Poussière collante: PQ et QS somment McInnis de «faire preuve de transparence»

Politique

Poussière collante: PQ et QS somment McInnis de «faire preuve de transparence»

Le Parti québécois et Québec solidaire pressent la cimenterie McInnis de Port-Daniel de faire «preuve de plus de transparence» dans le dossier de la pluie de poussière collante qui y émane. Les deux partis demandent à l’entreprise, dont la construction a été fortement financée par Québec, de donner «l’heure juste sur les causes et les conséquences de cette poussière».

«Il y a un manque de respect envers les citoyens. L’opacité de McInnis est vraiment inacceptable», martèle le député péquiste de Bonaventure, Sylvain Roy. Tout comme ses collègues de Québec solidaire, il dénonce le manque de communication de la cimenterie. «On ne devrait pas avoir à leur tordre un bras pour qu’ils tiennent la population au courant !», lance-t-il. 

Il en a aussi contre certaines façons de faire de McInnis, notamment en ce qui a trait à la communication du problème avec les instances environnementales et gouvernementales. «Les citoyens communiquaient directement avec la cimenterie, ils venaient nettoyer la poussière et repartaient. Sans parler de camouflage, on peut dire que la cimenterie était très discrète sur ce problème», note M. Roy, expliquant ne pas avoir été interpellé par les citoyens avant que les épisodes de poussière se retrouvent dans les médias. 

Il y a quelques jours, le ministère de l’Environnement a d’ailleurs envoyé un avis de non-conformité à la cimenterie comme elle «a mis plusieurs heures avant d’aviser le Ministère de cette émission de poussière». «C’est un moteur économique extrêmement important pour la région, mais ça n’enlève absolument pas la responsabilité de protéger la santé des gens et l’environnement autour», ajoute-t-il. 

Québec solidaire aussi dénonce le manque de transparence de l’entreprise, particulièrement parce qu’elle a été hautement financée avec de l’argent public. «Les Québécois ont investi collectivement plus de 800 millions $ dans la cimenterie. Pourquoi le gouvernement n’utilise-t-il pas ce levier pour obliger la compagnie à faire preuve de transparence et à mieux protéger la santé des Gaspésiens?», se demande la députée et porte-parole solidaire en matière d’environnement Ruba Ghazal. Elle demande au gouvernement s’engager à communiquer le plus rapidement possible les causes et les conséquences de ces émanations.

De son côté, le Parti libéral du Québec a préféré ne pas commenter le sujet pour l’instant. 

Sources et conséquences incertaines

Depuis quelques semaines, de nombreux citoyens de la municipalité de Port-Daniel-Gascons, en Gaspésie, ont remarqué des dépôts de poussière collante particulièrement difficile à déloger sur leurs terrains, voitures et maisons. Personne ne semble savoir de quoi cette poussière est constituée et si elle représente un risque pour la santé. 

«Il y a des personnes âgées qui résident à la même place depuis des années. Maintenant, ils ont peur de sortir parce qu’ils ne veulent pas avoir des problèmes respiratoires», déplore le député de Bonaventure. Plusieurs résidents se demandent aussi quoi faire avec ces dépôts, notamment en ce qui a trait aux jardins et aux arbres fruitiers», rapporte-t-il.

«Est-ce que tout le monde doit abandonner son jardin? Est-ce qu’on peut manger les fruits des arbres à proximité? On ne sait pas, personne ne le sait.» 

Le ministère de l’Environnement a récemment ouvert une enquête sur la poussière collante s’échappant de l’usine et assure que la qualité de l’air aux abords de la cimenterie est analysée en continu par l’entreprise. Les données recueillies dans les dernières semaines seront analysées par le Ministère au cours des prochains jours. 

Fermeture repoussée pour la route 132 à Percé  

L'Est du Québec

Fermeture repoussée pour la route 132 à Percé  

Les importants travaux routiers qui étaient prévus dans le secteur du pic de l’Aurore, à Percé, ne nécessitent finalement pas la fermeture de la route 132 avant le 3 septembre. Une bonne nouvelle pour les automobilistes qui éviteront un détour d’une quinzaine de minutes pour se rendre au coeur de Percé, en pleine saison touristique. 

Les travaux nécessitant la fermeture complète d’un tronçon de 7,4km de la route 132 ne débuteront finalement qu’en septembre, alors qu’ils étaient supposé commencer en août. Pour atteindre le coeur de Percé, les automobilistes devront prendre la route Lemieux, une route qui contourne le village touristique de Percé.

Si les travaux sont repoussés, ce n’est pas en raison de la saison touristique plus achandlée que prévue, explique la conseillère en communication du ministère des Transports (MTQ), Carole Pouliot. «L’entrepreneur doit effectuer des travaux à l’extérieur du chantier au préalable. Ce secteur reste donc en circulation avec une signalisation en alternance jusqu’à la fin du mois d’août», explique-t-elle.  

Les importants travaux pour stabiliser la route 132 s’étaleront sur deux ans et ne sont possibles qu’au cours de l’été. Le MTQ doit mettre en place une importante quantité de roches au fond de la crevasse du pic de l’Aurore afin de stabiliser le mur de soutènement. Le MTQ rapporte que ce projet exigent l’utilisation de camions hors normes capables de descendre jusqu’à environ 60 mètres sous le niveau de la route afin de la stabiliser. 

L’intervention du MTQ mènera à la fermeture de la halte routière située en bordure du pic, mais les quelques commerces et auberges situés sur la route resteront accessibles.  

Un secteur bien connu pour ses glissements de terrains 

Les travaux au pic de l’Aurore sont nécessaires à la suite d’un important glissement de terrain survenu en 2019. Le ministère des Transports souhaite maintenant stabiliser le mur de soutènement situé sous cette portion de la route 132.   

Le pic de l’Aurore, un secteur particulièrement escarpé très prisé par les touristes, est bien connu pour ses glissements de terrains. Avant 2015, de fréquents glissements du côté est du pic avait forcé le MTQ à reconstruire la courbe plus à l’ouest. En 2016, des glissements de terrains étaient aussi survenus à l’ouest. «C’est une falaise friable. C’est un exploit d’avoir fait une route là», note Mme. Pouliot 

Selon le MTQ, il s’agit d’une solution pérenne à un problème qui se répète.  «C’est une solution durable. On ne devrait pas devoir intervenir pour une bonne période de temps», rapporte la conseillère en communication.  

> Vidéo du projet de stabilisation d’un mur de soutènement sur la route 132 à Percé

La Matapédia : un agriculteur découvre un artéfact de plus de 5000 ans

Histoire

La Matapédia : un agriculteur découvre un artéfact de plus de 5000 ans

En ramassant des roches dans un champ, l’agriculteur Martin Simard de Sainte-Florence a fait une trouvaille pour le moins rare et inattendue : une pointe de projectile taillée dans la pierre, témoignant de la fréquentation de La Matapédia depuis la préhistoire. Un an après cette découverte archéologique, l’expertise commandée par le ministère de la Culture et des Communications (MCCQ) révèle que la pointe pourrait dater de 5500 à 3000 ans avant notre ère.

«Puisqu’on parle d’une pièce d’au-delà de 5000 ans, c’est toujours surprenant et ça fait plaisir de voir que Jacques Cartier peut aller se rhabiller», lance en boutade Michel Pelletier, le copropriétaire de la terre dans laquelle était enfoui l’artéfact depuis des temps immémoriaux. Il y a eu des gens qui ont peut-être habité ou qui étaient de passage ici, à Sainte-Florence. On le verra peut-être dans l’avenir.»

«C’est comme gagner un million $»

Comme l’objet découvert leur semblait être un vestige d’une culture antique, Martin Simard et sa femme, Mireille Salter, ont immédiatement communiqué avec le Laboratoire d’archéologie et de patrimoine de l’Université du Québec à Rimouski. Dès réception des photos, les chercheurs universitaires ont pu constater qu’il s’agissait d’une découverte importante. Ceux-ci ont mis les découvreurs en communication avec la MRC de La Matapédia, qui les a ensuite accompagnés dans la déclaration de la découverte auprès du MCCQ, une obligation légale lors de découvertes archéologiques fortuites. Pour le copropriétaire de la terre, «c’est comme gagner un million $». «Par contre, ça n’a pas de valeur monétaire, précise Michel Pelletier. Ça a plus une valeur historique.»

M. Pelletier, un féru d’histoire et de patrimoine, a montré la fameuse pièce à l’archéologue-préhistorien Roland Tremblay de Montréal lors de sa visite au parc national de Miguasha, l’été dernier. «Il avait trouvé l’artéfact remarquable», raconte-t-il. Selon lui, les trois autres archéologues présents à Miguasha s’étaient montrés surpris de constater la qualité de la pièce. «Elle n’est pas abîmée. Selon M. Tremblay, il manquerait seulement quelques petits morceaux. Mais, il l’a trouvée très intéressante par sa qualité et par sa forme qui permet de déterminer l’âge. Il y a plusieurs pointes de projectiles qui ont été faites par les Amérindiens et la forme définit les années ou les siècles. Ils ne peuvent pas définir l’âge avec le carbone 14.»

Pointe de sagaie

L’archéologue Roland Tremblay a indiqué que la pièce découverte à Sainte-Florence est plus précisément une pointe de sagaie. «C’est une sorte de javelot ou de lance, explique Michel Pelletier. Une sagaie se lance avec un propulseur pour donner plus de vitesse. C’est pour la chasse. La pointe est trop grosse pour être installée sur une flèche. Elle ne pourrait pas aller loin.»

COVID 19: Un camp de jour gaspésien interrompt ses activités 

Actualités

COVID 19: Un camp de jour gaspésien interrompt ses activités 

La base de plein-air Bellefeuille, à Chandler, en Gaspésie, interrompt les activités de son camp de jour en raison d’une possible contamination à la COVID-19 dans des installations adjacentes. Les 113 enfants inscrits resteront à la maison pour au moins une semaine de façon préventive.

Le camp Bellefeuille, qui propose cet été un camp de jour ainsi que des chalets pour la location touristique, a décidé de fermer ses portes pour une semaine, même si la santé publique régionale ne l’a pas obligé à le faire. «On a pris la décision en tant qu’organisation, pour protéger notre communauté», explique la directrice générale, Guylaine Michel.

L’organisation a été avertie lundi, en après-midi, qu’un locataire d’un des chalets a été en contact avec une personne testée positive à la COVID-19 au cours des derniers jours. Le contact aurait eu lieu sur le territoire gaspésien. Le locataire ainsi que sa famille ont été placé en isolement dans le chalet, mais ne ressentent pas de symptômes.

Le conseil d’administration a décidé d’interrompre les activités de son camp de jour pour une semaine, même si les campeurs ne partagent pratiquement pas d’installations avec les locataires des chalets. «En début de pandémie, on a décidé de faire une séparation clair entre le camp de jour et les chalets. On a voulu faire des ‘’bulles’’ pour prévenir une contamination importante si il y avait une éclosion», note Mme. Michel. Les touristes qui louent des chalets ont notamment une plage réservée ainsi que des activités complètement indépendantes du camp.

L’organisation compte reprendre les activités du camp de jour la semaine prochaine, à moins de nouveaux développements.

COVID-19: huit nouveaux cas dans l'Est-du-Québec

L'Est du Québec

COVID-19: huit nouveaux cas dans l'Est-du-Québec

MATANE — Alors que la situation demeurait relativement stable depuis quelques semaines, huit nouveaux cas de COVID-19 se sont ajoutés au bilan de la fin de semaine au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie.

