C’est jeudi à Montréal que Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé, co-porte-paroles de Québec solidaire, ont lancé la campagne électorale de leur parti.

Québec solidaire se veut le parti de l’environnement

MONTRÉAL — Déjà bien campé à gauche, Québec solidaire entend aussi occuper le terrain de l’environnement sur l’échiquier politique durant la prochaine campagne électorale.

La porte-parole de la formation politique, Manon Massé, a procédé à son lancement de campagne, jeudi à Montréal, en insistant sur le fait que «l’environnement sera et est au cœur de la campagne solidaire».

«La dette environnementale qu’on est en train de laisser à nos jeunes est inacceptable», a-t-elle déploré, avant de s’en prendre aux libéraux, péquistes et caquistes.

«La CAQ, le PQ, le PLQ donnent comme réponse : on va construire des autoroutes. Construire des autoroutes, c’est une vieille solution», a-t-elle lancé sous les applaudissements de nombreux militants réunis dans un parc du quartier Villeray.

La formation ne s’éloignera pas pour autant de ses racines sociales-démocrates.

Manon Massé a promis que son parti parlera «pour le peuple» et qu’au terme de la campagne, les électeurs sauraient «combien d’argent ils vont récupérer dans leurs poches quand on va diminuer les factures et qu’on va augmenter leurs salaires».

Concrètement, cette affirmation repose sur les engagements de Québec solidaire d’offrir une assurance dentaire universelle, de réduire de moitié des tarifs du transport en commun, d’instaurer la gratuité scolaire à tous les niveaux et d’augmenter le salaire minimum à 15 $ l’heure.

Bien que le cadre financier de Québec solidaire ne soit pas encore sur la table, Manon Massé a aussi promis d’expliquer comment de telles mesures seront financées.

«Ils [les électeurs] vont savoir aussi combien d’argent on va aller chercher dans les poches des pharmaceutiques, des médecins spécialistes et des amateurs de paradis fiscaux.»

Une percée possible dans Laurier-Dorion?
Le lancement a eu lieu dans la circonscription de Laurier-Dorion, un siège longtemps considéré comme un bastion libéral, mais que Québec solidaire croit être en mesure d’ajouter à son tableau de chasse.

Le candidat Andrés Fontecilla a réussi à dépasser le candidat péquiste Pierre Céré aux dernières élections pour se classer deuxième derrière le libéral Gerry Sklavounos, qui avait tout de même récolté une majorité de plus de 6000 voix.

M. Fontecilla déplore que les multiples allégations d’inconduite sexuelle à l’endroit du député Sklavounos, qui a été exclu du caucus libéral en 2016 pour cette raison, aient engendré beaucoup de cynisme à l’endroit des politiciens en général, mais il admet que cela pourrait jouer en sa faveur.

«Les gens cherchent une alternative. Ils sont désabusés du parti libéral à cause de ce qui s’est passé avec M. Sklavounos, mais aussi à cause de l’usure, de l’ensemble de l’oeuvre libérale. [...] Les politiques d’austérité ont fait mal ici», a-t-il soutenu.

«Il y a un ras-le-bol, les gens veulent passer à autre chose et ils considèrent que la seule alternative, ici dans Laurier-Dorion, c’est encore Québec solidaire», a-t-il affirmé, faisant écho à des déclarations similaires de Mme Massé.