n’accepte pas ça!»

Les élus interpellent donc directement la ministre de la Santé. «Le CISSS, on sait qu’ils font des efforts et qu’ils travaillent fort, mais on pense qu’ils n’ont pas les leviers nécessaires pour pouvoir s’assurer d’avoir des services dans les hôpitaux des régions rurales comme la nôtre, estime Mme Lavoie. Ça n’a pas de bons sens! On a décidé qu’on interpellait la ministre pour qu’elle trouve des solutions permanentes à La Matapédia et à l’ensemble du Québec.» Chantale Lavoie et les maires de la MRC, dont celui d’Amqui, Pierre D’Amours, exhortent Mme McCann à être créative et à prendre les décisions qui s’imposent.

Chantale Lavoie rappelle que la ministre s’était dite très préoccupée de la situation vécue par la population matapédienne. «Mais, on n’a toujours pas de solution, déplore la préfète. Quand on veut être attractifs pour nos jeunes familles et qu’on dit qu’on n’a pas de services de chirurgie et de césariennes, ce n’est pas très attractif!»

Justice et faits divers

Violente agression à Rimouski: trois suspects arrêtés

MATANE — Trois personnes ont été arrêtées par la Sûreté du Québec (SQ) pour une violente agression survenue le 21 juillet au centre-ville de Rimouski sur un individu de 25 ans du Nouveau-Brunswick.

Les Néo-Brunswickois Éric Pitre, 20 ans de Val-d’Amour et Maxime Lévesque, 21 ans de McLeods, ont été arrêtés et ont comparu devant le tribunal, puis remis en liberté sous certaines conditions. 

Après avoir été arrêtée et comparu au palais de justice de New Carlisle, Kayla Gideon de Listuguj, en Gaspésie, demeure détenue dans l’attente de son enquête pour remise en liberté prévue cette semaine à Rimouski. 

«Tous font face à divers chefs d’accusation pour des voies de fait causant des lésions […]», explique l’agent d’information de la SQ, Claude Doiron. […] Transférée par avion-ambulance à Québec, la présumée victime est toujours hospitalisée. 

Hockey

Développement hockey-école: le programme initié par Joé Juneau implanté sur la Côte-Nord

BAIE-COMEAU — Le programme de Développement hockey-école, initié par Joé Juneau il y a maintenant 13 ans, s’implante sur la Côte-Nord. L’ex-hockeyeur professionnel était mardi à Uashat, communauté innue enclavée dans la municipalité de Sept-Îles, pour en faire l’annonce.

Le programme est dès maintenant lancé dans les deux écoles primaires innues du territoire, soit l’école Johnny Pilot d’Uashat et l’école Tshishteshinu de Mani-Utenam, située un peu à l’est de Sept-Îles. Les jeunes ciblés sont ceux de niveau novice et atome déjà inscrits au hockey mineur et les jeunes de deuxième et troisième années intéressés par le hockey. Soixante-six jeunes sont inscrits, dont la moitié qui n’avait jamais joué au hockey.

«Les premiers contacts ici datent déjà de sept ou huit ans», a souligné l’orgueil de Pont-Rouge. «Je suis revenu en janvier 2018 avec deux équipes de Kawawachikamach. Florent Vollant et des amis de Mani-Utenam m’ont alors invité à présenter le projet aux élus, ce qui a été fait le lendemain, et ç’a rapidement avancé. Florent reconnaît l’importance de ce programme auprès des jeunes», a-t-il ajouté pour expliquer l’arrivée du programme sur la Côte-Nord.

Uashat mak Mani-Utenam est devenue la huitième communauté autochtone à se joindre au programme Développement hockey-école, qui s’étend depuis 2 ans après 11 années à être peaufiné au Nunavik. Bien d’autres endroits voudraient se joindre au mouvement, mais Juneau demeure sélectif. «Il faut que la communauté embarque à fond et respecte les objectifs», fait-il valoir, refusant de faire les choses à moitié.

Évidemment, l’amélioration de la rétention à l’école, la diminution de l’absentéisme et l’augmentation des bons comportements font partie des objectifs visés par le programme développé par Juneau. «Ce n’est pas seulement du hockey, c’est aussi du développement communautaire et social. Le sport devient un outil de développement social», soutient celui qui a récolté 572 points en 828 matchs dans la Ligue nationale avec Boston, Washington, Buffalo, Ottawa, Phoenix et Montréal.

«C’est le développement humain et communautaire qu’on veut développer avec ce programme», confirme le chef de la communauté innue, Mike Mckenzie. «On veut aussi créer un sentiment d’appartenance aux deux écoles primaires, comme on l’a développé depuis une dizaine d’années avec le programme sports-études à l’école secondaire.»

Engagé dans ce programme depuis 2006, Joé Juneau a toujours le feu sacré. «Moi, personnellement, je ne me tanne pas. Le temps passe et démontre que le programme fonctionne. On peut témoigner des succès récoltés. Mais je ne peux pas être partout et heureusement, j’ai une bonne équipe autour de moi.»

