Malgré les nombreux témoignages de sympathie recueillis au moment de sa démission, le printemps dernier, Jane Philpott a terminé au troisième rang, derrière les candidats libéral et conservateur.
Malgré les nombreux témoignages de sympathie recueillis au moment de sa démission, le printemps dernier, Jane Philpott a terminé au troisième rang, derrière les candidats libéral et conservateur.

Reste du Canada: le grand Toronto a le dernier mot

Jean-Simon Gagné
Jean-Simon Gagné
Le Soleil
En dehors du Québec, le Parti libéral a limité les dégâts, en conservant son emprise sur les provinces Maritimes et sur les grandes villes de l’est. En particulier Toronto. Les Conservateurs ont remporté le vote populaire, mais ils n’ont pas réalisé de percée décisive, en dehors de leur château fort de l’ouest...

Une fois de plus, le sort d’un gouvernement canadien s’est joué dans les 57 circonscriptions de la grande région de Toronto, rebaptisée le GTA pour les intimes. En remportant près d’une cinquantaine de circonscriptions, les Libéraux ont scellé l’issue de cette élection. 

Durant toute la campagne électorale, les chefs de partis n’avaient pas caché toute l’importance qu’ils accordaient au GTA, où se trouve une circonscription sur six. Du 11 septembre au 17 octobre, les chefs s’y sont arrêtés 59 fois. À lui, seul, le conservateur Andrew Scheer a effectué 25 visites.

Les Maritimes en rouge

Dans les provinces maritimes, les Libéraux ont conservé 24 de leur 32 sièges. Les Conservateurs remportent quelques circonscriptions rurales du Nouveau-Brunswick, mais ils mordent la poussière presque partout ailleurs. Pas un seul député conservateur à Terre-Neuve et à l’Île-du prince-Édouard. Un seul en Nouvelle-Écosse.

Toute proportion gardée, c’est le Parti vert qui a connu la progression la plus spectaculaire dans les Maritimes. Au Nouveau-Brunswick, le Parti avait obtenu 4,6% des suffrages en 2015. En 2019, il en récolte plus de 16%. Dans la circonscription de Frédéricton, les Verts ont même réussi à faire élire un premier député dans l’est du pays. 

L’Ouest en bleu

Dans les provinces de l’Ouest, les Conservateurs ont pratiquement tout raflé. Un vrai raz-de-marée. En Alberta, les Bleus remportent 33 circonscriptions sur 34. Les Libéraux sont rayés de la carte. Seule la circonscription d’Edmonton Strathcona, avec sa population nombreuse d’étudiants, semblait leur échapper pour aller rejoindre les néodémocrates.

Pour les conservateurs, le scénario est encore plus favorable en Saskatchewan. Ils raflent les 14 circonscriptions disponibles. Même le ministre libéral Ralph Goodale semblait en voie de subir la défaite à Regina. Un exploit de taille, quand on sait que Goodale avait survécu à toutes les vagues conservatrices depuis… 1993.

En comparaison, les succès des Conservateurs au Manitoba semblent plus modestes. Les Bleus progressent en remportant sept des 14 sièges à l’enjeu. Quatre libéraux et trois néodémocrates se maintiennent, dans la région de Winnipeg, au milieu de la marée bleue... 

La Colombie-Britannique

Plus à l’Ouest, la Colombie-Britannique est probablement la province où la lutte électorale a été la plus incertaine. Les Conservateurs semblaient assurer de remporter 16 des 42 sièges. Avec une douzaine de sièges chacun, le Parti libéral et le NPD minimisaient leur recul. Le Parti vert, qui rêvait de quatre ou cinq sièges, en remportait deux. 

En fin de soirée, tous les regards étaient tournés vers la circonscription de Vancouver Granville, où l’ancienne ministre de Justice, Jody Wilson-Raybould, briguait les suffrages comme indépendante. Ancienne ministre de la Justice, Mme Wilson-Raybould s’était fait connaître en démissionnant dans la foulée du scandale SNC-Lavalin. Mme Wilson-Raybould l'a emporté sur son plus proche adversaire libéral.

Au Nord de Toronto, sa collègue Jane Philpott, a eu moins de chance. Malgré les nombreux témoignages de sympathie recueillis au moment de sa démission, le printemps dernier, Mme Philpott a terminé au troisième rang, derrière les candidats libéral et conservateur. «Que voulez-vous, aurait dit Jean Chrétien, la politique n’est pas toujours une histoire qui finit bien...»