Les anciens députés Raymond Bernier (à droite) et André Drolet, lors d'un rassemblement du Parti libéral du Québec, en janvier 2018

Raymond Bernier se lance comme indépendant aux élections fédérales

Après avoir essuyé un refus du Parti libéral du Canada, l’ancien député provincial Raymond Bernier se lance comme candidat indépendant au fédéral.

M. Bernier annoncera mercredi sa candidature dans la circonscription de Beauport—Côte-de-Beaupré—île d’Orléans—Charlevoix, en vue des élections fédérales du 21 octobre. Ce comté est représenté depuis 2015 par le Parti conservateur et Sylvie Boucher.

«Je vais annoncer ma décision dans un communiqué mercredi. Mais si on publie un communiqué, c’est que ça devrait être positif», a confirmé M. Bernier au Soleil, mardi matin.

L’homme de 66 ans a encore de travers dans la gorge la rebuffade infligée par les instances nationales du Parti libéral du Canada (PLC). Qui ont rejeté sa candidature même s’il avait l’assentiment de l’association libérale de la circonscription et était seul en lice pour en briguer l’investiture.

Plus tard dans la journée de mardi, le PLC a annoncé que Manon Fortin le représentera dans cette vaste circonscription s’étendant sur plus de 11 000 km2. Mme Fortin est l’ancienne présidente de l’association de circonscription et directrice générale de la Fédération des centres d’assistance et d’accompagnement aux plaintes en santé et services sociaux du Québec.

«Ils ne m’ont pas retenu comme candidat, atteste M. Bernier. C’est la décision d’un comité caché, comme j’appelle, dont on ne sait pas qui sont les membres. J’ai essayé de connaître les motifs du refus sans jamais obtenir de réponse», explique M. Bernier, à propos du comité Feu vert, qui gère les candidatures libérales fédérales à la grandeur du pays.

«J’ai été 12 fois candidat à des élections! Qu’est-ce qui ne fait pas? Mon âge? J’ai été député, chef de cabinet, conseiller municipal. Tu ne peux pas avoir plus d’expérience politique que ça. Et je n’ai jamais eu rien de négatif au code d’éthique de l’Assemblée nationale», souligne-t-il.

Conseiller municipal à Saint-Augustin-de-Desmaures de 1989 à 1997, le natif de Québec s’est ensuite lancé en politique québécoise. Il a été élu à trois reprises dans la circonscription provinciale de Montmorency sous la bannière libérale, en 2003, en 2008 et en 2014. Poste de député qu’il a donc occupé durant un total de 12 ans sur trois mandats non consécutifs. Il s’était aussi présenté pour les Libéraux du Québec dans La Peltrie en 1994, ce qui donne six élections provinciales à son curriculum vitæ.

«Soyez sérieux!»

«Je suis arrivé en février et on a commencé à ramasser des membres. Puis en avril, on a demandé une investiture, sans que ça se fasse. En juillet, ils arrivent avec une trousse du candidat, c’est-à-dire 50 pages de questions sur la sécurité et tes états financiers. Et finalement, le 22 août, j’ai reçu une réponse négative. Sans aucune explication!

«Soyez sérieux! C’est complètement ridicule et antidémocratique comme façon de procéder», insiste-t-il.

M. Bernier assure ne pas vouloir revenir en arrière. Il a choisi de se présenter comme candidat non affilié à un parti et ne changera pas d’idée.

«Se présenter comme candidat indépendant, c’est une nouvelle notion dans la région de Québec. Une autre vision de la politique. Ce que j’ai à offrir, c’est mon expérience. Si ça plaît, tant mieux. J’ai déjà commencé à faire du porte-à-porte et personne ne me parle du Parti libéral, pas plus que du premier ministre», assure M. Bernier, avec une petite pointe au gouvernement actuel.

En 2015, le Libéral Jean-Roger Vigneau avait obtenu 26,9% des suffrages dans la circonscription, contre 33,5% pour la conservatrice élue Sylvie Boucher.

Élections 2019

Le Bloc québécois n'a pas l'intention de finir deuxième au Québec

REPENTIGNY — Contrairement à ses adversaires libéral et conservateur, le chef du Bloc québécois n'a pas pris congé de campagne, samedi. Yves-François Blanchet était en tournée dans Lanaudière pour parler d'économie d'énergie et d'agriculture, mais aussi pour convaincre davantage d'électeurs parce qu'il n'a pas l'intention de finir deuxième.

Selon les plus récentes données sur les intentions de vote des électeurs, le Bloc québécois se trouvait en deuxième place au Québec, à bonne distance des libéraux en tête, mais au coude à coude avec le Parti conservateur.

Ces chiffres semblent motiver le chef bloquiste.

«Notre début de campagne est bon. Mais je vous dirais que pour le bien des Québécois, il se pourrait que la seconde place ne suffise pas», a déclaré M. Blanchet en conférence de presse au parc Lajoie, samedi matin à Repentigny. Nous avons encore un mois, jour pour jour, pour arriver à convaincre, un par un, les Québécois des vertus de notre programme pour représenter et porter leur voix [...] à Ottawa.»

Selon lui, la priorité des électeurs du Québec est la lutte aux changements climatiques et c'est le principal thème sur lequel se déroule la campagne du Bloc.

«Pas l'environnement en tant que reproches, mais en tant que création de plus de richesse pour le Québec», a tenu à préciser celui qui en est à sa première campagne à titre de chef de parti.

Au cours des dix premiers jours de campagne, le Bloc Québécois a demandé un programme pour l'électrification de la flotte d'autobus scolaires, une aide pour rendre accessibles les véhicules électriques ou hybrides aux familles avec des revenus modestes, en plus d'exiger l'arrêt des subventions aux pétrolières pour rediriger les fonds vers les énergies renouvelables.

ÉcoÉnergie

Samedi, Yves-François Blanchet a entrepris sa journée en réclamant le retour du programme d'aide à la rénovation ÉcoÉnergie, aboli en 2012.

Celui-ci permettait notamment d'améliorer l'isolation, de remplacer les portes et les fenêtres ou encore de modifier la source d'alimentation en chauffage. Le Bloc québécois propose de faire revivre le programme en accordant une aide maximale de 5000 $ à chaque propriétaire de maison ou pour chaque unité de logement locatif.

De nouvelles modalités s'appliqueraient aussi aux immeubles commerciaux et industriels ainsi qu'aux bâtiments agricoles.

«Que les conservateurs aient, à l'époque, décidé de saborder le programme ÉcoÉnergie, ça ne nous étonne pas c'est contre leur ADN», a dénoncé M. Blanchet. Dans sa plateforme, le Parti conservateur propose un crédit d'impôt remboursable de 20 pour cent, pour une aide maximale de 3800$.

La journée bien chargée d'Yves-François Blanchet compte également une rencontre avec la section locale de l'Union des producteurs agricoles, la visite d'une entreprise agricole et une activité avec des militants de Joliette en soirée.

Élections 2019

Les libéraux s’engagent à bannir le plastique à usage unique des édifices fédéraux

Le Parti libéral du Canada a réitéré sa volonté d’éliminer les plastiques à usage unique des édifices du gouvernement fédéral.

Les députées sortantes d’Ottawa-Centre, Catherine McKenna, d’Ottawa-Vanier, Mona Fortier, et d’Ottawa-Ouest-Nepean, Anita Vandenbeld, en ont fait l’annonce samedi au parc des Rapides Remic, à Ottawa.

«Je suis très fière d’annoncer qu’on va continuer de s’attaquer à la pollution de plastique. On veut faire mieux comme gouvernement. C’est pourquoi on prend l’engagement d’accélérer l’élimination des déchets de plastique à usage unique dans les immeubles et des musées fédéraux d’Ottawa ainsi que dans les sites historiques de Parcs Canada. Nous croyons que le gouvernement fédéral devrait être un chef de file pour contrer la pollution et les changements climatiques et nous croyons que ces mesures permettront de faire d’Ottawa, la capitale la plus verte», a lancé Mme McKenna d’entrée de jeu.

Elle souligne que cet engagement survient après que plusieurs employés et clients de ces sites fédéraux aient demandé à ce que des mesures soient prises pour contrer la pollution par le plastique dans leur enceinte. Elle ajoute qu’il y a déjà plusieurs alternatives connues au plastique et qu’il est temps que le gouvernement canadien les utilise à bon escient dans ses édifices.

Élections 2019

Christiane Gagnon: ma vie comme au cinéma

Un père policier blessé à la guerre, mais qui ne lui en parle jamais. Une mère gérante de magasin et présidente des Filles d’Isabelle de Chicoutimi. Mémère qui fume sans inhaler, coiffée d’un chapeau de paille. Il y a tante Albertine, organisatrice politique du quartier Saint-Roch, à Québec, et mononcle Johnny, joueur du Canadien de Montréal. Sans oublier Toinette et Germaine, les tantes qu’elle va visiter à Montréal seule en autobus dès l’âge de 12 ans.

Roman de Michel Tremblay? Plutôt l’histoire vécue de Christiane Gagnon. «J’ai grandi dans Les belles-sœurs!» s’esclaffe la politicienne, après avoir planté le décor de sa jeunesse pour le journaliste. «J’aurais aimé ça aller chez les Ursulines et grandir dans un couvent. Mais ce n’était pas ça. J’ai eu une vie de terrain.»

La candidate du Bloc québécois dans la circonscription de Québec aux présentes élections avait convié Le Soleil au Buffet de l'Antiquaire. Resto de la rue Saint-Paul, dans le Petit Champlain, quartier des galeries d’art où elle aime venir flâner pour décompresser.

C’est aussi là qu’il y a près de 40 ans, l’équipe de production du film Les Plouffe, sur lequel Mme Gagnon a travaillé et même été figurante, tenait ses quartiers. Mais le Buffet est fermé, vendredi matin, à cause d’un bris de hotte. Comme rien n’arrive pour rien, l’entrevue s’est déplacée à cinq portes de là, aux Cafés du Soleil. C’était prédestiné.

