Marie-Sol Gaudreau, directrice générale du Docèse anglican de Québec, et Louis Vallée, président de la Société d’histoire de Sillery militent pour la sauvegarde du Memorial Hall voisin de l’église St. Michael’s, sur le chemin Saint-Louis dans Sillery.

En quête de 1,7 million $ pour sauver le Memorial Hall

Le diocèse anglican de Québec veut faire taire la rumeur : le Memorial Hall jouxtant l’église St. Michael’s — «bâtiment patrimonial d’exception», dixit la Ville — ne sera pas détruit. À tout le moins, il y a un nouveau plan de sauvetage pour la salle paroissiale amochée. Les anglicans cherchent 1,7 million $.

«Il y a beaucoup de rumeurs qui flottent et il y a de la mauvaise information qui circule. […] Les gens disent : “Ça va être mis à terre”. Ce n’est pas vrai.»

Qui parle? Nous sommes assis dans l’église du chemin Saint-Louis. Face à nous, Marie-Sol Gaudreau, directrice générale du Diocèse anglican de Québec.

Ouvrons d’emblée une parenthèse. Nous avons écrit «Diocèse anglican de Québec». En fait, sur la carte nationale, le territoire diocésain s’étire depuis Magog jusqu’aux Îles-de-la-Madeleine. Si vous regardez vers le nord, il y a Blanc-Sablon, c’est aussi chez eux. Encore plus au nord, il y a Schefferville… Oui, là aussi. Mme Gaudreau offre un chiffre pour frapper : 720 000km2 desservis.

Donc, le diocèse de la capitale couvre grand. Mais n’aurait pas les moyens de ses ambitions territoriales, pas les moyens de maintenir à flot ses 68 paroisses.

Revenons à Sillery. Ici, sur la soixantaine de membres de la communauté, autour de 25 assisteraient régulièrement aux activités. Pas assez pour entretenir les vieilles pierres érigées en église en 1854. Ni pour payer les frais d’entretien de 30 000 $ à 50 000 $ par année du Memorial Hall d’à côté ; lui est né en 1946.

Ça fait longtemps que la paroisse regarde ses livres comptables et se demande quoi faire pour que les mathématiques redeviennent réjouissantes. 

En 2008, décision fut prise de vendre tout autour pour ne conserver que la chapelle originelle.

Le scénario est classique : les saisons ont passé, le presbytère a brûlé un peu, a été abandonné, a été rasé, a été remplacé par des maisons jumelées. Une transaction rémunératrice : «Il me fallait de l’argent rapide, donc j’ai vendu en arrière.»

Encore debout

La salle paroissiale jointe à l’église St. Michael’s est toutefois encore debout, quoique des blocs de béton géants retiennent un mur instable. Là, la mairie est intervenue, a limité le champ des possibles. «C’est un bâtiment qui a une importance historique pour la Ville», note Marie-Sol Gaudreau. «On est limité dans ce qu’on peut faire.»

Le diocèse pensait pouvoir aménager cinq copropriétés dans le Memorial Hall. Ce ne serait plus possible, plus rentable. Il aurait fallu avoir l’autorisation d’agrandir, de transformer, de moderniser.

Alors, c’est quoi le plan? «On a décidé de garder la salle. […] Le meilleur projet c’est de faire une salle communautaire.» 

Sauf que la calculatrice de Mme Gaudreau surchauffe. Les autorités demandent un sauvetage, les autorités devront payer : «Il faut l’aide du gouvernement.»

Les rénovations d’urgence et la mise aux normes sont estimées à 1,2 million $. Ajoutez 500 000 $ pour la transformation en salle multifonctionnelle. «On est en train de regarder comment aller chercher 1,7 million $.»

«Si on ne fait rien, [le Memorial Hall] va dépérir.»

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APPUI DE LA SOCIÉTÉ D'HISTOIRE

Montée au créneau pour le sauvetage de l’église St. Michael’s et de ses annexes, la Société d’histoire de Sillery se range aujourd’hui aux côtés du Diocèse anglican de Québec. Et offre son aide pour animer la future salle multifonctionnelle rêvée dans le Memorial Hall voisin du lieu de culte. L’appui du président du groupe de pression, Jean-Louis Vallée, étonne. Voilà au moins sept ans qu’il lutte pour la préservation de tous les bâtiments du site historique . Il aurait préféré ne pas voir pousser des maisons jumelées modernistes sur les ruines du presbytère, mais il est trop tard. M. Vallée investit donc maintenant ses efforts à la pérennité de la salle paroissiale. Baptiste Ricard-Châtelain