Abonnez-vous à nos infolettres. Obtenez en plus et assurez-vous de ne rien manquer directement dans votre boîte courriel.

L'Est du Québec

Vente illégale de cannabis à Listuguj: toujours pas d'accusations

LISTUGUJ – Un peu plus de deux jours après une perquisition percutante de la police autochtone dans deux commerces vendant présumément du cannabis de façon illégale à Listuguj, en Gaspésie, les quatre personnes arrêtées ne font toujours face à aucune accusation.

La perquisition de dimanche a fait beaucoup de bruit dans la communauté mi’gmaque pour plusieurs raisons, la principale étant sans doute le fait que le Listuguj Police Department ait demandé l’assistance de la Sûreté du Québec pour participer à l’opération, fouilles et arrestations incluses.

Le corps policier autochtone demande assez régulièrement l’assistance de la Sûreté du Québec, mais il est très rare que cette assistance prenne la forme d’arrestations dans les limites de Listuguj. Plusieurs Mi’gmaqs n’ont jamais pardonné à la SQ deux interventions massives survenues en juin 1981 pour mettre fin à la pêche autochtone du saumon.

Quoiqu’il en soit, Gérald Maltais, procureur aux poursuites criminelles et pénales, n’a toujours pas déposé d’accusation criminelle contre l’une ou l’autre des quatre personnes arrêtées. Il s’agirait des gens liés aux magasins Smoke Shop 69 et Riverside Cannabis. L’autre magasin affichant la vente de la drogue, Restigouche Cannabis, n’a pas été perquisitionné, l’activité ayant cessé quelques jours avant l’opération policière.

«J’ai demandé aux policiers des compléments d’enquête. On applique la loi fédérale. Nous devons faire la preuve des éléments essentiels de l’infraction», se limite à dire le procureur Maltais.

La situation de la vente de cannabis en territoire autochtone est particulière. À Listuguj comme dans d’autres communautés des Premières nations, le gouvernement fédéral n’a pas encore signé d’entente avec les conseils de bande. En principe, la vente de cannabis y serait donc illégale.

À Listuguj, le conseil de bande avait indiqué en 2018, dans la foulée de la légalisation de la vente et de la consommation de cannabis par le gouvernement fédéral, qu’il se doterait de son propre organisme d’attribution de permis à des commerce, mais cet organisme n’a pas encore vu le jour.

Des commerçants autochtones ont conséquemment perdu patience et débuté leurs activités.

Dans un communiqué émis quelques heures après la perquisition de dimanche, et à la suite d’un rassemblement impromptu de citoyens mécontents devant le poste de police, le chef de Listuguj, Darcy Gray, a mentionné que son administration s’apprêtait à émettre des permis temporaires à des vendeurs de cannabis.

«S’ils sont approuvé par le conseil (de bande), ces permis (…) seront émis sur une base intérimaire en attendant la création de (notre) organisme réglementant le cannabis», note-t-on dans le communiqué. Les permis seront valides pendant 12 semaines, à raison de 300 $ par semaine.

Le procureur Gérald Maltais assure que cette émission de permis temporaires n’influence pas le temps écoulé avant le dépôt d’accusations contre les personnes soupçonnées de vente illégale de cannabis. «On applique la loi fédérale», insiste-t-il.

Le conseil de bande et la police de Listuguj ont refusé de commenter la situation jusqu’à présent. Claude Doiron, porte-parole de la SQ, confirme les informations contenues dans le communiqué du conseil de bande, à l’effet que l’opération a été «menée par les policiers autochtones. On a fait ce qu’ils nous ont demandé de faire, pour les accompagner».

L'Est du Québec

Baptême nord-côtier pour Mélanie Joly

BAIE-COMEAU — Pour la première fois de sa carrière politique et même de sa vie d’adulte, la ministre du Développement économique et des Langues officielles, Mélanie Joly, s’est arrêtée à Baie-Comeau. Elle a notamment fait valoir aux entrepreneurs de la Côte-Nord que le gouvernement fédéral est à leur écoute.

En plus de rencontrer lundi les membres de la Chambre de commerce de Manicouagan afin de discuter des enjeux économiques de la région, la ministre a annoncé un prêt sans intérêt de 1,7 million $ à l’entreprise Lefebvre Industri-Al pour son projet de récupération des résidus de la production d’aluminium, unique au monde aux dires du fondateur de l’entreprise, Marc Lefebvre.

L'Est du Québec

L'armée et la SQ secourent quatre motoneigistes enlisés dans les Chic-Chocs

Des militaires des Forces armées canadiennes et des policiers formés en secourisme de la Sûreté du Québec (SQ) ont secouru quatre Américains dont les motoneiges s'étaient enlisées, dimanche soir, dans la réserve faunique des Chic-Chocs. Il a fallu près de 24 heures avant de réussir à atteindre les quatre hommes qui, heureusement, étaient expérimentés dans les expéditions en montagne.

Les services d'urgence ont reçu un appel à l'aide vers 21h samedi. «On a toujours été en communication avec ces gens-là, raconte l'agent d'information de la SQ, Marc Tessier. Ils se sont fait un feu. Il y a eu des recherches. Au départ, les policiers ont tenté d'aller les voir en motoneige, mais c'était difficile d'accès. Il n'ont pas été en mesure de se rendre.»

Ce n'est qu'en fin d'après-midi dimanche que cinq agents formés en recherche et sauvetage se sont dirigés dans leur direction en raquettes sur plus de 2 km. «On avait également fait appel à l'hélicoptère de la Sûreté du Québec et des Forces armées», indique le sergent Tessier. Mais, en raison des mauvaises conditions climatiques, ce n'est que sur la fin de l'après-midi dimanche que l'hélicoptère de l'armée a pu décoller. Puis vers 20h30, les policiers et les militaires ont réussi à localiser les quatre malheureux, âgés de 21 à 35 ans. «Lorsqu'ils sont arrivés là-bas, ils sont restés avec les gens jusqu'à temps que l'hélicoptère arrive pour les transporter», précise Marc Tessier. Bien qu'ils pouvaient communiquer avec les secours par radio, puisqu'il n'existe aucune communication cellulaire dans ce secteur, les quatre motoneigistes, qui ont craint de devoir passer une deuxième nuit en forêt sous un climat polaire, étaient contents de voir arriver l'hélicoptère avec des militaires à son bord.

Les motoneigistes ont été héliportés vers l'aéroport de Sainte-Anne-des-Monts, où des ambulanciers les attendaient. «Ces gens-là ont été conduits au centre hospitalier par mesure préventive, rapporte le porte-parole de la SQ. Mais somme toute, ils se portent bien. Ils n'avaient aucune blessure apparente. Ils ont eu froid, mais ça s'est bien déroulé, malgré les circonstances.» Épuisés de leur longue randonnée en raquettes dans des conditions extrêmes, les policiers qui leur ont porté assistance ont aussi, par la suite, été transportés en hélicoptère.

L'Est du Québec

Une nuit au motel gratuite pour éviter la tempête

Pour Patricia Gagné, pas question de prendre la route dans de telles conditions routières hivernales; la propriétaire du motel Blanche d’Haberville à Saint-Jean-Port-Joli a offert la nuit de dimanche à lundi gratuite à ses clients, le temps que passe la tempête.

«La plupart de ces clients-là, je les ai accueillis samedi soir alors que la tempête commençait un peu. Les gens avaient déjà peur et ils disaient que ce n’était pas beau. Je ne voulais pas leur ajouter un stress supplémentaire», indique la propriétaire du motel.

Mme Gagné a donc permis aux clients de rester au motel une autre nuit pour 0 $, les femmes de chambre ont aussi pu rester au chaud à la maison pour la journée. 

«Il y avait une équipe de hockey aussi qui est arrivée vendredi, elle venait de Laval. Ils ne sont pas du coin et le hockey, ça coûte déjà cher, je ne voulais pas en ajouter.»

À LIRE AUSSI: Une vraie tempête frappe Québec [PHOTOS]

La propriétaire se sent aussi mieux en sachant que ces gens ne prennent pas de risques inutiles sur les routes. Pour ceux qui travaillent lundi et qui devaient absolument faire la route, elle a suggéré fortement d’attendre que la tempête se calme, en fin d’après-midi. 

«Pour moi c’est normal, ça allait de soi. C’est fou dehors! L’autoroute était même fermée dans le coin... Je ne voulais pas utiliser la situation pour faire de l’argent et forcer les gens à payer une nuit de plus, ça ne me rentre pas dans la tête. Je peux me permettre de faire ça alors pourquoi pas», ajoute-t-elle. 

Elle espère d’ailleurs que d’autres commerces s’inspirent de ce geste. 

L'Est du Québec

Insultes pendant un match de hockey: forts appuis contre le racisme à l’aréna

GESGAPEGIAG — La pétition lancée dimanche par Amanda Ottawa pour contrer le racisme dans les arénas a recueilli près de 4000 signatures. Ces appuis viennent d’un peu partout au Québec, ce qui dépasse largement l’objectif initial de la résidente de Gesgapegiag, en Gaspésie.

La pétition a été lancée sur la plateforme Change.org le lendemain d’un match de hockey opposant les Chiefs de Gesgapegiag aux Goons de Chandler, dans un tournoi amical tenu à l’aréna de Paspébiac. Lors du match et dans les minutes suivantes, des propos racistes ont été proférés à l’endroit des joueurs micmacs de Gesgapegiag. «Au début, je veux viser la Gaspésie parce que je veux que le racisme cesse dans nos arénas, mais je vois que ce n’est pas juste en Gaspésie que ça répond à un besoin. Dans Lanaudière, c’est tout le temps. Ce serait super que le mouvement s’étende. Hockey-Québec aussi est visé dans la pétition», précise Amanda Ottawa, une infirmière de profession.

Son conjoint, Dave Condo, qui a joué dans le match de samedi, rappelle aussi que l’objectif du couple, c’est d’abord de convaincre les conseils municipaux de la Gaspésie d’adopter un code antiraciste dans les arénas, «mais de fil en aiguille, on voit bien que d’autres endroits embarquent».

Il a d’ailleurs entamé des démarches pour que le conseil de bande de Gesgapegiag adopte une résolution afin d’établir un contact avec les municipalités. «Je vais envoyer une lettre de notre équipe pour demander l’appui du conseil de bande. Un conseiller de Gesgapegiag va m’accompagner avec la résolution et ce sera plus facile de rencontrer et convaincre les conseils municipaux d’adopter une politique antiraciste dans les arénas. Je veux qu’ils embarquent dans mon autobus», dit-il.