«J’ai eu une vie atypique. Je n’ai jamais eu de plan de carrière. Je me suis toujours adaptée à ce qui se passait. La vie m’a toujours amené des... défis, mais je peux dire que je suis heureuse», affirme la femme de 71 ans, qui effectue un retour après sept ans d’éclipse politique, elle qui a été députée fédérale du comté pendant 18 ans, de 1993 à 2011, toujours pour le Bloc.

Serrée dans un coin du café où se côtoient touristes et nouvelles mamans, Mme Gagnon est bien avec le monde. Un monsieur d’un âge certain vient la saluer et lui souhaiter bonne chance pour la campagne. Un collectionneur de vieilles voitures et sculpteur qu’elle a croisé au Week-end Vintage, tenu dans le même secteur, deux semaines plus tôt. Événement où elle s’est présentée en tenue des années 1920, style Charleston, robe et bandeau mince à l’avenant.

Vêtements pigés dans sa garde-robe personnelle, remplie d’ensembles de toutes sortes. Mais ne lui parlez pas de déguisements ou de costumes! Pas en ce lendemain de l’affaire Aladdin pour Justin Trudeau. Vêtue d’une veste de jeans décontractée, elle se demande à l’arrivée du photographe si elle n’aurait pas été mieux en tailleur, pour montrer son côté sérieux. «Je suis les deux!» constate-t-elle.

Digne d’un film

Tous ces habits rappellent son penchant pour le théâtre et le cinéma. Elle a déjà voulu être actrice. Puis, quand elle a enfin décidé de s’inscrire au Conservatoire d’art dramatique de Québec, il était trop tard. Fin vingtaine, elle était tout juste un an trop vieille, selon les règles de l’école. Dans la foulée des Plouffe, elle travaillera quand même dans le domaine du cinéma durant trois ans, à Ciné-Forum, avec les cinéastes Iolande Rossignol et Fernand Dansereau.

N’empêche que sa propre vie est digne d’un film. Dès son plus jeune âge, les personnages qui l’entourent s’avèrent plus intéressants les uns que les autres. Et les samedis soirs, ils se réunissent tous autour de la grosse télé que ses parents ont été parmi les premiers à avoir dans le quartier. Dans le salon de la maison érigée à l’ombre de l’église Christ-Roi de Chicoutimi, le groupe composé de membres de la famille, de voisins et d’amis compte en plus deux curés. Tous veulent voir à l’œuvre leur Canadien, avec qui l’oncle Johnny Gagnon, dit le Chat noir, a gagné la Coupe Stanley en 1931.

La petite Christiane danse au milieu du tableau, entre sa grande sœur et son petit frère d’origine autochtone adopté, qu’elle a «catiné en masse». Les deux sont aujourd’hui décédés.

Mais la petite Christiane n’aimait pas trop le hockey. La plupart du temps partie au coin de la rue en train d’apprendre des «danses carrées», ou folkloriques dirait-on aujourd’hui. Elle a toujours aimé la danse; vous pouvez encore la rencontrer aux soirées de danse des Salons d’Edgar, dans Saint-Roch. À l’époque, elle avait même participé à quatre émissions de télé aux côtés d’Ovila Légaré et de Robert Charlebois.

Toujours été attirée par les feux de la rampe. À la fois pour s’exprimer et écouter les gens. La politique nourrit encore ses deux besoins.

Élections 2019

Médicaments: Singh réitère son engagement pour une assurance universelle

ESSEX — Tous les Canadiens devraient avoir accès aux médicaments dont ils ont besoin, a réitéré vendredi le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh.

Les néo-démocrates proposent de dépenser annuellement 10 milliards $ pour assurer la gratuité des médicaments et des appareils médicaux à partir de 2020.

«Nous savons que les gens sont aux prises avec le coût des médicaments», a déclaré M. Singh lors de son passage dans la région de Windsor, en Ontario. Il en a profité pour répéter l’une de ses maximes favorites : «Si on a besoin de médicaments, on doit utiliser sa carte d’assurance-maladie, pas sa carte de crédit».

Un gouvernement dirigé par M. Singh s’appuierait sur ce que les provinces dépensent déjà pour des médicaments et y ajouterait de l’argent. Le programme serait mis en œuvre par les provinces, a dit le chef néo-démocrate. Le NPD étudierait ce qui se fait ailleurs dans le monde et choisirait la formule qui permettrait de couvrir le plus grand nombre possible de personnes.

Le programme néo-démocrate en matière d’assurance-médicaments entrerait en vigueur avant l’échéancier recommandé plus tôt cette année par un groupe d’experts. Celui-ci proposait l’établissement, d’ici le 1er janvier 2022, d’une liste nationale de médicaments essentiels couvrant la plupart des principales maladies et représentant environ la moitié de toutes les ordonnances. Cette liste nationale complète des médicaments assurés devrait être prête au plus tard le 1er janvier 2027.

Selon ce Conseil consultatif sur la mise en œuvre d’un régime national d’assurance-médicaments, ce plan permettrait d’économiser environ 5 milliards $ par année d’ici 2027. Les Canadiens ont dépensé 34 milliards $ pour des médicaments d’ordonnance en 2018.

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Le Bloc veut que l’accès au REER et au RAP soit ouvert aux sinistrés

MONTRÉAL — Le Bloc québécois demandera au gouvernement fédéral de permettre aux sinistrés d’inondations imputables aux changements climatiques de puiser dans leur REER pour les travaux de réparation, de restauration ou de rénovation de leurs résidences endommagées, et ce, sans pénalité fiscale et sous réserve d’un remboursement dans les 15 ans.

De passage à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, vendredi, le chef bloquiste Yves-François Blanchet a aussi proposé que ceux dont les maisons sont condamnées à la suite de tels sinistres puissent avoir droit au Régime d’accès à la propriété selon les mêmes paramètres.

«Il s’agit d’une démarche qui est à la fois empreinte d’une grande compassion, dont nous avons grand besoin dans ce genre de circonstances et aussi d’un sens des responsabilités dont nous sommes convaincus qu’il saura interpeller tous les partis à la Chambre des communes afin que de telles mesures puissent être mises en œuvre rapidement», a-t-il dit après avoir rencontré des citoyens durement affectés par les inondations du printemps dernier dans cette municipalité.

Le Bloc demande également à ce que ces deux mesures soient rétroactives au 6 mai 2017 pour couvrir également les victimes des inondations d’il y a deux ans.

Sinistres et changements climatiques

La démarche amène toutefois la formation souverainiste fédérale sur un terrain glissant, c’est-à-dire que les sinistrés devront établir «de façon raisonnablement démontrable» que les dommages qu’ils ont subis sont liés aux changements climatiques.

Le chef bloquiste n’a pas cherché à éviter l’écueil. «On anticipe très bien les entourloupettes réglementaires qui pourraient apparaître. Il n’y a de besoin que d’une démonstration raisonnable et non d’une certitude scientifique qui n’existe pas à ce stade-ci», a-t-il tempéré.

Il souhaite aussi aller plus loin dans la lutte contre ces changements climatiques, évoquant la «certitude d’une probabilité élevée qu’il y a une augmentation dans l’intensité et la fréquence des événements [climatiques] extrêmes».

Loi sur les cibles de GES

Il propose donc une loi obligeant Ottawa à respecter ses propres cibles en matière de réduction des gaz à effet de serre.

Pourquoi? Parce que les gouvernements ont la promesse plus facile que la réalisation en telle matière, dit-il.

«Ça fait 30 ans que le Canada se fixe des cibles et qu’il ne passe même pas proche de les rencontrer. Alors à un moment donné il faut faire quelque chose.»

Le chef bloquiste espère ainsi piéger le prochain gouvernement et les oppositions avec leurs promesses. «Je vois mal comment des partis à la Chambre des communes pourraient être contre l’inscription dans une loi d’objectifs qu’ils se sont eux-mêmes fixés», a-t-il fait valoir.

Cette loi contiendrait une prescription pour qu’elle soit reconduite avec de nouveaux objectifs à tous les quatre ans «pour avoir des conversations à chaque campagne sur ce que fait ou ne fait pas le gouvernement canadien en matière de lutte aux changements climatiques».

Élections 2019

Trudeau s’attaque aux armes d’assaut

TORONTO — S’il est réélu le 21 octobre, le chef libéral promet d’interdire toutes les armes d’assaut de style militaire et de restreindre l’accès aux armes de poing.

M. Trudeau a fait cette promesse à Toronto, vendredi matin, alors qu’il tentait de recadrer sa campagne après l’affaire des blackfaces. Toronto, théâtre de nombreuses fusillades meurtrières, est l’une des villes qui réclament l’interdiction des armes de poing, à l’instar de Montréal.

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Les armes de Bissonnette deviendraient interdites

L’annonce de vendredi a d’ailleurs été faite dans le quartier Greektown, où un forcené avait tiré dans la foule en juillet 2018, faisant deux morts et 13 blessés. Le contrôle des armes à feu est un enjeu important dans la métropole canadienne, une région par ailleurs cruciale pour les libéraux lors de ce scrutin.

L’ancien chef de police de Toronto Bill Blair, nommé après la tuerie de Greektown au nouveau portefeuille de la Sécurité frontalière et de la Réduction du crime organisé, avait reçu le mandat du premier ministre de se pencher notamment «sur la possibilité d’interdire complètement les armes de poing et les armes d’assaut au Canada, sans entraver l’utilisation légitime d’armes à feu par les Canadiens».

M. Blair a depuis mené diverses consultations à ce sujet, mais il a déclaré en juin dernier que s’il fallait en faire plus pour lutter contre la violence armée, toute initiative supplémentaire en matière de contrôle des armes à feu devrait faire partie de la prochaine plateforme électorale libérale. Un mois plus tard, Nathalie Provost, survivante de la tuerie de Polytechnique en 1989, claquait la porte du Comité consultatif canadien sur les armes à feu, se disant fortement déçue de l’incapacité du gouvernement Trudeau à s’attaquer aux fusils d’assaut.

