Les travaux vont bon train pour défaire l'embâcle sur la rivière Saint-Charles.

Embâcle sur la rivière Saint-Charles: «on a gagné la course»

La Ville et la Sécurité civile ont gagné la fameuse course contre la montre qu’évoquait le maire de Québec plus tôt cette semaine. La moitié de l’embâcle qui obstruait la rivière Saint-Charles est défaite et l’eau a recommencé à s’écouler normalement. Les sinistrés peuvent même rêver d’une réintégration à court terme si les dommages causés à leur résidence n’entraînent pas de risque à la santé.

Régis Labeaume affichait vendredi une mine plus joyeuse que lors de ses précédents points de presse quotidiens tenus cette semaine. «On a gagné la course. La fameuse pelle-grenouille a défait l’embâcle sur 465 mètres. Il y a encore 365 mètres, mais on n’a pas besoin de défaire le reste parce que l’eau passe en dessous. La glace à cet endroit ne bloque pas le courant d’eau», a-t-il expliqué. 

L’un des problèmes rencontrés en cours de semaine était l’épaisseur de la glace qui atteignait trois mètres par endroits. Elle collait au fond, ce qui rendait difficile son enlèvement, même avec la pelle-grenouille, et empêchait la circulation de l’eau.

Cette heureuse nouvelle ne veut pas dire que le travail est terminé. Sur le coup de midi, des pelles mécaniques tentaient difficilement d’enlever sous le pont les dernières glaces toujours bloquées. Mais il y avait bon espoir d’y parvenir, notamment avec l’aide d’un équipement spécialisé habituellement utilisé pour débloquer les canalisations en y injectant de l’eau chaude. On prévoyait aussi la possibilité d’attacher une poutre d’acier à une pelle pour frapper la glace dans le but de la casser.

Parallèlement, la Ville a amorcé vendredi un test d’écoulement des eaux en ouvrant le barrage du lac Saint-Charles. «Actuellement, l’eau qui s’écoule provient uniquement des affluents des rivières Huron et Nelson. On va ouvrir le barrage en ajoutant cinq mètres cube/seconde et on verra d’ici six à huit heures le comportement de la rivière. Si ça va bien, on va ajouter cinq mètres cube/seconde», précise le maire. 

La Ville mettra fin aux opérations seulement s’il n’y a plus aucune glace bloquée sous le pont et que les tests d’écoulement des eaux sont concluants.

Réintégration progressive

L’autre bonne nouvelle concerne directement les sinistrés. Ils ont été autorisés vendredi à réintégrer leur résidence pour évaluer les dégâts. La Ville remet à chacun une fiche technique qui indique dans quel état les équipes d’inspection ont laissé l’habitation. Il y a aussi une liste d’action à prendre comme contacter Hydro-Québec ou Gaz Métropolitain ou encore appeler un maître-électricien avant de remettre l’électricité.

Une fois ces tâches accomplies, la fiche technique est remise aux autorités qui, ultimement, peuvent émettre un avis de réintégration (lire : dormir dans la maison) seulement s’il n’y a aucun risque pour la santé humaine. 

Des 36 maisons touchées sur les rues Saint-Léandre et Grandbois, quatre sont toujours inaccessibles à cause d’un problème avec la station de pompage.

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UNE AIDE PSYCHOLOGIQUE NÉCESSAIRE

Pendant que les cols bleus et leur machinerie s’affairaient à défaire l’embâcle, une autre équipe a travaillé toute la semaine dans l’ombre des sinistrés, prête à les soutenir psychologiquement.

«Pour une personne, vivre une situation déstabilisante comme celle-là, ça fait appel à ses capacités d’adaptation.» Andréanne Ledoux-Bérubé, travailleuse sociale et gestionnaire, volet psychosocial, pour le CIUSSS de la Capitale-Nationale, mène l’équipe de soutien psychologique déployée sur le terrain.

«La plupart vont rapidement faire appel à leurs ressources personnelles et à leur réseau autour d’eux. Mais pour certaines personnes, c’est nécessaire d’avoir un support professionnel, c’est ce qu’on offre. Parfois, c’est de les diriger vers les services. Par exemple, les accompagner pour rencontrer leur médecin de famille ou de remplir des formulaires. Pour d’autres, il s’agit simplement de ventiler» illustre-t-elle.

«Qu’est-ce qui va arriver à ma maison, à mes animaux de compagnie? À quoi va ressembler mon quotidien dans les prochains jours et semaines? Les gens ont des préoccupations concrètes», ajoute-t-elle. 

Le bilan de la semaine la satisfait. «Même si les sinistrés gardent toujours un stress important, ils se sentent bien outillés, avance Mme Ledoux-Bérubé. C’est grâce à l’aide apportée et à l’impression que les choses s’orchestrent autour d’eux.»