Le couple a reçu des appuis de non-Autochtones et, notamment, d’Autochtones de Kahnawake, qui se font aussi cibler régulièrement autour de Montréal quand ils jouent au hockey. «Ils se font traiter d’hosties de sauvages. Il faut que ça arrête. Mais ça fait du bien [pour les Autochtones] d’en parler. On ne garde plus ça en dedans, comme avant. Le chef John Martin a reçu un courriel d’un jeune de la France pour faire un match avec notre groupe. Avec la SQ, on parle de jouer une game antiraciste à la fin de mars, probablement à Paspébiac. Ça va commencer à bouger la semaine prochaine, physiquement. Là, c’est par écrit que ça marche», souligne Dave Condo.

Le responsable des Goons de Chandler, Félix Albert, a reconnu lundi que les propos tenus par certains joueurs de son équipe étaient inacceptables.

L'Est du Québec

Un détour de cercueil coûteux pour se rendre aux Îles-de-la-Madeleine

Une famille de Gaspé ayant vécu plusieurs épreuves en situation de deuil avec Air Canada et Transports Canada réclame l’intervention des gouvernements québécois et canadien pour qu’ils mettent en place des «solutions véritables et adaptées» afin que les Gaspésiens et les Madelinots aient accès à un service aérien décent.

Déjà frappée par le deuil de sa mère Marie-Claire Arseneau le 12 décembre, Yvette Thériault a eu bien des difficultés à faire cheminer simplement l’une des volontés de la défunte, se faire inhumer aux Îles-de-la-Madeleine, où elle était née. Mme Arseneau avait été soumise à un protocole de fin de vie cinq jours auparavant.

Yvette Thériault et cinq autres membres de sa famille devant se rendre aux Îles ont d’abord eu un mal fou à trouver des billets d’avion, alors qu’ils cherchaient, un peu avant le décès, à réserver des places pour voyager en même temps que la dépouille.

«On n’a eu aucun contact avec Air Canada. Je n’ai jamais pu parler à une personne, et je n’ai pas pu laisser un message sur une boîte vocale. On tombait uniquement sur des messages informatisés», déplore-t-elle.

D’autres mauvaises surprises attendaient les familles Arseneau, Thériault et Pouliot. «On a su par la maison funéraire qu’il fallait que le corps passe par Québec», ajoute Mme Thériault.

C’est que depuis trois ans, les dépouilles devant être transportées en avion doivent être embaumées par une maison funéraire certifiée par Transports Canada. Dans les circonstances, le thanatologue certifié le plus proche se situait à Québec.

Ce détour a engendré des coûts d’un peu plus de 2000 $ pour la famille de la défunte, incluant un billet d’avion d’environ 800 $ pour le retour du cercueil entre Québec et les Îles, avec arrêt au point d’origine, Gaspé!

En plus de n’obtenir aucun engagement d’Air Canada de pouvoir voyager ensemble, cercueil inclus, l’entourage d’Yvette Thériault a découvert une autre mauvaise surprise, le prix des billets d’avion pour un aller-retour entre Gaspé et les Îles, un voyage de 300 milles, ou 480 kilomètres.

«C’était plus de 1000 $ par personne, avec les taxes pour un aller-retour de 45 minutes», souligne Mme Thériault, rappelant qu’un bout de course, les six membres de sa famille ont eu besoin de vols répartis sur deux jours, les 14 et 15 décembre, pour se rendre aux Îles.

«Dans un contexte idéal, on aurait aimé être rassurés pour avoir quelqu’un avec la dépouille. Ma nièce, qui prenait l’avion à Québec, l’a su en voyant le cercueil être embarqué dans l’avion. Payer le gros prix, c’est une chose. Ne pas être assez prioritaires pour prendre l’avion ensemble, c’est quelque chose! On reste un numéro tant qu’on ne parle pas à quelqu’un. Dans les années 70, on n’aurait pas vécu ça dans le transport aérien, avec des moyens limités, parce que notre famille n’était pas riche, et avec des moyens technologiques bien inférieurs. Ça aurait pu être simple; on allait seulement aux Îles à partir de Gaspé», analyse Mme Thériault.

Un pionnier à la rescousse

Son oncle, Michel Pouliot, âgé de 88 ans, est l’un des pionniers de l’aviation en Gaspésie. L’aéroport de Gaspé porte d’ailleurs son nom. Pendant 25 ans, jusqu’en 1974, sa compagnie, Air Gaspé, a transporté des centaines de milliers de personnes dans l’Est-du-Québec, Côte-Nord incluse. Il a formé 250 pilotes durant sa carrière. Il pourfend vertement Air Canada.

«Il faut que les gouvernements interviennent pour améliorer les services aériens dans les régions. Il faut mettre Air Canada dehors», aborde l’octogénaire, rappelant que l’aide consentie par le gouvernement québécois pour mousser l’utilisation de l’avion, plafonnée à 500 $ par année par personne, ne changera pas les habitudes puisque cette aide est avalée en un seul voyage, considérant le prix des billets.

«Il faut mettre l’argent dans un transporteur régional, à des compagnies qui appartiennent à des gens des régions. On (les transporteurs de sa génération) a fait notre vie comme du monde, avec des revenus raisonnables. Ce n’est pas parce que c’est l’aviation qu’il faut donner des millions $ aux dirigeants d’Air Canada. Ils achètent les fonctionnaires avec des points, au détriment de l’argent public», critique M. Pouliot.

Il lui est arrivé de transporter des dépouilles, «parfois gratuitement, parce que les familles n’avaient pas les moyens de payer».

Air Canada n’a pas répondu au Soleil mardi autrement qu’en spécifiant par écrit qu’elle prendrait contact à l’intérieur d’un délai de 24 heures.

Du côté de Transports Canada, on précise par écrit que les cercueils sont soumis au règlement canadien sur la sûreté aérienne depuis 2016. Il s’agit de sécuriser le fret «en vue du transport aérien à bord d’un vol transportant à la fois des passagers et du fret. Certains salons funéraires ont choisi de s’inscrire au Programme de sûreté du fret aérien de Transports Canada et d’y participer pour faciliter le transport de dépouilles à bord d’avions». 

L'Est du Québec

Gaspésie: la pêche en pleine expansion

NEWPORT ET SAINTE-THÉRÈSE-DE-GASPÉ — Les récentes années ont été fructueuses dans les pêches commerciales au Québec et ce contexte incite un nombre croissant d’entreprises gaspésiennes à prendre de l’expansion. C’est notamment le cas depuis quelques semaines du chantier maritime Conception navale FMP, de Newport, et de l’usine E. Gagnon et fils, de Sainte-Thérèse-de-Gaspé.

À peine deux ans après l’ouverture de Conception navale FMP à l’automne 2017, les frères Matthew et Francis Parisé investissent de nouveau 2,5 millions $ pour agrandir leurs installations, adjacentes au parc d’hivernement des bateaux de pêche de Newport, un arrondissement de Chandler. La demande pour de nouveaux bateaux de pêche justifie l’expansion.

À Sainte-Thérèse-de-Gaspé, près de Percé, la famille Sheehan investit 3 millions $ afin d’optimiser sa transformation de homard et de crabe des neiges dans un nouveau bâtiment de réception et de premier traitement des produits marins.

L'Est du Québec

Traverse Trois-Pistoles–Les Escoumins: ultimatum lancé au gouvernement

TROIS-PISTOLES — Au lendemain d’une rencontre à Québec entre des élus, des représentants de la Compagnie de navigation des Basques, des membres du ministère des Transports et de la Société des traversiers du Québec (STQ), le comité Sauvons L’Héritage a lancé vendredi un ultimatum au gouvernement du Québec. Avant le 1er février, le comité somme le ministre François Bonnardel de faire connaître ses intentions concernant le financement des travaux sur L’Héritage 1, qui assure la liaison entre Trois-Pistoles et Les Escoumins.

De plus, le comité annonce qu’il organisera une deuxième assemblée citoyenne le 6 janvier. Le porte-parole du comité promet d’y inviter personnellement le ministre Bonnardel. «On lui proposera un moyen de transport inefficace comme l’ensemble de nos transports en région pour se rendre chez nous», lance Guillaume Legault en boutade. 

Il se dit outré que le refus de la STQ de financer les radoubs estimés à 5 millions $ repose sur une inspection visuelle du navire, à l’issue de laquelle les experts ont déclaré que le navire était en fin de vie. La délégation provenant de la MRC des Basques et de la Haute-Côte-Nord a présenté, lors de la rencontre de jeudi à Québec, une contre-expertise visant à prouver que L’Héritage n’était pas en fin de vie. «Au sortir de cette rencontre-là, on nous mentionne qu’il y a de l’enthousiasme, se console M. Legault. Nous supportons nos élus et la Compagnie de navigation des Basques, mais nous posons quand même certaines questions qui nous amènent vers la prudence et la vigilance [...].» Par ailleurs, le porte-parole du comité de sauvegarde digère mal qu’en plus d’avoir toujours refusé de venir rencontrer ses interlocuteurs dans l’Est, le ministre Bonnardel était absent de cette rencontre.

D’ici la date de l’ultimatum, M. Legault prévient Québec : «On n’acceptera pas d’être déçus. On souhaite avoir confiance, mais ne nous laissez pas tomber! […] On laisse la chance au coureur, mais dans un certain délai et on n’acceptera pas de se faire rouler dans la farine! Si on doit graduellement parler de plus en plus fort, on va le faire! […] Pour l’instant, on entrevoit tranquillement une augmentation des moyens de pression.»

Du côté de la Ville de Trois-Pistoles, le message est le même. «L’objectif est clair : on a scoré toute l’année et on ne veut rien de moins que la Coupe Stanley pour 2020, illustre le conseiller municipal Maurice Vaney. La Coupe Stanley, c’est notre traversier. On est rendus à la fin de la troisième période. Le temps presse. Il faut mettre la puck dans le fond du filet!» L’élu rappelle que pour que le traversier soit en fonction l’été prochain, il doit entrer en cale sèche en avril. «On est en situation d’urgence», insiste-t-il. «On est dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, ajoute Guillaume Legault. Si on veut s’assurer qu’il y ait un avenir pour ce bateau-là en 2020, ça va prendre des employés pour le faire virer!»