M. Trudeau a annoncé vendredi qu’un prochain gouvernement libéral interdirait toutes les armes d’assaut de style militaire et qu’il mettrait sur pied un programme de rachat de ces armes. Le chef libéral a déclaré que la promesse d’interdire les fusils d’assaut incluait l’interdiction du AR-15 semi-automatique, l’arme utilisée lors de nombreuses fusillades de masse aux États-Unis.

«Nous savons bien que pour abattre un chevreuil, vous n’avez pas besoin d’une arme d’assaut de type militaire conçue pour tuer le plus grand nombre de gens possible dans le plus court délai possible», a déclaré M. Trudeau vendredi.

Des efforts insuffisants

Le chef libéral a affirmé que la violence armée au Canada avait fait 2500 victimes de plus en 2017 qu’en 2013, «et plusieurs de ces incidents impliquaient des conjoints». M. Trudeau a également reconnu que les efforts de son gouvernement pour remédier à ce problème étaient insuffisants.

Un gouvernement libéral travaillerait maintenant «de concert avec les maires et les premiers ministres de tout le pays pour leur donner la capacité de restreindre davantage — et même d’interdire — les armes de poing». Les Villes de Toronto et Montréal demandent de pouvoir interdire ces armes sur leur territoire.

Un gouvernement libéral adopterait aussi une loi pour suspendre temporairement les permis des propriétaires d’armes à feu qui représentent un danger pour eux-mêmes ou pour leurs proches. M. Trudeau a toutefois promis de protéger les droits des chasseurs respectueux de la loi et il s’est engagé à ne pas rétablir le registre des armes d’épaule, qui avait été supprimé par le gouvernement conservateur précédent.

Ces promesses libérales ont été plutôt bien accueillies par l’organisme PolySeSouvient, «même si l’on aurait pu s’attendre à ce qu’un gouvernement majoritaire élu il y a quatre ans sur la base de “débarrasser nos rues des armes de poing et des armes d’assaut” ait déjà adopté une telle interdiction».

L’organisme regroupant les étudiants et diplômés de Polytechnique pour le contrôle des armes estime toutefois qu’«en ce qui concerne les armes de poing, l’intention de transférer la responsabilité pour des restrictions supplémentaires aux municipalités est décevante».

«Comme nous l’avons répété à plusieurs reprises, l’interdiction de ces armes dans seulement certaines municipalités serait non seulement inadéquate, compte tenu des risques, mais également inefficace.» L’organisme doute par ailleurs qu’il y ait «beaucoup d’appétit au niveau municipal pour confronter le lobby des armes alors que le gouvernement fédéral préfère clairement éviter cette avenue, du moins en ce qui a trait aux armes de poing».


Élections 2019

Contrôle des armes à feu: les deux armes de Bissonnette deviendraient interdites

Les libéraux interdiraient les armes d’assaut comme celle que transportait Alexandre Bissonnette avant d’entrer dans la Grande Mosquée de Québec, au soir du 29 janvier 2017. Le parti de Justin Trudeau promet aussi de légiférer pour permettre aux municipalités d’empêcher l’utilisation du pistolet avec lequel Bissonnette a fait six morts et six blessés graves.

«C’est sans aucun doute l’épisode le plus marquant de mon premier mandat», concède Joël Lightbound, qui était alors député fédéral de Louis-Hébert depuis à peine 15 mois. La tuerie s’est déroulée à Sainte-Foy, dans sa circonscription. Mais aussi la ville où il a grandi entouré d’amis de toutes origines ethniques.

«Dans ma vie professionnelle, j’étais au cœur de la tourmente, mais aussi dans ma vie personnelle, alors que les parents de certains amis fréquentent la Mosquée et étaient là, ce soir-là», poursuit M. Lightbound, qui sollicitera un deuxième mandat le 21 octobre.

Pour que «ça ne se reproduise jamais», le député dit militer depuis deux ans et demi pour la promesse livrée par le Parti libéral, vendredi. La carabine semi-automatique de style militaire VZ-58 que voulait utiliser Bissonnette s’est enrayée avant qu’il ne puisse s’en servir sur les fidèles musulmans. D’aucuns, dont M. Lightbound, sont d’avis qu’il «aurait fait encore plus de victimes avec ce genre d’arme».

Les libéraux annoncent donc que s’ils sont réélus, ils vont bannir ces «armes d’assaut faites et utilisées pour tuer des gens». «Des tragédies auraient pu être évitées», dit le député sortant.

L’assassin, qui purge une peine de prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 40 ans, a laissé tomber son arme longue de calibre .223 dans la neige. Pour s’en remettre à son pistolet Glock d’où, une fois à l’intérieur du bâtiment, sont sorties 48 balles en moins de deux minutes.

Dans cette promesse, les libéraux disent vouloir «collaborer avec les provinces et les territoires pour donner aux municipalités la capacité de restreindre ou d’interdire les armes de poing», car le contrôle de ces armes se retrouverait sous une compétence différente.

«Plein de groupes»

Pourquoi ne pas avoir agi avant, alors que le Parti libéral du Canada en parlait déjà dans sa plate-forme électorale de 2015? «Dans le contrôle des armes à feu, il y a plein de groupes. Et il est important de ne pas nuire aux chasseurs utilisant des armes d’épaule. D’ailleurs, il est important de préciser qu’on ne rouvre pas le registre des armes d’épaule», explique M. Lightbound.

Question de bien marquer l’écart de position avec ses adversaires conservateurs, le représentant libéral a rappelé que le député sortant et candidat conservateur dans la circonscription de Charlesbourg-Haute-Saint-Charles, Pierre Paul-Hus, est allé cet été tirer de la mitraillette AR-15 en compagnie d’une représentante de la Coalition canadienne pour le droit aux armes à feu, un groupe de pression proarmes. «Un grave manque de sensibilité», selon M. Lightbound. Ancien militaire, M. Paul-Hus était porte-parole de l’opposition en matière de sécurité publique.

Élections 2019

Subventions aux entreprises pétrolières: Scheer fait volte-face

SAINT-JEAN, N.-B. — À peine quelques heures après avoir déclaré qu'il ne toucherait pas aux subventions fédérales versées aux entreprises pétrolières et gazières, le chef conservateur Andrew Scheer a fait volte-face à ce sujet.

Ces aides financières pourraient faire l'objet d'un examen et passer sous le bistouri afin de réduire d'au moins 1,5 milliard $ la somme réservée aux subventions fédérales et aux programmes fiscaux des entreprises.

Plus tôt, il avait indiqué qu'il refuserait de le faire, soi-disant parce que le monde entier a besoin du pétrole et du gaz naturel canadien.

«Aussi longtemps qu'il existera une demande internationale pour le pétrole et le gaz naturel, le Canada devra être un fournisseur, a déclaré M. Scheer lors de son passage à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. Selon les prévisions, la consommation future du pétrole et du gaz naturel ne fera qu'augmenter. Il vaut mieux pour le monde et pour notre environnement que cette énergie soit fournie par le Canada.»

Mais en après-midi, il modifiait légèrement le cap.

Il a publié une déclaration dans laquelle il affirmait que les subventions aux entreprises du secteur des hydrocarbures seraient également évaluées.

«Un gouvernement conservateur va mener un examen de tous les programmes de subventions aux entreprises et éliminera ceux qui ne profitent pas aux Canadiens - y compris ceux existant dans le secteur pétrolier et gazier, a-t-il dit en reprenant des éléments du communiqué déjà publié mercredi. Nous allons mettre un terme aux subventions aux riches dirigeants d'entreprises, aux actionnaires et aux entreprises étrangères et mettre cet argent dans les poches des Canadiens.»

Les verts et les néo-démocrates se sont déjà engagés à éliminer toutes les subventions versées à l'industrie des combustibles fossiles.

Les précédents gouvernements conservateurs et libéraux ont promis d'éliminer les subventions inefficaces d'ici 2025 à la suite d'engagements contractés depuis 2009 au sein du G20 et du G7.

Selon le groupe Environmental Defence, les subventions fédérales et provinciales aux entreprises produisant des combustibles fossiles atteignent annuellement 3,3 milliards $. Les gouvernements versent 19 $ par tonne d'émissions de gaz à effet de serre aux entreprises produisant des hydrocarbures, sapant ainsi la lutte contre les changements climatiques. La part fédérale de ce total s'élève à près de 300 millions $, sans compter les quelque 10 milliards $ de prêts accordés par Exportation et développement Canada pour aider les entreprises canadiennes à financer la production de pétrole et de gaz naturel des autres pays.

L'International Institute for Sustainable Developement soutient que le Canada dépense plus par habitant en subventions pour les producteurs d'énergies fossiles que tout autre pays du G7.

Dans le volet environnemental de son programme, M. Scheer dit vouloir exporter davantage de pétrole et de gaz canadiens, car selon lui, la réglementation environnementale stricte du Canada fait en sorte que cette énergie est plus propre que celle produite à l'étranger.

Achat d'IRM et de TDM

M. Scheer s'est par ailleurs engagé, vendredi, à investir 1,5 milliard $ pour l'achat d'appareils d'imagerie par résonnance magnétique et de tomodensitométrie pour remplacer l'équipement vieillissant et réduire du même coup les temps d'attente pour les patients.

Il a cité un rapport du Confence Board du Canada selon lequel l'attente pour des examens diagnostiques est trop longue, ce qui coûterait des milliards de dollars à l'économie.

«Aujourd'hui, le Canada est à la traîne au chapitre des appareils d'imagerie médicale, a-t-il déploré. Nous n'avons pas assez d'équipements pour répondre à la demande croissante d'examens susceptibles de sauver des vies. Le temps d'attente pour les examens et les traitements importants sont trop longs.»

M. Scheer a aussi rappelé qu'en raison du vieillissement de la population, la demande pour ces tests ne fera qu'augmenter.

Il a dit qu'il avait écrit à chaque premier ministre provincial avant les élections pour leur promettre qu'un gouvernement conservateur ne réduirait pas les transferts fédéraux pour les soins de santé et l'éducation. Au contraire, il s'est engagé à les augmenter d'au moins 3 pour cent par année.

C'était le premier passage de M. Scheer dans les Maritimes depuis le début de la campagne. Les libéraux avaient raflé l'ensemble des circonscriptions dans cette région en 2015. Les conservateurs espèrent leur en soutirer une dizaine.

