Élections 2018

Une première annonce en environnement pour le Parti libéral

MONTRÉAL — Même s'il a attendu le 30e jour de la campagne électorale pour dévoiler sa première promesse en environnement, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Philippe Couillard, se défend de reléguer ce thème au second plan.

La formation politique a dévoilé vendredi, dans l'arrondissement montréalais de Verdun, une série d'engagements totalisant 45 millions $ sur cinq ans et qui ratissent large.

En plus d'interdire les pailles en plastique dans les bars et restaurants — une initiative que de plus en plus d'établissements prennent de leur propre gré — le PLQ souhaite qu'un bac de recyclage se trouve à proximité de chaque poubelle publique dans la province, ce qui coûtera 15 millions $, et veut stimuler la modernisation des centres de tri — au coût de 25 millions $ — afin qu'ils puissent accepter l'ensemble des types de plastiques.

La formation politique souhaite également plus d'inspecteurs afin de se pencher sur la question des sols contaminés et compte exiger une redevance sur l'eau plus élevée pour les grands consommateurs, comme les compagnies d'embouteillage.

«Il n'y a pas nécessairement un rapport direct entre l'argent que l'on investit et l'impact d'une mesure», a répondu M. Couillard, en réponse à une question entourant l'ampleur de ses promesses, alors qu'il se trouvait en compagnie de sa ministre sortante de l'Environnement et candidate locale, Isabelle Melançon.

Depuis le début de la campagne, certains ont déploré le peu d'attention accordé au thème de l'environnement. Québec solidaire (QS) évoque fréquemment cette question, alors que le Parti québécois (PQ) a déjà dévoilé sa plateforme en la matière.

Pour M. Couillard, il n'y a aucun lien entre l'ordre dans lequel les engagements sont dévoilés et leur «importance relative».

«Quand vous dites cela, vous mettez de côté tous les efforts en cours dans le plan de lutte aux changements climatiques, ce qui représente littéralement des milliards de dollars», a dit le chef libéral.

Plus de redevances, mais pas de cible

L'an dernier, Québec n'a récolté qu'environ 3,2 millions $ en redevances sur l'eau, alors que les redevances sont environ sept fois moins élevées qu'en Ontario.

Interrogé à ce sujet, M. Couillard a affirmé vouloir rattraper la moyenne à ce chapitre, mais n'a toutefois pas voulu évoquer de montant, contrairement à QS et au PQ, qui ambitionnent respectivement de récupérer 430 millions $ et 160 millions $.

Donnant l'exemple de la compagnie d'embouteillage Eska, qui est établie au Québec, le chef libéral a dit qu'il préférait opter pour une consultation publique.

«Si, par des politiques mal avisées, on fait en sorte que cette entreprise n'est plus compétitive, on ne rendra service ni à notre environnement, ni aux Québécois, a-t-il dit. C'est pour cela que l'on doit faire cette consultation.»

En ce qui a trait aux centres de tri, Mme Melançon a précisé que la modernisation visait à ce que l'on évite d'enfouir du plastique numéro 6 — comme les contenants pour portion individuelle de yogourt et les verres à café ou boissons chaudes.

Contamination et infrastructures

Par ailleurs, alors que la gestion des sols contaminés avait suscité la controverse au cours des derniers mois, le PLQ ajoutera environ 30 inspecteurs, afin d'en compter près de 300.

Cet été, la gestion des sols contaminés de Québec avait été fortement critiquée à la suite d'une série d'articles du quotidien La Presse ayant notamment révélé une baisse du nombre d'inspections au fil du temps et l'absence du dépôt d'accusations à l'endroit d'individus ayant procédé à des déversements.

Finalement, un gouvernement libéral consacrerait 1 % de ses budgets d'infrastructures au développement d'infrastructures vertes. Puisque le PLQ propose de faire passer à 110 milliards $ le Plan québécois des infrastructures, une somme annuelle de 100 millions $ serait ainsi dirigée vers des projets plus verts.

Élections 2018

Le DGEQ autorise le début du vote par anticipation

QUÉBEC — Le Directeur général des élections du Québec (DGE) a annoncé que comme prévu, le vote par anticipation pour les élections provinciales a débuté vendredi et se déroulera jusqu'au 27 septembre.