Joé Juneau ne peut être partout, peut-être, mais il fait son gros possible. En effet, il s’est engagé pour la prochaine saison à passer au moins deux fois à chacun des endroits où son programme est implanté. «Je ne peux pas tout le temps, mais je vais essayer cette année», a-t-il lancé.

En théorie, le programme Développement hockey-école est dirigé sur place par un enseignant en éducation physique, «mais avec la pénurie d’enseignants, ce n’est pas évident. L’important, c’est d’avoir un individu passionné de hockey et qui veut s’en servir comme outil d’éducation. Par la suite, c’est à moi de le former et de m’assurer que le programme est bien compris», a-t-il conclu.

L'est du Québec

L'ex-chef de Pessamit Raphaël Picard signe un premier livre

PESSAMIT — L’ex-chef de la communauté innue de Pessamit, Raphaël Picard, se lance dans la littérature. Celui qui a également été enseignant, chercheur et consultant signe, à 70 ans, un premier bouquin, «Nutshimit : vers l’intérieur des terres et des esprits». Il souhaite ainsi donner le goût de la littérature aux gens des Premières Nations.

Avec ce bouquin, écrit sous la forme d’un roman, «car pour moi le meilleur lien pour dire les choses, c’est le roman», M. Picard veut faire revivre l’esprit des Innus d’antan, d’avant la sédentarisation, d’avant la modernité, ces Innus qui étaient directement en lien avec la nature qui les entourait. Il cherche ainsi faire découvrir leurs états d’âme, leurs pensées, leur philosophie de vie tout en traduisant l’esprit des grandes migrations.

«Dans mon adolescence, comme beaucoup de gens de ma communauté, ce monde a été ignoré. Pourtant mes parents, mes grands-parents, sont de ce monde. Ce sont de grands chasseurs, de grands pêcheurs», a relaté Raphaël Picard, qui dit avoir appris en écoutant les ainés «parce qu’à l’époque, on écoutait, on ne posait pas de questions».

Devant une soixantaine de personnes réunies au centre communautaire Ka Mamuitenanut de Pessamit pour le lancement du bouquin, lancement auquel Le Soleil assistait, l’auteur fait valoir, au fil des pages, l’utilisation des rites et des légendes comme mode de gouvernance de ses ancêtres.

«Il n’y avait pas de constitution, de gouvernement. Les décisions étaient prises selon les règles issues des coutumes», a-t-il lancé dans sa présentation faite à 60 % en innu, qu’il traduisait ensuite en français au bénéfice des quelques Blancs présents à l’évènement.

En toute humilité, celui qui a été chef de la communauté de 2002 à 2012 dit avoir tenté de rendre justice à la pensée des Innus. «J’espère que ça va donner une grande appréciation de ce qu’on était.»

Dans ce processus de création, Raphaël Picard soutient avoir été guidé par deux objectifs, le premier étant celui de la transmission du patrimoine. «C’est important de décrire ceux qui nous ont précédés», confie-t-il avec justesse. L’autre objectif est de développer la création littéraire dans sa communauté, un phénomène qui n’existe pas chez les Innus selon lui.

«Il faut se donner une littérature innue qui soit viable et non pas fondée sur le folklore. Notre projet de société, ce devrait être notre langue et notre culture. Il faut donc avoir ce type de livre pour amorcer une réflexion. Nos défis sont maintenant d’ordres patrimoniaux, ils ne sont plus financiers ou politiques», a-t-il évoqué.

Nutshimit : vers l’intérieur des terres et des esprits se veut le premier tome d’une trilogie. L’auteur voulait l’écrire depuis de nombreuses années, mais son travail d’écriture a débuté il y a à peine un an. Il se déroule principalement l’été et l’automne, alors que les familles migrent vers leurs territoires d’hiver par les rivières Pletibishtuk (aux Outardes) et Manikuanishtuk (Manicouagan).

Le second tome, qui devrait s’intituler Nutshimit : le blanc des perdrix et des périls, traitera des familles qui sont à leur campement au nord. Le troisième tome sera fondé sur le retour de ces familles en bordure du fleuve, toujours par le truchement des deux mêmes rivières.

Fait à souligner, Raphaël Picard se lance dans la littérature par le biais de l’autoédition. «J’ai déjà perdu mes droits ancestraux, je ne perdrai pas mes droits d’auteur», a conclu celui qui s’est toujours opposé aux mécanismes d’extinction des droits des Premières Nations par traité.

M. Picard se dit de l’école de pensée voulant que les Premières Nations sont souveraines sur leurs terres traditionnelles, le Nitassinan, et qu’elles ont droit à l’autodétermination. Il n’entérine d’ailleurs pas les ententes ponctuelles entre les peuples autochtones et les industries qui cherchent à développer les ressources naturelles sur les territoires revendiqués.