Élections 2019

Les électeurs se souviendront-ils des «blackfaces» de Trudeau le 21 octobre?

OTTAWA — La campagne libérale a pris un virage inattendu au jour 8, mercredi soir, lorsque des médias ont commencé à publier, après vérifications, des images de Justin Trudeau le visage grimé en brun ou en noir. Il est toutefois très difficile de prévoir ce qui restera de cette affaire dans l'esprit des électeurs le 21 octobre - dans un mois.

Il est encore bien tôt

Un mois, en politique, c'est long, comme le veut l'adage. Au début de la semaine, les médias parlaient essentiellement de ce que les libéraux et les conservateurs voulaient faire pour alléger le fardeau fiscal des familles. On parle maintenant de M. Trudeau qui doit s'excuser pour s'être peint le visage en brun ou en noir, plus d'une fois, dans un passé pas si lointain, alors que le premier ministre canadien était jusqu'ici généralement salué dans le monde entier comme le contrepoint progressiste de Donald Trump. (Le président américain n'a d'ailleurs pas manqué de «s'étonner», vendredi, des errances de son voisin.) Mais les électeurs ne sont peut-être pas au bout de leurs surprises.

Les coups de théâtre

D'autres photos ou vidéos de M. Trudeau en blackface pourraient bien surgir. Lorsque les journalistes lui ont demandé mercredi soir s'il l'avait déjà fait plus d'une fois, le chef libéral a dû admettre qu'il s'était grimé le visage en noir, au collège Brébeuf, pour chanter du Harry Belafonte lors d'un spectacle étudiant. Or, le lendemain matin, Global News publiait un nouveau blackface. Selon le chef libéral, il s'agissait d'une journée costumée, dans les années 1990, lorsqu'il était moniteur de rafting sur la rivière Rouge, au Québec. M. Trudeau a soutenu qu'il ne s'était souvenu de cette affaire qu'après sa publication, c'est pourquoi il n'exclut pas la possibilité qu'il y ait d'autres images semblables quelque part dans les archives.

Mea culpa, mea maxima culpa

Même s'il ne devait plus y avoir d'incidents de blackface, il est peu probable que le chef libéral arrête d'en parler - et de s'en excuser - pendant un moment. En plus des excuses publiques présentées au cours des derniers jours, M. Trudeau s'est également entretenu en privé avec des candidats, des leaders de communautés culturelles, son équipe de campagne et d'autres personnes qui auraient pu être blessées ou déçues de ses gestes passés. Le chef libéral a également indiqué vendredi qu'il aimerait s'entretenir avec le chef néo-démocrate. Jagmeet Singh, un sikh qui porte le turban, est le premier membre d'une minorité visible à la tête d'un grand parti politique fédéral canadien. «Je crois qu'il s'excusera à compter de maintenant et jusqu'au 21 octobre à chaque fois que la question sera soulevée - et peut-être encore au-delà», estime Jim Armour, qui a été membre du personnel politique conservateur et qui est maintenant vice-président de la firme Summa Strategies.

Élections 2019

Discours en 2005 sur le mariage gai : toujours pas d'excuses de Scheer

SAINT-JEAN, N.-B. — Au moment où son rival libéral multiplie les actes de contrition pour se faire pardonner les «blackfaces» de son passé, le chef conservateur refuse de s'excuser pour un discours passé que la communauté LGBTQ juge offensant.

Pour la deuxième journée consécutive, Andrew Scheer a préféré contourner la question lorsqu'on lui a demandé pourquoi il ne s'était toujours pas excusé pour un discours fait en chambre en 2005.

Dans ce discours, tenu pendant le débat sur le projet de loi autorisant le mariage des conjoints de même sexe, M. Scheer, alors simple député, âgé de 25 ans, a offert une série d'arguments. Parmi ceux-ci, il a déclaré que de demander combien de pattes auraient un chien si on comptait sa queue comme une patte ne fait pas de sa queue une patte. Il en a alors conclu que d'adopter le projet de loi serait comme forcer les Canadiens à appeler une queue une patte.

Vendredi matin, à son premier arrêt de campagne de la journée, M. Scheer n'a pas offert d'excuses. Il s'en est tenu à dire qu'il avait déjà réagi à cette affaire.

Il y a un mois, les libéraux ont déterré la vidéo du discours aux Communes de M. Scheer pour l'embarrasser. Vendredi matin, le chef conservateur disait que le sujet du jour était plutôt les excuses de Justin Trudeau.

Par ailleurs, M. Scheer a promis de dépenser 1,5 milliard $ dans un premier mandat conservateur pour mieux équiper les hôpitaux des provinces en appareils d'imagerie par résonnance magnétique (IRM) et d'appareils de tomodensitométrie (TDM).

Élections 2019

Scheer s’engage à ne pas couper l’aide financière promise aux médias

S’il est porté au pouvoir, le chef du Parti conservateur du Canada Andrew Scheer s’engage à ne pas couper l’aide financière de 595 millions $ sur cinq ans promise aux médias lors du dernier budget fédéral.

Dans une entrevue exclusive accordée à La Tribune lors de son passage à Sherbrooke, jeudi, le chef conservateur a expliqué qu’un gouvernement conservateur créerait une régie pour attribuer les montants aux créateurs de contenu journalistique selon des critères déterminés par cette entité indépendante.

« Nous n’allons pas tirer le tapis de ce montant annoncé, mais nous allons changer le système pour attribuer l’argent. Nous voulons assurer l’indépendance des médias en nous assurant que le gouvernement ne puisse pas s’ingérer et que les Canadiens savent qu’il n’y a aucune possibilité d’ingérence (...) J’ai des inquiétudes avec le plan libéral. C’est le gouvernement qui conservait le pouvoir de décider à qui serait versé l’argent. Nous voulons créer une régie qui fonctionne sans l’intervention du gouvernement » , mentionne Andrew Scheer.

Ce dernier explique que cette régie imposera un partage des revenus des GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple).

« Nous allons imposer un partage des revenus avec les journalistes (...) Nous connaissons l’impact de la crise que traversent les médias. Mon père a travaillé pour le quotidien Ottawa Citizen. Je crois aux médias. Ils jouent un rôle très important dans notre démocratie », affirme M. Scheer.

Le chef du Parti conservateur du Canada a terminé sa neuvième journée de campagne électorale au cœur de Sherbrooke.

Avec comme décor le lac des Nations et le mont Orford, Andrew Scheer est arrivé sur la terrasse du grand Hôtel Times par la passerelle des Draveurs en compagnie de son épouse Jill et du candidat de la circonscription de Sherbrooke, Dany Sévigny. 

Le lieutenant québécois et candidat dans Richmond-Arthabaska Alain Rayes ainsi que les candidats conservateurs régionaux Jessy McNeil dans Compton-Stanstead, Bruno Côté dans Brome-Missisquoi et Nathalie Clermont dans Shefford ont accueilli le chef conservateur.

« Notre plan est simple, plus pour vous dès maintenant. Nos idées vont rendre la vie plus abordable pour les Canadiens. Nous allons éliminer la TPS sur les factures d’Hydro, nous allons abaisser les impôts personnels. Nous sommes le seul parti avec un plan sur l’environnement. Nous allons mettre fin aux déversements d’eaux usées dans nos fleuves et nos rivières », a lancé Andrew Scheer aux militants qui l’attendaient à Sherbrooke. 

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«Blackface»: La campagne des libéraux chamboulée

WINNIPEG — Plutôt que d’entreprendre sa journée avec une nouvelle promesse électorale du Parti libéral, le chef Justin Trudeau a passé le neuvième jour de la campagne à enchaîner les conversations difficiles avec ses candidats, des leaders communautaires et ses trois enfants à propos de toutes les fois où il s’est maquillé la peau de brun ou de noir.

À la suite du point de presse de fin de soirée, mercredi, organisé en catastrophe pour livrer ses excuses à bord de son avion de campagne, Justin Trudeau et son équipe se sont réfugiés dans un hôtel de Winnipeg, à l’écart des journalistes.

Le scandale a ébranlé la campagne libérale en fin de journée mercredi, au moment de la publication d’une photographie de 2001 montrant M. Trudeau costumé à la manière d’Aladdin avec la peau du visage et des mains maquillée dans un ton foncé.

Contrairement à la routine quotidienne, l’organisation de la campagne n’a pas publié, mercredi soir, l’horaire du chef pour la journée de jeudi. Le personnel paraissait épuisé et tout le monde évitait de répondre aux questions sur le programme de jeudi.

Tout ce qui était prévu à l’horaire est passé à la trappe.

Jeudi matin, toujours aucune nouvelle du plan de match de Justin Trudeau. Les journalistes se sont réveillés les yeux cernés en prenant connaissance d’une vidéo obtenue par Global News, remontant aux années 1990, montrant un troisième incident impliquant le chef libéral avec la peau maquillée.

Du côté de l’organisation libérale, le silence planait toujours à propos du programme d’activités à Winnipeg.

Les quelques rares employés de la campagne ayant dormi au même hôtel que les journalistes se sont consultés discrètement dans le restaurant de l’établissement, discutant à voix basse. Lorsqu’ils ont été interrogés par les médias, ils ont affiché leur plus beau sourire en affirmant que tout allait bien.

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«Blackface»: retentissement mondial

TORONTO — La controverse entourant le visage barbouillé de noir de Justin Trudeau a franchi les frontières canadiennes.

Des médias internationaux réputés ont consacré temps et espace aux excuses présentées par le chef libéral. Ils ont aussi remis en cause sa réputation mondiale de défenseur des valeurs progressistes.

Des journaux, des sites Internet et des chaînes de télévision américaines, britanniques, australiennes et d’ailleurs ont réagi vivement à la publication d’une photo datant de 2001 qui menace de chambouler la campagne électorale libérale.

«M. Trudeau est depuis longtemps considéré comme un flamboyant porte-parole pour les progressistes assiégés du monde. Il a tenu tête au président Donald Trump. Il a soutenu les droits de la personne et les droits des Autochtones. Il a accueilli les immigrants. Il lutte contre les changements climatiques et le racisme», écrit le New York Time. «Cette image soigneusement étudiée a subi un coup terrible.»