«Le gouvernement du Québec semble n’avoir aucune stratégie claire en termes de développement de transport interrégional», en conclut le porte-parole du comité qui réclame que le lien fluvial entre Trois-Pistoles et Les Escoumins soit inclus dans la stratégie maritime, dont le dépôt est prévu en avril.

L'Est du Québec

Desserte Matane–Côte-Nord: un an sans service de traversier fiable

MATANE — Depuis un an, la population de Matane et de la Côte-Nord a le sentiment de vivre Le jour de la marmotte. Après l’achat de l’Apollo, mis au rancart après 17 jours de navigation, la Société des traversiers du Québec (STQ) a fait l’acquisition du Saaremaa 1 pour pallier à l’absence du traversier F.-A.-Gauthier, arrêté depuis le 17 décembre 2018. Mais le navire de relève répond difficilement aux besoins, surtout depuis le dernier mois.

À preuve, le traversier à pont ouvert, construit en Norvège en 2010, a repris son service régulier mardi, après quatre jours d’inactivité en raison des conditions climatiques, alors que le fleuve n’est pas encore glacé. «Novembre et décembre sont un peu plus durs, reconnaît le président-directeur général de la STQ, Stéphane Lafaut. Si j’avais voulu acheter un navire qui traverse tous les jours, j’aurais acheté un Gauthier. Est-ce qu’on pouvait se permettre, au Québec, d’acheter un autre Gauthier qui allait rester là 11 mois par année parce qu’il n’aurait pas été employable ailleurs? Quand on a acheté le Saaremaa, il fallait regarder ses paramètres d’utilisation. C’est un navire de relève qu’on devait être capables d’employer ailleurs. Il n’a pas le même gabarit que le Gauthier [...]. En été, à 95 % du temps, à moins de conditions extrêmes, on traverse.»

Le patron de la STQ ne supporte pas les critiques négatives qu’il entend sur le Saaremaa 1. «Il faut faire attention pour ne pas véhiculer des messages qui pourraient créer des doutes chez la population, prévient-il. Vous vous rappellerez qu’il a traversé l’Atlantique par lui-même! On peut amener n’importe qui sur le fleuve avec le Saaremaa. En bout de ligne, c’est la sécurité des passagers qu’on regarde. Tant que le capitaine, avec son équipage, juge que c’est sécuritaire de faire la traversée, il va la faire.»

La semaine dernière, après plus de 11 mois en cale sèche, le F.-A.-Gauthier a quitté Lévis vers son port d’attache de Matane, un vendredi 13. Un nouveau problème l’empêche de prendre la mer depuis. Selon le porte-parole de la STQ, des spécialistes en provenance d’Allemagne étaient en déplacement mercredi afin de se rendre à Matane pour tenter d’identifier les anomalies détectées aux moteurs électriques de marque General Electric. «Pour l’instant, la date [de retour du service du navire] demeure indéterminée», indique Alexandre Lavoie.

Liaison aérienne

Si jamais les réparations tardaient encore une fois à remettre le navire amiral à flot, M. Lafaut promet que la liaison aérienne sera prolongée entre les aéroports de Mont-Joli, Baie-Comeau et Sept-Îles. Alors que les vols devaient reprendre samedi, la STQ a décidé de rétablir le service plus tôt. Des avions font la navette depuis mercredi. «On avait des demandes de notre clientèle […], notamment des travailleurs qui demeurent sur la Rive-Sud […], explique M  Lavoie. Pour les gens, leur patience a été mise à l’épreuve au cours des dernières semaines avec le Saaremaa. On les comprend d’avoir moins confiance dans le service.» Le transporteur souhaite doubler le nombre de départs quotidiens du 21 décembre au 6 janvier. 

L'Est du Québec

Don majeur des Sœurs de Notre-Dame-du-Saint-Rosaire aux Archives nationales

La Congrégation des Sœurs de Notre-Dame-du-Saint-Rosaire fait don d’un important fonds à Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) Rimouski. Ce don est constitué de près de 40 mètres linéaires de documents textuels et de 20 000 photographies illustrant les missions d’enseignement de la Congrégation.

«Ce fonds d’archives est très important pour les gens du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie parce que les sœurs ont été, dès 1880, dans les premières à avoir des missions d’enseignement dans plusieurs paroisses, souligne le coordonnateur de BAnQ Rimouski, Guillaume Marsan. C’était souvent des paroisses pauvres qui avaient des grands besoins […]. C’est pour ça qu’on les appelait “les sœurs des petites écoles”. On a beaucoup d’information sur les débuts de l’enseignement, mais aussi sur la vie des paroisses jusqu’à la fin du XXe siècle.»

L'Est du Québec

Rimouski accueillera les Jeux du Québec à l’été 2022

RIMOUSKI — La fierté et l’émotion étaient palpables chez les employés municipaux, les membres du comité provisoire et les partenaires tout juste après l’annonce, lundi, du choix de Rimouski comme ville hôtesse de la 57e finale des Jeux du Québec à l’été 2022. Sports Québec a préféré Rimouski à Drummondville et à Châteauguay. «C’était une solide compétition», a fait valoir le président du comité provisoire qui deviendra le comité organisateur, José Arsenault.

Entouré des comités de travail et de ses conseillers municipaux, c’est le maire Marc Parent qui a reçu l’appel du président du conseil d’administration de Sports Québec, Michel Allen. «Cette annonce vient marquer un moment historique pour la Ville de Rimouski, s’enthousiasme M. Parent. Je remercie chaleureusement Sports Québec de nous accorder cette confiance […]. Quelle fierté de pouvoir enfin affirmer haut et fort que nous sommes LA ville qui aura la chance d’accueillir des milliers d’athlètes et leur famille à l’été 2022! Il s’agit d’une vitrine incroyable pour notre milieu qui rayonnera à travers la province, en plus de récolter des retombées économiques et sociales majeures. J’aimerais remercier toute la population pour sa solidarité et son appui.»

L'Est du Québec

«Budget responsable» malgré la hausse à Rivière-du-Loup

En dépit d’une hausse de 4,61 % du compte de taxes foncières pour 2020, alors que les revenus de la Ville ont augmenté de 8,43 %, la mairesse de Rivière-du-Loup décrit son budget comme étant «très responsable et représentant très bien la vision du conseil municipal qui veut aller vers le développement économique durable». «On a des projets à mettre sur pied», justifie Sylvie Vignet.

Pour une résidence unifamiliale dont la valeur moyenne est de 205 575 $, les taxes augmenteront de 124,88 $. «On ne peut pas dire que c’est banal, convient la mairesse Vignet. Mais, ce n’est pas pour du fonctionnement, c’est pour des projets. On se donne de la valeur, de l’immobilisation. On veut travailler beaucoup sur l’attractivité de la Ville. Pour ça, il faut avoir des infrastructures au goût du jour. C’est important d’investir sur ce plan.»

Mme Vignet souligne que la Ville doit composer avec l’augmentation des dépenses. À ce chapitre, elle mentionne la facture de la Sûreté du Québec qui a été majorée et celle pour les assurances qui a doublé. «Les matières résiduelles qu’on doit traiter, ça a aussi un coût, ajoute-t-elle. Du fait qu’on a du jeune personnel, ces gens-là ont des augmentations de salaire qui sont plus élevées que le coût de la vie. Si on veut se développer et avancer, on ne peut pas rester avec une augmentation de taxes à 1,9 ou 2 %. Si on veut attirer de nouvelles familles, des jeunes et les garder en région, on doit investir.»

La prime d’assurances de la Ville de Rivière-du-Loup passe de 160 000 $ à 330 000 $. «C’est extrêmement cher», estime la mairesse. Mais, de l’avis de Mme Vignet, l’augmentation des primes d’assurances est généralisée à l’ensemble des municipalités membres de l’Union des municipalités du Québec.

Cinq projets d’envergure figurent parmi les principaux axes de développement de Rivière-du-Loup. «Ça fait longtemps qu’on travaille là-dessus, s’impatiente la mairesse. Il faut arrêter d’en parler, il faut agir et les mettre sur pied!» Parmi ces projets, la Ville doit augmenter la capacité de traitement de ses étangs aérés. «Notre développement économique est freiné par ça», explique-t-elle. 

La réfection du Stade de la cité des jeunes et la construction d’une glace olympique qui devront être complétées avant la fin de 2020 représentent un autre chantier important pour la municipalité. «Ce sont les Jeux du Québec en 2021», rappelle Mme Vignet. Il y a aussi le réaménagement et l’agrandissement de la bibliothèque Françoise-Bédard. La construction de la nouvelle caserne de pompiers et la mise sur pied du Carrefour maritime sont deux autres dossiers importants pour les élus. Cependant, certains de ces projets seront finalisés sur un horizon de trois ans. «Compte tenu de tous les projets, l’augmentation de taxes n’est pas exagérée», considère la mairesse Vignet.

L'Est du Québec

Logements locatifs: des mesures pour accélérer la construction à Gaspé

GASPÉ — Le maire de Gaspé, Daniel Côté, souhaite que la loi privée 205, conférant à la Ville de Gaspé des moyens pour accélérer la construction de logements locatifs, débouchera sur l’addition de 150 à 200 nouvelles unités d’ici cinq ans, pour contrer la pénurie d’habitations dans la municipalité de 15 000 personnes.

Le taux de vacance de logement à Gaspé s’établit à 1,2 %. Entrée en vigueur mercredi, la loi 205 donnera deux types d’avantages aux entrepreneurs immobiliers, un crédit de taxes municipales pendant cinq ans, ou l’aménagement de services municipaux comme l’aqueduc et l’égout aux frais de la Ville de Gaspé, en tout ou en partie.

«Les détails restent à décider en conseil municipal. On veut être équitable dans les projets, tant dans la partie infrastructures municipales [aqueduc et égout] que la partie touchant le crédit de taxe. La Ville peut aller jusqu’à 500 000 $ d’appui par projet, sans dépasser un total de 2 millions $ au cours des cinq prochaines années», précise le maire Côté.

Considérant que la majorité des immeubles locatifs seront probablement érigés au centre-ville, l’administration municipale a aussi inclus dans la loi 205 des dispositions visant à favoriser l’acquisition de maisons dans les secteurs présentant des indices de dévitalisation sur son territoire. Les limites municipales de Gaspé s’étirent sur 120 kilomètres.