Les MRC de Rivière-du-Loup et de Kamouraska enregistrent chacune deux cas supplémentaires. D'un total de 74 personnes infectées depuis le début de la pandémie au Bas-Saint-Laurent, 65 sont rétablies et aucune n'est hospitalisée. 

Au cours de la fin de semaine, les Îles-de-la-Madeleine et la MRC de Bonaventure ont recensé chacune un cas supplémentaire, mais ces deux individus ne sont déjà plus infectieux. Selon la porte-parole du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Gaspésie, Clémence Beaulieu-Gendron, il pouvait s'agir «de faux positifs ou de personnes en fin de symptômes». 

Les deux autres cas dépistés sur la péninsule se situent dans la MRC Avignon. Bonne nouvelle, aucune personne de la région n'est hospitalisée. Parmi les 54 employés oeuvrant dans le domaine de la santé qui ont été contaminés au cours de la dernière semaine au Québec, 21 d'entre eux proviennent du CISSS de la Gaspésie. 

Le territoire enregistre un total de 210 cas depuis le début de la pandémie, dont 193 sont guéries.

Les pêcheurs soulagés

L'est du Québec

Les pêcheurs soulagés

SAINT-GODEFROI — La pandémie en a fait voir de toutes les couleurs aux pêcheurs et transformateurs de produits marins gaspésiens entre mars et mai, mais jusqu’à présent, les volumes de captures et les prix ont atteint des seuils assez satisfaisants, considérant un contexte initialement défavorable en raison de l’effondrement de certains marchés.

Il est permis de dire que bien du monde, en Gaspésie, mais aussi sur la Côte-Nord, aux Îles-de-la-Madeleine et dans la partie est du Bas-Saint-Laurent, pousse maintenant un soupir de soulagement. Si on s’en tient aux trois principaux crustacés, l’heure est au bilan dans le crabe des neiges et dans le homard, la saison étant terminée, alors que les prises de crevette, à la mi-saison, progressent mieux cette année qu’en 2019.

Dans le crabe des neiges, les pêcheurs gaspésiens et madelinots évoluant dans le sud du golfe Saint-Laurent auraient souhaité voir la saison commencer avant le 25 avril en raison de la présence de plus en plus hâtive de la baleine noire, une espèce menacée. Ses déplacements provoquent des fermetures de secteurs de pêche, parfois temporairement, parfois pour le reste de la saison. Ces fermetures concentrent la capture dans un territoire restreint.

«Il faut que la pêche débute beaucoup plus tôt pour accéder à une ressource qui est présentement non disponible. Ça enlèverait de la pression sur le sud-ouest du golfe. La concentration de crabiers est tellement élevée que si tu tombes à l’eau, t’es pas chanceux si tu ne tombes pas assis sur un ballon», lance le crabier gaspésien Luc Gionest, en faisant référence aux bouées marquant les endroits où les crabiers laissent leurs casiers en mer.

Sans COVID, les crabiers du sud du golfe Saint-Laurent, une zone majeure partagée avec le Nouveau-Brunswick, auraient connu une saison grandiose. Les inventaires de 2019 étaient inexistants sur les marchés et le contingent, très élevé à 27 258 tonnes métriques, aurait assuré un prix élevé et des revenus quasi record aux pêcheurs.

L’incertitude provoquée par la COVID a retardé le démarrage de la saison, une décision revenant au ministère fédéral des Pêches et des Océans. Ce retard a multiplié les interactions potentielles entre bateaux et baleines noires, ce qui a mené à d’innombrables fermetures de secteurs, en fait un peu plus de 80 % de l’aire de capture.

Le problème, c’est que les crabiers étaient tellement concentrés dans une zone exiguë qu’ils n’ont collectivement pris que 87 % de leur quota global. Luc Gionest a laissé 15 % de son quota individuel à l’eau, par manque de temps puisque la saison se terminait le 30 juin.

Camping sauvage en Gaspésie : Grande-Rivière établit un camping de débordement 

Actualités

Camping sauvage en Gaspésie : Grande-Rivière établit un camping de débordement 

Afin d’éviter de voir la crise du camping sauvage empirer, la Ville de Grande-Rivière a décidé de transformer un terrain vague en camping de débordement. La Ville veut agir en amont pour ne pas perdre le contrôle de ses plages et des terrains municipaux.

Installé en bordure d’un terrain de sport, le terrain aménagé pour les campeurs a une capacité de 30 tentes ou petits véhicules récréatifs. «Il y avait une demande avec l’explosion du tourisme en Gaspésie cette année, explique le directeur général de la ville, Kent Moreau. On veut donner une alternative aux campeurs qui n’ont pas pu faire de réservation».

Si le site tombe à point cet été, alors que la Gaspésie est plus prisée que jamais, le terrain de camping de débordement de la municipalité n’est pas là pour rester. Grande-Rivière souhaite exploiter l’endroit uniquement lors de la haute-saison touristique, et seulement si les campings privés avoisinants sont au maximum de leur capacité. «C’est un site de débordement. On n’est absolument pas là pour venir en concurrence déloyale avec nos campings qui sont là depuis des années», explique M. Moreau.

Chaque matin, la municipalité s’assure que les campings privés sur son territoire n’ont pas de place disponible pour des campeurs avant d’accepter des visiteurs sur le site de débordement. «S’il y a une place dans un “vrai’’ camping, on va envoyer les gens là-bas. C’est beaucoup plus agréable qu’ici où il n’y a pas de service», note le directeur général.

Pour éviter les désagréments liés au camping sauvage, le service d’incendie de Grande-Rivière patrouille les différents lieux les plus susceptibles de servir de terrains de camping improvisés, comme les plages ou les abords de la rivière. Les voyageurs qui se retrouvent sans endroit où dormir ou qui se font interpeller sur les plages sont donc invités à se rendre sur le terrain aménagé pour y passer la nuit pour une quinzaine de dollars. Tout l’argent amassé sera redistribué à La Fabrique Grande-Rivière, un organisme communautaire.

Avec les locaux

Depuis de nombreuses années, la Ville de Grande-Rivière peut compter sur le soutien de certains propriétaires qui acceptent que les touristes arpentent certaines parties de leurs terrains, par exemple les plages, au cours de la journée.

Voyant que cette collaboration était de plus en plus fragile, notamment à cause de quelques événements malheureux au fil des ans, la Ville a décidé de mettre les bouchées doubles afin de s’assurer que tout se passe bien entre voyageurs et locaux. «On veut réduire au maximum les chances de dérapages, surtout quand c’est chez un particulier qui a la gentillesse de prêter son terrain», dit M. Moreau.

Pour ce faire, chaque printemps, l’équipe municipale installe de la signalisation ainsi que certains éléments de villégiature — bancs, tables et toilettes — sur ces espaces prisés. La ville organise aussi une journée de corvée où les employés municipaux enlèvent le bois des plages prêtées pour décourager les visiteurs d’y passer la soirée autour d’un feu. «Ça marche assez bien, les gens sont respectueux, et quand on a un problème, on peut rapidement le régler», se réjouit Kent Moreau.

«On a beaucoup de touristes cette année, on n’avait jamais vu ça venir. Il faut le voir comme une opportunité, pas un problème», conclut M. Moreau.

Camping sauvage en Gaspésie : le PQ exhorte Québec d’agir

COVID-19

Camping sauvage en Gaspésie : le PQ exhorte Québec d’agir

Le Parti québécois demande à Québec «d’envoyer un message fort» et d’agir dans le dossier du camping sauvage en soutenant les municipalités dans leurs efforts pour serrer la vis aux contrevenants, notamment en faisant appliquer les règlements provinciaux sur les plages.

Alors que la grogne ne cesse de se faire sentir en Gaspésie vis-à-vis des campeurs itinérants qui ont pris d'assaut les plages de la péninsule, le Parti québécois (PQ) réclame une intervention rapide du gouvernement du Québec. «Cette situation occasionne des problèmes de salubrité, de coexistence avec les citoyens de la région et des rassemblements trop serrés en période de pandémie», note la députée péquiste de Gaspé et porte-parole en matière de tourisme, Méganne Perry-Mélançon. 

La députée demande à la vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, de venir faire l’état des lieux des plages gaspésiennes afin de lancer un message aux visiteurs; faites preuve de civilité et respectez les règles. 

Elle réclame ensuite que le gouvernement provincial accorde un budget spécial pour financer les opérations de la Sûreté du Québec (SQ) qui gravitent autour des plages, particulièrement lors de la période estivale. La députée de Gaspé demande à Québec de travailler avec les municipalités afin que les plus touchées d’entre elles puissent embaucher des agents de sécurité pour patrouiller les plages. 

Méganne Perry-Mélançon souhaite aussi voir une surveillance particulière des plages de la région afin d’éviter «qu’elles ne se transforment en lieu d’hébergement». 

Au gouvernement provincial

Si cette saga du camping sauvage semble s’éterniser, c’est que les plages, étant propriété du gouvernement provincial, ne peuvent pas être régies par les élus municipaux. Le règlement interdisant les véhicules motorisés sur les milieux fragiles, par exemple, ne pourrait être appliqué par la SQ que lorsqu’un représentant du ministère de l’Environnement est sur place pour constater une infraction, comme la législation découle de la loi sur la qualité de l’environnement.  

Depuis le début du déconfinement, la SQ est allée à de nombreuses reprises faire des patrouilles et de la sensibilisation sur les plages les plus achalandées par les campeurs nomades, mais n’a remis aucun constat d’infraction. «Moi aussi je suis de Gaspé, moi aussi ça me décourage, mais on a pas le droit de donner de tickets si le ministère de l'Environnement n’est pas là», laisse tomber un policier lors d’une patrouille à la plage de Douglastown.

En raison de la pandémie de COVID-19 et de la fermeture des frontières internationales, la Gaspésie est fortement achalandée par les touristes cet été. 

«Ça n'a pas de bon sens»

En marge du point de presse sur la COVID-19, la vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a dit être extrêmement choquée des dérapages qui sont survenus sur les plages de la Gaspésie. «Ça me brise le coeur de voir des images comme ça», lance Mme Guilbault. Elle s'est cependant dite satisfaite de voir une hausse des Québécois qui voyagent en province. «C'est une des conséquences positives de la COVID», dit-elle. 

Une joueuse de rugby du Vert & Or happée mortellement en Gaspésie

Actualités

Une joueuse de rugby du Vert & Or happée mortellement en Gaspésie

Une jeune Sherbrookoise dans la vingtaine a succombé à ses blessures après avoir été happée mortellement, vendredi après-midi, sur la route 132 à Saint-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine, alors qu’elle effectuait le tour de la Gaspésie à vélo.

C’est par un message publié sur Facebook que Valérie Langevin a annoncé le décès de sa sœur Delphine, étudiante à l’Université de Sherbrooke et membre de l’équipe de rugby du Vert & Or. De nombreux témoignages en soutien à la famille de la victime ont été inscrits dans les commentaires de la publication.

Tourisme: les plages gaspésiennes en péril

L'Est du Québec

Tourisme: les plages gaspésiennes en péril

GASPÉ — La côte gaspésienne accueille un nombre impressionnant de touristes cet été, et ses plages réputées sont prises d'assaut par les visiteurs. Des campeurs nomades, en tentes ou en véhicules, s’y aventurent pour leur séjour, mettant ces milieux fragiles en danger. Mais concrètement, qu’est-ce qui mène à la disparition d’une plage, et surtout, comment préserver ces endroits paradisiaques?