Le ton était semblable dans plusieurs autres médias qui ont mis en parallèle l’aveu de M. Trudeau d’avoir manqué de jugement, ses excuses, son attachement aux valeurs progressistes et la nomination d’un conseil des ministres paritaire lors de son ascension au pouvoir en 2015.

On pouvait lire ou entendre des récits semblables dans d’autres grands médias internationaux comme l’Associated Press, The Guardian, la BBC, le Sidney Morning Herald et Al Jazeera.

Ailleurs, la couverture était plus partisane.

Ainsi, Fox News a consacré beaucoup de temps d’antenne à la controverse lors de son émission du matin Fox and Friends.

Un comité de commentateurs s’est aussi penché sur l’affaire Trudeau sur les ondes de CNN. S’ils ont condamné sa conduite antérieure, ils ont vanté les excuses présentées par le premier ministre, le comparant avantageusement à l’effronterie habituelle de Donald Trump.

«Wow! Un chef politique qui s’excuse. Cela peut sembler étrange, n’est-ce pas? Parce que nous, nous en avons un qui ne le fait jamais.»

D’autres médias ont tenté d’analyser les répercussions de la controverse sur la campagne électorale canadienne.

Par exemple, le site Politico a tenté de replacer la conduite de M. Trudeau dans un contexte national, et a conclu que les photos diffusées pouvaient nuire à la réélection des libéraux.

«Un grand nombre de Canadiens jugent ces incidents tout aussi scandaleux que le feraient leurs voisins américains, lit-on dans l’article. Ils font valoir que les différences historiques ne sont pas une excuse, car les blackfaces occupent une place tout aussi contestable — bien que moins connue — dans l’histoire du Canada.»

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«Blackface»: douleur et colère chez les Premières Nations

La campagne des libéraux chamboulée

Élections 2019

«Blackface»: douleur et colère chez les Premières Nations

VANCOUVER — Des candidats autochtones aux élections fédérales et des leaders de communautés des Premières Nations ont exprimé leur étonnement, leur douleur et leur frustration, jeudi, devant les blackfaces de Justin Trudeau.

Plusieurs candidats étaient présents à l’assemblée générale annuelle de l’Assemblée des Premières Nations de la Colombie-Britannique, à Vancouver.

Joan Phillip, candidate néo-démocrate autochtone dans cette province, trouve «tout à fait inacceptable» que M. Trudeau, alors âgé de 29 ans, se soit peint le visage en brun, en 2001. «Ses excuses sont creuses, a-t-elle soutenu. Il y a deux éléments dans des excuses : les regrets proprement dits, puis le geste qu’on pose par la suite» pour s’amender. «S’il avait une once d’intégrité, il démissionnerait, tout simplement», a estimé la candidate dans Central Okanagan-Similkameen-Nicola.

Plusieurs candidats autochtones croisés à Vancouver ont aussi déclaré qu’ils avaient été blessés par ces images controversées, en particulier parce que M. Trudeau avait suscité beaucoup d’espoir au sein des Premières Nations en 2015 en leur promettant une relation nouvelle.

«Nous ne pouvons pas nous défaire de la couleur de notre peau : c’est ce que nous sommes», a déclaré Lydia Hwitsum, candidate du Parti vert dans Cowichan-Malahat-Langford, sur l’île de Vancouver. «Quand vous pensez à la façon dont nous, peuples autochtones, luttons contre la discrimination et contre tous les torts et les blessures causés par la couleur de notre peau [...] c’est frustrant de voir un chef qui ne peut pas donner le genre d’exemple que ce pays mérite.»

Bob Chamberlin, candidat néo-démocrate dans Nanaimo-Ladysmith, estime de son côté que les photos publiées depuis mercredi montrent que le racisme est «bien vivant» au Canada.

Terry Teegee, chef régional de l’Assemblée des Premières Nations pour la Colombie-Britannique, s’est dit «déçu et dégoûté» à l’instar de nombreux Autochtones.

May en a eu la nausée

La chef du Parti vert, Elizabeth May, et les candidates indépendantes Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott, ex-libérales, assistaient également à la conférence de Vancouver. Les trois femmes ont condamné les photographies de blackface.

Mme May, qui soutient en avoir ressenti physiquement de la nausée, estime que M. Trudeau ne comprend pas que les colonisateurs canadiens jouissent de privilèges. S’il veut se solidariser avec les peuples autochtones, selon elle, il doit «s’élever».

«J’en ai assez. Et je pense à l’impact pour chaque enfant de ce pays, qu’il soit autochtone ou de couleur, et quel impact cela a sur eux personnellement. Cela fait du tort. C’est raciste», a-t-elle soutenu.

Jane Philpott, ex-ministre libérale et candidate indépendante pour sa réélection dans Markham-Stouffville en Ontario, était devenue plus tôt jeudi très émotive en prononçant un discours exhortant le gouvernement fédéral à financer un centre de santé pour les personnes souffrant d’intoxication au mercure dans la Première Nation de Grassy Narrows, dans le nord de l’Ontario.

«J’estime que nous devons nous attendre aux plus hauts standards d’intégrité de nos dirigeants et cela signifie que rien ne doit nous être dissimulé — certainement pas pendant une longue période», a-t-elle déclaré. «Je pense que nous devons demander des comptes à nos représentants. Et dans le cas des chefs de parti, je pense que les autres représentants de ce parti devraient demander des comptes à leur chef.»

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Élections 2019

«Maxime Bernier va faire des siennes», déclare le président de l'UPA

«Je pense qu’il y a comme une vendetta de M. Bernier. C’est sûr qu’il en veut énormément à l’UPA et aux producteurs agricoles du Québec, qui lui ont fait perdre sa course au leadership. C’est sûr que Maxime va faire des siennes, mais on va voir.»

Marcel Groleau est président général de l’Union des producteurs agricoles (UPA) du Québec depuis 2011. Il a travaillé avec et contre le député fédéral de la circonscription de Beauce. En 2017, l’UPA et ses membres ont fait pencher la balance dans la course à la chefferie du Parti conservateur du Canada en achetant des cartes de membres pour voter contre lui.

Son opposition catégorique au système de gestion de l’offre de production du lait, de la volaille et des œufs lui avait mis les agriculteurs québécois à dos.

«Pas très crédible»

«M. Bernier essaie d’avoir une couleur différente, mais là-dessus [la gestion de l’offre], il n’est pas très crédible, estime M. Groleau. Quand il était avec les conservateurs, on négociait le Partenariat transpacifique. Avant 2015, il était même adjoint du ministre Ed Fast, responsable du commerce international.

«On était ensemble à Atlanta et M. Bernier défendait bec et ongles la gestion de l’offre devant les producteurs agricoles. On était ensemble sur les mêmes tribunes en Beauce, à Sainte-Marie entre autres, où il défendait son gouvernement et la gestion de l’offre. Là, tout à coup, il a voulu se distinguer dans sa campagne au leadership pour aller chercher des votes dans l’Ouest et être un conservateur plus pur que pur. Essentiellement, il a perdu la course au leadership du Parti conservateur à cause de cette question-là qui a fait réagir les producteurs agricoles du Québec», constate M. Groleau.

Ce revers a poussé M. Bernier à quitter le Parti conservateur, en 2018, puis former son propre Parti populaire du Canada. Qui s’affiche haut et fort contre le «cartel» de la gestion de l’offre.

«Tous les autres partis sans exception ne remettent pas en question la gestion de l’offre, poursuit le producteur laitier de Thetford Mines. La démonstration est faite que sans gestion de l’offre, ça coûterait beaucoup plus cher au gouvernement canadien pour soutenir l’agriculture. Il n’y a pas de miracle!

«Pour avoir un revenu qui permet de maintenir la production, dans les autres pays, on subventionne la production laitière. Ici, au lieu de subventionner, on réglemente pour assurer un revenu décent. La démonstration est faite que c’est moins coûteux pour le gouvernement et pas beaucoup plus pour les consommateurs», indique le président général de l’UPA, ajoutant que la gestion de l’offre évite de plus les conséquences environnementales qu’aurait autrement le long transport des produits d’une province à l’autre.

La Capitale

Le maire de Lévis présente sa liste d’épicerie

Appui au troisième lien, pérennité du pont de Québec, facilitation de l’immigration. Le maire de Lévis a fait connaître les engagements qu’il souhaite obtenir des partis politiques à l’élection fédérale du 21 octobre.

Gilles Lehouillier a détaillé jeudi les six principaux items de sa liste d’épicerie. Des demandes qui s’adressent autant aux candidats des circonscriptions de Lévis–Lotbinière et de Bellechasse–Les Etchemins–Lévis qu’aux chefs des partis. Pour le maire, les dossiers d’infrastructures et d’emploi sont au cœur des requêtes.

M. Lehouillier souhaite que tous les partis s’engagent à acquérir le pont de Québec et obligent le CN à payer une partie du coût de la peinture. «Pour nous, c’est le scénario idéal. On espère plus que seulement se cacher derrière un médiateur», a-t-il lancé, concernant la nomination par les libéraux avant l’élection d’un médiateur pour négocier avec le CN.

Le maire réclame aussi des fédéraux de se compromettre dans le dossier du troisième lien, qu’il appelle maintenant le projet de tunnel Québec-Lévis. «Jusqu’à présent, nous savons que le Parti conservateur a acheminé à François Legault une lettre disant qu’après l’élection de leur gouvernement, il y aurait une participation financière.» Il attend la même confirmation des autres partis, dont les libéraux qui, selon lui, sont encore à «raffiner leur position».

Élections 2019

Champagne doute que les Canadiens tiennent rigueur au chef du PLC

Shawinigan — Les Canadiens ne tiendront pas rigueur à Justin Trudeau parce qu’il a décidé de se déguiser en génie noir dans un contexte bien particulier en 2001, prédit François-Philippe Champagne, député sortant de Saint-Maurice - Champlain et ministre de l’Infrastructure et des Collectivités.

