Gabriel Ferland et Serge Soucy font partie de l’escouade COVID mise sur pied par le CISSS de la Gaspésie.
Gabriel Ferland et Serge Soucy font partie de l’escouade COVID mise sur pied par le CISSS de la Gaspésie.

En Gaspésie, une escouade pour rappeler aux touristes que la COVID-19 ne prend pas de vacances

PERCÉ — Nombreux sont les sourires, plus que les masques, sur le visage des vacanciers qui ont pris d’assaut le centre-ville de Percé. Serge Soucy, armé de ses histoires et de sa joie de vivre, a une mission : rappeler aux visiteurs que la COVID-19, elle, ne prend pas de vacances.

«Saviez-vous que le Rocher-Percé, c’est comme le mont Rushmore ? On peut voir la face de Jacques Cartier si on regarde bien!» raconte Serge à un couple montréalais, en riant, avant de leur expliquer comment bien plier un masque une fois assis au restaurant. «Merci beaucoup pour le cours 101 et félicitations!» lance la dame, tout sourire, avant de continuer sa route.

Avec son collègue, Gabriel, un étudiant en sciences de la nature de 16 ans, ils font partie de «l’escouade COVID» mise sur pied par le CISSS de la Gaspésie. Tous les jours depuis un peu plus d’une semaine, ils sont quatre ou cinq à arpenter les rues du petit village afin d’encourager la population, locale et touristique, à appliquer les mesures pour éviter que le coronavirus s’invite, lui aussi, dans la péninsule. «On est comme des affiches mobiles, explique M. Soucy. Quand les gens nous voient avec nos dossards blancs, ils se disent : “Ah oui, c’est vrai, il faut continuer à faire attention”», croit-il.

En plus de l’escouade COVID, le CISSS a mis sur pied une roulotte de dépistage à Percé. Chaque jour, touristes et locaux seront invités à se faire tester s’ils doutent avoir été en contact avec le virus. Lors de sa première journée d’opération, le 24 juin, 14 tests ont été effectués à la roulotte de dépistage, majoritairement par des personnes de l’extérieur de la région.

Ne pas jouer à la police

Lorsqu’on lui a expliqué le projet, Gabriel s’attendait à faire un peu la «police de la COVID», raconte-t-il en marchant sur la promenade en bordure de mer, entre deux interventions. «Je pensais qu’il y aurait plus de confrontation, plus de gens qui m’enverraient promener», raconte le jeune homme. Tout comme son collègue Serge, Gabriel a été surpris de l’accueil et de l’écoute des touristes. «Les gens viennent nous voir, nous remercier. Au début, c’était vraiment surprenant, on s’attendait à tout sauf ça», note-t-il.

C’est notamment en raison de la mauvaise information qui est véhiculée à propos de la COVID-19 que le jeune homme de Grande-Rivière a décidé de s’impliquer dans l’escouade. «On voit et on entend tellement toutes sortes de choses qu’on s’y perd. Je pense que c’est important que tout le monde fasse sa part.»

L’initiative a pour effet de rassurer les gens, particulièrement la population locale. Dès l’ouverture des barrages routiers, les Gaspésiens s’étaient montrés plutôt craintifs à voir des hordes de touristes, particulièrement des grandes villes, débarquer sur les plages et dans les villages. «Les gens sont rassurés, ils voient qu’on est là pour rappeler que le virus ne prend pas de vacances. Les gens du coin sont très reconnaissants», explique Serge, avant de se faire apostropher par une ancienne camarade de classe. «En tout cas, merci beaucoup Serge! Une chance que vous êtes là!» lance-t-elle en s’éloignant.

C’est donc à coup de conversations, d’anecdotes et de blagues que le duo sensibilisera les vacanciers aux mesures à prendre, au courant de l’été. «On est aussi devenu à moitié des guides touristiques», lance Serge en riant.

Des brigades similaires à celle en place à Percé ont aussi été postées à Carleton-sur-Mer, à Gaspé et à Sainte-Anne-des-Monts. Elles y resteront au moins pour la haute saison touristique, confirme le CISSS.