«Ce qu’il faut comprendre, c’est que la végétation côtière, c’est la meilleure protection contre l’érosion qui existe», lance d’office la chercheuse en dynamique et gestion intégrée des zones côtières de l’Université du Québec À Rimouski (UQAR), Sandrine Papageorges. «Ce type de végétation est extrêmement fragile et peut être détruite par un simple passage de véhicule», ajoute la biologiste Danièle Raby.

Les végétaux dont elles parlent, ce sont l’élyme des sables et l’ammophile à ligule courte. Ces deux espèces forment les «foins des plages», mais surtout, forment un espace tampon face à l’érosion, un véritable «service écologique». «Ces plantes-là ne coûtent rien à entretenir et préservent nos plages. Tout ce qu’on a à faire, c’est ne pas les détruire», explique Mme Papageorges. Les deux plantes dotées de longues feuilles minces emmagasinent une quantité importante de sédiments soufflés par le vent qui forme ensuite une véritable «banque de sable». Ces réserves sont utilisées lors des journées de tempêtes et de forts vents de l’automne et de l’hiver. Sous le sol, ces plantes développent un réseau de rhizomes et de racines très important qui permet de stabiliser cette banque de sable.

De récentes études affirment que près de la moitié des écosystèmes côtiers sableux sont à risque de disparaître à l’échelle planétaire au cours des prochaines décennies, notamment en raison des changements climatiques, rapporte Mme Papageorges. «C’est pourquoi c’est crucial de poser des actions qui permettent de maintenir nos plages et d’éviter de les endommager», ajoute celle qui travaille actuellement sur un projet de restauration côtière aux Îles-de-la-Madeleine en partenariat avec l’organisme Attention Frag’Îles.

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En Gaspésie, de nombreuses interventions ont déjà été nécessaires pour restaurer des plages qui étaient en train de disparaître. Par exemple, la ville de Percé a dû faire déplacer plus de 118 000 tonnes de gravier il y a quelques années afin de réaménager sa plage, fortement érodée par les tempêtes. Même chose pour la plage du Cap-des-Rosiers, dans le parc Forillon, où le gouvernement fédéral a dû débourser 7 millions $ en 2015 pour «restaurer la dynamique naturelle du littoral», détruite par l’érosion qui était alors accentuée par la présence d’un enrochement en bordure de mer.

Quoi faire pour ne pas nuire

Les plages de la Gaspésie sont particulièrement mises à l’épreuve cette année. Au cours des dernières semaines, la fréquentation par les visiteurs a explosé et des centaines de campeurs se sont installés sur les plages de la péninsule, souvent avec leurs véhicules.

Comme elle habite à proximité de la plage, Danièle Raby a pu observer, presque en direct, les dommages causés à la végétation, notamment par les véhicules qui se déplacent sur la plage. «Ce n’est pas de la mauvaise volonté, c’est plus de l’ignorance», croit-elle.

Les deux expertes invitent les visiteurs à participer à la préservation des plages avec quelques petits gestes simples. Premièrement, laisser les véhicules sur la route, et non sur la plage, rappelle Mme Raby. Deuxièmement, on fait attention où l’on met les pieds, pour ne pas abîmer la végétation. Pour finir, il faut éviter de faire brûler le bois échoué dans le haut des plages.  «Le bois qui s’échoue dans le haut des plages retient aussi le sable et aide à freiner l’érosion. », explique Mme Papageorges.

En attendant de voir les élus et les ministères poser des actions concrètes pour la préservation des plages, par exemple en encadrant mieux la circulation des véhicules motorisés et en mettant en place des accès piétons balisés, les deux expertes ont un seul message pour les visiteurs: aidez-nous à préserver nos plages, un pas à la fois.

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Embardée à Gaspé: l’alcool pourrait être en cause

Justice et faits divers

Embardée à Gaspé: l’alcool pourrait être en cause

Une jeune femme lutte pour sa vie après avoir effectué une embardée, vendredi soir, à Gaspé. L’alcool pourrait être en cause et une enquête est en cours.

Une jeune femme lutte pour sa vie après avoir effectué une embardée, vendredi soir, à Gaspé. L’alcool pourrait être en cause et une enquête est en cours.

Les agents de la Sûreté du Québec (SQ) ont été appelés vers 22h30, vendredi soir, lorsqu’une conductrice a perdu le contrôle de son véhicule avant de finir sa course dans un poteau en bordure de route, sur le boulevard Douglas, à Gaspé.

Les deux occupants du véhicule ont été transportés à l’hôpital pour d’importantes blessures. La conductrice, une femme dans la vingtaine de Sherbrooke, lutte toujours pour sa vie alors que le passager, un homme aussi dans la vingtaine de Saint-Eustache, est désormais dans un état stable.

La SQ enquête pour déterminer les circonstances de l’accident qui s’est déroulé dans le secteur de Douglastown, à Gaspé.

L’alcool pourrait être en cause, mais les enquêteurs envisagent aussi d’autres pistes, telles que la distraction ou la fatigue au volant.

Centre-ville de Rimouski: l'avis d'ébullition d'eau est levé

L'Est du Québec

Centre-ville de Rimouski: l'avis d'ébullition d'eau est levé

Les citoyens et clients du centre-ville de Rimouski peuvent maintenant boire l'eau du réseau d'aqueduc sans inquiétude. L'avis d'ébullition d'eau, qui était en vigueur depuis mercredi soir dans ce secteur en raison de la présence de la bactérie E. coli, est levé.

La Ville de Rimouski confirme que l'eau du réseau d'aqueduc peut maintenant être consommée sans être préalablement bouillie. 

La bactérie E. coli ni aucun autre coliforme n'ont été détectés lors des derniers résultats d'échantillonnage. 

«Nous sommes soulagés que la situation soit rapidement de retour à la normale, a indiqué le directeur général adjoint de la Ville de Rimouski, Marco Desbiens. 

Toutes les normes du ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques ont été respectées, ce qui nous permet de lever l'avis d'ébullition pour tous les citoyens et commerçants touchés. 

Nous sommes très satisfaits de pouvoir distribuer une eau de qualité à toute la population.»

La sécheresse sème la désolation chez les agriculteurs

L'Est du Québec

La sécheresse sème la désolation chez les agriculteurs

MATANE — Alors que la sécheresse qui a sévi en 2018 avait été considérée comme la pire des 150 dernières années, surtout dans l’Est-du-Québec, voilà que la situation frappe à nouveau cette saison, mais à la grandeur du Québec.

Selon les régions, la sécheresse cause des dégâts en agriculture encore plus catastrophiques qu’il y a deux ans.

Le temps chaud et le manque de précipitations de juin ont affecté les cultures dès le début de leur croissance, entraînant par le fait même une première récolte de foin anémique. Comme la première coupe de foin représente de 45 à 55 % du volume total dont une ferme a besoin, plusieurs entreprises se trouveront donc en manque de fourrage pour nourrir leurs animaux. 

«Beaucoup de producteurs se demandent s’ils devraient vendre leurs animaux de boucherie à l’automne parce qu’ils n’auront pas assez d’inventaires pour les nourrir durant l’hiver», se désole le premier vice-président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Martin Caron. «J’ai eu des échos de producteurs de bisons qui vendent leur troupeau.»

Les trois régions qui, dans l’ordre, figurent au triste palmarès de la pénurie de précipitations sont la Mauricie avec un déficit hydrique de 63 % par rapport à la même date l’an dernier, suivies de Lanaudière avec 62 % et la Côte-Nord avec 52 %. Vient ensuite la Capitale-Nationale avec 51 %. Cette dernière se subdivise en trois sous-régions, soit Portneuf avec 59 %, Charlevoix avec 49 % et Québec incluant la Côte-de-Beaupré avec 46 %. Le Bas-Saint-Laurent enregistre un manque de pluie de 41 % de moins que l’année passée. En Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, la carence est de 40 %. «Ce qui est vraiment exceptionnel, cette année, c’est que le manque d’eau est partout au Québec, confirme M. Caron. Ça a des impacts sur le foin pour les animaux, en plus des céréales.»

L’UPA a relancé l’Opération Foin mise sur pied en 2018 qui, cette fois, prendra une dimension provinciale. «Présentement, on fait un topo avec chacune des régions avec qui on a des discussions, décrit M. Caron, qui est chargé du dossier pour l’UPA. On a demandé au ministre de l’Agriculture de mettre sur pied une cellule de crise avec La Financière agricole, ce qui a été fait.»

Un peu comme il y a deux ans, un centre de coordination a aussi été instauré avec le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) pour venir en aide aux producteurs agricoles. Celui-ci a pour mission d’inventorier les vendeurs de foin et de faire le maillage avec les acheteurs. «Habituellement, on est capables de s’en sortir avec le Québec, indique le porte-parole de l’UPA. Mais, avec l’impact majeur dans la province au complet, il faudra peut-être regarder dans les provinces voisines ou aux États-Unis pour faire des achats de foin.»

Camping sauvage: Gaspé place ses plages sous surveillance

Actualités

Camping sauvage: Gaspé place ses plages sous surveillance

Au prise avec un problème de camping sauvage qui ne cesse d’empirer, la Ville de Gaspé durcit le ton. Elle financera la coordination de groupes de bénévoles afin de patrouiller les plages de la municipalité en martelant un seul message : respectez nos plages.

«C’est pas vrai que nos plages vont continuer à se faire démolir. On ne va pas endurer ça encore longtemps», lance le maire de Gaspé, Daniel Côté. Dans les dernières semaines, il a dû intervenir à de nombreuses reprises dans ce qui s’appelle maintenant «le dossier des plages».

Depuis le déconfinement, les plages gaspésiennes sont prises d’assaut par des campeurs sauvages, créant beaucoup de mécontentement. Détritus, irrespect des lieux et utilisation de véhicules sur des milieux fragiles irritent notamment les riverains. Le maire a même qualifié certains secteurs des plages de «litières humaines».

La brigade sera formée de bénévoles de la communauté et devrait débuter ses opérations au cours des prochains jours. «On a déjà eu des messages de gens intéressés et on a notre première rencontre ce soir», explique le directeur général de Destination Gaspé, Stéphane Sainte-Croix. La ville a accordé une enveloppe de 10 000$ à l’organisme pour qu’il pilote ce projet.

Si la forme des interventions n’est pas tout à fait arrêtée, M. Sainte-Croix envisage que la brigade fasse une tournée en soirée et une en matinée, moments où les nomades s’installent et quittent la plage. «On veut sensibiliser les gens dans les moments les plus sensibles, soit l’arrivée et le départ. La cible, c’est vraiment la sensibilisation. On veut jaser avec le monde pour leur expliquer pourquoi on aime et on veut préserver nos plages, pas leur taper sur les doigts», ajoute-t-il.

Un problème qui prend de l’ampleur

Malgré ses nombreuses manœuvres, notamment l’installation d’affiches de prévention ou encore la coordination d’une intervention avec le ministère de l’Environnement et la Sûreté du Québec, M. Côté voit le problème prendre de l’ampleur et la grogne être de plus en plus forte dans la population. «Il y a trop de gens qui s’en foutent complètement, note Daniel Côté. Des gens campent littéralement devant les affiches d’interdiction!»

Le maire de Gaspé, qui est aussi vice-président de l’Union des municipalités du Québec, dénonce la lourdeur des procédures pour avoir le contrôle de la plage, par exemple via la négociation d’une entente de gestion des plages, comme c’est le cas dans seulement cinq MRC au Québec. «C’est pas vrai qu’on va porter sur nos épaules municipales un dossier où on n’a pas la marge de manœuvre légale pour agir!», laisse tomber le maire.

