Les bleus de la Rive-Nord de Québec tirent à boulets rouges sur les rouges [VIDÉO]

Les conservateurs de la Rive-Nord de Québec ont une cible claire : les libéraux. Plus précisément les deux députés sortants des deux seules circonscriptions de la région qu’ils n’avaient pas gagnées il y a quatre ans.

«Irresponsables», «aucune crédibilité», «inefficacité crasse», «hypothéquer la vie de nos enfants». Le député sortant de Louis-Saint-Laurent, Gérard Deltell, en tête, les conservateurs de Québec ont lancé leur campagne régionale mardi en tirant à boulets rouges sur les rouges. Sans même évoquer le Bloc québécois ou le NPD dans leurs interventions.

À commencer par le pont de Québec, dossier où, selon les conservateurs, les libéraux ont nommé Yvon Charest comme négociateur dans le seul but de repousser le problème et éviter de répondre aux questions sur le sujet en campagne.

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M. Deltell et compagnie affirment que s’ils sont portés au pouvoir le 21 octobre, ils respecteront néanmoins le mandat de M. Charest, un homme à qui ils vouent le plus grand respect. «On va toutefois faire ajouter une clause claire dans son mandat, celle d’en arriver à une solution permanente», insiste Pierre Paul-Hus, député sortant et candidat conservateur dans Charlesbourg–Haute-Saint-Charles.

Outre ce pont de malheur qui attend d’être peinturé depuis tant d’années, les conservateurs ont pointé le centre de prédédouanement de l’aéroport de Québec comme autre projet annoncé avec tambours et trompettes, mais pas encore réalisé par les libéraux.

Le mot famille revient sans cesse dans les affirmations des conservateurs. Clairement l’électorat ciblé. Baisse du taux d’imposition fédéral de 15 % à 13,75 % pour la première tranche de revenu, crédits d’impôt pour les activités sportives et artistiques des enfants, baisse d’impôt sur les congés parentaux, élimination de la TPS sur l’hydro-électricité résidentielle, crédit d’impôt pour le transport en commun et bonification de la participation gouvernementale de 20 % à 30 % sur les Régimes enregistrés d’épargne-études.

Contre un casino

Les conservateurs ne voient «pas d’un bon œil» la possibilité d’un casino privé autochtone dans la région de Québec, que ce soit à Sainte-Foy ou Wendake. M. Deltell, dont la circonscription comprend la réserve huronne-wendate, estime que Wendake s’avère un exemple de succès amérindien à travers le Canada et a réussi sans casino. «Pas besoin de ça», tranche-t-il.

Quant au troisième lien routier interrives, les conservateurs ont toujours été à 100 % pour. Reste à connaître les modalités de financement qu’un gouvernement conservateur fédéral mettrait en place pour sa réalisation.

Place aux femmes?

Pour tenter de ravir les circonscriptions de Québec et de Louis-Hébert, le Parti conservateur y présente deux femmes. Le parti d’Andrew Scheer n’a fait élire qu’une seule candidate féminine sur 11 au Québec, en 2015, soit Sylvie Boucher dans Beauport–Côte-de-Beaupré–Île d’Orléans–Charlevoix.

Qui était d’ailleurs absente mardi après-midi, lors du point de presse tenu au bureau de campagne de la recrue et ancienne sous-ministre Marie-Josée Guérette, l’ancien Presse Café du boulevard Laurier.

Plus à l’est, dans la circonscription de Québec, la jeune mère de famille Bianca Boutin s’inspire de la vice-première ministre du Québec Geneviève Guilbault, qui avait fait campagne enceinte pour remporter sa première élection, partielle, en 2017.

Mme Boutin en était pour sa part à 38 semaines de grossesse lors de l’investiture de circonscription et avait même eu «peur d’accoucher pendant l’investiture!» Depuis cinq mois, elle proclame quand même avoir cogné à 15 000 portes des citoyens de sa circonscription.

Mme Guérette admet que les femmes ont souvent «une petite retenue» avant de se lancer en politique, de peur d’être davantage critiquées sur leur allure que leur discours. «Ce n’est pas le cas pour les hommes. Mais la diversité est souhaitable en politique. Se présenter demande un don de soi et je suis rendu à ce moment dans ma vie où c’est la suite logique de mon parcours», atteste-t-elle.

Quelque 40 % des 338 candidats du Parti conservateur du Canada à ces 43es élections fédérales sont des candidates.