En plus du vote au jour des élections, le 1er octobre, l'électorat dispose de sept jours pour voter par anticipation aux dates suivantes: samedi, de 9h à 17h; dimanche et lundi, de 9h30 à 20h; mardi et mercredi, de 9h à 21h et jeudi, de 9h à 14h.

Les lieux, les dates et les heures pour voter par anticipation se trouvent sur la carte d'information que les électeurs ont reçu par la poste ainsi que sur le site Web www.elections.quebec.

Les gens qui sont à l'extérieur de leur circonscription les 21, 22, 25, 26 et 27 septembre pourront s'inscrire ou modifier leur inscription sur la liste électorale et voter dans le bureau du directeur du scrutin de n'importe quelle circonscription du Québec.

Par ailleurs, entre le 21 et le 27 septembre, des bureaux de vote seront installés dans des centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) ainsi que dans de nombreuses résidences privées pour aînés, afin que les résidents puissent voter. Il en sera de même pour les étudiants de plusieurs cégeps, centres de formation professionnelle et universités.

Pour voter, les citoyens canadiens âgés de 18 ans et plus doivent avoir leur nom inscrit sur la liste électorale, à l'adresse de leur domicile. Ils doivent avoir domicile au Québec depuis le 1er avril dernier et ne pas être sous curatelle ou avoir perdu leurs droits électoraux.

Les électeurs doivent présenter une pièce d'identité: le permis de conduire du Québec, la carte d'assurance maladie du Québec, le passeport canadien, le certificat de statut d'Indien ou la carte d'identité des Forces armées canadiennes.

Élections 2018

Le PQ propose une escouade pour simplifier la relation des citoyens avec l'État

MONTRÉAL — Le Parti québécois (PQ) veut créer une nouvelle structure afin de simplifier les interactions qu'ont les citoyens avec l'État.

Le PQ créerait une escouade qui serait chargée d'identifier les problèmes qu'affrontent les citoyens, les entrepreneurs et les agriculteurs lorsqu'ils font affaire avec le gouvernement du Québec.

Le parti veut s'attaquer aux dédoublements, à la paperasse et aux vestiges d'une autre époque, dont les fax. Il propose notamment de mettre fin aux envois de prescriptions par fax, et de s'assurer que les dossiers soient transférés automatiquement lorsqu'un enfant change de CPE ou qu'un patient change de médecin de famille.

Le chef péquiste Jean-François Lisée ne croit pas que cette nouvelle escouade n'alourdisse encore davantage l'État, puisqu'elle sera la plus «légère» possible, a-t-il indiqué.

«On ne va pas faire un ministère de la simplification, on va pas faire une couche avec des sous-ministres adjoints, partout, de la simplification. Non, non, on fait la chose la plus légère possible», a-t-il expliqué vendredi matin en conférence de presse à Montréal.

L'escouade pourrait être formée, par exemple, d'une dizaine de personnes.

La nouvelle équipe pourra recevoir les recommandations de la population et de la protectrice du citoyen.

Le PQ estime les coûts d'une telle mesure à moins d'un million de dollars par année, mais il croit qu'à terme, elle fera économiser de l'argent aux contribuables, mais aussi aux entreprises.

«Les entreprises paient globalement au Québec près de 8 milliards $ juste pour gérer les formulaires administratifs. Si on réduisait ça de moitié, ce serait extraordinaire pour leur compétitivité», a indiqué M. Lisée.

Le chef péquiste passait sa journée dans la métropole, vendredi.

Il a rencontré la mairesse de Montréal, Valérie Plante, en après-midi, avant de se rendre à la tour de Radio-Canada pour enregistrer l'émission Tout le monde en parle avec les autres chefs de partis. L'émission sera diffusée dimanche soir.

Élections 2018

75$ par semaine: Couillard se défend d'avoir manqué de sensibilité

MONTRÉAL — L'épicerie familiale a continué de talonner le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), vendredi, alors que Philippe Couillard a tenté d'expliquer tant bien que mal ce que sa formation avait à offrir aux familles ayant de la difficulté à mettre du pain sur la table.

Le premier ministre sortant est visé par de nombreuses critiques après avoir affirmé la veille qu'il était réaliste pour une famille de trois — un adulte et deux enfants — de se nourrir avec 75 $ par semaine, même si cela signifie que les menus ne seraient pas très variés.