Celui-ci dénonce aussi un manque de ressources pour les municipalités qui doivent prendre la responsabilité des plages de leur territoire malgré elles. «Un des enjeux, c’est qu’on manque de ressources. De ressources humaines, financières, légales et techniques», déplore-t-il. Tout comme les citoyens, l’administration municipale se sent dans un cul-de-sac. «On a les mains liées dans un carcan légal. On ne peut pas inventer des pouvoirs qu’on n’a pas», explique M. Côté.

Indignation unanime

À l’instar de la population, de nombreux acteurs se sont prononcés afin de demander aux campeurs et aux différents paliers de gouvernement de se pencher sur la problématique. La nation micmaque de Gespeg, notamment, appuie Gaspé dans ses revendications et demande au gouvernement d’être plus proactif afin de protéger les plages.

«Sur les plages, le bois échoué, si important pour freiner les dommages de l’érosion, est brûlé sans conscience des conséquences. Certains oiseaux migrateurs sont dérangés à outrance sur leurs lieux de nidification. On ne compte plus les importants amoncellements de déchets qui jonchent les cours d’eau, les plages, et même les stationnements des haltes routières», note la nation dans un communiqué.

La députée péquiste de Gaspé, Méganne Perry Mélançon, déplore aussi la situation sur les plages de la péninsule. «Malgré qu’il soit permis par la Loi de camper sur les terres publiques, des débordements sont notés cette année et la situation est préoccupante», écrit-elle dans une publication Facebook.

La ville de Gaspé compte plus de 145 kilomètres de littoral sur son territoire.

Centre-ville de Rimouski: l'eau contaminée à la bactérie E. coli

L'Est du Québec

Centre-ville de Rimouski: l'eau contaminée à la bactérie E. coli

RIMOUSKI — Les citoyens du centre-ville de Rimouski ainsi que les touristes qui sont nombreux dans les restaurants et les commerces de ce secteur devront éviter de boire l'eau du robinet, à moins qu'elle ait été bouillie à fort bouillon pendant au moins une minute. Le dernier résultat du test d'échantillonnage de ce secteur a révélé la présence de la bactérie E. coli.

Le secteur touché par la contamination compte environ 6 000 citoyens. Plusieurs résidences privées pour personnes âgées se trouvent dans la zone visée, dont le Havre de l'Estuaire, qui compte 400 résidents.

Il s'agit d'une situation plutôt rare puisque la dernière fois que la capitale du Bas-Saint-Laurent a été aux prises avec le même genre de coliformes fécaux remonte à 2002. «On fait en moyenne 13 tests par semaine sur l'ensemble du réseau», assure le directeur général de la Ville de Rimouski. Le test a été effectué mercredi soir. «C'est la sonnette d'alarme, lance Claude Périnet. On se souvient de Walkerton. Il n'est pas censé y avoir de coliformes fécaux dans le réseau d'aqueduc!»

Bien qu'il ne s'agisse que d'une seule bactérie, l'employé cadre de la Ville souligne que le protocole déjà planifié et prévu pour ce type d'événement a été appliqué. «Le protocole est le même, qu'on en ait 5 000 ou une. C'est très dangereux! C'est quelque chose qui peut causer des dommages majeurs. Donc, on ne prend pas de chance.»

Protocole

La première étape de ce protocole a consisté à aviser le ministère de l'Environnement du Québec, la direction régionale de la santé publique et l'hôpital. Par la suite, le processus rapide d'information de la population a été enclenché. Pendant la nuit de mercredi à jeudi, 3 000 avis ont été distribués en porte-à-porte dans le secteur visé. Le même avis a aussi été diffusé dans les médias.

L'une des premières actions des employés municipaux a été, mercredi soir, d'augmenter la quantité de désinfectant dans le réseau, c'est-à-dire de chlore. «On respecte les doses qui sont permises lors du traitement de l'eau potable, assure Claude Périnet. Mais, comme on a une eau d'excellente qualité, qui provient des chutes Neigette, notre dosage a toujours été au minimum dans le réseau.»

Plusieurs hypothèses

La cause est inconnue pour le moment. Plusieurs hypothèses peuvent expliquer la présence de cette bactérie. «On a prévu faire huit échantillons qui suivent le cheminement de l'eau qui s'en va dans ce secteur-là, explique l'employé cadre de la Ville. Ça va nous aider à comprendre là où on risque d'avoir des problèmes.»

L'hypothèse la plus plausible, selon le dg de la Ville, serait une contamination du réseau. «Ça peut être amené par des travaux qui ont été effectués et qu'il y ait eu une contamination pendant la réparation.» Une autre hypothèse pourrait être une erreur de manipulation d'échantillonnage, c'est-à-dire que la contamination ait été causée par l'échantillonneur. «On travaille avec des gens qui sont formés et qui sont professionnels. Celui qui a fait l'échantillonnage est chimiste de formation. Mais, l'erreur est toujours possible.» Il croit cependant que la probabilité que la contamination puisse provenir du laboratoire qui réalise les analyses d'eau est très faible. «Mais, on ne sait jamais», nuance-t-il quand même. Enfin, des travaux dans une résidence privée pourraient aussi être à l'origine de la contamination.

Chose certaine, Claude Périnet estime qu'il est très peu probable que le problème provienne de la source puisqu'il s'agit d'une eau souterraine. «On trouve très rarement ce type de bactérie-là à des profondeurs aussi importantes», estime-t-il.

M. Périnet indique que les règles du ministère de l'Environnement avant le retour à la normale est très sévère. «Non seulement il ne faut pas avoir de présence de bactérie E. coli, mais en plus, on doit avoir une concentration complètement nulle de coliformes totaux. En situation normale, le ministère autorise habituellement jusqu'à 10 bactéries par 100 ml.»

Des gens ont-ils pu être contaminés dans les 24 heures précédant les résultats des tests d'eau? «C'est possible», laisse tomber M. Périnet. Mais, on a vérifié avec l'hôpital et il n'y avait pas de cas de gastro.» Si des personnes qui ont bu de cette eau éprouvent des maux de ventre, des crampes ou des nausées, elles sont invitées à communiquer avec Info-Santé en composant le 8-1-1.

Transport aérien régional: Pascan atterrira à Gaspé et à Baie-Comeau

L'Est du Québec

Transport aérien régional: Pascan atterrira à Gaspé et à Baie-Comeau

Récemment largués par Air Canada, les aéroports de Gaspé et de Baie-Comeau seront bientôt desservis par Pascan Aviation. Le transporteur qui se spécialise dans le transport régional bonifie son offre en ajoutant ces deux destinations à son réseau à compter du 17 août.

«Nous sommes en mesure de combler le vide laissé par le retrait d’Air Canada du marché régional», explique le copropriétaire de Pascan Aviation, Yani Gagnon. La compagnie québécoise, basée à Longueuil, est déjà bien présente dans le marché des aéroports régionaux. Elle dessert notamment les aéroports de Saint-Hubert, de Québec, de Bonaventure, des Îles-de-la-Madeleine, de Bagotville, de Mont-Joli, de Sept-Îles, ainsi que de Fermont-Wabush. L’aéroport Montréal-Trudeau s’ajoutera aussi au réseau du transporteur.

«Notre priorité a toujours été d’offrir un service fiable et sécuritaire tout en restant à l’écoute des besoins des régions. Il y a présentement beaucoup de discussions concernant les enjeux du transport aérien régional, et nous avons décidé d’agir immédiatement et d’assurer le leadership dans le transport régional», indique Julian Roberts, lui aussi copropriétaire de la compagnie, dans un communiqué.

À Baie-Comeau vendredi, dans le cadre de sa tournée des régions, le premier ministre du Québec, François Legault, a répété qu’il était ouvert à subventionner les transporteurs aériens desservants les régions, à conditions d’obtenir des garanties sur la fréquence des vols et sur le coût des billets. La veille, alors qu’il était à Carleton-sur-Mer, en Gaspésie, M. Legault avait dit vouloir régler ce problème une fois pour toute. «Probablement que le gouvernement du Québec va devoir donner une subvention au transporteur qui aura la meilleure offre. Moi, je veux que ce soit réglé de façon permanente.»

Rappel des faits

Le 1er juillet, Air Canada a annoncé suspendre indéfiniment 30 lignes aériennes régionales et fermer huit escales d’aéroports régionaux, dont plusieurs dans l’Est-du-Québec. Cette décision a provoqué une levée de boucliers des élus, mais aussi de la population qui se voyait abandonnée, une fois de plus, par un transporteur national.

Le maire de Gaspé, qui est aussi président du comité du transport aérien de l’Union des municipalités du Québec, avait affirmé vouloir «revoir le modèle du transport régional», en insistant notamment sur l’importance de trouver une alternative aux compagnies privées, comme le transport régional est un service plutôt qu’un produit, selon lui.

La Côte-Nord prisée des vacanciers

L'Est du Québec

La Côte-Nord prisée des vacanciers

Comme pour bien d’autres régions dites éloignées, la Côte-Nord sera prise d’assaut pendant les vacances de la construction. En fait, il reste de la place en Basse-Côte-Nord, mais ce territoire est plutôt difficile d’accès par les temps qui courent.

«La plupart des hôtels et des campings affichent déjà complet pour les vacances de la construction. Il y a encore un peu de place à certains endroits, mais il faut se dépêcher», a confié le directeur général de Tourisme Côte-Nord, Mario Leblanc.

«Les produits d’aventure sont particulièrement en demande. Les gens veulent du grand air et de grands espaces», a-t-il ajouté en disant croire que la perte cette année des touristes internationaux, qui visitent principalement Tadoussac, sera compensée par le tourisme intra-Québec.

Selon M. Leblanc, la majorité des intervenants touristiques ont pu instaurer facilement les mesures sanitaires liées à la pandémie de COVID-19. «Ce n’est quand même pas si compliqué que ça à appliquer, à part peut-être pour les bateliers», d’enchaîner le directeur général, qui ne croit pas que la propagation du coronavirus inquiète les gens au point de les forcer à demeurer chez eux.

Le nombre de personnes admises dans les attraits touristiques est évidemment à la baisse, ce qui fait dire à Mario Leblanc que la fréquentation touristique totale sera peut-être moindre en 2020, mais cette éventuelle baisse ne devrait pas être trop lourde à supporter.

Dans l’est du territoire, Voyages Coste, une coopérative de solidarité en tourisme équitable, assure que tous les endroits accessibles par la route 138 sont pratiquement complets pour les deux prochaines semaines. Rappelons que la route stoppe à Kegaska, à près de 700 km à l’est de Baie-Comeau.

Le portrait est cependant différent pour les villages isolés de la Basse-Côte-Nord et de l’île d’Anticosti, «car les moyens d’accès à ces territoires sont assez limités présentement», a fait valoir la directrice générale de l’organisme, Alberte Marcoux.

En effet, en Basse-Côte-Nord, le navire Bella-Desgagnés, qui assure la desserte des villages isolés, n’accepte pas les touristes en destination de ces villages, qui vont sûrement souffrir de l’absence de cette manne.

«Habituellement, le Bella affiche complet depuis longtemps pour juillet, août et septembre», signale Mme Marcoux. «En plus, sans touristes à bord, les communautés visitées par le bateau ne peuvent pas offrir leurs attraits, comme des randonnées.»

