QS abolirait les subventions aux écoles privées

VAL-D’OR, Qc — Québec solidaire revient à la charge avec sa proposition d’abolir le financement public des écoles privées.

La formation de gauche s’engage, si elle accède au pouvoir, à mettre fin aux subventions du réseau privé dès un premier mandat.

Selon les calculs du parti, près de la moitié des élèves qui fréquentent le réseau privé migreraient alors vers le public. Le ministère de l’Éducation en dénombre un peu moins de 125 000, répartis dans près de 270 établissements.

«Ce n’est pas seulement les élèves qui feraient le transfert, mais également des écoles privées. Avec cette arrivée de nouveaux élèves viendrait l’arrivée de nouveaux bâtiments», fait valoir le coporte-parole Gabriel Nadeau-Dubois, qui estime pouvoir ainsi réaliser des économies annuelles de l’ordre de 100 millions $.

En point de presse à Val-d’Or, samedi matin, la candidate solidaire au poste de première ministre, Manon Massé, a souligné que si tous les contribuables financent présentement les subventions aux écoles privées, certains d’entre eux n’ont pourtant même pas accès à un tel établissement dans leur région.

«Ce n’est pas un hasard qu’on a fait cette annonce-là en Abitibi-Témiscamingue. Il faut savoir qu’en Abitibi-Témiscamingue, comme dans plusieurs autres régions au Québec, il n’y a pas d’écoles privées», rappelle M. Nadeau Dubois.

Ce dernier se dit sûr de bénéficier de l’appui de la population dans ce dossier, alors que le «système à deux vitesses» du Québec constitue selon lui une «exception» au pays.

Chiffres opposés

Lorsque Québec solidaire avait réaffirmé cette position à la veille de la rentrée parlementaire, en février, la Fédération des établissements d’enseignement privés avait objecté que la mesure coûterait au contraire plus de 600 millions $ par année.
Le député sortant de Gouin met en doute la crédibilité de cette affirmation.

«La fédération ne tient pas en compte le fait que beaucoup d’écoles et d’enfants vont transférer vers le public, mais aussi que d’autres vont rester dans le privé. Et que pour ces écoles et ces enfants, l’État ne déboursera plus d’argent», a soutenu l’ex-leader étudiant, en entrevue avec La Presse canadienne.

«Mais honnêtement, même si cette mesure était à coût nul, ce serait une bonne idée parce que ça permettrait d’avoir un système juste et équitable, a-t-il ajouté. C’est l’objectif: donner les mêmes chances à tous les enfants.»

Premières Nations

Les porte-parole solidaires ont également profité de leur passage à Val-d’Or pour s’engager à rencontrer les chefs de l’Assemblée des Premières Nations du Québec-Labrador dans les 100 premiers jours d’un éventuel mandat, tel que réclamé par ces derniers.

«Il y a eu une mauvaise habitude, parfois, au Québec de pelleter ces enjeux-là dans la cour du fédéral», relève M. Nadeau-Dubois.
Cette rencontre entre l’APNQL et un gouvernement solidaire marquerait le début d’un processus de réconciliation qui culminerait par «la fondation, avec les Premières Nations, d’un pays du Québec fondé sur le dialogue de nation à nation», avance-t-il.