L'Est du Québec

Les défenseurs de la maison de René Lévesque sont ravis

NEW CARLISLE — Le décret adopté récemment par l’État québécois afin d’enclencher l’expropriation de la maison de René Lévesque à New Carlisle réjouit au plus haut point les gens militant depuis longtemps pour un déblocage dans cette histoire, dont Jean-Marie Fallu, président de Patrimoine Gaspésie.

Alors qu’il était directeur du Musée de la Gaspésie, il y a 30 ans, M. Fallu, au nom de l’organisme, avait demandé le classement de cette maison où René Lévesque, né en 1922, a grandi. On était loin d’une expropriation. 

«On comprenait alors que c’était un gouvernement libéral, sous Robert Bourassa, et qu’on n’obtiendrait pas ce classement. Aussitôt que le PQ [Parti québécois] a pris le pouvoir [en 1994], on est revenu à la charge. En 1995, on a obtenu le statut de reconnaissance, ce qui n’est pas un classement […] Mais il était possible d’obtenir des subventions pour restaurer la maison avec une reconnaissance patrimoniale», précise M. Fallu.

Le statut de bâtiment classé s’est matérialisé en 2012 quand le gouvernement du Québec a adopté la loi sur le patrimoine culturel.

Toutefois, la maison de René Lévesque, située au 16, Mount Sorel, a défrayé la manchette à de nombreuses reprises depuis 25 ans parce que son propriétaire, Denis Cloutier, et le ministère de la Culture n’ont jamais réussi à s’entendre sur un calendrier et un budget de rénovation, et sur la forme que devait prendre cette réfection.

Détérioration

La maison s’est détériorée significativement depuis 1994. Les travaux entrepris par M. Cloutier n’ont jamais abouti. Des traces de travaux sont visibles du côté ouest de la demeure vieille de 114 ans. Une bâche bleue est étendue le long de la véranda depuis des années. Elle en cache l’intérieur.

«Au moins, le gouvernement a décidé de procéder. Le ministre Fortin [Luc, ex-ministre de la Culture] avait entamé les démarches d’expropriation en 2017», signale Jean-Marie Fallu.

Le 4 août 2017, le ministre Fortin, un libéral, avait écrit à Denis Cloutier pour lui signifier qu’il était de son devoir d’entretenir la maison convenablement. Le ministre évoquait la possibilité d’exproprier la demeure, bien qu’il notait aussi qu’une voie négociée était préférable, que M. Cloutier reste propriétaire ou non.

Le ministre Fortin a confirmé le 20 septembre 2017 son intention de donner suite à la lettre du 4 août. Il s’agissait alors d’un premier recours à l’expropriation par le ministère depuis l’adoption de la loi sur le patrimoine culturel cinq ans auparavant.

L’affaire a toutefois stagné, tant et si bien que c’est un gouvernement de la Coalition avenir Québec qui la relance. La CAQ devient ainsi le troisième parti à se mêler de la protection de la maison.

Encore du temps

Si le décret ministériel publié le 2 octobre dans la Gazette officielle du Québec confirme un mouvement d’acquisition de la demeure, l’affaire pourrait encore prendre plusieurs mois avant d’être réglée, sinon plus d’un an, souligne Jean-Marie Fallu.

«Le propriétaire peut contester l’expropriation, et il peut contester l’indemnité qu’il recevra», note le président de Patrimoine Gaspésie.

Une telle contestation serait entendue par le Tribunal administratif du Québec. Les décisions de ce tribunal peuvent faire l’objet d’une demande ultérieure de révision devant la Cour supérieure.

Denis Cloutier ne rappelle plus les médias depuis des années. Sa stratégie face à l’expropriation demeure inconnue pour le moment.

Jean-Marie Fallu note qu’il serait très étonnant que le gouvernement québécois reste propriétaire de la maison après l’expropriation. «Il pourrait la céder à la municipalité [de New Carlisle] ou à un organisme subventionné. Ce qu’il souhaiterait, c’est de la céder à la municipalité, je pense.»

Témoin de l’histoire

M. Fallu rappelle aussi que l’État a non seulement le devoir de protéger et de rénover la maison de René Lévesque, mais «il doit aussi montrer une volonté de la rendre accessible au public, du moins en partie, en raison de l’importance du personnage. René Lévesque y a passé son enfance. La maison a joué un rôle très important dans son cheminement. Son père lui avait donné la soif de connaissance et de diffuser cette connaissance. La maison est un témoin matériel d’un personnage d’une grande importance. Nous devons faire comme ça se fait en Europe, pour des personnages comme Beethoven, ou Victor Hugo.»

Décédé en 1987, René Lévesque a été correspondant de guerre, journaliste à la télévision, ministre responsable de la nationalisation de l’électricité sous Jean Lesage, fondateur du Parti québécois en 1968 et premier ministre du Québec de 1976 à 1985. Un site, l’Espace René-Lévesque, retrace les grandes étapes de son parcours, à quelques centaines de mètres de la maison de Mount Sorel.