«Cet avantage pourrait prendre la forme d’un crédit de taxe, comme la taxe de Bienvenue, ou droit de mutation, lors de l’acquisition d’une maison dans les secteurs compris entre l’Anse-à-Valleau et Petit-Cap, puis de l’Anse-au-Griffon-Cap-des-Rosiers à Cap-aux-Os. On va regarder si un crédit de taxes municipales aurait aussi un effet favorable. On a le droit d’aller jusqu’à 10 000 $ par acquisition», ajoute Daniel Côté.

La Ville de Gaspé a fait son bout de chemin depuis quelques années en ajoutant 125 unités de logement social sur son territoire. Elle ne pouvait toutefois intervenir dans le secteur privé sans l’adoption d’une loi en ce sens par l’Assemblée nationale.

«C’est pour palier le coût supplémentaire de construction de 30 % ici, d’après le chiffre donné par les promoteurs immobiliers», note le maire.

Un frein à l’économie

L’évaluation du taux de vacance de logement à 1,2 % date d’octobre 2017. «C’est un pourcentage tenant compte de tous les secteurs. Au centre-ville, c’est 0 %. C’est clair qu’on est plus bas que ça [1,2 %] sur l’ensemble du territoire. La situation du logement ne s’est pas améliorée depuis deux ans», assure M. Côté.

«L’économie est en pleine effervescence. On manque sérieusement de travailleurs. Si tous les postes étaient comblés, l’économie serait encore plus forte. On a des défis commerciaux, comme partout sur la planète, à cause des achats en ligne. Présentement, c’est le manque de logement qui crée principalement la pénurie de main-d’œuvre», explique Daniel Côté.

La Ville de Gaspé fait le pari que les sommes consenties en crédits de taxes ou en infrastructures de services seront vite regagnées en investissements immobiliers, en amélioration locatives ou par le biais d’accès à la propriété pour des jeunes.

«Ces jeunes familles investiront dans leurs propriétés. Nous regagnerons notre mise, et les commerces investiront aussi pour satisfaire les nouveaux résidents», dit M. Côté. La valeur foncière de Gaspé est de 1,4 milliard $.

Depuis la fin de 2016, l’usine de pales éoliennes LM Wind Power a embauché 285 nouveaux travailleurs et elle en compte maintenant 485 pour satisfaire ses contrats d’exportation. Trois chantiers navals embauchant 125 personnes fonctionnent à plein régime. Les pêches commerciales génèrent des revenus records depuis cinq ans et le tourisme suit la même tendance.

Avant la loi 205, la Ville de Gaspé avait mis en vente 10 terrains au coût d’un dollar, à condition que les acquéreurs entament vite la construction d’immeubles locatifs. Sept terrains ont trouvé preneurs mais trois développeurs se sont désistés en raison du délai de réalisation trop court. Quatre immeubles de trois unités sont présentement en construction.

L'Est du Québec

Gestes à caractère sexuel: le sort de l’enseignant Richard Bélanger entre les mains du juge

SAINTE-ANNE-DES-MONTS — Le procès de Richard Bélanger, un enseignant accusé d’agressions et de contacts sexuels sur une personne de moins de 16 ans, s’est terminé mercredi au palais de justice de Sainte-Anne-des-Monts. Le tribunal a pris la cause en délibéré. Le juge Jules Berthelot rendra sa décision le 28 février.

Au jour 2 de son témoignage, Richard Bélanger est venu raconter sa descente aux enfers dans les jours qui ont suivi l’événement pour lequel un élève de l’École Gabriel-Le Courtois de Sainte-Anne-des-Monts a porté plainte. Celui-ci est survenu le 7 juin 2018, alors que l’homme était seul avec l’adolescent à qui il n’enseignait pas, mais dont il se considérait comme «quelqu’un en qui il avait confiance, un modèle». Ce jour-là, l’enseignant cumulant 28 ans d’expérience a raconté que comme le jeune souffrait d’anxiété, il l’aidait à préparer un exposé oral en français. Selon son récit, l’homme de 55 ans était de dos à l’élève et lorsqu’il s’est levé, il a perdu l’équilibre et est tombé sur lui, les deux poings sur ses cuisses. «C’est accidentel», a-t-il affirmé.

Le lundi suivant, alors que l’élève devait présenter son exposé oral en français, il apprend qu’il est absent. Il appelle chez lui et tombe sur sa mère qui lui répond qu’il doit bien savoir pourquoi son fils est absent. «Je me suis dit que j’allais avoir une plainte pour voie de fait parce que j’étais tombé sur lui, a-t-il interprété. Après ça, je ne me souviens plus de rien.» Ce n’est que 48 heures plus tard qu’il reprend ses esprits. Il était hospitalisé en psychiatrie à l’hôpital. Il y demeurera 10 jours pour dépression majeure.

«Je quitte l’hôpital et, à peine une heure après, la Sûreté du Québec arrive chez nous, relate-t-il. Ils m’amènent au poste.» Dans sa déposition, l’adolescent lui reproche d’avoir touché ses parties génitales. «C’est le moment le plus marquant de toute ma vie personnelle et professionnelle», a-t-il laissé tomber, enfilant les verres d’eau l’un après l’autre tout au long de son témoignage.

L'Est du Québec

Augmentation de 2,2 % des taxes foncières à Matane

Les contribuables de Matane verront leur compte de taxes foncières augmenter de 2,2 %, ce qui est à peu près égal à l’indice des prix à la consommation (IPC) du Québec, qui est de 2,3 %. La hausse est cependant supérieure à l’IPC du Canada, qui se situe à 1,9 %. Par conséquent, le propriétaire d’une maison moyenne évaluée à 150 000 $ devra payer de 45 $ à 60 $ de plus, selon le secteur où il habite.

Donc, la taxe foncière augmentera de 11 ¢ par 100 $ d’évaluation pour se situer à 1,37 $ par tranche de 100 $ d’évaluation. Les immeubles agricoles profiteront d’un allégement foncier. Ainsi, la taxe diminuera de 1,26 $ à 1,09 $ par tranche de 100 $ d’évaluation.

L'Est du Québec

Enseignant accusé d’agressions sexuelles sur un élève: le tribunal refuse l’avortement du procès

SAINTE-ANNE-DES-MONTS – À la reprise du procès de Richard Bélanger, un ex-enseignant accusé d’agressions sexuelles qui seraient survenues en juin 2018 sur un élève mineur, le juge Jules Berthelot a refusé, mardi, la requête en avortement de procès présentée par la Défense au palais de justice de Sainte-Anne-des-Monts. La motivation de Me Yves Desaulniers reposait sur l’admission, par le magistrat, de faits similaires qui seraient antérieurs au procès et qui causeraient, selon le procureur, un préjudice irréparable à son client.

«Le tribunal conclut que les faits qui sont survenus ne sont pas le fruit du hasard, a cité Me Desaulniers. Je vous rappelle que l’accusé n’a pas encore témoigné! Vous incarnez le juge des faits et le juge des droits. Vous laissez poindre une certaine partialité! Mon client peut réfuter des témoignages, mais il ne peut pas réfuter des éléments de droit. Bien que ce soit exceptionnel, je vous demande de procéder à un avortement du procès.»

Sans surprise, la Couronne s’est opposée. Pour Me Florence Frappier-Routhier, son collègue doit non seulement se baser sur un doute ou une apparence de partialité, mais il doit la prouver. Après un ajournement de la cour, le juge Berthelot s’est notamment référé au jugement rendu dans la cause de l’ex-instructeur de ski Bertrand Charest pour prouver «l’existence d’une relation d’autorité et de confiance entre l’appelant et le plaignant». 

L'Est du Québec

Ressources minérales: Pélican s'approche du but

La firme Ressources minérales Pélican déposera au cours des premières semaines de 2020 une étude d’impact environnemental liée à un projet d’exploitation de carrière de carbonate de calcium à 15 kilomètres au nord-est de Murdochville, en Gaspésie, une initiative porteuse d’un investissement de 40 à 60 millions $ et de 30 emplois.

Cet investissement comprendrait aussi l’aménagement d’une usine de transformation de carbonate de calcium à Grande-Vallée pour satisfaire les besoins de certains clients convoités par la firme, et d’une infrastructure portuaire pour expédier cette matière calcaire vers les marchés.

L’évaluation du gisement du canton Lefrançois a débuté en 2011, alors que son existence était connue depuis quelques années. Des étapes préliminaires visant sa mise en production sont déjà réalisées, au coût de 2 millions $.

«Le gisement renferme 100 millions de tonnes et il contient trois grades de carbonate de calcium. Les deux grades principaux, entre 97 et 99 % de pureté, composent une bonne partie du gisement, soit 40 %», précise le président de la firme, David Canuel.

Le grade présentant un indice de pureté moindre sert surtout en métallurgie. Les usines de bouletage de fer de la Côte-Nord, à Sept-Îles et à Port-Cartier, sont des clients visés par Ressources minérales Pélican. Les utilisations du carbonate de calcium sont multiples ailleurs.

«Il peut être utilisé pour les produits pharmaceutiques (…) Il peut servir en agriculture, en construction, dans le verre, le plastique et le caoutchouc pour diminuer d’autres intrants venant des hydrocarbures. Une grande proportion du gisement a une pureté très élevée, concentrée de façon homogène», explique David Canuel.

À maturité, la firme produirait 500 000 tonnes de carbonate de calcium par an. Ressources minérales Pélican souhaite débuter une exploitation commerciale du gisement dès 2020 pour fournir les usines de bouletage de la Côte-Nord, à raison de 10 000 tonnes et autant en 2021, en se servant du quai actuel de Grande-Vallée.

Pendant ce temps, elle cherchera à obtenir son autorisation environnementale et son permis d’exploitation pour l’usine projetée à Grande-Vallée en 2022. Cette usine réduira en fine poussière le carbonate de calcium pour des usages autres que la métallurgie. Gaspé avait aussi été considérée pour cette usine.

«Idéalement, il faut centraliser les opérations le plus près possible de la carrière», note M. Canuel, statuant que le projet comporte des défis logistiques, ce qui explique le choix de Grande-Vallée, le quai le plus proche. Sa localisation au centre du village incite la firme à planifier un nouveau quai à l’est de la communauté. Le quai actuel est municipal.

