Alexis Brunelle-Duceppe, Richard Martel et Mario Simard
Alexis Brunelle-Duceppe, Richard Martel et Mario Simard

Le Saguenay–Lac-Saint-Jean en deux teintes de bleu

Normand Boivin
Normand Boivin
Le Quotidien
Le Saguenay–Lac-Saint-Jean est redevenu tout bleu. Bleu poudre Bloc et bleu marine Parti conservateur. Au terme d’une lutte chaudement disputée, le député Richard Martel a réussi à arracher la victoire dans Chicoutimi–Le Fjord, alors que son adversaire bloquiste, Valérie Tremblay, avait dominé toute la soirée.

Pendant ce temps, les candidats du Bloc Alexis Brunelle-Duceppe et Mario Simard filaient vers des victoires rapides dans Lac-Saint-Jean et Jonquière. Ils ont pris l’avance dès le dépouillement de la première boîte de scrutin et n’ont jamais regardé derrière par la suite.

Martel a remporté une victoire à l’arraché, car le vent a commencé à tourner plus de deux heures après la fermeture des pôles.

Il a été déclaré élu à 00h30 par TVA nouvelles.

La région a bien failli renouveler son choix d’envoyer trois bloquistes à la Chambre des communes. La dernière fois, c’était en 2004, lorsque Robert Bouchard, Michel Gauthier et Sébastien Gagnon avaient pris le chemin d’Ottawa.

Départ canon dans Jonquière

Dès l’annonce des premiers résultats, Mario Simard a pris la tête devant le conservateur Philippe Gagnon avec 38 % dans Jonquière, et il n’a jamais regardé derrière. Il a été déclaré premier bloquiste de la région élu par Radio-Canada à 22 h 22 alors qu’il recueillait 35,2 % du vote après 40 boîtes de scrutin sur 210. Comme l’avait prévu le sondage de Recherches Mainstreet publié dans Le Quotidien, la députée néo-démocrate Karine Trudel a fini deuxième, 10 points derrière.

Dans Chicoutimi–Le Fjord, alors que les résultats tardaient à arriver comme dans Lac-Saint-Jean, Richard Martel a pris la tête un peu avant 22 h, avec trois boîtes de scrutin, mais Valérie Tremblay l’a devancé 15 minutes plus tard et a gardé la tête la majeure partie de la soirée.

Au Lac, Alexis Brunelle-Duceppe n’a jamais douté de l’issue du vote avec plus de 50 % dès les premiers résultats.

Du tout au tout

Le portrait de la région vient donc de changer du tout au tout. À l’élection générale de 2015, alors que les effets de la vague orange de 2011 commençaient à s’estomper, les néo-démocrates avaient chèrement vendu leur peau et au final, les trois principaux partis avaient réussi à trouver une niche au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Le libéral Denis Lemieux l’avait emporté par 600 voix devant le néo-démocrate Dany Morin, avec 31,09 % des voix. La bloquiste Élise Gauthier, qui défendait le parti de Martin Ouellet, avait terminé troisième avec 20,52 % des votes et la conservatrice Caroline Ste-Marie était quatrième avec 16,6 % des suffrages.

Le Parti conservateur avait cependant pris sa revanche en juin 2018 lorsque Richard Martel avait dominé l’élection partielle avec la majorité absolue (52,8 %), loin devant sa plus proche rivale, la libérale Lina Boivin (29,5 %). La candidate du Bloc, une Saguenéenne habitant Montréal parachutée pour l’élection, n’avait obtenu qu’un maigre 5,6 % du scrutin.

Doté d’une popularité qui lui avait permis de résister à la vague orange dans Lac-Saint-Jean, Denis Lebel avait remporté 33,27 % des suffrages, devant la candidate néo-démocrate, deuxième avec 28,46 %. Le libéral avait fini troisième, tout juste devant le candidat du Bloc, qui a terminé avec 18,37 % des votes.

L’ancien ministre et lieutenant de Stephen Harper au Québec avait rapidement démissionné et Richard Hébert écrivait une nouvelle page d’histoire deux ans plus tard en ramenant la circonscription dans le giron libéral avec 38,6 % des voix. Le syndicaliste Marc Maltais avait terminé troisième pour le Bloc, derrière le conservateur Rémy Leclerc.

Dans Jonquière, Karine Trudel avait remporté de justesse devant le libéral Marc Pettersen, avec 339 voix de majorité. Le candidat du Bloc, qui défendait le comté représenté par Claude Patry, transfuge venu du NPD, avait terminé troisième devant la candidate conservatrice.

À la dissolution du Parlement, le Parti libéral du Canada détenait 177 sièges, devant le Parti conservateur du Canada, qui en avait 95.

Il faut au moins 170 députés pour former un gouvernement majoritaire.