En 2014, le libéral Sébastien Proulx avait gagné la circonscription de Jean-Talon par près de 12 points. Selon le sondage Mainstreet-GCM mené le 18 août dernier, M. Proulx n’aurait qu’une avance de 4 à 5 points sur sa rivale caquiste, Joëlle Boutin.

Sébastien Proulx se fait chauffer par la CAQ

Pour le ministre libéral Sébastien Proulx, les résultats du dernier sondage Mainstreet sont un verre à moitié plein. À moins qu’il ne soit à moitié vide…

Le coup de sonde réalisé le 18 août lui donne une avance de 4 à 5 points dans sa circonscription de Jean-Talon sur sa rivale caquiste, la femme d’affaires Joëlle Boutin, à 34,5 % contre 30 % de la faveur populaire après répartition des indécis. Mais dans une circonscription qui a élu des libéraux sans interruption depuis sa création en 1966, et par des marges confortables de 10 à 22 points au cours des trois dernières élections, l’avance peut sembler bien mince.

«Quand on compare ça à l’élection de 2014 [où M. Proulx avait gagné par près de 12 points, NDRL], c’est un gros changement. […] Mais on avait fait un sondage dans Jean-Talon il y a un mois environ pour un client privé, et ça avait donné des résultats similaires : 6 points d’avance pour M. Proulx», remarque le sondeur de Mainstreet Steven Pinkus. Il y a donc déjà un certain temps que le ministre de l’Éducation fait face à une sérieuse concurrence dans sa circonscription.

Tout de même, souligne M. Pinkus, «ça va à contresens de tout ce qui se passe dans la région de Québec, qui est très caquiste. Avec 15 points d’avance à Québec, on pourrait s’attendre à ce que la CAQ rafle toutes les circonscriptions de la région, alors avoir 5 points d’avance dans Jean-Talon, ça reste une petite victoire pour les libéraux. N’oubliez pas ce qui s’est passé dans Louis-Hébert récemment. Ça aussi, c’était un château-fort libéral pendant longtemps et tout à coup, il y a eu un virage important et il est passé à la CAQ».

Le fait que M. Proulx soit un ministre important dans le cabinet libéral et qu’il soit très présent dans les médias peut très bien l’avoir aidé, estime M. Pinkus, à résister à la vague caquiste — jusqu’à maintenant, du moins.

Le PQ troisième

Autre aspect à noter de ce sondage, qui a été mené auprès de 637 répondants (marge d’erreur : ± 3,9 % 19 fois sur 20) : le Parti québécois (PQ) se dirige vers une troisième place. Son candidat Sylvain Barette ne recueille pour l’instant que 18,2 % d’appuis, à 11 points de la CAQ et du 2e rang. S’il devait conserver ce rang jusqu’au scrutin, ce serait un résultat inédit dans Jean-Talon, où le PQ a toujours terminé second (frôlant la victoire à l’occasion) depuis 1973.

Notons enfin le score relativement fort de Québec solidaire qui, à 13,5 %, y fait mieux que dans les autres circonscriptions sondées par Mainstreet.