Sur les affiches des syndicats au coeur du litige, on y voit moitié-moitié les visages des chefs libéral Philippe Couillard et caquiste François Legault, et les slogans «du pareil au même» ou «on mérite mieux».

Pancartes électorales: les syndicats interpellent la Cour suprême

MONTRÉAL — La coalition de six syndicats de la FTQ remonte au front; elle demandera à la Cour supérieure de clarifier la question du droit à l’affichage d’opinion hors des campagnes électorales.

La Presse canadienne a appris qu’elle déposera le 4 septembre une requête pour jugement déclaratoire afin que la Cour statue sur le fond de la question, à savoir le droit à l’affichage d’opinion.

À la mi-août, la coalition de syndicats de la FTQ avait été déboutée, mais au stade de l’injonction interlocutoire provisoire, où l’on plaide habituellement l’urgence d’intervenir, vu le préjudice sérieux que l’on craint de subir.

La coalition demandait alors au tribunal d’ordonner à la Ville de Québec de cesser d’enlever ses affiches préélectorales sur les poteaux d’utilité publique. On y voit moitié-moitié les visages des chefs libéral Philippe Couillard et caquiste François Legault, et les slogans «du pareil au même» ou «on mérite mieux».

Succès inespéré

D’ailleurs, cette campagne d’affichage préélectorale a plus que jamais fait parler d’elle, notamment parce qu’elle a été contestée, non seulement par la Ville de Québec, mais aussi à Sherbrooke, où les syndicats ont reçu une amende. Elle a atteint un degré de notoriété inespéré, a indiqué Marc Ranger, directeur québécois du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), au cours d’une entrevue jeudi.

La coalition a même commandé un sondage Crop, qui lui a révélé que dans les 14 circonscriptions qu’elle avait ciblées, 78 % des gens avaient eu connaissance de cette campagne. «On est mauditement fier», s’est exclamé M. Ranger.

«On est très content. On voulait innover un peu. Le moyen d’affiche préélectoral, pour nous, c’est un clin d’oeil, une nouvelle approche», puisque l’affichage est fait sciemment avant la campagne proprement dite. Pendant la campagne, ce sont les partis qui font de l’affichage et non les tiers.

Aussi, M. Ranger se dit particulièrement satisfait d’une donnée du sondage, mené auprès de 2032 répondants : «alors qu’on se fait dire que les syndicats n’ont pas d’affaire à se mêler de politique, 65 % des gens sondés, à la grandeur du Québec, 65 %, disent que les syndicats ont affaire à se mêler des grands enjeux comme ceux-là».

La campagne a coûté 200 000 $ aux six grands syndicats de la FTQ, qui représentent ensemble 270 000 membres, soit moins de 1 $ par membre, a noté M. Ranger.