Les libéraux se sont empêtrés dans cette controverse depuis mercredi soir, à la suite de la diffusion d’une photo diffusée par le magazine Time. Un cliché qui a fait le tour du monde montre le visage du premier ministre maquillé en noir avec un turban, dans le cadre d’une soirée costumée. Mercredi soir, M. Trudeau s’est excusé de cet écart, reconnaissant qu’il pouvait être interprété comme un geste raciste. Le réseau Global a diffusé une vidéo sur un comportement semblable jeudi, enregistrée à une date inconnue.

Élections 2019

«Blackface»: «J'aurais dû mieux savoir», déclare Justin Trudeau

OTTAWA — Justin Trudeau dit que c’est sa vie passée de «privilégié» qui l’a empêché de voir à quel point arborer un «blackface» était offensant. Le chef libéral affirme aussi que ses contacts avec la communauté multiethnique de son comté de Papineau ont influencé son éducation depuis sa jeunesse dorée.

«Je n’en ai jamais parlé publiquement parce que je suis profondément gêné de ce comportement. Ça ne représente pas la personne que je suis, la personne et le politicien que je suis devenu. J’aurais dû mieux savoir», a déclaré un Justin Trudeau contrit, debout dans un square à Winnipeg, jeudi après-midi.

Trois épisodes passés d’images embarrassantes ont surgi depuis mercredi. Le magazine américain Time a d’abord publié une photo d’un album d’une école de Vancouver où Justin Trudeau a travaillé comme enseignant.

On y voit M. Trudeau le visage couvert de maquillage qualifié de brownface par Time.

Très vite, mercredi soir, le chef libéral s’est excusé pour cet épisode où, en 2001, il s’était déguisé pour une soirée costumée au thème des «Mille et une nuits».

Il a alors admis qu’il y avait eu un autre moment où il s’était peint le visage en noir. C’était au Collège Brébeuf, lors d’un spectacle, le temps de chanter un succès de Harry Belafonte.

Puis, jeudi matin, une courte vidéo a été diffusée par le réseau de télévision Global qui l’avait obtenue du Parti conservateur. Sur la vidéo qui n’offre que des images, pas de son, on voit un jeune Trudeau qui lève les bras et ouvre la bouche.

À Winnipeg, M. Trudeau a révélé que cette autre occasion où il a cru bon se peindre le visage et les bras en noir remonte au début des années 1990 alors qu’il était guide de rivière.

Pendant plus de 30 minutes, M. Trudeau a répondu aux questions des journalistes sur cette affaire embarrassante qui s’est retrouvée à la une de plusieurs médias dans le monde.

Il a repris un journaliste qui lui parlait de «maquillage», affirmant qu’il fallait nommer les choses telles qu’elles sont et que ce qu’il a fait était arborer un blackface, geste inexcusable pour lequel il a demandé pardon.

«Je dois reconnaître que j’étais aveugle moi-même à la douleur que j’ai pu causer à ce moment-là et que je cause maintenant à des gens qui comptent sur moi pour les défendre», a également admis M. Trudeau, qui assure qu’il ne se souvient pas de tous les épisodes où il a pu se peindre le visage en noir et ne peut donc pas assurer que tous ses squelettes sont sortis du placard.

À l’origine, le blackface était une façon de dénigrer les Noirs américains sur scène. Ces dernières années, tout déguisement semblable est devenu associé à du racisme.

La Capitale

Site d’injection supervisée: les conservateurs «attendent la suite» avant de se prononcer

Alors que libéraux et bloquistes se prononcent en faveur d’un site d’injection supervisée de drogues près du parc Victoria, la candidate du Parti conservateur dans la circonscription de Québec préfère plutôt «attendre la suite» avant de se prononcer.

En début d’été, le directeur général de l’organisme Point de repères, qui pilote le dossier, disait craindre l’élection d’un gouvernement conservateur au fédéral, cet automne. Mario Gagnon voyait dans la venue d’Andrew Scheer au poste de premier ministre un danger pour la réalisation du projet.

«On n’est pas rendu là. Le projet est toujours en développement, à ce que je comprends, alors je veux attendre la suite», a commenté la candidate conservatrice Bianca Boutin au Soleil, mercredi.

«Je vais écouter la communauté et attendre qu’on me présente le projet. Je veux avoir une bonne idée du projet, rencontrer l’organisme, visiter les lieux, entendre ce que la communauté a à dire. Je veux voir les consultations s’il y en a eu et y assister, s’il y en a [d’autres]. Moi, je n’ai pas pu entendre tout ça. Je vais suivre le dossier de près avant de me prononcer», indique Mme Boutin.

Si la création d’un site d’injection supervisée relève en majeure partie du gouvernement du Québec, l’organisme responsable doit obtenir un permis de Santé Canada pour aller de l’avant. Le gouvernement fédéral n’est donc pas dénué de pouvoir, avec la possibilité de compliquer ou de simplifier la réglementation administrative, selon l’orientation politique.

«J’ai parlé avec Mario [Gagnon] au cours des dernières semaines, j’ai donc une sensibilité pour cette préoccupation, assure Mme Boutin. [Le site d’injection supervisée] est un outil disponible et chaque communauté a des projets différents. C’est sûr que je vais suivre le dossier de près.»

La candidate conservatrice souhaite «écouter de la communauté». Mais celle qui avance avoir «cogné à 15 000 portes» dans son comté au cours des derniers mois n’a pas identifié une quelconque inquiétude à ce sujet chez les électeurs.

«On ne m’en a jamais parlé jusqu’à présent. Je ne dis pas que ça n’arrivera pas d’ici la fin de la campagne, mais à ce jour, le sujet n’a pas été soulevé.»

Duclos appuie le projet

Le député sortant et candidat libéral dans la circonscription de Québec, Jean-Yves Duclos, a pour sa part transmis une déclaration par courriel, où il réitère son appui à ce genre de projet.

«Les sites d’injection supervisée sauvent des vies et accroissent la sécurité publique. La crise des opioïdes a fait 10 000 morts aux pays dans les trois dernières années. Nous avons le devoir d’agir, affirme M. Duclos.

«Avant de procéder à l’ouverture d’un site d’injection supervisée, un processus rigoureux est mené en partenariat avec la communauté, la ville, le gouvernement du Québec et le gouvernement canadien. Partout au Canada, depuis leur ouverture, les sites d’injection supervisée ont permis de sauver des milliers de vies.

«Contrairement aux conservateurs, les libéraux continueront à soutenir une approche humaniste en appui à la santé et à la sécurité publique», dit celui qui était ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social dans le gouvernement de Justin Trudeau.

Indexation

Quant au Bloc québécois, la candidate Christiane Gagnon a été députée de cette circonscription durant 18 ans. Elle a «toujours appuyé cette initiative». «Il s’agit d’une aide aux citoyens qui ont besoin d’accompagnement, si ça peut leur permettre de laisser les drogues.»

Mme Gagnon insiste que «si le gouvernement provincial interpelle le fédéral, ce n’est pas pour qu’il investisse dans un programme. L’argent doit revenir au Québec sans condition pour que le Québec puisse intervenir comme il l’entend».

Dans la foulée, elle rappelle qu’«autant les libéraux que les conservateurs ont coupé l’indexation [annuelle] des transferts en santé aux provinces de 6 % à 3 %. Un centre [d’injection supervisée] comme celui-là va demander l’aide du gouvernement du Québec et le Bloc va réclamer que l’indexation des transferts en santé revienne à 6 %, au lieu de donner seulement 3 %, qui est beaucoup moins que l’augmentation des dépenses en santé», conclut Mme Gagnon.

Élections 2019

Maquillage «brun»: Trudeau s'excuse

OTTAWA — Le chef libéral Justin Trudeau s’est excusé pour une photo dans un album de fin d’année le montrant avec le visage couvert d’un maquillage «brun» lors d’une soirée costumée en 2001.

Dans un point de presse organisé d’urgence en Nouvelle-Écosse, mercredi soir, M. Trudeau a parlé d’une erreur à l’époque, et a dit qu’il aurait dû agir autrement.

Le magazine Time a dévoilé la photo qui, selon le média, a été publiée dans l’album de la West Point Grey Academy, une école privée de Vancouver, où Justin Trudeau a travaillé comme enseignant avant de se lancer en politique.

«J’aurais dû savoir, même à cet âge-là, que je n’aurais pas dû faire ça, mais je l’ai fait et je m’en excuse profondément», a dit M. Trudeau.

L’article parle d’un événement de gala sur le thème des «Mille et une nuits». La photo montre M. Trudeau vêtu d’un turban et d’une robe, avec un maquillage sombre sur les mains, le visage et le cou.

Le porte-parole libéral Cameron Ahmad avait confirmé, dans un courriel, qu’il s’agissait bien de Justin Trudeau sur la photo.

«C’est une photo qui a été prise en 2001, alors qu’il enseignait à Vancouver, lors d’un souper annuel costumé qui avait pour thème «Les Mille et une Nuits», a expliqué M. Ahmad dans son message.

«Il a assisté à l’événement, avec des amis et des collègues, habillé en personnage d’Aladdin.»

Politique

Le NPD promet d’étendre la gratuité des soins de santé à la facture du dentiste

SUDBURY - Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) a choisi le décor d’une clinique dentaire de Sudbury, au huitième jour de la campagne électorale, pour rappeler la promesse de son parti de couvrir les frais dentaires grâce à une assurance mise en place par un gouvernement fédéral néo-démocrate.

Si les soins de santé sont de compétence provinciale, une loi fédérale, la Loi canadienne sur la santé, définit les paramètres de ce que les provinces sont tenues d’offrir à leurs citoyens. C’est cette loi qui impose la gratuité de soins de santé.

Un gouvernement néo-démocrate étendrait cette gratuité aux soins dentaires pour tous, éventuellement.

Dans un premier temps, Jagmeet Singh propose le remboursement des frais dentaires aux citoyens qui n’ont pas d’assurance dentaire et qui ont un revenu inférieur à 70 000 $. Les Canadiens qui gagnent entre 70 000 $ et 90 000 $ verraient une partie de leurs soins dentaires remboursée.