Seuls les résidents des villages isolés de la Basse-Côte-Nord, leurs familles, les travailleurs et les gens y ayant une résidence secondaire sont acceptés à bord. Le Bella accepte toutefois les touristes en direction d’Anticosti en partance de Rimouski, Sept-Îles ou Havre-Saint-Pierre.

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Encore quelques places pour les touristes au Bas-Saint-Laurent

L'Est du Québec

Encore quelques places pour les touristes au Bas-Saint-Laurent

Si les intervenants touristiques du Bas-Saint-Laurent ont craint le pire pour la saison 2020, les appréhensions sont maintenant dissipées, d’autant plus que plusieurs entreprises, dont les restaurants et les campings, sont ouvertes à seulement 50 % de leur capacité à cause des mesures sanitaires. Avec les vacances de la construction qui commencent, la saison touristique s’annonce très bien.

Le directeur général de Tourisme Bas-Saint-Laurent pousse un soupir de soulagement. «On regarde ça et on se console parce que, même à demi-capacité, les établissements ont un bon taux d’occupation, indique Pierre Lévesque. On voit qu’il y a du monde sur les routes, dans les hôtels, dans les parcs, sur le bord du fleuve. Dans les bureaux d’information touristique, on me dit que ça se passe bien.»

À son avis, les Bas-Laurentiens n’ont pas peur que les touristes les contaminent à la COVID-19. «Les entreprises se sont préparées à pouvoir accueillir les visiteurs avec des mesures sanitaires. Il n’y a pas de crainte. Au contraire, les entreprises avaient hâte de recevoir leurs premiers visiteurs!»

Du côté de l’hébergement, plusieurs établissements affichent complet. «Les vacances de la construction, c’est réglé parce que ceux qui avaient à réserver ont réservé, confirme M. Lévesque. Mais, il y a encore de la place dans des hôtels.» Là où c’est réservé tôt chaque année et qui ne fait pas exception cette saison, ce sont les chalets et les établissements disposant d’un balcon avec vue sur le fleuve, comme l’Auberge de la Pointe à Rivière-du-Loup. 

Un autre type d’hébergement en vogue au Bas-Saint-Laurent est celui qui offre des produits en nature, de plein air et de bord de mer. «Ça va bien et encore plus en temps de COVID», observe Pierre Lévesque. Écosite sur le bord du fleuve offrant des activités d’escalade et de kayak de mer, le Camping de la batture SEBKA à Saint-André-de-Kamouraska est l’un de ces sites qui a actuellement la cote. Au maximum de sa capacité à 50 %, l’entreprise compte ouvrir une autre section.

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Gaspésie: quoi faire avec les plastiques indésirables?

Environnement

Gaspésie: quoi faire avec les plastiques indésirables?

GRANDE-RIVIÈRE — La Régie intermunicipale de traitement des matières résiduelles de la Gaspésie s’associe à une firme-conseil et bénéficiera sous peu des tests de deux universités pour trouver quelque chose à fabriquer avec les «plastiques indésirables», les plastiques mous devant être récupérés, mais pour lesquels il n’y a presque pas de marché présentement.

Ces plastiques représentent plusieurs centaines de tonnes par an pour les MRC du Rocher-Percé et de Côte-de-Gaspé, qui comptent 37 000 personnes.

«Juste pour les sacs de plastique, c’est 300 tonnes par année pour les deux MRC que nous desservons. On ne compte pas les plastiques d’emballage agricole, les filets de plastique, les pochettes et les autres types du même genre», précise Nathalie Drapeau, directrice de la Régie intermunicipale de traitement des matières résiduelles de la Gaspésie (RITMRG).

À l’échelle québécoise, on peut penser à un volume de 70 000 tonnes de sacs indésirables, et plus de 100 000 tonnes, des chiffres conservateurs, en incluant les autres types de plastiques sans débouchés.

Les centres de tri accumulent généralement ces plastiques pendant un certain temps, puis ils les envoient à l’enfouissement. À des coûts d’enfouissement d’environ 200 $ la tonne, un coût variable, ces 100 000 tonnes forcent les Québécois à débourser au moins 20 millions $ par an, en pure perte, seulement pour les plastiques mous.

Nathalie Drapeau décrit les contraintes liées à ces plastiques mous, généralement désignés comme les catégories de 3 à 7.

«Ici, ça fait deux ans qu’on les accumule. Selon la charte, on doit les accueillir, mais il n’y a pas de marché, ou très peu. Nous sommes loin des transformateurs, et nous avons de petits volumes et peu d’espace d’entreposage» explique-t-elle.

Plus souvent qu’autrement, quand l’espace manque, la RITMRG est forcée de s’en départir à l’enfouissement, si aucun preneur ne se manifeste, ce qui est la norme. Cette année toutefois, les ballots devraient trouver un débouché expérimental.

Présentement, des chercheurs tentent de vérifier si une partie de ces plastiques pourrait entrer dans la composition de l’asphalte, alors qu’une autre portion pourrait servir à fabriquer divers objets, dont des dalles de terrassement.

En novembre 2019, las de voir des centaines de tonnes de plastique prendre le chemin de l’enfouissement et coûter près de 100 000 $ par an, le conseil d’administration de la Régie intermunicipale s’est penché sur les possibilités de considérer ces plastiques mous comme une ressource.

«J’ai eu l’autorisation de faire une demande de soutien financier à Recyc-Québec pour un projet-pilote. On attend une réponse en septembre», dit Mme Drapeau à propos d’un projet de 135 000 $.

En attendant, la RITMRG a pris les devants et en contactant une firme d’experts en «chimie verte», Consulchem, pour identifier les possibilités de débouchés pour les plastiques mous, en fonction d’une fabrication et d’une utilisation régionale, donc en minimisant les frais de transport et en créant des emplois.

Consulchem s’est adjoint l’Université Laval et l’École de technologie supérieure pour les phases ultérieures d’expérimentation.

«Il y a une phase d’analyse pour trouver les meilleures options d’utilisation locale et la réalisation du projet-pilote avec la Ville de Percé. C’est là que devrait se faire l’essai pour incorporer des plastiques mous à l’asphalte. À notre connaissance, c’est une première au Québec. Ce sera sans doute réalisé au printemps. On pense pouvoir incorporer deux tonnes de plastique par kilomètre d’asphalte. Des essais ont été faits pour un stationnement en Nouvelle-Écosse», explique Nathalie Drapeau.

La fabrication de dalles de terrassement sera aussi analysée. «L’un des buts de la démarche vise aussi à s’assurer que le processus reste vert. Les laboratoires des deux institutions d’enseignement [ETS et l’Université Laval] comme Consulchem, vont trouver des formulations après des tests», ajoute-t-elle.

La Régie intermunicipale a déjà quelques initiatives novatrices à son crédit, dont la récupération du verre comme abrasif de rue et pour la fabrication de paillis d’aménagement paysager.

L’avenir repose néanmoins sur quelques principes desquels l’organisme gaspésien est aussi en avance.

«Il faut travailler à la source sur les emballages, pour s’assurer que les matières arrivant aux consommateurs soient faciles à réutiliser et à récupérer. Il reste un énorme travail de sensibilisation à faire», conclut-elle.

Tourisme: presque complet en Gaspésie

L'Est du Québec

Tourisme: presque complet en Gaspésie

CARLETON — Il y a deux mois, juste avant le décloisonnement des régions, les Gaspésiens se demandaient s’il y aurait une saison touristique. Il y a un mois, il était évident qu’elle était démarrée et depuis le début de juillet, certains hôteliers affichent des hausses de revenus comparativement à l’exceptionnelle année 2019, avant même le début des vacances de la construction.

En fait, sur la rue et dans les supermarchés, les gens se demandent où iront les travailleurs de la construction, leurs familles et les gens qui choisissent la même période pour prendre leurs vacances.

C’est notamment le cas de Stéphane Boudreau, copropriétaire de l’Hostellerie Baie bleue, de Carleton, qui observe «une hausse de 15 % des revenus d’hébergement pour la première moitié de juillet comparativement à 2019, qui avait été une excellente année», dit-il avec soulagement.

À la mi-juin, il voyait les réservations entrer pour juillet, mais à un rythme modéré. Il constatait surtout une baisse de revenus d’hébergement de 60 % pour juin en raison de l’absence de tourisme d’affaires pour le centre de congrès juxtaposé à son hôtel de 109 chambres, auquel il faut ajouter sept chalets et un camping pour gens autonomes.

«On est pratiquement plein jusqu’au 20 août. Il nous reste un mois pour remplir août. Le déblocage est venu dans le temps de la Saint-Jean-Baptiste.

«On a vendu pour presque le reste de l’été. Les séjours sont vraiment plus longs. Les gens réservent pour trois, cinq, sept jours. On ne voyait pas ça avant. C’est presque la norme cette année. C’est beaucoup plus simple pour la logistique», ajoute M. Boudreau.

Cette logistique, c’est le personnel requis pour nettoyer les chambres, un obstacle quand les clients changent chaque jour. «La PCU et la PCUE [prestation canadienne d’urgence et son équivalent étudiant] font vraiment mal parce qu’il n’y a pas d’incitatif pour retourner au travail», dit-il.

Les vacances de la construction n’auront donc aucun effet sur ses revenus d’hébergement, mais ils pourraient améliorer ceux de la salle à manger.

«En Gaspésie, on est pas mal les seuls au Québec à connaître ce genre de saison. On est les grands gagnants de la saison touristique. Les gens ont vraiment opté pour la Gaspésie. Je vois beaucoup de positif. Des gens qui n’étaient pas venus depuis 30 ans arrivent, et ils sont surpris. Ça s’est transformé, avec les restaurants, les micro-brasseries et les attraits», ajoute l’hôtelier.

Le prochain projet de Stéphane Boudreau et de collègues, c’est de tirer profit de l’automne, puisque la clientèle européenne et américaine n’y sera pas. «Je prépare une offensive pour septembre-octobre, avec des bons prix», dit-il.

Cette affluence a toutefois un effet controversé, la somme saisissante de gens qui optent pour le camping sauvage, notamment sur les plages. Plusieurs toilettes publiques étant fermées à cause de la pandémie et le fardeau que représente leur nettoyage systématique, les déjections humaines et l’accumulation de déchets le long de certaines des plus belles plages posent problème.

À Douglastown, un arrondissement de Gaspé, une résidente, Chelsea Flowers, a stoppé ses visites à la plage avec son jeune fils. «Il a failli se couper avec du verre brisé et on a vu des déjections humaines avec du papier de toilette. Nous ne sommes pas retournés.»

La Ville de Gaspé a pris certaines mesures mercredi avec la Sûreté du Québec et certains ministères québécois, l’une étant l’interdiction de stationner à proximité de la plage de Douglastown. Le maire Daniel Côté croit toutefois que la solution passe par «l’uniformité des règlements d’une municipalité à l’autre, pour toute la Gaspésie. Si la réglementation change quand on passe d’une municipalité à la municipalité voisine, ce sera ingérable».

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Détresse psychologique: Québec annonce une aide financière pour les agriculteurs

Actualités

Détresse psychologique: Québec annonce une aide financière pour les agriculteurs

Une subvention récurrente de 400 000$ est accordée par Québec à l'organisme Au coeur des familles agricoles (ACFA) afin de venir en aide aux agriculteurs et à leur entourage qui sont en proie à la détresse psychologique. Cette somme permettra à l'organisme de déployer 13 travailleurs de rang dans différentes régions du Québec, dont celles de Chaudière-Appalaches et du Bas-Saint-Laurent. L'annonce a été faite à Rimouski jeudi par le ministre de l'Agriculture, André Lamontagne.

