Malgré la division des Canadiens sur le résultat du scrutin, une grande majorité de gens veulent que l’opposition collabore avec le gouvernement minoritaire de Justin Trudeau.

Élections fédérales: près de la moitié des Canadiens ont arrêté leur choix pendant la campagne

«C’est LE grand constat de ce sondage-là : on ne fait pas des campagnes électorales pour rien!» lance le sondeur de Main­street Luc Fortin.

Le dernier coup de sonde de Mainstreet montre en effet qu’à peine plus de la moitié (54 %) des électeurs canadiens avaient leur idée toute faite quand la campagne électorale a été lancée, le 11 septembre. Pour les 46 % restants, la campagne a fait une différence. 

«Avant, ce n’était pas comme ça, analyse M. Fortin, parce que beaucoup d’électeurs étaient une clientèle fidèle et on votait souvent de la même façon de génération en génération. Mais ce n’est manifestement plus le cas, et on le voit aussi dans nos répartition par groupes d’âge : ce sont les plus jeunes qui étaient les moins décidés quand la campagne a commencé.»

Seulement 44 % des 18-34 ans avaient arrêté leur choix avant que la dissolution des Communes, contre 53 à 60 % pour les autres groupes d’âge.

Ces chiffres indiquent également que c’est au Québec que la campagne a fait la plus grosse différence : seulement 42 % des Québécois ont maintenu le même choix tout au long de la campagne. Ce qui n’est évidemment pas étranger à la forte progression qu’a connue le Bloc québécois ces dernières semaines.

Ce sondage a été réalisé par appels automatisés auprès de 1108 Canadiens adultes les 26 et 27 octobre dernier. Un échantillon de cette taille vient avec une marge d’erreur de ± 2,9 % 19 fois sur 20. Il faut noter que les sous-échantillons régionaux ont des marges d’erreur plus grandes.

Ne pas renverser le gouvernement

Fait intéressant, ce sondage indique également que les Canadiens sont assez divisés sur le résultat du scrutin, qui a réélu le Parti libéral mais de manière minoritaire cette fois. À peu près autant se disent satisfaits du résultat (48 %) qu’il y a d’insatisfaits (47 %). Notons que parmi les insatisfaits, on compte beaucoup plus de «très insatisfaits» (30 %) que de «plutôt», alors que c’est l’inverse exact chez les satisfaits (30 % de «très» et 18 % de «plutôt»).

«Ce qu’il y a d’intéressant là-dedans, c’est de voir la répartition selon le parti, dit M. Fortin. Les plus satisfaits sont ceux qui ont voté pour le NPD (63 %) parce que leur parti détient maintenant la balance du pouvoir. Les électeurs bloquistes sont assez contents eux aussi (56 %) pour des raisons semblables. Et même les électeurs libéraux sont satisfaits (83 %) même s’ils ont perdu leur majorité, parce qu’ils sont encore au pouvoir et que le PLC n’a pas besoin d’avoir à la fois l’appui du NPD et du Bloc pour se maintenir. Ça peut être soit l’un, soit l’autre, et ce sont deux partis qui n’ont pas intérêt à retourner rapidement en élections.»

Seulement 8 % des électeurs conservateurs se disent satisfaits de l’issue du scrutin. Ils peuvent sans doute se consoler à l’idée que les partisans de Maxime Bernier sont encore plus malheureux qu’eux (2 %).

Malgré cette division, cependant, une grande majorité de gens veulent que l’opposition collabore avec le gouvernement minoritaire de Justin Trudeau. Pas moins de 73 % des répondants ont indiqué préférer que tout ce beau monde collabore, contre seulement 27 % croient que l’opposition devrait renverser le gouvernement à la première occasion.

Sans grande surprise, les partisans libéraux, néo-démocrates et bloquistes préfèrent la collaboration dans d’écrasantes proportions (78 à 95 %), alors qu’une majorité de conservateurs (57%) voudraient voir le gouvernement Trudeau tomber aussi vite que possible.