Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée

Lisée écarte la possibilité de faire une coalition avec la CAQ

NICOLET — Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée accepterait de diriger un gouvernement minoritaire, mais il semble écarter dès maintenant la possibilité de former une coalition avec la Coalition avenir Québec (CAQ).

«On dirait non», a tranché le chef en conférence de presse, mercredi matin.

«On est en désaccord sur tellement de points essentiels que je pense que ce n'est pas envisageable.»

M. Lisée a cité comme exemple la proposition caquiste de baisser les impôts, et celle de «privatiser» les soins à domicile, avec leurs maisons des aînés - des mesures qui sont selon lui incompatibles avec le PQ.

Selon le dernier sondage Léger mené pour le compte du «Devoir» et de «Montreal Gazette», la lutte est serrée entre la CAQ (37 pour cent) et le Parti libéral du Québec (32 pour cent). Le PQ est en troisième place avec 19 pour cent des voix.

Une majorité de participants ont d'ailleurs prédit qu'un gouvernement minoritaire sera élu le 1er octobre.

«Nous, on va respecter le choix des Québécois. Si les Québécois élisent un gouvernement du Parti québécois minoritaire, on va respecter ça et on va gouverner en minoritaire pendant quatre ans», a-t-il indiqué.

Pour rester au pouvoir, le parti s'assurerait d'avoir l'appui d'autres partis pour des votes importants, notamment lorsqu'un budget doit être adopté.

Quand un gouvernement est minoritaire à l'Assemblée nationale, il doit avoir la confiance de la majorité des députés. Des élections peuvent être déclenchées si le gouvernement perd la confiance de la majorité des élus, par exemple lors d'une motion de censure ou lorsqu'il perd un vote sur une mesure importante comme le budget.

«On va voir comment l'Assemblée nationale se compose, ça peut être variable selon un vote», a indiqué M. Lisée, qui n'a pas précisé si le PQ mettrait des conditions dans les négociations avec les partis.

Interrogé sur ce qu'il adviendrait de son plan pour l'accession à la souveraineté, M. Lisée n'a pas semblé déroger.

S'il est porté au pouvoir, le PQ veut allouer des sommes pour mettre à jour les études sur la souveraineté, mais il est difficile de prédire si les autres partis l'appuieront s'il est minoritaire.

«Est-ce qu'ils veulent renverser le gouvernement parce qu'on veut mettre à jour des études que Robert Bourassa avait commandées?», a-t-il laissé tomber.