Les partis en campagne ont dirigé leurs caravanes vers Québec, où ils ont rencontré — et tenté de séduire — les élus de l’Union des municipalités, laissant miroiter un nouveau pacte fiscal avec les municipalités.

Transfert de TVQ: tous les chefs s’engagent

Transfert d’un point de la TVQ d’ici un an, amélioration du transport interrégional, accès à Internet haute vitesse du sous-sol au grenier sur tout le territoire. Peu importe le parti au pouvoir le 1er octobre, les élus municipaux du Québec recevront ce qu’ils réclament.

Les paroles des candidats à l’élection provinciale étaient du miel aux oreilles des élus de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), rassemblés vendredi au Centre des congrès de Québec. Le libéral Philippe Couillard, le péquiste Jean-François Lisée et le caquiste François Legault ont tous cru bon de diriger leurs caravanes électorales vers la capitale vendredi après-midi pour y rencontrer 500 élus municipaux. Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de Québec solidaire, était aussi sur place. 

Ce sommet a été organisé pour mettre de la pression sur les partis dans la présente campagne. Le président de l’UMQ, Alexandre Cusson, a souligné qu’il souhaitait une relation «d’égal à égal» avec le gouvernement du Québec.

Il faut croire que la pression a porté fruit, notamment en ce qui a trait au transfert d’un point de taxe de la TVQ. Une mesure qui rapporterait 1,3 milliard $ directement dans les coffres des villes.

«Aujourd’hui, on est allé un peu plus loin, s’est réjoui le président de l’UMQ, Alexandre Cusson, au terme des discours des candidats. Il n’y avait que le premier ministre [Philippe Couillard] qui nous avait dit que ça serait enchâssé dans une loi. Maintenant, les autres chefs disent que ça va être une loi, un transfert inconditionnel. Pour le monde municipal, c’est un gain majeur. C’est extrêmement important», explique-t-il.

Le maire Régis Labeaume assistait aussi à la rencontre. «Le 1 % est incontournable. C’est impossible que le prochain pacte fiscal [l’actuel pacte se termine l’an prochain] ne vienne pas avec le 1 %. Objectif atteint», a-t-il lancé.

Les municipalités allèguent être bientôt face à «une impasse» financière, car elles sont dépendantes de la brique et du mortier, ayant les taxes foncières comme seul revenu, d’où la demande de transfert d’un point de taxe. 

Les partis répondent aussi favorablement aux demandes de l’UMQ de connecter l’ensemble du Québec à Internet haute vitesse, d'améliorer l’accessibilité aux transports terrestre et aérien et de relocaliser des directions de certains ministères en région pour freiner la dévitalisation des milieux ruraux. 

Malgré ces promesses, tout n’est pas réglé. Le président Cusson entend bien négocier dans un proche avenir la question des exemptions de taxes dont bénéficient les édifices gouvernementaux. «On ne va pas assez loin là-dessus. C’est aussi un cheval de bataille important», précise-t-il. 

Cette autre demande concorde avec la volonté des villes d’obtenir plus de pouvoir et d’argent pour gérer leur avenir. «Je dis à la blague que c’est révolu le temps où les fonctionnaires ou les élus de Québec jouent a SimCity avec les villes du Québec, qu’ils peuvent nous détruire, nous construire ou nous tasser des choses», conclut-il.

***

CE QU’ILS ONT DIT

«Nous avons la détermination de continuer, dans la lignée de ce que nous avons entrepris avec vous depuis quelques années» — Philippe Couillard, chef du PLQ

«Je veux être le premier ministre qui va couper le cordon, qui va arrêter la tutelle» — Jean-François Lisée, chef du PQ

«C’est l’occasion de renégocier un pacte avec les municipalités où on est un peu plus équitables» — François Legault, chef de la CAQ

«Le régime passéiste qui a cours au Québec emprisonne les municipalités dans le cercle vicieux de la compétition, de l’étalement urbain et de la dépendance aux transferts de Québec» — Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de QS