«Il y a la profondeur d’eau, mais aussi la proximité des maisons (…) Nous voudrions un quai offrant de la flexibilité pour les autres usages», signale David Canuel, qui compte discuter avec les gouvernements à ce sujet.

L’usine serait aménagée le long du chemin de la Rivière, à 12 kilomètres de la mer. «Notre volonté principale, c’est qu’il y ait le moins d’impact pour les gens. Nous serons placés à l’extrémité sud, en retrait, à mi-chemin entre la carrière et la ville. On veut le moins de voisins possible», dit-il.

Ressources Pélican s’adjoint les services de Pesca Environnement pour l’obtention d’une certification du projet. Y aura-t-il intervention du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement? «C’est à voir. Ce n’est pas nous qui décidons», dit M. Canuel.

Il est l’un des actionnaires de la compagnie. D’autres particuliers, une firme de forage et une firme de génie civil comptant 300 employés, possèdent aussi des parts dans Pélican, dont le siège social est situé à Murdochville.

L'Est du Québec

«Augmentation substantielle» du compte de taxes en 2020 à Rimouski

RIMOUSKI – Pendant que les taxes municipales augmenteront de 1,3 % à Québec et de 2,1 % à Montréal, le contribuable moyen de Rimouski devra faire face à une augmentation de son compte de taxes de 4,1 % en 2020. Il devra payer 99 $ de plus en impôt foncier. Cette hausse est bien au-delà de l’indice des prix à la consommation qui est de 1,9 %.

«Malgré le fait que cette augmentation soit substantielle, Rimouski demeure parmi les villes les moins taxées au Québec et offre des services de grande qualité», a répété plus d’une fois le maire de Rimouski, Marc Parent.

Le propriétaire d’une résidence évaluée à 212 727 $ aura à payer 2410 $ en taxes municipales. Marc Parent martèle que «la Ville de Rimouski est dans une situation extrêmement enviable si on la compare aux autres villes du Québec». «Le taux de taxation de la Ville de Rimouski est parmi les plus bas au Québec, a-t-il spécifié. Le taux d’endettement pour les villes comparables de 45 000 à 55 000 habitants est le plus bas au Québec.» Sur sept villes québécoises comparables en termes démographiques, Rimouski se situe au deuxième rang du compte de taxes moyen le moins cher après Mirabel, dont le compte est estimé à 1623 $. Saint-Eustache suit de près avec 2661 $.

Budget de 91,6 M$

Lundi soir, le conseil municipal de Rimouski a adopté un budget équilibré de 91,6 millions $. «En 2020, la taxe foncière et la tarification des services représenteront 74 % des sources de revenus du budget de fonctionnement, a expliqué M. Parent. La diminution des revenus attribuables à la vente de terrains et aux produits de placements s’inscrit comme un enjeu financier déterminant. Dans ce contexte, la recherche de nouvelles sources de financement est une priorité pour limiter les hausses de taxes futures.»

De 2015 à 2020, le budget de la Ville de Rimouski a augmenté de 20 %. «Il y a eu des acquisitions importantes, mais aussi des obligations, a-t-il fourni comme raisons. Pour une résidence moyenne, c’est un peu moins de 2 $ par semaine d’augmentation de taxes. Si on le compare avec l’indice des prix à la consommation, c’est substantiel, mais les gens en ont vraiment pour leur argent! Les citoyens voulaient avoir plus de pavage et voulaient un centre animalier, ce qu’on va faire en 2020.»

L’élu assure que son administration a déployé beaucoup d’efforts pour ne pas surtaxer les contribuables, mais «la Ville fait face à des contraintes budgétaires additionnelles de 2,65 millions $». Ces dépenses s’expliquent par la «facture salée» de la Sûreté du Québec, les services de déneigement, l’ajout de quatre postes de pompiers permanents, la construction d’un nouveau bâtiment pour le Centre de services animaliers qui fait passer le budget annuel du simple au double ainsi que l’augmentation importante des contrats de pavage liée aux coûts du bitume et la majoration des salaires des employés municipaux. «La tarification de la Sûreté du Québec est basée sur la vitalité économique d’une ville, a précisé le maire Parent. On est victimes du succès de la ville de Rimouski. On se retrouve avec une facture à payer qui est tout près de 6 % au-dessus de ce qu’on payait l’an dernier.»

L'Est du Québec

Jugement Marshall: vingt ans de progrès pour les communautés autochtones

GESGAPEGIAG — Quand la Cour suprême du Canada a rendu, le 17 septembre 1999, une décision légalisant la pêche commerciale autochtone dans l’est du Canada, Québec maritime inclus, Lina Condo est guide de pêche au saumon sur la rivière Grande-Cascapédia. Elle ignore que le «jugement Marshall» révolutionnera sa vie.

Les Mi’gmaqs de Gaspésie, les Malécites du Bas-Saint-Laurent et les Innus de la Côte-Nord pêcheront désormais des espèces comme la crevette, le homard et le crabe des neiges. La communauté de Mme Condo, Gesgapegiag, tout comme Listuguj et Gespeg, aussi en Gaspésie, seront du nombre. Le conseil de Gesgapegiag contacte Lina Condo pour organiser et gérer les pêches commerciales.

«Je ne savais pas ce que c’était, le crabe des neiges. Mais grâce à Herman Synnott et à Sylvio Coulombe, qui travaillait à Pêches et Océans Canada à Gaspé, on a réussi. […] J’appelais Herman avant de prendre toute décision. Dans les premiers temps, on a pêché la crevette, avec l’appui d’Herman», dit-elle.

Herman Synnott, un crevettier de Gaspé, est l’un des pêcheurs «blancs» ayant décidé de collaborer illico avec les autochtones. Il a gagné ainsi un respect immense à Gesgapegiag et à Gespeg, où il a joué le rôle de mentor. D’autres non autochtones, dont Maxime Lambert, en ressources humaines, ont appuyé Lina Condo.

«On a développé une politique de pêches et des descriptions de tâches. Pour la rémunération, on a suivi l’industrie. Quand j’entendais des remarques disant que nos pêcheurs étaient peut-être trop payés, je répondais : “Je suis sortie en mer. C’est un métier difficile.” Bernard Lacroix, qui gérait l’usine E. Gagnon et Fils dans ces années-là, achetait notre crabe. Si je n’avais pas eu ces personnes, je ne sais pas ce qui serait arrivé. On a commencé bien encadrés», dit-elle.

Maintenant, Lina Condo, née d’une mère blanche et d’un père autochtone, admet qu’elle était bien placée pour gérer l’après-Marshall. «J’ai les deux cultures. Ça m’a facilité la tâche, comme ma connaissance du français et de l’anglais».

Restaurants

Colombe St-Pierre au Gelinaz! Shuffle

RIMOUSKI — Pour la deuxième fois en carrière, Colombe St-Pierre du Restaurant Chez Saint-Pierre a, mardi, relevé le défi complètement fou du Gelinaz! Shuffle. À la différence de celui de 2015, où la cheffe de Rimouski était partie cuisiner à Stockholm durant cinq jours pendant qu’un chef parisien s’était installé dans sa cuisine du secteur du Bic, la réputée cuisinière a concocté un repas composé de huit services basé sur autant de recettes d’un chef dont elle ignorait la provenance dans le monde.

À 22h, un journaliste avait la tâche d’annoncer à la trentaine de convives du restaurant bas-laurentien ainsi qu’à la cheffe St-Pierre et sa brigade la provenance des huit plats. C’est l’autrice de ces lignes qui a eu le privilège de leur apprendre qu’ils avaient mangé des mets créés par Sung Anh de Séoul, en Corée du Sud. «Je le savais», s’est immédiatement écriée l’extravertie Colombe St-Pierre, qui avait avoué être certaine, pendant qu’elle imaginait les recettes, qu’il s’agissait assurément de recettes asiatiques, voire coréennes ou japonaises.

L’événement gastronomique international complètement déjanté, qui est considéré par certains comme le plus grand délire culinaire de la planète, se rapproche davantage de la performance artistique. Pendant un soir, 148 chefs dans 138 restaurants de 38 pays se sont échangé des recettes pigées au hasard, sans en connaître la provenance. Par souci de n’émettre aucune émission de gaz à effet de serre, le Gelinaz! Shuffle a, pour la première fois, refusé les voyages en avion, tout en n’érigeant aucune frontière. Ce sont plutôt les recettes qui ont voyagé.

La cheffe-propriétaire de Chez Saint-Pierre dit ne pas avoir trouvé le défi difficile. «J’adore les défis», a-t-elle lancé avec assurance. «Ce sont des événements qui sont construits autour de la créativité. On nous proposait des recettes, mais le but, c’était de les interpréter, d’essayer de s’inspirer d’une cuisine d’une autre culture, de la faire renaître avec nos produits, notre culture et notre interprétation de ces recettes. C’est un échange interculturel monumental. Je suis une voyageuse. Donc, ce n’est pas du tout déroutant pour moi!»

Colombe a dû modifier un peu quelques recettes à cause de la disponibilité des produits. Par exemple, elle a préféré changer le homard qui est seulement vendu en vivier en hiver par de la pieuvre et le maquereau par du thon rouge de la Baie des Chaleurs. Voici quelques exemples de plats qui ont été servis par l’équipe de Chez Saint-Pierre : pétoncle et calmar, jus émulsionné de fermentation de légumes de saison; tartelette de crevettes nordiques, mousse de beurre de homard et radis roses en brunoise; flan d’algues et soya biologique, œufs de harengs marinés à l’huile de sapin baumier, riz noir soufflé et oreilles de Judas. 

Justice et faits divers

Amende record pour CFG Construction

À faute lourde, amende pesante. La Cour du Québec impose une amende record de 345 000 $ à l’entreprise CFG Construction, coupable de négligence criminelle ayant causé la mort d’un camionneur en septembre 2012.

Le 11 septembre 2012, le camionneur Albert Paradis est envoyé par son employeur chercher des rebuts d’acier dans un chemin forestier du chantier du parc éolien de la Seigneurie de Beaupré. Il a comme consigne de charger le conteneur de son camion au maximum de sa capacité.

Les freins du vieux camion Volvo fonctionnent à 53 % de leur capacité et le système de freinage n’a pas moins de défectuosités majeures. L’insouciance du mécanicien et du dirigeant du garage de CFG Construction est à blâmer, tranchera la juge Hélène Bouillon.