Si une aide particulière est accordée par Québec à la santé mentale des agriculteurs, c'est parce qu'ils font face à plusieurs enjeux différents qui peuvent devenir des défis très importants, de l'avis de M. Lamontagne, qui a fait l'annonce au nom du ministre délégué à la Santé et responsable de la santé mentale, Lionel Carmant. Parmi ces défis, nommons la météo, la pression financière, l'isolement, la fatigue, l'absence de vacances et les aléas du marché. «Ce sont toutes des choses qui, prises isolément, peuvent être une source de stress, indique M. Lamontagne. La particularité, dans le monde agricole, c'est que tous ces points-là peuvent se manifester avec une intensité certaine toutes ensemble, en même temps, pendant une longue période. C'est là où des gens vivent de la détresse.»

Reconnaissance

Selon le parlementaire, la reconnaissance du phénomène par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) est déjà, en soi, une «victoire extraordinaire». L'étape suivante a été d'offrir le financement récurrent de 400 000$ demandé par l'ACFA. M. Lamontagne accorde le crédit de cet engagement à sa collègue Danielle McCann, alors qu'elle était ministre de la Santé et des Services sociaux. «Très sensibilisée à la cause des agriculteurs», elle a répondu à la demande de l'ACFA, «qui existe depuis une dizaine d'années, qui a développé le concept de travailleur de rang et qui a une maison de répit». «Cette annonce est aujourd'hui une étape qui est déterminante dans la mise en place, sur le territoire du Québec, d'un soutien de première ligne, a soutenu M. Lamontagne. Sur l'écran radar du ministère de la Santé, il y a maintenant un petit point qui scintille: la santé psychologique de nos agriculteurs. […] C'est une question d'empathie et de sensibilité.»

Pour la présidente de l'ACFA, l'octroi de cette aide financière à son organisme est un «geste très significatif qui apporte une reconnaissance supplémentaire au travail accompli sur le terrain par les travailleurs de rang». «C'est rassurant, a fait savoir Nathalie Roy. Les besoins sont là et enfin, ils sont reconnus!»

Services psychosociaux de première ligne

«Cette subvention récurrente va nous permettre de nous consacrer pleinement à notre mission: offrir des services psychosociaux de première ligne favorisant l'amélioration du bien-être des familles agricoles du Québec, a expliqué Mme Roy. Elle nous permettra également de consolider notre réseau provincial. Les travailleurs de rang pourront ainsi bénéficier d'un réseau agrandi, structuré et organisé. Ils pourront démontrer encore pleinement leur complémentarité aux services déjà offerts par le réseau de la santé.»

Le travailleur de rang est une approche novatrice de prévention et d'intervention qui prend en compte la réalité agricole, qui permet de joindre les agriculteurs et leur entourage selon leur disponibilité et qui permet de faire le lien, lorsque nécessaire, avec le réseau institutionnel. «La force de l'ACFA, c'est la rapidité de réaction, a précisé Mme Roy. Le producteur agricole qui prend le temps d'appeler ne veut pas qu'on lui dise qu'il va avoir un rendez-vous dans trois semaines, un mercredi après-midi, parce qu'à ce moment-là, ça se peut qu'il ait du foin à faire et qu'il ne viendra pas. On a cette capacité de s'adapter au milieu. Il y a des rendez-vous qui se donnent le soir parce que c'est là qu'il y a une disponibilité. On s'adapte au terrain.»

Selon elle, les besoins sont énormes. Jusqu'à maintenant, avec seulement six travailleurs de rang, l'ACFA a comptabilité 1 200 rencontres de clients et réalisé 5 000 interventions. Avec le financement récurrent, 13 travailleurs de rang s'activeront maintenant un peu partout au Québec.

Gaspésie: l'accès à Internet haute vitesse réglé d'ici deux ans, soutient Legault

L'Est du Québec

Gaspésie: l'accès à Internet haute vitesse réglé d'ici deux ans, soutient Legault

CARLETON — Le premier ministre du Québec, François Legault, s’est engagé à régler d’ici deux ans l’accès à l’internet haute vitesse et à la téléphonie cellulaire pour les 400 000 foyers québécois qui en sont privés.

M. Legault a pris cet engagement jeudi lors de son passage à Carleton, en Gaspésie, au milieu d’une tournée des trois régions de l’Est-du-Québec.

Il a dit miser sur les compagnies «comme Telus, Bell Canada et Vidéotron» pour couvrir «tout le Québec» et les foyers qui n’ont pas accès à Internet haute vitesse et la téléphonie cellulaire. «On va payer la différence», a-t-il précisé, faisant référence à l’écart souvent invoqué par les géants des télécommunications pour justifier leur inaction quant aux secteurs non-desservis.

D’autre part, François Legault s’est aussi engagé à «rouvrir des CLD [Centres locaux de développement] dans toutes les MRC du Québec». Ces centres ont été abolis lors des mesures d’austérité du gouvernement libéral à la fin de 2014 et au début de 2015, un geste décrié par plusieurs groupes d’affaires et mouvements citoyens à l’époque.

Le premier ministre n’a pas donné d’échéancier, de budget ou de mode de fonctionnement des nouveaux CLD mais il a laissé entendre que cette renaissance pourrait se faire promptement. Il a aussi parlé de collaboration avec Investissement Québec, dont le rôle s’accroît dans les régions.

Par ailleurs, questionné sur la pertinence de voir le gouvernement du Québec jouer un rôle d’appui financier auprès de la Ville de Chandler, qui est en processus d’acquisition de son quai commercial auprès de Transports Canada, M. Legault s’est dit «très intéressé à reprendre le contrôle du port».

Le quai est fermé depuis septembre 2016, après avoir été négligé par Transports Canada. L’administration municipale est toutefois en discussions depuis ce temps avec le ministère fédéral pour que le port soit cédé à la ville après réfection complète, une étape qui nécessitera un investissement de plusieurs dizaines de millions de dollars.

François Legault veut prioritairement voir Transports Canada prendre ses responsabilités pour la réfection du port avant la rétrocession «pour le financement, on n’exclut pas» la participation de Québec s’il devait s’agir d’un facteur déterminant.

«Le port de Chandler pourrait jouer de nouveau un rôle déterminant dans le décloisonnement des Îles-de-la-Madeleine», fait valoir la mairesse de Chandler, Louisette Langlois, considérant les problèmes des Madelinots et de leurs visiteurs depuis le début de la pandémie, en raison des barrières imposées par le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard.

Le premier ministre, qui était venu annoncer avec enthousiasme le 26 avril 2019 que la réfection du chemin de fer de la Gaspésie serait terminée en 2026, une annonce qui avait alors déçu en raison des sept ans requis pour compléter cette mise à niveau, est revenu sur cette question, après avoir réduit le délai d’un an en août suivant.

«C’est beaucoup trop loin (2025) mais on a besoin de toutes sortes d’évaluations», avant de statuer sur une date. Il a précisé avoir placé la réfection du tronçon gaspésien dans le projet de loi 61, qui n’a pu être adopté en juin parce que l’opposition jugeait cette adoption trop précipitée.

Le premier ministre a aussi fait valoir l’importance de donner plus de prévisibilité aux industriels forestiers, sans nommer de projets spécifiques dans la péninsule.

La présidente de la Table des préfets de la Gaspésie, Nadia Minassian, est sortie satisfaite de sa rencontre de groupe avec François Legault.

«Nous devions présenter des projets à court terme, réalisables rapidement, et nous avons proposé des initiatives dans la forêt, dans le secteur éolien et en tourisme. Mais nous avons aussi fait valoir au premier ministre qu’il faut créer des conditions propices aux investissements. Il faut régler les problèmes de logement, de manque de places dans les services de garde et l’importance de doter la région de transport adéquat. C’est le nerf de la guerre si on veut retenir les familles», assure-t-elle.

Tourisme régional

Le premier ministre a profité d'un arrêt à Carleton-sur-Mer pour souligner que le tourisme intraprovincial en temps de pandémie représente «une opportunité extraordinaire» pour le développement économique de la région.

«Comme ancien président d'Air Transat, je sais qu'il y a beaucoup de Québécois qui avaient l'habitude d'aller soit dans le sud, soit en Europe. Ces gens-là vont beaucoup moins voyager au cours des prochaines années», a-t-il relevé.

Il a invité les élus locaux à soumettre des projets pour voir naître de nouvelles offres d'hébergement et d'attraits touristiques.

Le premier ministre a également dit vouloir «régler une fois pour toutes» le manque de desserte aérienne dans la région, après l'annonce récente d'Air Canada de suspendre indéfiniment 30 liaisons au Québec.

Le gouvernement n'exclut pas de soutenir une entreprise, qu'elle soit nouvelle ou déjà bien établie, mais veut d'abord s'assurer d'une fréquence et d'un tarif raisonnable pour les vols proposés.

«Probablement que le gouvernement du Québec va devoir donner une subvention au transporteur qui aura la meilleure offre. Moi, je veux que ce soit réglé de façon permanente», a-t-il insisté.

En ce qui a trait à l'accès aux Îles-de-la-Madeleine via les provinces maritimes, les négociations sont en cours pour faciliter les déplacements des Québécois, a précisé M. Legault.

«On a des discussions presque à chaque jour. Je comprends qu'il y a une certaine crainte du côté de l'Île-du-Prince-Édouard et du Nouveau-Brunswick parce qu'ils voient qu'il y a eu beaucoup de cas au Québec, a-t-il fait valoir. On essaie de les rassurer. Et moi, je suis optimiste. J'ai senti qu'il y avait une ouverture.»  Avec La Presse canadienne

Camping sauvage: les plages gaspésiennes souillées par les campeurs

L'Est du Québec

Camping sauvage: les plages gaspésiennes souillées par les campeurs

Partout sur la côte gaspésienne, villes et villages font le même constat: les campeurs sauvages sont de plus en plus nuisibles. Détritus, irrespect des lieux et utilisation de véhicules sur des milieux fragiles agacent les riverains. Ils sont de plus en plus nombreux à porter plainte auprès des autorités municipales, qui sont limitées pour agir car les plages sont une responsabilité provinciale.

Le maire de Gaspé, Daniel Côté, rapporte une hausse marquée du nombre de plaintes, particulièrement depuis le début du déconfinement. «Chaque année, on a quelques signalements, mais cet été, c’est vraiment infernal», note M. Côté, qui mentionne avoir reçu personnellement des dizaines de messages, tout comme ses collègues du conseil municipal. «On ne pourra pas endurer ça année après année», ajoute-t-il.

Les plaintes portent notamment sur les déchets laissés sur les plages ainsi qu’à l’utilisation de véhicules sur ces écosystèmes particulièrement sensibles. «Ce sont des milieux hyper fragiles. Un véhicule qui y roule risque de détruire la flore qui s’y trouve et de favoriser le glissement de la plage. À long terme, ça pourrait causer une catastrophe écologique, par exemple la disparition de la plage», se désole le maire.

Ce dernier déplore aussi que certains campeurs ne soient pas munis des équipements sanitaires nécessaires. «On retrouve des déchets, on retrouve des excréments et des polluants. Non seulement ça cause des désagréments évidents, mais c’est aussi très mauvais pour l’environnement», explique-t-il.

Du côté de Percé aussi, on remarque une forte augmentation des conséquences négatives liées au camping sauvage, même si la ville possède une réglementation à cet effet depuis des années. «Ça fait longtemps que c’est interdit à Percé, mais on a toujours quelques récalcitrants. Cette année, c’est particulièrement préoccupant», remarque la mairesse, Cathy Poirier.

