Sylvain Roy

Malgré un cancer, Sylvain Roy tente de se faire réélire

CARLETON-SUR-MER — Le candidat péquiste Sylvain Roy se prépare pour une chaude lutte et se dit prêt pour le combat: pas celui des élections, mais plutôt celui pour sa vie. Le député sortant, un Gaspésien, entreprend mercredi des traitements pour son cancer de la gorge — tout en cherchant à se faire réélire.

Et puis, s'il est réélu, il a bien l'intention de se battre pour les autres aussi: pour que les gens en région puissent avoir de meilleurs soins de santé chez eux, sans devoir parcourir des centaines de kilomètres.

M. Roy, lui, doit se rendre à Québec pour ses traitements de radiothérapie et de chimiothérapie, jusqu'au 22 octobre. Plus de 500 km le séparent de l'hôpital qui le soignera.

Il terminera donc après le jour du scrutin, qui a lieu le 1er octobre.

Mais ce mardi — la veille du premier jour de ses traitements — il était aux côtés de son chef pour faire une annonce sur la chasse et la pêche, à Carleton-sur-Mer, en Gaspésie. Et lundi soir, il était là aussi lors d'un souper de militants dans la même ville. Les tapes dans le dos de M. Roy étaient légion lors de cette soirée. La chaleur était accablante dans le restaurant, mais il semblait ne pas s'en soucier, naviguant d'un militant à l'autre, avec le sourire.

Le candidat devra aussitôt s'absenter pour le reste de la campagne. Son équipe poursuivra la tâche sans lui.

Il s'est excusé lundi soir, auprès des électeurs et des militants péquistes, pour sa campagne électorale qui sera «atypique», dit-il. Il convient que de récolter des votes alors qu'il est absent de la région «n'est pas évident». Les Gaspésiens sont solidaires, mais c'est à eux de décider, dit-il, conscient de la situation.

«Non, non, non», ont-ils clamé. Les excuses n'étaient pas nécessaires pour ces militants qui l'ont chaudement applaudi.

Il dit avoir décidé de rester parce que d'entendre tous les discours en politique qui «n'ont parfois ni queue ni tête», «ça m'aurait peut-être rendu encore plus malade», dit-il.

Il assure avoir d'excellentes chances de se tirer d'affaire. «Et ça, c'est la moitié de la vie», a confié le candidat, dans un restaurant en bord de mer.

Et puis, il se sent en pleine forme, a-t-il dit, un peu ému mais solide. «Je suis prêt à aller au combat.»

Pour l'homme, il ne s'agit que «d'un moment ponctuel de ma vie, qui demande un traitement ponctuel». «Et par la suite, je vais revenir encore plus fort.»

Soutien de Jean-François Lisée

Le chef péquiste Jean-François Lisée lui a assuré son soutien lundi soir, en plus de lui exprimer son admiration.

M. Roy se sait bien entouré. Il explique que ses collègues des circonscriptions voisines vont faire campagne à sa place. Il parle de Harold Lebel, le député sortant de Rimouski, de la candidate dans Gaspé, Méganne Perry-Melançon, et du député sortant de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé. Tous étaient présents lundi soir.

M. Roy promet aussi de lutter pour de meilleurs soins de santé en région, lui qui vient d'en constater personnellement les lacunes. Pour lui, le transfert des tests médicaux à Rimouski, «c'est une horreur». Il a passé ses tests en avril et n'a eu ses résultats qu'à la mi-juillet.

«Ça amène des délais qui peuvent être fatals pour certains individus», déplore l'homme.

«Ton combat, c'est celui de toutes les familles du Québec», lui a dit le chef Lisée devant les militants, qui opinaient de la tête.

Âgé de 54 ans, M. Roy est député de Bonaventure depuis 2012.