Les candidats libéraux Véronyque Tremblay, Stéphane Lacasse et Gaétan Barrette veulent que toute la lumière soit faite sur le prêt personnel que M. Caire a obtenu du maire de L’Ancienne-Lorette, Émile Loranger.

Plus de transparence sur «l’affaire Éric Caire», demandent des libéraux

Des libéraux exigent plus de transparence dans ce qu’ils appellent désormais «l’affaire Éric Caire».

Sans réclamer le retrait du candidat de La Peltrie, les candidats libéraux Gaétan Barrette, Véronyque Tremblay et Stéphane Lacasse veulent que toute la lumière soit faite sur le prêt personnel que M. Caire a obtenu du maire de L’Ancienne-Lorette, Émile Loranger.

Au cours d’un point de presse, les candidats ont demandé à ce que le contrat initial qui liait M. Caire à M. Loranger soit rendu public, afin de connaître à quel taux d’intérêt M. Caire a obtenu son prêt de 55 000 $ des mains d’un maire de sa circonscription. Ils veulent également que l’avis complet que la commissaire à l’éthique a écrit sur cette situation en avril soit rendu public. 

«Les citoyens de La Peltrie ont le droit de tout savoir sur l’affaire Éric Caire avant de faire un choix, pour faire un choix éclairé», a souligné Mme Tremblay. Selon elle, M. Caire est plus qu’un simple député. Il est le porte-parole des dossiers de transport dans la Capitale-Nationale et il est contre le prolongement de l’autoroute 40 à L’Ancienne-Lorette, prolongement auquel s’oppose également le maire Loranger. 

M. Lacasse, l’adversaire de M. Caire dans La Peltrie, disait cette semaine vouloir faire une campagne positive et ne pas s’acharner sur ce sujet. Vendredi, il avait vraisemblablement changé d’idée. «Oui, faire de la campagne positive, mais positive selon des faits, des informations. On n’a pas les informations là.»

L’existence de ce prêt a été révélée au conseil de ville de L’Ancienne-Lorette mardi soir. En 2017, M. Caire et son ex-conjointe Marie-Ève Lemay, alors cheffe de cabinet pour M. Loranger, ont accepté qu’il leur prête de l’argent afin d’acquérir une maison, alors qu’ils étaient en processus de séparation. 

Éthique élastique

Gaétan Barrette a de nouveau pointé l’«éthique élastique» du chef de la CAQ François Legault dans ce dossier. M. Legault a pardonné à son député, tout en soutenant que l’erreur aurait été plus grave s’il avait été au gouvernement. 

M. Barrette souligne que le code d’éthique des députés est le même, qu’ils siègent au gouvernement ou dans l’opposition. «Ça n’existe pas cette distinction-là.» 

Le candidat libéral croit possible que l’Unité permanente anticorruption (UPAC) se sente interpellée dans ce dossier, mais que les politiciens ne peuvent pas «lui dire sur quoi enquêter». «C’est facile régler ça. L’UPAC peut rester dans ses bureaux, faire autre chose, pendant que M. Legault divulgue les informations», a-t-il lancé. 

Éric Caire n’a pas souhaité réagir à cette sortie vendredi. L’équipe caquiste de la Capitale-Nationale a indiqué que le député avait déjà «donné toutes les explications publiques sur le prêt» et que cette réaction des libéraux démontrait leur «état de panique».

Sonia LeBel: «tout a été dit»

L’ancienne procureure en chef de la Commission Charbonneau, devenue depuis candidate caquiste, Sonia LeBel, ne partage pas du tout l’avis du ministre Barrette.

«Je ne pense pas qu’on est dans un cas de l’UPAC», a tranché l’avocate, lors d’un entretien téléphonique.

Mme LeBel, présentée par son chef comme la caution morale en matière d’intégrité lorsqu’elle a joint la CAQ en 2017, endosse sans réserve la position de M. Legault dans la controverse entourant Éric Caire.

Et elle ne serait pas mal à l’aise de siéger à côté de lui à l’Assemblée nationale.

«Le filet de sécurité qui a été mis en place a fonctionné», a-t-elle fait valoir, faisant référence à l’intervention de la Commissaire à l’éthique.

Cette dernière a été interpellée, «elle a émis des recommandations et elles ont été suivies» par le député, qui a admis son erreur et n’a retiré aucun avantage de la transaction.

«C’est ce qu’il faut retenir, selon elle. C’est ça qui est important.»

«Tout a été dit» dans ce dossier, selon la candidate, qui rappelle que les questions d’éthique «c’est plutôt une façon d’agir, une façon de vouloir gouverner, une façon de vouloir réfléchir».  Avec La Presse canadienne