Il y a quelques semaines, la ville a dû demander à la Sûreté du Québec (SQ) de faire des patrouilles afin de s’assurer que le règlement soit respecté. La municipalité a décidé de prôner la sensibilisation, mais a tout de même dû distribuer quelques contraventions à certains campeurs qui refusaient de quitter les lieux.

Québec responsable des plages

Au début de l’été, la Ville de Gaspé avait annoncé avoir l’intention de légiférer afin d’interdir le camping sauvage sur les terrains de la municipalité, ainsi que sur les plages avoisinantes. Le conseil municipal avait fait volte-face quelques jours plus tard en excluant les plages du règlement, notamment car celles-ci sont de juridiction provinciale, la ville ne pouvant donc pas légiférer à leur propos.

La Cour ferme le robinet d’Hydro-Québec

Actualités

La Cour ferme le robinet d’Hydro-Québec

Hydro-Québec ne doit pas augmenter le niveau d’eau du réservoir Manicouagan, ordonne la Cour supérieure, au moins jusqu’au procès en septembre qui déterminera si un rehaussement constitue une menace pour l’environnement.

Luc Labrie est un Innu de Pessamit, communauté d’environ 2000 personnes située à 54 km au sud-ouest de Baie-Comeau, sur la Côte-Nord. Comme plusieurs résidents du village, il fréquente les abords du réservoir Manicouagan pour pêcher et chasser. Luc Labrie possède un campement près de l’immense réservoir large de 45 kilomètres.

Depuis le printemps 2017, Luc Labrie et le Conseil des Innus de Pessamit mènent un combat judiciaire contre Hydro-Québec. Ils s’inquiètent du fait qu’Hydro-Québec a décidé de rehausser le niveau du réservoir Manicouagan et de lui faire dépasser, pour la première fois depuis 1985, la barre des 354 mètres. Selon les Innus, la société d’état veut ainsi atteindre ses objectifs d’exportation d’électricité.

Le niveau du réservoir Manicouagan dépend principalement de la quantité de pluie et de neige qui l’alimente et de la demande d’énergie sur l’ensemble du territoire. Un évacuateur de crues sur le barrage permet à Hydro-Québec de régulariser le niveau d’eau du réservoir.

Selon les Innus, le maintien du réservoir à un niveau plus bas depuis plus de trois décennies a permis à la flore et à la faune de se développer. Un rehaussement menace clairement la nature, soutiennent-ils, en ajoutant que l’érosion des berges est déjà commencée.

Jusqu’en mars dernier, Hydro-Québec avait accepté de ne pas rehausser le niveau du réservoir au-delà de 354 mètres. Elle a depuis changé d’idée. La société d’état propose d’informer périodiquement les Innus du niveau du réservoir. C’est ce changement de ton qui a poussé les Innus à réclamer une injonction interlocutoire.

Le juge Daniel Dumais de la Cour supérieure entendra le procès sur le fond à partir du 14 septembre. Le débat s’annonce chargé, avec une trentaine de pièces et rapports d’expertise et des allégations de violations à quatre lois environnementales.

Dans l’attente, le tribunal estime avoir assez d’éléments pour accorder une injonction interlocutoire qui oblige Hydro-Québec, pour les deux prochains mois, à conserver le statu quo.

«À ce stade-ci, on ignore ce que sera le jugement final. Le débat reste à faire, rappelle le juge Dumais, dans sa décision du 14 juillet. Mais il semble assez clair que si les demandeurs (les Innus, N.D.L.R.) convainquent la Cour d’imposer une limite de hauteur au réservoir, il y aura des dommages non quantifiables advenant que ce seuil soit dépassé d’ici la décision. Il ne s’agit pas simplement de vider une cuve de métal remplie d’eau. Un jugement final ne pourra remettre tout en ordre, comme si de rien n’était.»

En 2016, Hydro-Québec disait pouvoir atteindre en trois ans la cote maximale d’exploitation du barrage, soit 359.66 mètres. Ses intentions quant au rehaussement du niveau de l’eau ne sont toutefois pas limpides, constate le tribunal.

La Cour supérieure souligne dans sa décision à quel point le réservoir Manicouagan est «un outil essentiel dans la gestion de la demande et de la sécurité énergétiques». Le tribunal se dit conscient que la gestion du réseau électrique incombe à Hydro-Québec. «Elle doit voir à l’intérêt de l’ensemble des Québécois, rappelle le juge Dumais. Mais un fait demeure. On n’a jamais atteint un niveau de 356 mètres depuis 35 ans.»

Ce n’est pas la première fois qu’Hydro-Québec se fait dire par la Cour supérieure de cesser de remplir le réservoir Manicouagan. En juillet 2017, le juge Serge Francoeur avait donné raison au Conseil des Innus de Pessamit et ordonné à la société d’état de garder le niveau d’eau inchangé.

Le wagon Lynnewood quitte Amqui pour la Pennsylvanie

L'Est du Québec

Le wagon Lynnewood quitte Amqui pour la Pennsylvanie

Le wagon Lynnewood, installé depuis quelques années dans le stationnement de la gare de VIA Rail d’Amqui, retournera en Pennsylvanie, où il a été fabriqué il y a plus d’un siècle. Son départ marque la fin d’une longue saga qui avait divisé l’ancien conseil municipal d’Amqui pendant trois ans.

La voiture de train a été vendue à l’organisme The Colebrookdale Railroad Preservation Trust. Elle sera soulevée et transportée par camion pour un long périple de près de 1400 km vers Boyertown, dans l’État de Pennsylvanie. L’organisme la fera restaurer afin de l’utiliser pour des excursions ou des visites. 

«Un élément important que la Ville d’Amqui souhaitait, c’était de trouver une façon de préserver ce bien patrimonial et d’éviter son démantèlement, soutient le maire Pierre D’Amours. Cette transaction est une bonne nouvelle puisque le wagon pourra être restauré par l’organisme et revivra près de l’endroit où il a été construit. Le départ du wagon n’est pas la fin, mais bien le début d’un nouveau projet de réaménagement du secteur de la gare, en collaboration avec nos partenaires que sont VIA Rail et le Canadien National.»

Riche homme d’affaires

Construit en 1917, le wagon Lynnewood avait été baptisé par un riche homme d’affaires de Philadelphie, Joseph Early Widener (1871-1943), pour rappeler le luxe du manoir de 110 chambres dans lequel il vivait, le Lynnewood Hall. Au début du 20e siècle, la famille Widener était parmi les vingt plus fortunées des États-Unis. Simple boucher de classe moyenne, le père de Joseph, Peter Arrel Brown Widener, avait fait fortune à l’époque de la guerre de Sécession. À l’aide de contacts, il avait signé un contrat avec le gouvernement américain afin de fournir l’armée du nord des États-Unis en viande fumée. En 1873, il est devenu le trésorier républicain de Philadelphie. Deux ans plus tard, il a investi dans l’industrie ferroviaire qui, à cette époque, était en pleine expansion. À sa mort en 1915, il a légué 60 millions $ à son fils cadet. N’ayant pas les aptitudes de son père pour les affaires, il a dilapidé sa fortune pour nourrir sa passion pour les courses de chevaux et la reproduction de pur-sang.

L’ex-maire, Gaëtan Ruest, souhaitait restaurer le wagon pour en faire un attrait touristique, notamment lors des festivités du 150anniversaire du Canada, où il proposait le projet «Train Océan 150». Mais, le financement de celui-ci avait été refusé par Patrimoine Canada. 

Frontière fermée entre le Nouveau-Brunswick et le Témiscouata: une tradition d’échanges brisée

L'Est du Québec

Frontière fermée entre le Nouveau-Brunswick et le Témiscouata: une tradition d’échanges brisée

Pour les citoyens du Témiscouata, la fermeture de la frontière qui perdure depuis des mois avec le Nouveau-Brunswick est un non-sens. Seulement 14 km séparent Dégelis de la frontière. Depuis qu’il est interdit aux Québécois d’entrer dans la province voisine, les liens qui existent depuis toujours entre ces deux territoires sont rompus. Au fil du temps, la frustration monte.

Cette situation n’est pas sans conséquence sur les familles, l’économie et les amitiés. «Le Témiscouata et le Madawaska, du côté du Nouveau-Brunswick, a toujours été un lieu d’échanges, indique le maire de Dégelis. Selon Normand Morin, sa population magasine traditionnellement à Edmundston, tandis que plusieurs Néo-Brunswickois traversent à Dégelis parce qu’ils possèdent des chalets en bordure du lac Témiscouata. 

Des liens solides

Pour les Dégelisiens, les liens commerciaux sont beaucoup plus simples avec Edmundston, située à 20 km, qu’avec Rivière-du-Loup, qui est à 80 km. «Ça ne date pas d’hier, se souvient l’élu. Quand j’étais jeune, on allait là et l’inverse est vrai. Les gens du Nouveau-Brunswick viennent ici pour différents services, que ce soit pour la restauration ou la Société des alcools. Les gens du Nouveau-Brunswick nous apportent tout le secteur commercial et l’hébergement. C’est un échange. Mais là, c’est fermé.» Depuis peu, les gens d’une même famille peuvent cependant traverser d’un côté comme de l’autre.

Le maire de Dégelis rappelle que le Témiscouata ne compte actuellement aucun cas actif de COVID-19. «On a eu six cas depuis le début et ils sont tous guéris. À Dégelis, on n’a eu aucun cas et toutes les municipalités qui sont frontalières aussi. Pour les gens du Nouveau-Brunswick, le Témiscouata, c’est comme eux autres. Il n’y a pas de problème là.»

Un consortium présentera un projet de mégaparc éolien au gouvernement du Québec

L'Est du Québec

Un consortium présentera un projet de mégaparc éolien au gouvernement du Québec

MATANE – L'Alliance éolienne de l'Est, en partenariat avec les MRC de L'Islet et de Montmagny, présentera bientôt un projet de parc éolien au gouvernement du Québec. Les coûts prévus pour la construction de ce parc d'une puissance de 1200 MW sont estimés à environ 3 milliards $. Le début du chantier est prévu en 2021. Si chaque éolienne produit 3,45 MW, les quelque 300 turbines seraient érigées sur le territoire des MRC de Rivière-du-Loup, de Témiscouata et de Kamouraska.

«Quand on parle de 3 milliards $, si on fait exception de l'acquisition des turbines, ce n'est pas loin d'un milliard $ en retombées sur le terrain pour les trois à quatre années suivant 2021, via l'ingénierie, la passation de la fibre optique, la construction des chemins, le déboisement, etc.», évalue le président de la Régie intermunicipale de l'énergie du Bas-Saint-Laurent, Michel Lagacé.

Interpelés par Québec

Le consortium répond ainsi à l'invitation lancée aux régions par Québec pour relancer l'économie affaiblie par la crise sanitaire. «Il y a de cela quelques semaines, Hydro-Québec a fait des présentations à ceux qui sont dans l'éolien en disant qu'il y avait des besoins qui commençaient à poindre à partir de 2026, avec une augmentation des besoins pour les années suivantes, raconte Michel Lagacé. Lorsqu'on a eu ces informations-là et qu'on a été interpelés par le gouvernement du Québec sur le fait qu'il fallait favoriser une relance économique énergétique, on a eu des discussions avec les partenaires.»

