L’équipe dirigée par François Pétry et Lisa Birch calcule qu’autant pour le nombre que le taux de réalisation, le gouvernement Trudeau a été supérieur à ceux de ses trois prédécesseurs.

Gouvernement Trudeau: 92 % des promesses tenues en tout ou en partie

Le gouvernement de Justin Trudeau a réalisé en tout ou en partie 92 % de ses promesses spécifiques faites durant la campagne de 2015. Mais ce n’est pas cela qui le fera réélire!

Voilà les conclusions d’un groupe de 20 chercheurs universitaires qui publient le livre Bilan du gouvernement libéral de Justin Trudeau : 353 promesses et un mandat de changement, déjà deuxième vendeur de l’été aux Presses de l’Université Laval.

L’équipe dirigée par Lisa Birch et François Pétry calcule qu’autant pour le nombre que le taux de réalisation, le gouvernement Trudeau a été supérieur à ceux de ses trois prédécesseurs Stephen Harper (trois mandats), Paul Martin et Jean Chrétien (trois mandats).

À titre d’exemple, pour le troisième mandat Harper, majoritaire de 2011 à 2015, le gouvernement avait réalisé 143 promesses en campagne pour en tenir 84 % en tout ou en partie.

«Malgré ce qu’on peut en penser, les partis politiques tiennent leurs promesses!» constate M. Pétry, professeur émérite de science politique à l’UL et créateur, avec Mme Birch, du Polimètre (www.polimetre.org) pour suivre la tenue des promesses des gouvernements au Canada.

«Il y a beaucoup de cynisme au sein de la population. Mais à la lumière de nos résultats, il n’y a pas tant de raisons d’être si cynique. Pour ne pas être déçus, les gens doivent se renseigner», affirme Mme Birch, qui est directrice générale du Centre d’analyse des politiques publiques (CAPP), prof associée à l’UL et prof de science politique au Cégep Champlain St. Lawrence.

«Ce qui est paradoxal, c’est que tenir ses promesses ne semble pas donner autant de résultats dans les intentions de vote», poursuit Mme Birch. Sans oublier que si le Parti libéral du Canada a obtenu 39,5 % du suffrage il y a quatre ans, c’est aussi à dire que 60,5 % des électeurs lui ont préféré un autre parti, ajoute-t-elle.

Le lancement du livre était accompagné jeudi soir, à l’université, d’une table ronde de cinq des auteurs présentée devant une trentaine de personnes. Dont le candidat libéral dans Charlesbourg–Haute-Saint-Charles.

Promesses nichées

Les résultats finaux du premier mandat Trudeau seront connus la semaine prochaine, après avoir tout compilé jusqu’au déclenchement de mercredi matin. Mais selon les chiffres actuels, le gouvernement fédéral sortant a réalisé 54 % de ses promesses en tout, 38 % en partie et 8 % n’ont pas été tenues.

Les auteurs ont de plus sélectionné les 45 promesses plus importantes selon des critères précis et le taux de réalisation s’avère similaire.

Spécialiste du marketing stratégique, Thierry Giasson explique comment avec «l’obsession des données» amassées par les partis auprès des électeurs dans l’année précédant une campagne, les promesses deviennent «de plus en plus nichées. Nous en sommes venus à appeler ça les promesses-boutique», qui répondent à un électorat ultra précis.

«On ne cherche pas à aider ou à nuire aux libéraux, mais à fournir des informations justes et concrètes», insiste Mme Birch. «Mais les gens y voient ce qu’ils veulent. On est allés présenter ça en Alberta et ils ont dit : “C’est la preuve que Harper était extraordinaire! ”»

M. Pétry souligne qu’ils ne peuvent quantifier «la cohérence générale des partis», critère revêtant pourtant une grande importance aux yeux des électeurs.

«La plate-forme libérale pour 2019 n’est pas encore sortie, mais je vous garantis qu’il n’y aura pas 353 promesses dedans!» conclut-il, s’attendant plutôt à un «programme type d’un parti qui essaie de se faire réélire». Donc moins de promesses et des promesses plus nichées.

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LES CHEFS DE PARTIS SE PRONONCERONT SUR LE VAPOTAGE

TORONTO — Le vapotage s'est immiscé dans la campagne électorale, jeudi, au moment où les États-Unis envisagent d'interdire des milliers d'arômes utilisés dans les cigarettes électroniques en raison de leur popularité chez les adolescents. Le chef libéral Justin Trudeau a déclaré que Santé Canada examinait la question «depuis des mois» et qu'il attendrait d'autres recherches sur les effets du vapotage sur la santé pour se prononcer. Le chef du Nouveau Parti démocratique Jagmeet Singh a affirmé qu'il se préoccupait particulièrement des jeunes Canadiens, mais il n'a pas voulu dire directement s'il interdirait les cigarettes électroniques aromatisées. Le chef conservateur Andrew Scheer, qui était dans la région de Toronto, a déclaré qu'il voulait examiner de plus près la réglementation américaine avant de prendre une position ferme à ce sujet. M. Scheer a dit qu'un gouvernement conservateur continuerait à soutenir des mesures qui rendent le tabagisme et le vapotage moins attrayants pour les enfants et les adolescents. La Presse canadienne

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PROPOS ISLAMOPHOBE: UN VERT DOIT RENONCER À SA CANDIDATURE 

OTTAWA — Le Parti vert a annoncé jeudi avoir accepté la démission d'un de ses candidats qui a déjà publié sur les réseaux sociaux un message islamophobe. Erik Schomann a renoncé à sa candidature dans la circonscription ontarienne de Simcoe North peu de temps après que le Conseil national des musulmans canadiens eut exhorté les verts à le laisser tomber. Dans un communiqué, le parti dit avoir «une politique de tolérance zéro pour le sexisme, l'islamophobie, l'antisémitisme, la misogynie, l'homophobie ou tout autre discours haineux». L'organisation musulmane a dénoncé une vieille photo de M. Schomann le montrant en train de rôtir un cochon et qui faisait référence à la controverse entourant la publication en 2005 par un journal danois d'une caricature du prophète Mahomet. La légende disait : «Nous avons envoyé les restes au Danemark pour soutenir les opposants à la caricature de Mahomet.» Le Conseil a rappelé qu'une tête de porc avait été laissée devant la mosquée de Québec, où une fusillade meurtrière a eu lieu en 2017. Le groupe «The Friends of Simon Wiesenthal Center for Holocaust Studies» réclame de son côté le départ de la candidate verte dans la circonscription de Regina-Qu'Appelle, en Saskatchewan, Dale Dewar. Selon l'hebdomadaire Canadian Jewish News, Mme Dewar aurait souvent dénigré Israël sur les réseaux sociaux, affirmant notamment que le pays est «pratiquement un violeur en série» et que le sionisme est «une secte». La Presse canadienne