«On a un plan, le premier pas pour s’assurer qu’on (aura) un plan d’assurance dentaire universel», a déclaré M. Singh, mercredi.

Le NPD a calculé, avec l’aide du Directeur parlementaire du budget (DPB), qu’un programme national d’assurance dentaire coûterait 860 millions $ par année aux coffres fédéraux.

Invité à dire d’où viendrait tout cet argent, celui de cette promesse-ci et des autres, M. Singh a servi sa réponse habituelle. «On a le courage de dire non aux entreprises qui sont les plus riches et de dire oui aux gens», a-t-il offert. Il n’a pas voulu détailler les projets du NPD pour un éventuel retour à l’équilibre budgétaire.

Politique

Le Bloc veut interdire les pesticides tueurs d’abeilles d’ici quatre ans

SAINT-MATHIEU-DE-BELOEIL - Le Bloc québécois estime que l’époque des tergiversations et des demi-mesures en matière de pesticides tueurs d’abeilles est terminée et que le temps est venu de passer à une interdiction complète, mais progressive.

De passage dans une ferme biologique de la Montérégie, mercredi, le chef bloquiste Yves-François Blanchet a fait part de son intention de présenter dès le retour en chambre un plan de retrait d’ici quatre ans des pesticides néonicotinoïdes assorti d’un fonds de 300 millions $ pour la recherche et la transition pour les producteurs agricoles.

Lui-même ministre de l’Environnement dans le bref gouvernement péquiste de Pauline Marois, Yves-François Blanchet avait entrepris une démarche de retrait pour se heurter aux lobbys des producteurs agricoles et, surtout, des fabricants de pesticides.

Il fait valoir qu’il a été démontré que les néonicotinoïdes sont à l’origine d’une décimation des colonies d’abeilles.

De plus, le ministère québécois de l’Environnement a détecté entre 2015 et 2017 des traces de ce pesticide au-delà des critères de la qualité requise pour la protection des espèces aquatiques dans 79 à 100 pour cent des échantillons d’eau. L’Institut national de la recherche scientifique (INRS) a par ailleurs conclu qu’il a des effets négatifs sur le système endocrinien des humains.

Il dénonce le fait que, malgré les recherches scientifiques menées durant sept ans par Ottawa qui ont démontré les effets dévastateurs des néonicotinoïdes sur les insectes pollinisateurs et les invertébrés aquatiques, Santé Canada se soit contenté de simplement en restreindre l’usage à certaines étapes de la floraison.

Selon le Bloc, le délai de quatre ans permettra aux agriculteurs de s’adapter pendant que la recherche sur des produits moins nocifs sera menée à terme.

Politique

Justin Trudeau évasif face aux demandes électorales de François Legault

FREDERICTON - Questionné sur les demandes électorales du premier ministre François Legault, Justin Trudeau est resté évasif mercredi, se contentant de souligner le caractère «profondément collaboratif» de son approche envers les provinces.

François Legault avait formulé la veille quatre demandes à l’intention des chefs des partis fédéraux, leur enjoignant notamment d’étendre les pouvoirs du Québec en matière d’immigration et d’autoriser l’assujettissement des entreprises sous compétence fédérale à la loi 101.

Le gouvernement caquiste souhaite également que les chefs de parti s’engagent à ne pas s’impliquer dans une contestation de la Loi sur la laïcité de l’État et à instaurer une déclaration de revenus unique pour les Québécois.

Or, Justin Trudeau s’est déjà montré réfractaire à l’ensemble de ces demandes par le passé. Il a affirmé en début de campagne qu’il ne porterait pas la loi 21 devant les tribunaux «pour l’instant», mais il n’a jamais caché son désaccord face à cette interdiction du port de signes religieux à certains employés de l’État lorsqu’ils sont dans l’exercice de leurs fonctions, notamment les policiers, les procureurs de la Couronne et les gardiens de prison, ainsi que les enseignants des écoles publiques du primaire et du secondaire.

«Nous prenons toujours très au sérieux les demandes de tout premier ministre provincial, y compris de M. Legault. On va travailler avec lui pour trouver des façons d’aider les Québécois, d’aider les Canadiens de façon responsable», a déclaré le chef libéral mercredi.

«Nous essaierons de collaborer avec les premiers ministres partout où nous le pouvons, mais nous continuerons à nous tenir debout pour ce qui est juste et ce dont les Canadiens ont besoin», a-t-il ajouté en anglais.

Des engagements pour les aînés

Justin Trudeau était de passage à Fredericton, au Nouveau-Brunswick, pour promettre une bonification des prestations aux aînés et aux personnes dont le conjoint est décédé.

Il a annoncé qu’un gouvernement libéral réélu augmenterait les prestations de sécurité de la vieillesse de 10 pour cent après l’âge de 75 ans et hausserait de 25 pour cent la prestation de survivant du Régime de pension du Canada et du Régime de rentes du Québec.

«On a démontré au cours des quatre dernières années qu’en investissant dans les gens, dans les familles, dans la classe moyenne, dans nos communautés, on a créé de la croissance. On a créé des emplois. Et on a sorti des gens de la pauvreté», a-t-il affirmé, en précisant que le directeur parlementaire du budget dévoilerait sous peu son évaluation des coûts associés au programme électoral libéral.

M. Trudeau a fait cette annonce dans un club de boulingrin de Fredericton, une circonscription que les libéraux ont remportée en 2015 dans leur balayage des provinces de l’Atlantique.

Alors que les libéraux - et les autres partis - ont ciblé les jeunes familles au début de la campagne, les électeurs âgés de plus de 65 ans sont souvent ceux qui se présentent de manière constante aux urnes.

M. Trudeau a indiqué qu’il savait que plusieurs aînés avaient encore du mal à payer leurs factures en vieillissant, et que l’augmentation de la sécurité de la vieillesse mettra 729 $ de plus dans les poches des aînés chaque année, tandis que les prestations de survivant augmenteront de 2080 $.

Il a également été questionné sur le projet d’oléoduc Énergie Est - une menace qui plane toujours sur le Québec, selon le chef bloquiste Yves-François Blanchet.

«La compagnie a retiré le projet pour des raisons de marché, pour des raisons de prix, pour des raisons du contexte économique global, donc nous n’avons pas à nous prononcer sur ce projet-là. Mais nous allons nous assurer que quelque projet que ce soit passe par des étapes rigoureuses dans l’évaluation pour démontrer qu’on respecte les préoccupations des Canadiens.»

M. Trudeau passera la majeure partie de la journée de mercredi au Nouveau-Brunswick, avant de se rendre en Nouvelle-Écosse pour un événement de campagne en soirée.

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Le Bloc deuxième au Québec dans les intentions de vote, selon un sondage Léger

OTTAWA - Les résultats d’un nouveau sondage laissent croire que la première semaine de campagne a eu peu d’effet sur les intentions de vote en vue du scrutin fédéral du 21 octobre.

Les personnes ayant répondu au sondage mené du 13 au 17 septembre par Léger pour La Presse canadienne ont placé les libéraux et les conservateurs pratiquement à égalité.

Les appuis au Parti libéral du Canada demeurent inchangés à 34 pour cent, mais le Parti conservateur du Canada perd deux points pour se retrouver à 33 pour cent.

Le Nouveau Parti démocratique et le Parti vert du Canada luttent toujours vigoureusement pour l’obtention de la troisième place, à bonne distance des meneurs.

Le NPD obtient 12 pour cent des intentions de vote contre 11 pour cent pour les verts. Ces chiffres sont les mêmes que ceux obtenus lors d’un autre coup de sonde mené par Léger tout juste avant le déclenchement de la campagne, mercredi dernier.

En queue de peloton, le nouveau Parti populaire du Canada (PPC) de Maxime Bernier récolte quatre pour cent des intentions de vote.

Toutefois, les nouvelles données révèlent plusieurs légères inflexions qui, une fois accumulées, offrent une pointe favorable aux libéraux. Parmi ces signaux, on note une légère diminution dans l’intérêt des électeurs pour un changement de gouvernement.

À la question «Qui ferait le meilleur premier ministre?», le chef libéral Justin Trudeau gagne deux points pour atteindre 27 pour cent d’appuis, alors que le chef conservateur accuse un recul d’un point, à 22 pour cent d’appuis. La cheffe du Parti vert, Elizabeth May, obtient huit pour cent des appuis, presque à égalité avec le chef du NPD, Jagmeet Singh, à sept pour cent. Maxime Bernier récolte de son côté, trois pour cent.

L’appétit pour le changement a légèrement diminué, avec 54% des personnes interrogées qui souhaitent changer de gouvernement, un résultat en baisse de trois points par rapport au dernier sondage Léger. Trente pour cent des gens ont déclaré vouloir maintenir le gouvernement libéral en place, en hausse de deux points.

Le vice-président exécutif de Léger, Christian Bourque, a déclaré que les résultats étaient typiques d’un sondage de début de campagne, alors que les électeurs font preuve de prudence .

«Très souvent, l’aiguille ne bouge pas au début de la campagne», a-t-il déclaré lors d’une interview.

Il a toutefois ajouté que les conservateurs devront prendre de la vitesse s’ils veulent empêcher les libéraux de se faire réélire.

«Personne ne semble avoir trouvé d’élan, ce qui n’est pas une mauvaise nouvelle pour les libéraux, mais c’est une mauvaise nouvelle pour les conservateurs qui ont encore beaucoup à faire.»

Dans les résultats par provinces, qui sont un peu moins fiables en raison de la taille réduite des échantillons, les libéraux mènent dans les deux plus grandes provinces, qui représentent près de 60% des 338 sièges à pourvoir le 21 octobre.

Le Bloc deuxième au Québec

Chez les électeurs québécois, les libéraux sont fortement en avance à 36 pour cent d’appuis, devant le Bloc québécois à 22 pour cent et les conservateurs à 21 pour cent.

Dix pour cent des électeurs québécois sondés disent soutenir le Parti vert, contre sept pour cent pour le NPD et trois pour cent pour le PPC.