L'Alliance éolienne de l'Est est formée des régies intermunicipales de l'énergie du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. Pour ce projet supra-régional, l'organisme élargit son partenariat aux MRC de L'Islet et de Montmagny en raison du fort potentiel de production éolienne présent sur leur territoire et de la proximité de la ligne principale de transport d'électricité. Par conséquent, le nouveau consortium inclut trois régions administratives, 16 MRC et la Première Nation Malécite de Viger. «On vient diminuer les risques liés à la mise en place de cet immense parc éolien puisqu'on parle d'environ 320 millions$ d'investissements, soutient M. Lagacé. C'est quand même colossal!»

Importantes retombées

Le projet pourrait générer des bénéfices estimés entre 35 et 40 millions $ par année. «C'est vraiment colossal comme bénéfices, soulève celui qui est aussi président de la Table régionale des élus municipaux du Bas-Saint-Laurent. Quand on parle de 40 millions $ par année sur 25 ans, c'est un milliard $ en bénéfices et ça ne tient pas compte des redevances additionnelles.»

Selon M. Lagacé, les études d'impact environnemental ont été réalisées et le projet est fort bien documenté. Ce qu'il souhaite maintenant, c'est que Québec adopte un décret pour qu'Hydro-Québec puisse procéder au lancement des appels d'offres afin de trouver un ou deux promoteurs privés qui seraient actionnaires à 50%.

Inspiré du parc éolien Nicolas-Riou

Le projet s'inspire de la dernière réalisation de l'Alliance éolienne de l'Est, soit le parc éolien Nicolas-Riou, à l'exception qu'il sera près de six fois plus gros. Les appels d'offres pour la construction du parc Nicolas-Riou, situé dans les MRC des Basques et de Rimouski-Neigette, avaient été lancés en 2014 et sa mise en service commerciale avait eu lieu à la fin de 2017. Michel Lagacé se souvient alors qu'Hydro-Québec n'était pas très favorable à l'idée que la Gaspésie et le Bas-Saint-Laurent travaillent ensemble sur ce projet. «Les gens d'Hydro-Québec croyaient qu'il risquait de ne pas avoir beaucoup de compétition, ni de partenaires privés intéressés et donc, un prix inintéressant. Ça a eu l'effet contraire. C'est la première fois qu'il y a eu un prix aussi intéressant pour Hydro-Québec, donc pour les consommateurs québécois. La moyenne était 6,3 cents [du kWh]. On aimerait bien procéder un peu de la même façon pour aller chercher beaucoup de potentiel de réalisation […].»

Les partenaires de ce nouveau projet utilisent donc la même recette qu'ils jugent gagnante pour un partage équitable des bénéfices, en l'élargissant aux MRC de L'Islet et de Montmagny. M. Lagacé, qui est aussi le préfet de la MRC de Rivière-du-Loup, fonde beaucoup d'espoir dans ce projet. «M. François Legault a toujours dit qu'il fallait des projets avec de bons salaires. Dans le développement éolien, les salaires sont bons !»

Disparition de Maxime-André Brodeur: la SQ étend ses recherches en hélicoptère

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Disparition de Maxime-André Brodeur: la SQ étend ses recherches en hélicoptère

Après avoir effectué des recherches terrestres, la Sûreté du Québec (SQ) a dépêché un hélicoptère en Haute-Gaspésie, toute la journée de mardi, afin de retrouver Maxime-André Brodeur, qui manque à l’appel depuis bientôt une semaine.

«Il y a eu des recherches terrestres depuis le début de la disparition, explique l’agente d’information de la SQ, Béatrice Dorsainville. Tout ce qui était possible de faire de façon terrestre, que ce soit à pied ou en véhicule, a été fait. C’est maintenant l’hélicoptère.»

L’appareil survole différents secteurs, mais concentre surtout ses recherches dans le parc national de la Gaspésie parce qu’il s’agit du dernier endroit où le jeune homme a été vu. Cependant, la sergente Dorsainville estime qu’il peut aussi se trouver ailleurs en Gaspésie ou au Bas-Saint-Laurent. «Ce n’est pas impossible qu’il soit ailleurs», indique-t-elle.

Description

Forages pétroliers dans le secteur Old Harry: la cour invalide une rallonge de permis

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Forages pétroliers dans le secteur Old Harry: la cour invalide une rallonge de permis

CARLETON – La Cour suprême de Terre-Neuve-et-Labrador invalide une décision prise en 2017 par l’Office Canada-Terre-Neuve-Labrador des hydrocarbures extracôtiers visant à donner quatre ans de plus à la firme Corridor Resources pour entamer des forages pétroliers dans le secteur Old Harry, du golfe Saint-Laurent.

Dans un jugement rendu le 3 juillet, la juge Rosalie McGrath indique que Corridor Resources, qui s’appelle maintenant Headwater Exploration, n’aurait pas dû bénéficier de cette rallonge de quatre ans, parce qu’elle avait épuisé entre 2008 et 2017 les neuf ans prévus par la loi pour déposer un projet de forage exploratoire et pour le mener à terme.

En 2017, Corridor Resources s’était adressée à l’Office Canada-Terre-Neuve-Labrador des hydrocarbures extracôtiers (OCTNLHE) pour demander cette rallonge de permis jusqu’en 2021, prétextant que des facteurs extérieurs l’avaient empêché de remplir tous ses devoirs depuis 2008.

L’OCTNLHE, qui est l’organisme réglementaire à qui il incombe de traiter les demandes d’exploration en mer du côté terre-neuvien et labradorien du golfe, avait répondu favorablement à la requête de l’entreprise, en se servant d’une disposition de sa loi constitutive.

Cette disposition, contenue dans l’article 61, donnait sur papier à l’OCTNLHE la latitude pour émettre un nouveau permis de quatre ans à Corridor Resources. Cette décision de 2017 a été contestée dans les mois suivants par la Fondation David Suzuki, associée à la Coalition Saint-Laurent, qui militent depuis plus de 10 ans pour que soit instauré un moratoire sur les forages dans le golfe. L’audience devant la Cour suprême de Terre-Neuve-et-Labrador avait été entendue en février 2019.

La juge McGrath, a statué que l’Office Canada-Terre-Neuve-Labrador ne pouvait dans les circonstances se donner le pouvoir discrétionnaire d’allonger un permis exploratoire, même si ce pouvoir était écrit dans sa constitutive. Elle a donc invalidé la rallonge de permis de 2017.

Sylvain Archambault, de la Coalition Saint-Laurent, se réjouit du verdict de la juge MacGrath, même si dans les faits, le permis de Corridor-Headwater avait été révoqué par l’OCTNLHE en janvier 2020, pour non-respect des conditions édictées lors de la rallonge de 2017. La contestation de la Fondation David-Suzuki constituait une grande question de principe, dit-il.

«Présentement, il n’y aucun projet pétrolier dans le golfe. Si jamais une compagnie revenait à la charge, elle devrait tout recommencer à zéro : remporter un permis d’exploration lors d’un appel d’offres, présenter un projet de forage, trouver des investisseurs avec les poches très profondes, puisqu’il faut un actif de 1 milliard $ pour obtenir un droit de forage, effectuer une évaluation environnementale, faire les consultations publiques ainsi que les consultations avec les autochtones», précise M. Archambault.

Ian Miron, avocat à Ecojustice, l’un des cinq groupes associés solidairement à la Fondation David-Suzuki, se réjouit aussi du verdict de la juge McGrath.

«Non seulement cette décision protège-t-elle le golfe et les communautés qui en dépendent d’un projet de forage risqué, mais elle établit un important précédent pour les régulateurs pétroliers et gaziers à travers le Canada. Il y a à peine un an, en mai 2019, des régulateurs fédéraux ont proposé des extensions artificielles similaires pour des licences d’exploration sur le point d’expirer dans la mer de Beaufort. La décision de la cour lance un message clair : de telles extensions artificielles sont illégales», note Me Miron.

Diego Creimer, de la Fondation David Suzuki, déclare de son côté que «le golfe du Saint-Laurent est un riche écosystème fournissant un milieu de vie à des centaines d’espèces et à des millions de Canadiens. Les activités d’exploration pétrolière mettraient ce fragile écosystème à risque et menaceraient les pêches et le tourisme, essentiels à l’économie de la région de l’Atlantique, en plus de menacer les territoires traditionnels des Premières Nations. Le gouvernement fédéral et les cinq provinces entourant le golfe devraient travailler de concert avec les Premières Nations pour protéger cet écosystème emblématique canadien».

Quant à elle, Danielle Giroux, présidente d’Attention FragÎles, souligne que «la communauté des Îles-de-la-Madeleine, à l'instar des autres communautés côtières du golfe du Saint-Laurent, se réjouit de la décision de la cour. Une industrie du pétrole et du gaz dans le golfe est totalement incompatible avec des activités économiques durables reposant sur les pêcheries et le tourisme. Cette victoire nous montre l'importance d'une vigilance constante et de la mobilisation citoyenne pour assurer la protection du golfe».

Incendie de tourbière de Rivière-Ouelle: le combat d’une population tissée serrée

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Incendie de tourbière de Rivière-Ouelle: le combat d’une population tissée serrée

Si l’incendie qui a pris naissance le 19 juin aux Tourbières Lambert à Rivière-Ouelle est presque maintenant éteint, ce n’est pas seulement grâce aux pompiers de la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) et aux pompiers municipaux venus d’aussi loin que Lévis et Rimouski. C’est aussi grâce à la solidarité d’agriculteurs, de gens d’affaires et de bénévoles qui n’ont pas hésité à prêter main-forte pour combattre ce monstre qui aura ravagé 361,1 hectares de forêt du Kamouraska.

«Comme mobilisation, c'est vraiment extraordinaire, s'exclame le préfet du Kamouraska. Quand on dit qu'on est tissés serrés, c'est là qu'on le voit, avec tout ce monde autour de ce drame-là qui a apporté leur support […].» Selon Yvon Soucy, les offres provenaient de partout, que ce soit pour l'alimentation, les fournitures, le bénévolat. Le volontariat et l'entraide, c'était «beau à voir»!

Selon Cathy Elliott Morneau de la SOPFEU, il ne reste actuellement que six à huit pompiers sur les lieux, surtout pour faire de la patrouille. «On a une équipe de repérage pour s'assurer, à l'oeil et par thermovision, que les flammes ne reprennent pas. Le problème, c'est que de la tourbe, ça brûle en profondeur.»

Une armée d'agriculteurs

Au plus fort du sinistre, une armée formée de 45 à 50 agriculteurs venus d'aussi loin que Montmagny et Saint-Alexandre-de-Kamouraska s'est spontanément déployée avec leur tracteur et leur citerne servant à l'épandage du purin. Même s'ils étaient dans leur période la plus intense de l'année et malgré la sécheresse qui nuit au rendement de leurs cultures, ils sont partis en convoi pour aller approvisionner les pompiers en eau, ne comptant pas les voyages entre la rivière Ouelle et les bassins répartis autour des boisés et de la tourbière.

«Ça a été un élan de solidarité de la part de beaucoup de producteurs qui, avec les réseaux sociaux et par texto, ont répondu à l'appel, témoigne la présidente du syndicat local de l'Union des producteurs agricoles (UPA) du Kamouraska, Nathalie Lemieux. […] Vu l'ampleur, les gens se sont dit qu'il fallait aider à protéger les champs et les entreprises autour. […] Ils ont mis l'épaule à la roue pour apporter le plus possible d'eau parce que c'était une grande étendue. On ne pouvait pas passer là avec des camions. Les tracteurs et les citernes étaient les bienvenus parce qu'on avait besoin de beaucoup, beaucoup d'eau. Dans les citernes, il entre de bons volumes!»