Le camion va se renverser dans une courbe et sera retrouvé au bas d’une pente. Albert Paradis, 50 ans, père de trois enfants, meurt seul, à côté de son poids lourd.

Les dirigeants de l’entreprise CFG Construction ont laissé Paradis conduire un camion vétuste dont ils savaient les freins déficients, conclut le tribunal.

Ils méritent aujourd’hui une peine significative pour punir un comportement «qui a porté atteinte aux valeurs de notre société et notamment celles entourant la santé et la sécurité du travail», écrit la juge Bouillon. La peine doit de plus «envoyer un message clair à toute entreprise qui serait tentée d’adopter cette même conduite», ajoute-t-elle.

Le Code criminel prévoit que l’amende est la seule peine pouvant être imposée à une organisation reconnue coupable d’une infraction criminelle.

Pour cette négligence criminelle qui s’est étalée sur plusieurs mois, la Couronne réclamait une amende de 500 000 $, du jamais-vu au Québec.

La défense soutenait qu’en raison de sa faible capacité financière, CFG Construction devrait se voir imposer une amende 10 fois moindre, soit 50 000 $.

La juge Bouillon a choisi d’imposer une amende globale de 345 000 $ qui sera payable sur quatre ans.

CFG a tiré profit de sa négligence, rappelle la juge Bouillon, car les sommes qui auraient dû être investies dans l’entretien et la réparation du camion «ont clairement constitué un avantage pour CFG Construction, soit celui de se sortir au plus vite de son impasse économique et de son insolvabilité».

Risque de récidive

Depuis 2012, CFG a été condamnée à de nombreuses reprises pour des infractions à divers règlements et au Code de la sécurité routière. Sa licence d’entrepreneur en construction a été suspendue durant un mois en 2018.

«Une entreprise avertie à répétition par les autorités compétentes et par les tribunaux, qui n’apporte pas de changements significatifs à ses comportements répréhensibles et dangereux, compromet la sécurité sociale», écrit la juge Bouillon, ajoutant que la réhabilitation de l’entreprise est loin d’être acquise et que le risque de récidive est toujours présent.

Exceptionnelle probation

Le nombre d’infractions de toutes sortes démontre que les faibles mesures mises en place par l’entreprise ne sont pas suffisantes pour assurer la sécurité des 60 travailleurs à temps plein et 250 employés occasionnels sans compter celle du public.

C’est pour cette raison que la juge Hélène Bouillon a choisi de mettre CFG Construction en probation durant trois ans, mesure inusitée dans le monde des entreprises.

CFG devra embaucher un consultant externe qui évaluera la situation et proposera des correctifs.

L’entreprise devra notamment donner une formation annuelle à ses employés sur la conduite de véhicule lourd et fournir aux autorités une copie du rapport annuel d’inspection de la SAAQ.

CFG Construction a interjeté appel de sa condamnation en Cour du Québec.

L’entreprise devra verser au total près de 200 000 $ à la CNESST pour le décès de son travailleur, dont 120 000 $ ont déjà été remis à la veuve d’Albert Paradis.

La compagnie s’expose aussi à des amendes de 83 000 $ selon l’évolution du dossier pour les accusations pénales.

Plus de sept ans après le décès de son mari, Sylvie Dionne était de nouveau de retour dans une salle de cour, pas très loin de Franky Glode, le patron d’Albert Paradis.

En parallèle à la preuve froide et technique, la juge Bouillon a retenu beaucoup de choses du témoignage de la veuve et de ses trois enfants, lors des représentations sur la peine. «La présence d’une douleur qui transperce la peau, la perte de la paix de l’âme, un vide immense, une rage indescriptible, un ouragan subi de plein fouet et la sensation de basculer dans le vide», résume la juge.

L'Est du Québec

Air Canada a annulé deux vols vers l’Est en deux jours

CARLETON — Le transporteur Air Canada Jazz s’est distingué pour les mauvaises raisons, en annulant deux vols entre Québec, Gaspé et les Îles-de-la-Madeleine en fin de semaine, tout en démontrant des lacunes de communications et de gestion d’imprévus qui ont fait bondir les usagers, dont le député des Îles à l’Assemblée nationale, Joël Arseneau.

Il était parmi les 50 clients ayant subi les deux annulations de vol. La collègue députée de Gaspé, Méganne Perry Mélançon, était aussi du nombre. Les éléments de dysfonction de services à Air Canada Jazz sont multiples, et ils vont dans toutes les directions, précise M. Arseneau.

«Nous étions assis dans l’appareil depuis 25 minutes vendredi soir quand on nous a informés qu’il fallait descendre. “Le dégivreur ne fonctionne pas et on se dirige vers le givre.” C’était le message. On débarque. On nous annonce dans l’aérogare que le vol est annulé. Il y a 50 personnes qui tentent de réserver un billet pour le vol suivant au comptoir et ça a pris 15 minutes pour régler le premier client», précise le député.

Voyant que le règlement de la situation risque de prendre la nuit et que la ligne téléphonique d’Air Canada n’est pas fiable, il réussit à obtenir une réservation pour le vol du samedi matin en ligne, avec son téléphone mobile.

Samedi, il se présente comme d’autres usagers, dont la députée Perry Mélançon pour une seconde tentative. Cette fois, c’est la tempête de vent aux Îles-de-la-Madeleine et en Gaspésie qui annule du vol.

«Sur mon téléphone, on m’informe que je pourrai prendre un vol lundi soir pour les Îles-de-la-Madeleine. Mais lundi soir, je suis supposé être de retour à Québec! […] D’autres passagers se sont fait dire qu’ils ne partiront que mardi!» souligne M. Arseneau.

Il réussit finalement à prendre un vol samedi soir pour l’archipel madelinot.

«Je ne m’apitoierai pas sur mon sort. Je suis un gars qui n’était pas en urgence et je suis resté calme dans la situation. Je suis habitué aux lacunes d’Air Canada. Mais il y a des gens qui se rendaient voir des proches, mourants. Il y a des gens sans grands moyens qui se rendent en taxi à l’aéroport, à 35 $ la fois parce qu’ils n’ont pas le choix, des gens voyageant pour des raisons de santé. Il y a 4300 transferts médicaux par an aux Îles. Ces conditions sont pires que dans les années 1960», déplore le député.

Aucun plan de contingence

Il dénonce l’absence de plan de contingence, ou d’imprévus, de la part d’Air Canada, alors que la firme utilise des Dash 8-300, un modèle lancé en 1983.

«J’étais maire en 2005 et Air Canada parlait de les remplacer. Un vol sur quatre d’Air Canada à destination des Îles-de-la-Madeleine est annulé ou détourné vers une autre destination. Pascan, avec la même météo, annule seulement 5 % de ses vols», note le député. 

Les Dash 8-300 ne sont pas équipés du système d’approche LPV, un système de guidage permettant de réduire considérablement la limite inférieure du plafond nuageux pour atterrir.

Joël Arseneau dénonce aussi la faiblesse des communications d’Air Canada avec ses clients, les défaillances du système informatique, l’impossibilité à de joindre un préposé téléphonique lors d’annulation de vols et le manque de personnel, qui a entraîné des retards systématiques au cours de l’été.

«Air Canada ne répond plus. Si c’était beau 24 heures sur 24, sept jours sur sept, ce serait différent, mais l’hiver ne fait que commencer», dit le député.

Il a parlé dimanche au ministre des Transports du Québec, François Bonnardel, qui devrait parler à son homologue fédéral Marc Garneau jeudi.

«Le transport aérien, pour les Madelinots et de plus en plus pour les Gaspésiens, est un transport collectif. Ce n’est pas vrai qu’on peut être à la merci des décisions intempestives d’Air Canada», conclut M. Arseneau.

Air Canada n’a pas retourné le message du Soleil pour donner sa version de l’affaire.

L'Est du Québec

Pont sur le Saguenay: les élus pressent le gouvernement

BAIE-COMEAU — Le fait que le gouvernement caquiste se soit commis la semaine dernière en laissant entendre que la construction d’un pont sur le Saguenay à la hauteur de Tadoussac n’était pas une priorité a galvanisé élus et membres de la Société du pont sur le Saguenay et de la Coalition Union 138. Ces derniers se disent maintenant prêts à exercer des activités de sensibilisation dans l’ensemble du Québec, sous une forme qui reste à déterminer.

Tous ceux qui ont pris la parole lors de la conférence de presse de lundi matin à Baie-Comeau ont martelé le même message : le gouvernement s’était engagé à aller de l’avant avec l’étude d’opportunité que devait commander le bureau de projet du pont sur le Saguenay, mais il a fait machine arrière, ce qu’ils considèrent tous comme inacceptable. Deux courtes vidéos de déclarations du premier ministre François Legault  démontrent d’ailleurs qu’il a déjà déclaré être d’accord avec l’idée «de regarder la possibilité de construire un pont»..

«La semaine dernière, ça a été un choc de se faire dire par M. Bonnardel (le ministre des Transports) que le dossier du pont, ce n’était pas vraiment important», a laissé tomber le préfet de la MRC de Manicouagan, Marcel Furlong, traduisant ainsi l’état d’esprit des gens présents à cette sortie publique. «On a été de bons citoyens, on leur a donné une chance mais là, on est allé au bout de la chance», a-t-il ajouté.

«La Côte-Nord ne rejouera plus dans le film «Le jour de la marmotte». On l’a suffisamment joué», de faire valoir Réjean Porlier, maire de Sept-Îles. «On a l’impression de se faire mener en bateau. La Côte-Nord est extrêmement déçue», a-t-il enchaîné.

«La première action qu’on demande, c’est de lancer enfin l’étude d’opportunité (devant être pilotée par le bureau de projet du pont), déjà prévue au programme des infrastructures. Ça représente 10 millions sur 115 milliards. C’est une goutte d’eau dans le Saguenay», a poursuivi le président du conseil central Côte-Nord de la CSN, Guillaume Tremblay, aussi porte-parole de la Coalition Union 138, qui parle de «manque total de respect» de la part du gouvernement dans ce dossier. 

Quant au préfet de la MRC de Charlevoix-Est, Sylvain Tremblay qui, incidemment, a dû attendre le traversier près d’une heure pour pouvoir venir à Baie-Comeau, il a tenu à rappeler que «le projet du pont, c’est un projet de développement pour tout le Québec».