Lire aussi: Couillard pense qu'on peut nourrir une famille avec 75$ par semaine

M. Couillard a continué à se justifier en début de journée, expliquant, au cours d'une entrevue à la station radiophonique montréalaise 98,5 FM, qu'il connaît une mère monoparentale avec deux enfants et qui occupe trois emplois pour joindre les deux bouts.

En conférence de presse dans l'arrondissement montréalais de Verdun pour une annonce à saveur environnementale, le chef du PLQ a été interrogé quant à savoir ce que son parti a à offrir, concrètement, à cette dame, advenant une victoire le soir du 1er octobre.

«Je lui offre la possibilité d'aller plus loin dans sa vie, [dans] son potentiel, dans un Québec qui sera plus prospère, plus vert et plus équitable», a répondu le chef du PLQ.

M. Couillard, qui s'oppose à la hausse du salaire minimum à 15 $, a expliqué vouloir «s'assurer» que la mère monoparentale en question n'occupe qu'un seul emploi en «s'assurant de développer une société tournée vers [les] emplois de qualité».

En précisant sa pensée, ce dernier n'a pas chiffré la rémunération horaire de ces postes «de qualité», indiquant qu'elle ne serait pas de 25 $ à 30 $, mais meilleure qu'à l'heure actuelle.

Toutefois, une hausse trop rapide du salaire minimum pourrait éliminer des emplois qui se trouvent «au bas de l'échelle», comme dans le secteur du commerce de détail, de la restauration ou de l'hôtellerie, a estimé M. Couillard.

Cette mère monoparentale de deux enfants existe bel et bien, a assuré le chef libéral, qui n'a pas voulu donner plus de détails sur la vie privée de cette dernière dans le but de s'assurer qu'elle ne puisse être identifiée.

Manque de sensibilité

M. Couillard a également décidé de passer à l'attaque pour répliquer à ceux et celles qui le critiquent et affirment qu'il est impossible de nourrir une famille de trois personnes avec seulement 75 $ par semaine.

«Et quand j'entends dire que cela ne se peut pas, ce sont des gens qui n'ont aucune sensibilité pour la réalité des gens d'aujourd'hui, a-t-il lancé. Ce qu'il faut faire, c'est de reconnaître que cela existe. Il faut le regretter et lutter encore plus fermement contre la pauvreté.»

De son côté, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a accusé son adversaire libéral d'être trop fier pour faire acte de contrition.

«Moi, je pense qu'il est trop orgueilleux pour dire aux Québécois : "Je m'excuse, je me suis trompé, je ne connais pas ça. Ça fait longtemps que je ne suis pas allé à l'épicerie"», a-t-il soutenu en mêlée de presse à Montréal.

Le dirigeant caquiste reconnaît que ce n'est «pas toujours lui» qui fait l'épicerie, mais il ne voit «pas comment on peut faire ça avec 75 $», une mission «pas possible», selon lui.

«Je pense que M. Couillard est déconnecté», a laissé tomber le chef de la CAQ, tout en reconnaissant qu'il existe en effet des ménages québécois «très pauvres» qui «malheureusement ne sont pas capables d'acheter toute la nourriture dont ils ont besoin».

À la chasse aux aubaines

Au cours de son entrevue radiophonique, M. Couillard a également suggéré qu'une famille de trois pouvait arriver à ses fins en courant les spéciaux sans relâche dans les circulaires des supermarchés, donnant l'exemple d'un morceau de porc en spécial.

«Tu le fais cuire le premier soir, tu fais un rôti de porc, a-t-il dit. Ensuite, tu fais du macaroni avec du porc. Ensuite, tu fais un genre de pâté chinois puis après, tu fais des sandwichs pour les enfants.»

Pour Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politique agroalimentaire à l'Université Dalhousie, à Halifax, le minimum requis pour acquitter la facture hebdomadaire d'épicerie pour une famille de quatre personnes est plutôt de 149 $.

«C'est non seulement difficile [à 75 $], mais c'est pratiquement impossible aujourd'hui, surtout lorsque l'on a des enfants à la maison», a-t-il dit au cours d'une entrevue téléphonique.

Pour sa part, le président-directeur général de Mission Bon Accueil, Sam Watts, a expliqué qu'un budget de 75 $ par semaine poserait de sérieuses limites quant à la possibilité de pouvoir acheter certains produits, comme des fruits et légumes.

Avec Sidhartha Banerjee et Mélanie Marquis