À la question «Qui ferait le meilleur premier ministre?», les Québécois préfèrent Justin Trudeau dans une proportion de 28 pour cent, comparativement à 18 pour cent pour Andrew Scheer. Jagmeet Singh et Elizabeth May obtiennent chacun cinq pour cent d’appuis.

Élections 2019

Sondage Mainstreet: les conservateurs bien en selle dans Portneuf–Jacques-Cartier

S’il y a un endroit hors de la Beauce où le Parti populaire de Maxime Bernier pourrait avoir une chance de percer, on se dit d’emblée que ce doit être Portneuf–Jacques-Cartier, qui a déjà envoyé un outsider de droite à la Chambre des communes en André Arthur, il n’y a pas si longtemps. Mais la circonscription ne semble pas prête à tourner le dos au Parti conservateur, qui y jouit d’une large avance — très loin devant le Parti populaire, qui n’y recueille que 4 % d’appuis.

C’est du moins ce qui se dégage d’un sondage Mainstreet mené pour le compte de Groupe Capitales Médias le 13 septembre dernier. Le député sortant, le conservateur Joël Godin, y obtient 48 % des intentions de vote, contre seulement 22 % pour la candidate libérale Anne Talbot. Mathieu Bonsaint, qui défend les couleurs du Bloc québécois, ne recueille que 12 % de la faveur de Portneuf–Jacques-Cartier, suivi du Parti vert (7 %), du Parti populaire (4 %) et du Nouveau Parti démocratique (3,5 %).

Élections 2019

Beaucoup de questions, plusieurs réponses et un peu d’amour au débat régional

Après quatre ans au pouvoir, les libéraux sont dans la mire de tous leurs adversaires. C’était le cas mardi lors du premier débat régional officiel, où le ministre sortant et candidat dans la circonscription de Québec, Jean-Yves Duclos, a dû répondre à la grande majorité des questions de ses cinq rivaux et des spectateurs.

On a cité René Lévesque et John F. Kennedy. Parlé de libre-échange, de PIB, de crise climatique, de gestion de l’offre, de corrosion des oléoducs, des GAFA, de commerce éthique en Afrique, des Territoires occupés, de la Chine, de l’Arabie Saoudite, de l’Amazonie.

On s’est même entendu pour dire que les échanges commerciaux «sont essentiels pour l’économie, mais aussi pour la paix dans le monde», dixit le député sortant et candidat conservateur dans Louis-Saint-Laurent, Gérard Deltell.

Élections 2019

Sylvie Fréchette apprécie que les conservateurs laissent les candidats s’exprimer

La candidate conservatrice Sylvie Fréchette n’est peut-être pas à l’aise avec tous les candidats de son parti, mais elle apprécie qu’il soit ouvert à tous et laisse tout le monde s’exprimer.

Mardi, l’ex-olympienne a fait sa première sortie publique dans sa circonscription de Rivière-du-Nord dans les Laurentides. Elle était accompagnée d’Alain Rayes, le lieutenant du chef Andrew Scheer pour le Québec.

Mme Fréchette a été interrogée à savoir si elle était à l’aise de défendre la même bannière politique qu’une candidate conservatrice ouvertement antiavortement et d’autres qui ont mis leur chef dans l’embarras ces derniers jours, dont l’Ontarienne Ghada Melek, qui a tenu dans le passé des propos homophobes et islamophobes.

Mme Fréchette se dit «à l’aise de siéger dans un parti qui n’est pas hypocrite».

Au sujet de la candidate antiavortement, elle a rétorqué qu’«on a chacun nos valeurs et on doit apprendre à travailler ensemble et à vivre ensemble» pour le bien du Canada.

L’avortement est permis par la loi et c’est ce qui prévaut, a tranché mardi Mme Fréchette.

Excuses des candidats

Quant aux candidats ayant exprimé des propos islamophobes et homophobes, le chef Andrew Scheer a déjà voulu clore le chapitre en disant qu’ils se sont excusés et ont pris leurs responsabilités.

«Je ne suis pas à l’aise avec tous les candidats. ll n’y a pas un parti qui est parfait. Mais je suis à l’aise avec un parti, par exemple, qui va permettre aux gens de pouvoir s’exprimer. Si des gens ont des opinions différentes, ils ont droit de les exprimer», a fait valoir Mme Fréchette.

Élections 2019

Les bleus de la Rive-Nord de Québec tirent à boulets rouges sur les rouges [VIDÉO]

Les conservateurs de la Rive-Nord de Québec ont une cible claire : les libéraux. Plus précisément les deux députés sortants des deux seules circonscriptions de la région qu’ils n’avaient pas gagnées il y a quatre ans.

«Irresponsables», «aucune crédibilité», «inefficacité crasse», «hypothéquer la vie de nos enfants». Le député sortant de Louis-Saint-Laurent, Gérard Deltell, en tête, les conservateurs de Québec ont lancé leur campagne régionale mardi en tirant à boulets rouges sur les rouges. Sans même évoquer le Bloc québécois ou le NPD dans leurs interventions.

À commencer par le pont de Québec, dossier où, selon les conservateurs, les libéraux ont nommé Yvon Charest comme négociateur dans le seul but de repousser le problème et éviter de répondre aux questions sur le sujet en campagne.

Politique

Les conservateurs promettent de contribuer davantage dans les régimes enregistrés d’épargne étude

WINNIPEG - Le gouvernement conservateur poursuit son opération de charme auprès des parents canadiens.

Mardi matin à Winnipeg, Andrew Scheer promettait d’augmenter la contribution du gouvernement fédéral aux Régimes enregistrés d’épargne étude (REEE).

Un gouvernement conservateur ferait passer la contribution d’Ottawa aux REEE de 20 à 30 pour cent de chaque dollar épargné par la famille du futur étudiant. La contribution fédérale maximale passerait de 500 $ à 750 $ par année.

«Chaque dollar compte. Commencez à épargner tôt, même un petit montant. Cotiser tous les mois peut faire une immense différence au fil du temps», a mentionné M. Scheer lors d’une annonce dans une école d’esthétique et de coiffure.

À la promesse libérale faite deux heures plus tôt d’augmenter l’Allocation canadienne pour enfants et de rendre les congés de maternité et parentaux libres d’impôt, M. Scheer a répondu qu’il ne fallait pas faire confiance aux promesses de Justin Trudeau.

Il a promis de maintenir l’Allocation canadienne pour enfants. Il n’a pas dit si son engagement allait jusqu’à la maintenir au niveau que les libéraux promettent de l’amener, soit une augmentation de 15 pour cent pour les enfants de moins d’un an.

Depuis le début de la campagne, les conservateurs promettent chaque jour d’implanter des mesures pour remettre de l’argent dans les poches des contribuables tout en continuant d’assurer un retour à l’équilibre budgétaire d’ici cinq ans. Aucune explication n’a cependant encore été fournie sur la manière dont Andrew Scheer entend y parvenir.

«C’est vrai que nous avons annoncé beaucoup de mesures concentrées pour rendre la vie plus abordable aux Canadiens, et on va expliquer aux Canadiens comment on va équilibrer le budget en cinq ans», a simplement répondu le chef conservateur en français.

Par ailleurs, alors que François Legault s’apprêtait à publier ses demandes aux chefs fédéraux en campagne électorale, M. Scheer a rejeté catégoriquement un projet du gouvernement caquiste: le test des valeurs à faire passer aux immigrants.

«Chaque niveau de gouvernement a une responsabilité de promouvoir l’intégration dans notre société et de s’assurer que tous les gens qui viennent au Canada comprennent les choses qui sont à la base de notre pays. Les raisons pour lesquelles des gens de partout dans le monde veulent arriver ici», a dit M. Scheer.

Il a toutefois souligné qu’il ne voulait pas «donner au gouvernement le pouvoir de décider qu’elles sont les croyances qui peuvent vous permettre d’être Canadien».

Politique

Jean-Christophe Cusson candidat libéral dans Louis-Saint-Laurent

Près d’une semaine après le déclenchement des élections, le Parti libéral a nommé mardi son dernier candidat dans la région de Québec. Il s’agit de Jean-Christophe Cusson, dans la circonscription de Louis-Saint-Laurent, qui couvre le nord-ouest de la ville.

Il reste encore une poignée de candidatures libérales à pourvoir, dont celle du comté Mégantic-L’Érable, dans Chaudière-Appalaches. Gestionnaire et père de quatre enfants, M. Cusson était seul candidat à l’investiture libérale de Louis-Saint-Laurent.

«En date [de lundi soir], 312 candidats libéraux sont maintenant investis partout au Canada, dont 72 au Québec, soit plus de 90 % de notre objectif. Quant aux autres investitures, elles auront lieu très bientôt», avait répondu au Soleil William Harvey-Blouin, stratège à la mobilisation et du soutien aux candidats du Parti libéral du Canada.

En coulisses, on assure que Mégantic-L’Érable, qui comprend entre autres les villes de Thetford Mines, Plessisville et Lac-Mégantic, aura aussi son candidat ou sa candidate du PLC dans les prochains jours.

Louis-Saint-Laurent et Mégantic-L’Érable sont deux circonscriptions détenues par le Parti conservateur. Dans Louis-Saint-Laurent, à Québec, Gérard Deltell l’avait emporté par une écrasante majorité de près de 19 000 voix et plus de 50 % des suffrages aux élections de 2015.

Quant à Luc Berthold, dans Mégantic-L’Érable, il avait eu le dessus par 3400 votes grâce à la faveur de plus de 35 % des électeurs.

Les libéraux avaient terminé deuxièmes dans ces deux comtés.

Priscilla Corbeil pour le Bloc

Jusqu'à lundi, le Bloc québécois n’avait pas de candidat non plus dans Mégantic-L'Érable. La jeune Priscilla Corbeil y sera bientôt nommée candidate bloquiste, après que le parti ait refusé d’être représenté par Jean Paradis.

Jeanne-Paule Desgagné est la candidate du Bloc dans Louis-Saint-Laurent. En 2015, le Bloc québécois avait fini quatrième dans ces deux comtés, derrière conservateurs, libéraux et néo-démocrates.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) est aussi pour l’instant sans candidat dans ces deux circonscriptions et plusieurs autres au Québec.