L'Est du Québec

Confusion dissipée à la MRC de La Matanie

MATANE — La confusion semée à la suite de la dernière réunion extraordinaire de la MRC de La Matanie, tenue le 5 novembre et dont le seul sujet à l’ordre du jour était «Entente de fin d’emploi de la directrice générale», a fini par se dissiper. Lors de la séance ordinaire du conseil convoquée mercredi, les citoyens ont appris que l’employée municipale, qui est actuellement en congé de maladie pour une période indéterminée, demeurait en fonction.

«Il n’y a pas de suite, a fait savoir en entrevue au Soleil le maire de Matane, Jérôme Landry. On était en négociation avec Mme [Line] Ross, mais elle a décidé de demeurer à la MRC. C’était une négociation de préretraite. On voulait préparer la relève. On avait un plan stratégique avec de nouveaux défis. C’était de voir à travailler et à préparer un transfert de compétences et d’expertise pour la nouvelle personne pour la remplacer.»

Le maire Landry et son homologue de Sainte-Félicité, Andrew Turcotte, avaient fait parvenir aux neuf autres élus une convocation par huissier. Une fois tous les membres du conseil réunis, le maire de Matane avait levé l’assemblée dès son ouverture. «On voulait être capables d’avoir une offre finale, explique Jérôme Landry. Mais Mme Ross a décidé, quelques heures avant la séance, d’annuler sa proposition.»

Cette façon de faire du maire Landry et les suspicions soulevées autour de l’employée municipale, qui est en poste depuis seize ans, avaient été vertement critiquées par d’anciens préfets et celui qui occupait la fonction jusqu’à mercredi, soit Denis Santerre, et par des citoyens. 

L'Est du Québec

Fondation Tekkie-Mamu: préserver la mémoire avec la réalité virtuelle

BAIE-COMEAU — Quand la tradition orale des Premières Nations croise la technologie du futur, ça donne des projets comme celui de la Fondation Tekkie-Mamu, qui monte présentement un projet de réalité virtuelle pour soutenir et préserver le patrimoine culturel et linguistique des Innus de Pessamit.

En juin dernier, la fondation a contacté le Conseil des Innus de Pessamit, localité située à environ 50 kilomètres à l’ouest de Baie-Comeau, sur la Côte-Nord, pour lui proposer de préserver pour l’avenir le patrimoine acquis par les aînés de la communauté, patrimoine souvent transmis par la parole et, de ce fait, non préservé sur un support quelconque.

Recréer le savoir des ainés

«Les aînés du village sont enregistrés. Ces gens nous racontent une expérience, une histoire, un conte, qui seront par la suite transposés en réalité virtuelle. Tout le contenu reste en innu», a relaté Amalia Nanu, cofondatrice de Tekkie-Mamu.

Quant aux images, l’équipe de la fondation va sur le terrain où l’histoire racontée s’est déroulée et tourne notamment avec une caméra à 360 degrés. «Si l’aîné dit que dans son histoire, il est en canot, qu’il fait du portage ou se trouve dans la forêt, on recrée ça. On crée aussi les effets spéciaux», ajoute l’ingénieure pédagogique, qui s’adjoindra bientôt des comédiens pour recréer ces pages de la tradition innue.

Comme la plupart des histoires recueillies jusqu’ici se déroulent en hiver, Tekkie-Mamu viendra tourner sur le territoire dans les prochaines semaines. Elle recueillera aussi d’autres témoignages.

Une fois le projet complété, toutes les capsules de réalité virtuelle seront remises au Conseil des Innus de Pessamit qui, selon Mme Nanu, l’intégrera dans sa future maison de la culture. «Une fois complété, ça appartient à la communauté, qui le diffuse comme elle le souhaite. Si elle veut traduire ou non, ça leur appartient là aussi», ajoute-t-elle à l’intention du journaliste, qui se demandait comment les gens qui ne parlaient pas innu allaient pouvoir avoir accès à ces témoignages.

Avec les jeunes

La jeune génération fait aussi partie intégrante du projet. En effet, les jeunes intéressés seront appelés à assurer la suite du projet. Ils pourront ainsi recevoir une formation afin d’apprendre à utiliser l’ensemble de l’équipement de réalité virtuelle, incluant la caméra à 360 degrés. C’est que Tekkie-Mamu cédera tout l’équipement à Pessamit, une fois le projet complété.

«C’est important que les jeunes puissent continuer par eux-mêmes le projet, pour contribuer à la sauvegarde de leur patrimoine et de leur langue. On veut que les jeunes continuent à aller rencontrer les aînés, tout en développant des compétences du XXIe siècle. C’est comme ça que le patrimoine va se conserver», assure Amania Nanu, qui tient d’ailleurs à souligner que la communauté n’a absolument rien à défrayer dans le projet, entièrement financé par la fondation et ses partenaires.

La Fondation Tekkie-Mamu fera éventuellement le même type de projet avec d’autres communautés autochtones, mais elle se laisse le temps de bien compléter le dossier de Pessamit. Elle a également ce même projet de réalité virtuelle avec des aînés qui vivent des situations d’isolement sur l’île de Montréal.

L'Est du Québec

La 138, d’abord, le pont à Tadoussac, peut-être

«Pour les gens de la Côte-Nord, je sais qu’il y a deux projets immensément importants : ce pont et la 138. Pour notre gouvernement et pour moi, le prolongement de la 138 est ma priorité», tranche le ministre des Transports, François Bonnardel.

Une nouvelle interruption de service des traversiers reliant Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine, la semaine dernière, a ramené sur le dessus de la pile de dossiers le projet de pont enjambant la rivière Saguenay à l’embouchure du fleuve Saint-Laurent.

Mais le ministre est loin d’être pressé de construire ce pont, au contraire. Ce sera le prolongement de la route 138 d’abord et le pont après, peut-être.

Surtout que les deux traversiers qui effectuent l’aller-retour de 1,6 kilomètre depuis environ un an, le Jos-Deschênes II et l’Armand-Imbeau II, ont coûté cher.

«Deux traversiers qui ont coûté 360 millions $, qui sont neufs, qui devaient coûter 125 millions $, on s’attend qu’un bateau neuf fonctionne. Malheureusement, il y a eu un bris sur un bateau neuf», a constaté le ministre, mardi midi, au parlement de Québec, avant son entrée au caucus de la Coalition avenir Québec (CAQ).

«J’ai demandé à la STQ [Société des traversiers du Québec] de garder toutes les factures de réparation! assure M. Bonnardel. On a tout fait pour être capable de réparer le plus rapidement possible le quai à Tadoussac et de s’assurer du retour de service Baie-Sainte-Catherine–Tadoussac le plus rapidement possible dans les circonstances.»

Motion rejetée

Le gouvernement caquiste a ensuite rejeté une motion déposée par le député de la Côte-Nord, Martin Ouellet, représentant du Parti québécois. L’élu provincial de la circonscription de René-Lévesque demandait à l’Assemblée nationale de «constate[r] que le manque de fiabilité du service de traversier de la STQ rend nécessaire la construction d’un premier lien entre la Côte-Nord et la Capitale-Nationale».

M. Ouellet rappelait aussi le mandat du bureau de projet existant et demandait «au gouvernement de lancer les appels d’offres d’ici la fin de l’année 2019 pour l’attribution d’un contrat de services professionnels pour la mise à jour des études».

L'Est du Québec

La tension monte pour sauver la traverse Trois-Pistoles–Les Escoumins

TROIS-PISTOLES — La tension monte dans la MRC des Basques depuis que le ministre François Bonnardel a annoncé que le service de traverse Trois-Pistoles–Les Escoumins serait annulé pour l’été prochain. Près de 250 citoyens ont participé à une assemblée citoyenne à Trois-Pistoles, mercredi, afin de trouver des façons de faire pression auprès de Québec pour qu’il revienne sur son refus d’investir les 5 millions $ nécessaires aux radoubs que requiert le navire L’Héritage 1 qui assure la liaison fluviale.

Actuellement en Floride, le capitaine du navire Jean-Philippe Rioux et son père Jean-Pierre Rioux, maire de Trois-Pistoles, ont répondu aux questions des citoyens via Skype. Certains élus et plusieurs employés de la Compagnie de navigation des Basques, qui est propriétaire du navire L’Héritage 1 et du service de traverse, prenaient également part à la rencontre. «Ça me dépasse, a lancé le préfet de la MRC des Basques, Bertin Denis. Je suis enchanté de voir ça. C’est un soutien inconditionnel de la population des Basques envers leur navire […].»

Pour Frédéric Racine, la sécurité des 30 emplois de la traverse sera compromise dans l’éventualité d’une rupture de service en 2020. «On n’attendra pas que la traverse reprenne, soutient cet employé qui occupe un poste de premier officier à bord du traversier. Des employés qualifiés dans le domaine maritime, on en recherche partout!» 

Le porte-parole des employés de la Compagnie de navigation a soulevé un bris de confiance avec la Société des traversiers du Québec (STQ) et le gouvernement. «Sont-ils vraiment compétents pour évaluer si notre bateau est encore bon ou pas? a-t-il interrogé. La STQ est prête à couler l’Apollo pour 2 millions $ et ils l’ont acheté pour 3,5 millions $, ce qui aura coûté 5,5 millions $ pour 20 jours de navigation. Donc, 5 millions $ pour notre bateau, même si c’était seulement pour quatre ans, ce n’est pas tant que ça!»

L’officier de marine a rappelé que, devant l’absence de traverse à Rimouski et à Matane, L’Héritage 1 a été débordé tout l’été. «On a sauvé le cul de la STQ et le gouvernement ne veut pas nous aider», a déploré M. Racine sous des applaudissements nourris de la foule. L’augmentation de l’achalandage est estimé à 12 % et le navire a commencé sa saison trois semaines plus tôt.

Parmi les autres idées pour faire pression sur le gouvernement caquiste, certains citoyens ont proposé de bloquer les ponts de Trois-Pistoles et des Escoumins, le pont Pierre-Laporte et la route 132. D’autres ont envisagé une pétition et une manifestation devant le bureau du ministre des Transports, François Bonnardel.

