«Malgré le travail admirable des enseignants qui se dévouent pour nos enfants, le Québec a pris un terrible retard sur l’Ontario», a mentionné jeudi le chef de la CAQ, François Legault.

Vérification faite: le Québec en retard sur l’Ontario en éducation?

L’affirmation: «Malgré le travail admirable des enseignants qui se dévouent pour nos enfants, le Québec a pris un terrible retard sur l’Ontario. Beaucoup trop de nos jeunes décrochent avant d’obtenir un diplôme», a déclaré le chef caquiste François Legault lors de son discours de lancement de campagne, jeudi.

Les faits

L’Institut du Québec, un partenariat entre HEC Montréal et le Conference Board, a publié un rapport très complet à ce sujet en avril dernier. On y trouve essentiellement trois indicateurs pertinents pour juger du retard d’instruction que le Québec accuserait sur l’Ontario.

D’abord, les taux de décrochage sont effectivement plus élevés ici qu’en Ontario, et par des marges considérables : dans les écoles publiques, seulement 64 % des 15-18 ans au Québec décrochent leur diplôme d’études secondaires, contre pas moins de 84 % en Ontario (chez les 16-19 ans, puisque le secondaire dure une année de plus là-bas). Si on tient compte de l’école privée, qui est plus fréquentée ici que dans le reste du Canada, la performance du Québec s’en trouve un peu améliorée (autour de 68-69 %), mais l’écart demeure considérable. Et même en comptant cela, la Belle Province se classe dernière au Canada.

Cependant, pour avoir un portrait plus complet de la situation, il faut aussi tenir compte des efforts faits pour aller «récupérer» les décrocheurs par la suite. Ainsi, si l’on regarde la part des 25-34 ans qui possède au moins un diplôme d’études secondaires, la proportion passe à 89 % au Québec. C’est toujours une des pires performances au Canada — seul le Manitoba, à 88 %, est derrière —, mais c’est déjà beaucoup plus proche de l’Ontario (92 %) et des provinces de tête (93 %).

Une autre manière d’évaluer le travail d’un système scolaire est de mesurer la performance des élèves. Sur ce point, il faut noter que le Québec fait très bonne figure dans les tests internationaux PISA, où il se classe premier parmi les provinces canadiennes. Toutefois, la validité des résultats au Québec soulève des doutes parce que moins d’écoles y prennent part ici (52 %) que la norme internationale (85 %). Il est donc possible que nos résultats soient dopés par un biais de participation.

Enfin, lit-on dans le rapport de l’Institut du Québec, on peut également mesurer ce que la population adulte a retenu de ses études. Il existe un Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes qui a mené une vaste enquête en 2012 chez les 16-65 ans. Dans l’ensemble, on trouve plus de gens au Québec qui ont obtenu des scores «faibles ou insuffisants» en littératie (53,2 %) qu’en Ontario (46,8 %). Le même genre d’écart s’observe en numératie (56,1 % vs 53,8 %).

Verdict

Vrai. Il est important de nuancer le portrait en tenant compte des «raccrocheurs», mais il est indéniable que le Québec ne diplôme pas autant que l’Ontario et que sa population adulte n’a pas tout à fait les mêmes niveaux de numératie et de littératie (bien que les écarts ne sont pas énormes de ce point de vue). Il semble que les élèves qui fréquentent toujours l’école performent très bien, mais la validité des tests PISA au Québec est remise en question.