À Gatineau, le chef néo-démocrate, Jagmeet Singh, a proposé d’améliorer l’aide aux sinistrés des inondations.

Phénomènes de météo extrême: Singh propose d’aider les municipalités

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, est allé à la rencontre de sinistrés des inondations du printemps dernier à Gatineau, dimanche, afin de s’engager à soutenir les municipalités qui souhaitent se prémunir contre les changements climatiques.

Face au nombre croissant de phénomènes météorologiques extrêmes, M. Singh propose de travailler en amont en augmentant le financement des projets d’infrastructures adaptées.

Le NPD promet d’investir 2,5 milliards $ supplémentaires dans le fonds existant, en plus d’en assouplir les critères d’admissibilité.

«Ça va aider les municipalités à mettre en œuvre les infrastructures pour éviter cette sorte de crise dans l’avenir. Si on investit dès maintenant, on peut régler le problème et créer des infrastructures qui vont protéger les familles, les maisons et les entreprises», a soutenu Jagmeet Singh en français.

M. Singh déplore que trop souvent les autorités attendent un désastre avant de réagir.

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Fonds «trop complexe»

L’actuel Fonds d’atténuation et d’adaptation en matière de catastrophes a mis de côté 2 milliards $ pour soutenir les projets de grande envergure pour aider les collectivités à gérer les risques de catastrophes découlant de dangers naturels.

Les projets soumis doivent correspondre à au moins un critère «d’importance nationale», comme permettre de réduire les impacts des désastres sur les services essentiels, la santé et la sécurité des Canadiens ou les perturbations importantes de l’activité économique. Ils doivent aussi comporter des dépenses admissibles d’au moins 20 millions $.

«Il y a un fonds, mais il est trop complexe. Il est limité. Il est difficile d’y avoir accès», a déploré M. Singh en point de presse.

Selon lui, les critères sont trop restrictifs. Le coût des projets doit aussi être partagé par les gouvernements provinciaux et municipaux. Le chef néo-démocrate dit vouloir se débarrasser de ces obstacles et du plancher minimal pour ces coûts.

«Nous éliminerons ces obstacles parce que nous voulons que notre plan soit accessible à quiconque en aura besoin. Notre objectif est d’éviter qu’on ait à réagir après une crise en optant pour la prévention», a-t-il ajouté.

La Fédération canadienne des municipalités a bien accueilli l’annonce du NPD, affirmant qu’il s’agissait d’un «premier pas crucial dans la bonne direction».

Le gouvernement fédéral dit qu’un nombre croissant de collectivités canadiennes ont connu des événements météorologiques importants et des catastrophes naturelles, comme des inondations, des incendies de forêt et des sécheresses. La fréquence de ces désastres a augmenté à cause des changements climatiques.

Négligé au Québec

Jagmeet Singh aime bien se décrire comme un battant.

Mais au Québec, le chef néo-démocrate a toute une pente à remonter.

Selon des sondages récents, le NPD a dégringolé au cinquième rang dans les intentions de vote dans la Belle Province, derrière les libéraux, les bloquistes, les conservateurs et les verts.

Dans une publicité diffusée uniquement au Québec, on peut voir M. Singh placer son turban et envelopper ses mains avant de cogner sur un sac de boxe et de lutter au sol contre un adversaire. Le chef néo-démocrate semble vouloir faire écho des goûts de Justin Trudeau pour le ring, mais son message va beaucoup plus loin.

«J’ai assez connu les injustices pour savoir me battre et maintenant, je suis prêt à me battre pour vous», lance-t-il en français.

Mais au-delà de cette image de combattant que veut projeter M. Singh, pourquoi se bat-il au juste? Pour la victoire ou sa simple survie politique?

M. Singh a eu l’occasion de démontrer ses convictions à l’électorat francophone lorsqu’il est passé dimanche soir à Tout le monde en parle. C’est au cours de cette émission que Jack Layton avait amorcé sa lune de miel avec les Québécois qui avait propulsé le NPD vers une éclatante victoire au Québec en 2011.

Pour M. Singh, cette entrevue qui a été enregistrée jeudi ne pouvait arriver à un meilleur moment, au lendemain de la publication de la première photo montrant Justin Trudeau le visage barbouillé de noir.

Selon Éric Montigny, un professeur de sciences politiques de l’Université Laval, à Québec, les jeux ne sont pas encore faits.

Un vote instable

«Il y a une très grande instabilité au sein de l’électorat. La campagne électorale a une influence», dit-il.

M. Montigny soutient que les campagnes ont plus d’importance au Québec qu’ailleurs au Canada. L’attachement des Québécois envers un parti est plus faible que les autres électeurs canadiens. Ils observent plus la scène politique provinciale, ne s’intéressant qu’au fédéral que pendant une campagne électorale. Puisque le clivage souverainiste-fédéraliste s’est estompé, les préférences des électeurs de la province ont fluctué au cours des derniers scrutins.

Le NPD a profité de la vague orange de 2011 lorsqu’il a réussi à enlever 59 sièges au Québec. Mais quatre ans plus tard, il n’a pu sauver que 14 sièges.

De passage à Sherbrooke, la semaine dernière, M. Singh a promis des pouvoirs accrus au Québec en matière d’environnement, de langue et de culture et de taxer les géants d’Internet comme Netflix qui sont perçus comme des menaces au secteur culturel québécois.

Il envisage même d’intégrer le Québec dans la Constitution selon les conditions de la province.