Le secrétaire du conseil d’administration de la Compagnie de navigation des Basques et maire de Notre-Dame-des-Neiges rappelle que Québec a déjà investi dans L’Héritage 1 par le passé. «On a eu 3 millions $ au cours des dernières années», a confirmé Jean-Marie Dugas, qui pourfend que le navire de 45 ans soit en fin de vie, comme l’a laissé entendre le ministre Bonnardel.

L'Est du Québec

Traverse maritime Matane-Baie-Comeau-Godbout: mise en place d’un service aérien

La guigne continue de s’acharner sur la traverse maritime Matane - Baie-Comeau - Godbout, mais des alternatives ont été mises en place pour assurer les liaisons.

Après avoir annoncé que l’ensemble des traversées de mardi étaient annulées en raison d’un problème technique touchant l’embarcation de secours du navire, la direction de la traverse Matane - Baie-Comeau - Godbout a avisé la clientèle, mardi soir, de la mise en place d’un service aérien complémentaire à compter de mercredi à 9h.

Plusieurs départs ont été annulés récemment à cause des mauvaises conditions météorologiques sur le fleuve Saint-Laurent.

Jusqu’à dimanche, deux allers-retours par jour seront offerts entre les aéroports de Mont-Joli, Pointe-Lebel (Baie-Comeau) et Sept-Îles.

En raison du nombre de places limitées à bord des vols, la Société des traversiers du Québec (STQ) informe les citoyens que les réservations sont obligatoires.

Un communiqué diffusé par la STQ, en fin d’avant-midi mardi, précise que c’est lors d’essais en mer durant la nuit que la problématique a été détectée.

Multiples interruptions de service

Les usagers de la traverse Matane - Baie-Comeau - Godbout ont subi de multiples interruptions de service au cours de l’année en cours depuis une avarie aux propulseurs du NM F.-A.-Gauthier, un navire italien acquis au coût de 175 millions $ en décembre dernier qui n’a pas encore repris la mer.

La STQ a acheté un vieux traversier en fin de vie, le NM Apollo, au coût de 2,1 millions $, qui n’a navigué que pendant 21 jours avant d’être définitivement retiré de la circulation à cause de problèmes structurels importants.

Pendant plusieurs semaines, des navires se sont succédé provisoirement pour assurer le service maritime et des liaisons aériennes ont été mises en place. Depuis quelques mois, c’est le NM Saaremaa qui assure le service.

En septembre dernier, le NM Saaremaa I a été endommagé après avoir accosté à Godbout. Environ une semaine plus tard, il a été maintenu à quai à cause d’un problème électronique.

La Société des traversiers du Québec avait alors mis sur pied un service aérien entre Mont-Joli et Sept-Îles et entre Mont-Joli et Baie-Comeau, semblable au service qu’elle a annoncée mardi soir.

Le NM Saaremaa I a la capacité d’accueillir 600 passagers, 150 véhicules et 12 camions. Les interruptions de service du navire entraînent donc des inconvénients pour de nombreuses personnes et entreprises.

La direction de la traverse s’en dit désolée, mais ajoute que la sécurité est la priorité qui dicte les décisions dans les conditions actuelles.

La clientèle sera avisée dès que le moment de la reprise du service habituel sera connu.

L'Est du Québec

Preuve volumineuse contre un ex-cadre de Sainte-Anne-des-Monts arrêté par l’UPAC

SAINTE-ANNE-DES-MONTS — L’ex-directeur des loisirs de la Ville de Sainte-Anne-des-Monts, Michel Gosselin, devait comparaître mardi au palais de justice de l’endroit. Absent de la cour, l’accusé s’est vu accorder un report pour l’étape d’orientation et de déclaration «puisque la preuve est relativement volumineuse». C’est ce qu’a fait entendre la stagiaire du cabinet Desaulniers Bérubé Avocats de Rimouski, Sabrina Albert, qui a exprimé la demande auprès du juge Jules Berthelot.

«Nous aurons besoin de plus de temps pour pouvoir la regarder avec M. Gosselin, a expliqué Mme Albert, qui représentait Me Yves Desaulniers, le procureur de l’accusé. Le magistrat a fixé la cause au 20 janvier. C’est à ce moment que l’ancien fonctionnaire municipal fera savoir s’il plaide coupable ou non, donc s’il y aura un procès ou non. 

Michel Gosselin fait face à cinq chefs d’accusation pour fraude, abus de confiance ainsi que fabrication et utilisation de faux. Des sommes totalisant 60 000 $ auraient été subtilisées des coffres de la municipalité dans le cadre de ses fonctions, soit d’avril 2008 à septembre 2018. L’ancien fonctionnaire a été arrêté par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) le 30 octobre à Bonaventure, dans la Baie-des-Chaleurs. Il a été remis en liberté sous promesse de comparaître. 

À la suite de la découverte d’irrégularités comptables, la Ville de Sainte-Anne-des-Monts avait débuté sa propre enquête interne à l’été 2018. Après avoir consulté un avocat en droit du travail qui en était venu à la conclusion que les motifs étaient suffisants pour congédier l’employé, les dirigeants municipaux avaient destitué leur directeur des loisirs en octobre 2018 «pour bris de confiance et lacunes dans sa gestion financière», selon le maire Simon Deschênes. 

Pendant leur enquête interne, les élus avaient appris que l’UPAC était saisie de ce dossier. «Pour nous, c’était difficile de faire la preuve, a indiqué le maire. On se butait souvent à certaines embuches parce qu’on ne détient pas l’expertise d’enquête. […] On a travaillé en collaboration avec l’UPAC.»

L'Est du Québec

Service maritime des Îles-de-la-Madeleine: le ministère des Transports muet sur sa stratégie

CARLETON — Le ministère des Transports du Québec garde le mystère entier sur la façon dont il déploiera dans l’avenir sa part du service maritime entre les Îles-de-la-Madeleine et le continent, un silence que déplore le député de l’archipel à l’Assemblée nationale, Joël Arseneau.

M. Arseneau se dit très inquiet du retard qu’accuse Transports Québec dans l’annonce sur la vision du gouvernement quant à l’avenir des services maritimes présentement assumés par le CTMA Vacancier et le Clipper Ranger, ce dernier remplaçant le CTMA Voyageur depuis juillet.

Le député Arseneau demande au ministre des Transports, François Bonnardel, d’honorer le plus vite possible l’engagement pris le 17 janvier dans l’archipel madelinot. Le ministre avait alors annulé des décrets adoptés par le gouvernement précédent, mais il s’était engagé à déposer son plan de lien maritime le 12 juin, il y a un peu plus de cinq mois.

«Après cinq mois de retard, le ministre Bonnardel a une responsabilité, de faire le tour de la question pour que les Madelinots soient consultés et informés, de prendre une décision, de s’assurer que le processus doit se faire dans la transparence. Ça inclut la durée du processus», affirme Joël Arseneau.

Appui financier

Transports Québec appuie financièrement la Coopérative de transport maritime et aérien (CTMA) dans l’exploitation des navires CTMA Vacancier et Clipper Ranger. Le CTMA Vacancier assure du printemps à l’automne inclusivement un lien de ravitaillement de l’archipel à partir de Montréal. Ce lien inclut un service de croisières pendant l’été.

Le Clipper Ranger relie généralement Matane à l’archipel, essentiellement pour les marchandises. D’autre part, le gouvernement fédéral subventionne le service interprovincial du traversier Madeleine entre l’Île-du-Prince-Édouard et Cap-aux-Meules. L’hiver, le CTMA Vacancier prend le relais du Madeleine parce qu’il est meilleur dans les glaces.

Le gouvernement libéral de Philippe Couillard avait adopté en mai et août 2018 des décrets devant alors régler la part québécoise des liens maritimes entre le continent et les Îles. Un contrat de gré à gré de 20 ans, renouvelable pour une période égale, devait alors lier l’État québécois et la CTMA.

Ce gouvernement devait aussi participer financièrement à l’exploitation de ces services. Le contrat devait mener au remplacement du CTMA Vacancier, un navire vieux de 46 ans, en vertu d’un appel d’offres international assorti d’une clause de contenu québécois s’élevant à 30 %. Un nouveau navire coûtera entre 200 et 300 millions $.

Le silence du ministre Bonnardel depuis le 12 juin laisse place à de nombreuses rumeurs, note le député Arseneau.

Incertitude

«C’est comme si l’incertitude laissait ouvertes toutes les portes, toutes les spéculations […] Parle-t-on toujours d’un navire neuf pour remplacer le CTMA Vacancier, en fin de vie utile? Achètera-t-on un navire usagé? Y aura-t-il encore un service complémentaire de croisières et de ravitaillement à partir de Montréal […]? Le gouvernement a-t-il entrepris d’autres études? Fait-il d’autres calculs? Vérifie-t-il le potentiel d’un appel d’intérêts ou d’un appel d’offres? La CTMA est-elle toujours considérée pour les liens maritimes? Les gens peuvent comprendre même si c’est compliqué mais il faut leur expliquer», tranche le député du Parti québécois.

Lors de sa visite aux Îles-de-la-Madeleine en janvier, le ministre Bonnardel avait justifié une nouvelle analyse par le fait que «la valeur de l’entente de 40 ans avait une portée de 1 à 1,4 milliard $», une somme trop floue «pour une saine gestion des finances publiques ».

En 2018, Transports Québec a versé 13 millions $ pour l’exploitation des CTMA Vacancier et CTMA Voyageur. Cette exploitation a rapporté 17 millions $ en revenus autonomes à la CTMA, pour un budget total de 30 millions $ liés à ces services.

Le contrat liant l’État à la CTMA pour les dessertes québécoises sera échu le 31 mars 2020. La CTMA emploie 500 personnes.

«Nous sommes en novembre. CTMA prend des réservations pour les croisières de l’été prochain sans savoir si l’entente sera reconduite. Le gouvernement remet-il en question les croisières? Si c’est le cas, il devra présenter des arguments extrêmement solides. Est-il conscient du partenariat hybride alliant croisières et ravitaillement, qui crée du développement économique et de la richesse aux Îles?» demande Joël Arseneau.

La porte-parole du ministre Bonnardel, Florence Plourde, précise que «le dossier est toujours à l’étude, qu’un comité ministériel [y] travaille toujours, que des éléments sont toujours en analyse […] On va prendre le temps nécessaire. Ça suit son cours et on va communiquer les résultats dans les plus brefs délais». Elle ne peut toutefois donner d’échéancier.